Kernascléden

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Kernascléden
L'église Notre-Dame, vue de la façade ouest.
L'église Notre-Dame, vue de la façade ouest.
Blason de Kernascléden
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Pontivy
Canton Guémené-sur-Scorff
Intercommunalité Communauté de communes du pays du roi Morvan
Maire
Mandat
Jean-Jacques Tromilin
2014-2020
Code postal 56540
Code commune 56264
Démographie
Gentilé Kernascléen, Kernascléenne
Population
municipale
434 hab. (2011)
Densité 47 hab./km2
Population
aire urbaine
25 412 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 00′ 25″ N 3° 19′ 11″ O / 48.0069444444, -3.3197222222248° 00′ 25″ Nord 3° 19′ 11″ Ouest / 48.0069444444, -3.31972222222  
Altitude 100 m (min. : 89 m) (max. : 163 m)
Superficie 9,26 km2
Localisation

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Kernascléden [kɛʁnaskledɛn] est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Cette commune doit sa renommée à sa chapelle surnommée la « chapelle aux mille clochetons ». Des gens viennent parfois de très loin pour admirer une de ses fresques. Il s'agit d'une des représentations les plus célèbres de scène de danse macabre.

Nom[modifier | modifier le code]

L’orthographe bretonne du nom de la commune est Kernaskledenn. Sur place et dans les communes alentour, les gens disent Karnasenn (prononcé [ˈkaːɾnasən]). Vers 1420, dans l'acte autorisant la construction de l'actuelle chapelle, ce nom est orthographié Kernasquéden. Il pourrait s'agir de la contraction de l'expression bretonne « Ker-ar-Skéden » dont la traduction en français est « village de la statue »[1]. Autre hypothèse, il pourrait s'agir de la contraction de « Ker-an-askledenn » dont la traduction en français serait « village de l'écluse ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Kernascléden est une petite commune rurale située dans la vallée du Scorff et se rattachant par ses traditions au pays Pourlet. Son bourg est un village de taille très modeste, mais abrite une église de style gothique flamboyant des plus remarquables. L'édification au XVe siècle d'un édifice de cette importance dans un endroit aussi isolé n'a sans doute été rendu possible que grâce à la volonté des Rohan, la famille princière alors la plus puissante de Bretagne après celle des ducs.

Histoire[modifier | modifier le code]

La construction à Kernascléden d'un premier sanctuaire chrétien, dédié à la vierge Marie, fut à l'origine de la création d'un pèlerinage à une date indéterminée dans la localité. L’importance de ce pèlerinage a nécessité la construction d’un hôpital pour accueillir pèlerins et malades. Le commerce a pris un essor important et ceci a amené à la construction d’une halle où s'y tenait un marché hebdomadaire. Vers 1420, la première chapelle devenue trop petite, vu l’importance du pèlerinage, ou menaçant ruine, la famille de Rohan, propriétaire des lieux, a pris la décision de construire la chapelle actuelle. Le Vicomte Alain VIII de Rohan ouvrit un chantier qui allait durer environ 44 ans. La famille de Rohan fit venir ici les meilleurs ouvriers de l’époque. Alain VIII mourut en 1429 et son fils Alain IX prit la suite. Mais la construction fut interrompue, à une certaine période, la famille de Rohan manquant d’argent. La consécration de l’église eut lieu le 2 septembre 1453 en présence de Mgr Yves de Pontsal, évêque de Vannes, des membres de la famille de Rohan, de nombreux autres seigneurs des environs et d'une foule certainement considérable. Postérieurement à la consécration, furent appelés les artistes pour réaliser les fresques de la voûte et les peintures murales. La construction de la nouvelle chapelle va autoriser la tenue de quatre grandes foires dans l’année. Ces foires se perpétueront jusqu’au vingtième siècle[1]. Kernascléden, jusqu'alors simple trève de Saint-Caradec-Trégomel, sera érigé en paroisse indépendante en 1908 et en commune en 1955.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Kernascléden (Morbihan).svg

Les armoiries de Kernascléden se blasonnent ainsi :

Ecartelé : au premier d'azur aux trois chevrons d'argent, au deuxième d'or aux trois mâcles de gueules, au troisième d'or aux trois mouchetures d'hermine de sable, au quatrième d'azur à la bande ondée d'argent ; sur le tout de gueules à la chapelle du lieu d'argent essorée et maçonnée de sable.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 en cours Jean-Jacques Tromilin[2]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 434 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1962. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011
480 468 468 434 382 355 379 434
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


La population est estimée à 400 habitants en 2007.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Notre-Dame de Kernascléden, édifice en granite construit dans le style propre au gothique flamboyant et classé au titre des monuments historiques avec :
  • - à l'extérieur, le magnifique chevet plat, le « porche des Hommes » et le « porche des Dames » supportant chacun un gâble délicatement dentelé d'une profondeur leur permettant d'abriter les statues des saints autrefois polychromes. Ces entrées annexes sont situées en façade sud de l'édifice (les femmes, séparées des hommes pendant la messe, se tenaient au fond de la nef avec les enfants), devant un espace dédié aux grandes foires et fêtes du canton.
La multitude de pinacles sommant contreforts et autres éléments verticaux est à l'origine du surnom de « chapelle aux mille clochetons ». Le clocher proprement dit, aux dimensions modestes, se trouve dans le même plan que la sobre façade ouest.
  • - à l'intérieur, une des deux[5] fresques de la Bretagne représentant une danse macabre persiste et souligne encore le traumatisme de la grande peste de 1356. Cette œuvre peut être datée de la construction de l'église, c'est-à-dire du milieu du XVe siècle et est la seule dans la région à être accompagnée, sur un mur voisin, d'une représentation de l'enfer, particulièrement évocatrice et effrayante pour des fidèles de la fin du Moyen Âge ; fresques d'anges musiciens et d'apôtres recouvrant les voûtes de la nef et du chœur, scènes de la vie de la Vierge et de celle de Jésus scandent piliers et parois.
Plusieurs éléments du décor peint ont été recopiés au milieu du XXe siècle et seront, peut-être, réinstallés dans le Musée des monuments français rénové de la Cité de l'architecture et du patrimoine (Palais de Chaillot, Paris).
Selon plusieurs historiens de l'architecture, cette église serait de l'architecte ayant conçu la chapelle Saint-Fiacre, près de la petite ville voisine du Faouët.
  • Hameau de Manéglau.
  • Lac, forêt et château de Pontcallec non loin de là à Berné.
  • Musée de la chauve-souris. Une importante colonie de Grand rhinolophes a élu domicile dans les combles de l'église de Kernascléden. C'est pour cette raison qu'un musée consacré aux chiroptères a vu le jour dans le bourg.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b bulletins municipaux, HISTOIRE DE KERNASCLÉDEN suivant les écrits de Bénoni LAVOLÉ
  2. « Municipales à Kernascléden. Jean-Jacques Tromilin a été réélu maire », Ouest-France, 30 mars 2014.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  5. La seconde est visible dans la chapelle de Kermaria an Iskuit en Plouha (Côtes-d'Armor)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Huitorel (J.-M.), Herléan (C.), Kernascléden, éditions Ouest-France, Rennes, 1996, (ISBN 2-7373-1938-2).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]