Hermann Cohen (pianiste)

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Hermann Cohen

alt=Description de l'image Hermann Cohen Karmeliter 1850c.jpg.
Surnom 'Père Hermann'
Naissance 10 novembre 1820
Hambourg, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Décès 20 janvier 1871 (à 50 ans)
Spandau, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Activité principale Compositeur, pianiste

Hermann Cohen, né à Hambourg le 10 novembre 1820 et décédé à Spandau (Berlin) le 20 janvier 1871, est un prêtre allemand, pianiste et compositeur de musique profane et religieuse. Issu d'une famille juive, il se convertit au catholicisme en 1847 et entre dans l'ordre des Carmes déchaux sous le nom d'« Augustin-Marie du Saint-Sacrement ». Il est généralement connu sous le nom de « Père Hermann ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de David Abraham Cohen, un financier juif, et de son épouse, née Rosalie Benjamin, Hermann Cohen étudia le piano dès l'âge de 4 ans et donna ses premiers concerts à 11 ans. L'année suivante, il se rendit à Paris avec sa mère pour devenir l'élève de Franz Liszt, dont il fut le protégé et qui le surnommait « le mélancolique Puzzi »[1]. Dans cette ville, il se joignit à un cercle brillant que fréquentaient notamment George Sand et Marie d'Agoult.

De 1842 à 1846, Hermann Cohen voyagea à travers l'Europe en compagnie de sa mère et de sa sœur. Il effectua une tournée de concerts à Venise, Paris, Londres et dans différentes villes d'Allemagne, tout en composant des œuvres pour piano.

Au mois de mai 1847, un jour qu'il dirigeait les chœurs à l'église Saint-Valère, il se sentit touché par une grâce divine au moment de l'élévation du Saint-Sacrement, puis, après une expérience du même ordre à Ems, il décida de se convertir au christianisme. Son confesseur était le père Théodore Ratisbonne, lui-même juif converti. Hermann Cohen reçut le baptême le 28 août, avec la duchesse de Rauzan pour marraine. Puis il entra au noviciat des Carmes au Monastère de Broussey, prononça ses vœux le 7 octobre 1850 et fut ordonné prêtre le 19 avril de l'année suivante.

Son éloquence passionnée et la sensation qu'avait causée sa conversion firent de lui un prédicateur en vogue, malgré l'insuffisance de ses études. Ce fut à la suite de l'un de ses sermons que Bernard Bauer se convertit lui aussi au catholicisme et devint carme déchaux. Le Père Hermann fut également aumônier du Collège Stanislas, et il joua un rôle dans la fondation de monastères à Bagnères-de-Bigorre (1853), Lyon (1857), Tarasteix près de Lourdes (1857), et Londres (1862), où il s'était fait connaître pendant sa carrière d'artiste. Il institua avec Mgr de La Bouillerie, évêque de Carcassonne, la pratique de l'adoration nocturne.

Il passa quelques années en Angleterre, à la demande du cardinal Wiseman et avec la bénédiction du pape Pie IX, afin d'y restaurer l'ordre du Carmel, banni depuis la Réforme anglicane. Il fit ensuite une tournée de prédications à travers l'Allemagne et la France, qui s'acheva au monastère du Saint-Désert de Tarasteix. Au début de la guerre franco-allemande, Hermann Cohen s'enfuit en Suisse. Par la suite, il prit la charge du lazaret à Spandau, où il contracta la variole en soignant des prisonniers de guerre français. Il est enterré à la cathédrale Sainte-Edwige de Berlin.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Textes[modifier | modifier le code]

  • Le Catholicisme en Angleterre
  • Un discours prononcé à Malines, en anglais (Paris, 1864)

Musique pour piano[modifier | modifier le code]

  • Fantaisies et thèmes d'opéra
  • Fleurs d’hiver, danses pour piano
  • Douze Pièces pour virtuose
  • Nuit vénitienne, nocturne
  • Schlummerlied (1841), berceuse
  • Les Bords de l'Elbe

Musique religieuse[modifier | modifier le code]

  • Cinq recueils de chants sacrés avec accompagnement :
    • Gloire à Marie (1849), 32 cantiques
    • Amour à Jésus-Christ (1851), 32 cantiques et 8 motets
    • Fleurs du Carmel (1869), 19 cantiques et 6 motets
    • Couronnement de la Madone
    • Thabor (1870), 20 cantiques et un motet
  • Messa a Tre Voci (1852), transcrite pour chœur et solistes en 1856

Notes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de la Catholic Encyclopedia intitulé « Hermann Cohen ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jean-Marie Beaurin, o.s.b., Flèche de feu, biographie d'Hermann Cohen, France-Empire, 1982
  • (en) Charles Suttoni, An Artist's Journey, University of Chicago Press, 1989
  • (fr) Charles Sylvain, La Vie du Révérend Père Hermann, 1880
  • (en) Tadgh Tierney, o.c.d., Story of Hermann Cohen, o.c.d. : From Franz Liszt to John of the Cross, Teresian Press, 1992
  • (fr) Le Père Hermann, Éditions du Carmel no 54, Venasque, France, 1989
  • (fr) Et le saint Désert refleurira" Histoire de l'Abbaye de Tarasteix, nombreuses illustrations en couleurs - Préface de Paul Guth ) Éditions Revue Notre espérance 1982

Voir aussi[modifier | modifier le code]