Carl Czerny

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Carl Czerny

alt=Description de l'image Czerny 2.jpg.
Naissance 21 février 1791
Vienne
Flag of Austria.svg Archiduché d'Autriche
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Décès 15 juillet 1857 (à 66 ans)
Vienne
Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche
Activité principale Compositeur, pianiste
Activités annexes enseignement
Maîtres Hummel, Salieri, Beethoven
Élèves Franz Liszt, Teodor Leszetycki, la reine Victoria

Carl Czerny, né le 21 février 1791 à Vienne où il est mort le 15 juillet 1857, est un compositeur et pianiste autrichien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Wensel Czerny, excellent pianiste, commence à lui enseigner le piano alors qu'il n'a que trois ans. Très tôt, Carl joue ainsi par cœur des pièces des grands maîtres classiques : Bach, Haydn, Mozart, Clementi. Il compose ses premières pièces à l'âge de sept ans.

De 1800 à 1803, il est l'élève de Johann Nepomuk Hummel, Antonio Salieri et Ludwig van Beethoven, auprès de qui il prend des cours, deux fois par semaine, qui se révéleront précieux par la suite.

« Pendant les premières leçons, Beethoven m'occupa exclusivement à faire des gammes dans tous les tons, me montra la seule bonne position des mains et des doigts, alors encore inconnue de la plupart des exécutants, et particulièrement l’usage du pouce – règle dont je n’ai appris que plus tard à comprendre l’utilité. »

Son père ayant décelé chez lui des dons pédagogiques, il commence à enseigner à l'âge de 15 ans. Ses cours sont de qualité, ce qui fait de lui un professeur très demandé. Il a jusqu'à douze élèves par jour, chacun lui rapportant un ducat[1].

Il ne donne que peu de concerts publics et plus aucun après 1818, refusant même de se produire pour Beethoven alors qu'il avait créé le cinquième concerto pour piano en 1812. Il lui écrit une lettre[2] expliquant que ses parents ont entravé sa carrière : étant chargé de famille, il doit se consacrer à la formation de ses élèves. Parmi eux figurent Franz Liszt et la reine Victoria. En 1823, Czerny organise une rencontre entre Beethoven et le jeune Liszt, rencontre qui fut pour Liszt mémorable et au cours de laquelle il exécuta devant Beethoven une des œuvres du maître.

« Une matinée chez Liszt ». De gauche à droite : Josef Kriehuber, Hector Berlioz, Carl Czerny, Franz Liszt, Heinrich Wilhelm Ernst.

Czerny était doué d'une grande mémoire et était capable de jouer les sonates de Beethoven, notamment chez le prince Lichnowsky, sans recourir à la partition. Il avait connu les pianistes Muzio Clementi et Johann Nepomuk Hummel et fut influencé par eux. Il mourut à Vienne en 1857, à l'âge de 66 ans.

Czerny laisse une autobiographie, Souvenir de ma vie, parue en 1842, et un recueil de Notices et Anecdotes sur Beethoven, paru dix ans plus tard.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Czerny laisse un catalogue de 861 opus publiés et un nombre considérable de pièces manuscrites. Les œuvres pédagogiques ne représentent qu'un dixième de l'œuvre complète.

Œuvres pédagogiques[modifier | modifier le code]

Même si certaines de ses œuvres sont charmantes à l'oreille, Carl Czerny est surtout connu pour avoir écrit de nombreux recueils techniques, qui ne brillent pas toujours par leur musicalité. On retiendra à cet égard Les Heures du matin, qui recouvrent une série d'études à difficulté croissante, études à laquelle on associe souvent, dans l'apprentissage du piano classique, la méthode très connue de Charles-Louis Hanon pour le déliement des doigts.

Il semble que la principale obsession de Czerny ait été de décortiquer les difficultés techniques de l'œuvre de Beethoven. Il a par ailleurs laissé des commentaires précieux sur l'interprétation des œuvres pianistiques de Beethoven, dont il fut un grand interprète.

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Czerny a laissé 24 messes, 4 requiem, environ 300 graduels et offertoires, 6 symphonies, des concertos, 11 sonates, des variations, un nonet (1850), des trios avec piano et une vingtaine de quatuors à cordes. Parmi ces compositions « sérieuses », il est facile de trouver nombre de pages pouvant évoquer les Viennois Beethoven et Franz Schubert, et même Muzio Clementi et Felix Mendelssohn, dans les symphonies.

Transcriptions et arrangements[modifier | modifier le code]

  • Jean-Sébastien Bach, œuvres pour clavier
  • Ludwig van Beethoven, Sonate à Kreutzer, arrangement pour violoncelle
  • Beethoven, Ouverture Léonore III et l'opéra Fidelio (2e version opus 72, arrangement pour piano (sous la direction du compositeur.
  • Beethoven, Ouverture, La consécration de la maison, opus 124, arrangement pour un piano & pour deux pianos.
  • Beethoven, 9 symphonies, arrangement pour deux pianos
  • Gaetano Donizetti, transcriptions d'opéra

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Musique pour piano à quatre mains (Grande Sonate op. 10, Ouverture op. 54, Grande Sonate op. 178, Fantaisie op. 226) - Duo Tal & Groethuysen (1990, Sony SK 45 936)
  • Symphonies no 2 op. 781 & no 6 en sol mineur (1854) - SWR rundfunkorchester Kaiserlautern, Dir. Grzegorz Nowak (2004/05, Hänsler 993169)
  • Isabelle Oehmichen, piano. Nocturnes pour piano seul. France : Éditions Hortus, mars 2010. Hortus 074. 1 CD.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À sa mort, resté célibataire, il laissa une fortune de 100 000 florins. (Un ouvrier, au milieu du siècle, touchait environ 5 florins par semaine.)
  2. « Très vénéré Monsieur Beethoven, Votre souhait, qui me remplit d'une joie plus grande que je ne saurais l'exprimer, m'oblige à vous exposer en toute franchise ma manière de penser ainsi que ma situation. Pour pouvoir subvenir convenablement aux besoins de mes parents, j'ai sacrifié les quinze dernières années de ma vie à l'enseignement ; la composition et l'interprétation restèrent des activités accessoires, par manque total d'encouragement et de facilités, surtout de facilités ; mon jeu, avec tout ce que l'on exige des virtuoses, ne pouvait absolument pas être cultivé dans la mesure qu'on a la bonté d'attendre de mes facultés. Et voilà que je dois maintenant - manquant de tout entraînement depuis quatorze ans - me produire devant le grand public des connaisseurs viennois, et exécuter à brûle-pourpoint, sans la moindre préparation, ayant à peine deux jours pour répéter, l'une des plus grandes et des plus élaborées de vos compositions. » (Lettre à Beethoven, 1818)