Hautes Fagnes

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50° 32′ 40″ N 6° 04′ 40″ E / 50.5444, 6.0778

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Fagne.

Les Hautes Fagnes forment une région qui s'étend, en Belgique dans la Région wallonne (province de Liège) et, en Allemagne, dans la Rhénanie-Palatinat et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie). En néerlandais, Hoge Venen, en allemand, Hohes Venn.

Caillebotis de la Vecquée dans la Grande Fagne à Xhoffraix (Belgique).

En 1957 fut créée la réserve naturelle domaniale des Hautes Fagnes. Depuis 1971, la réserve est englobée dans le Parc naturel Hautes Fagnes - Eifel. Couvrant plus de 4 300 ha, la réserve est une aire où sont protégés intégralement la faune, la flore, le sol et le paysage. Elle est honorée depuis 1966 d'un diplôme du Conseil de l'Europe et bénéficie de travaux de restauration dans le cadre de projets LIFE.

Il ne faut pas confondre les Hautes Fagnes avec la Fagne, une autre région naturelle qui s'étend en Belgique et en France.

Le Signal de Botrange (694 mètres) est le sommet de la Belgique.

Ce sont de vastes étendues (4100 ha en Belgique) de tourbières, de landes et de forêts qui présentent une flore et une faune assez exceptionnelles liées au climat froid et humide. Les contreforts au nord du plateau accueillent essentiellement de vastes plantations de conifères : c'est la forêt du Hertogenwald.

Les tourbières se sont formées il y a 7500 ans, à la fin de la dernière glaciation. La tourbe résulte de la décomposition des végétaux, notamment les sphaignes, en milieu très humide. Son épaisseur peut atteindre sept mètres. Jusqu'au milieu du XXe siècle, la tourbe constitue pour les habitants des villages proches, une source de chauffage appréciable. La surface des tourbières actives ne représente plus qu'une centaine d'hectares.

Le plateau des Hautes Fagnes est le plus important massif tourbeux en Belgique. Les autres massifs importants sont le Plateau des Tailles, le Plateau de Saint-Hubert et la Croix-Scaille.

Paysage des Hautes Fagnes

Histoire[modifier | modifier le code]

Aux VIIe et VIIIe siècles, la Via Mansuerisca est une voie de liaison entre la chaussée romaine de Trèves à Cologne et la chaussée romaine de Bavay à Cologne. Cette voie est mentionnée pour la première fois en 670, dans un diplôme du roi franc Childéric II. La région devient progressivement un lieu de passage et de commerce important entre les différentes principautés qui vont se constituer (et lieu de perception de droits de douane), comme en témoigne toujours pour partie la toponymie (voie du fer, voie du cuivre, ...).

Article détaillé : Via Mansuerisca.

Des villages, comme Ovifat, Robertville, Elsenborn, Sourbrodt, Jalhay, Solwaster ou Hockai vont progressivement s'établir en bordure du plateau, dont les habitants exploiteront les ressources disponibles pour la pâture du bétail, la récolte de tourbe à brûler ou encore pour l'essartage.

Longtemps, les frontières administratives passent par la Baraque Michel. Au nord-ouest, le marquisat de Franchimont (principauté de Liège), au nord-est, le duché de Limbourg et le duché de Juliers, au sud-est, le comté, puis le duché de Luxembourg, au sud-ouest, la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy.

En 1795, la région devient française (département de l'Ourthe).

Le Congrès de Vienne de 1815 découpe le plateau des Hautes-Fagnes en deux territoires, séparés par une ligne nord-sud passant essentiellement par la Helle et l'Eau Rouge :

  1. Stavelot et l'ouest du plateau reviennent aux Pays-Bas
  2. Eupen, de langue allemande, et Malmedy, de langue wallonne, reviennent à la Prusse. Ces territoires deviennent belges en 1920.

Dès le XIXe siècle, le paysage de tourbières est profondément modifié par la plantation massive d'épicéas qui bouleverse l'écologie du lieu.

En 1924, l'Université de Liège installe une station scientifique pour étudier le haut plateau sous tous ses aspects.

Les territoires contestés sont réintégrés au Reich suite à l'invasion de 1940. Cette période de la Seconde Guerre mondiale vera notamment l'installation du camp de travail des prisonniers russes de Bosfagne.

En décembre 1944, le plateau limite au nord l'offensive de la bataille des Ardennes. Des unités allemandes attaquent Montjoie au nord-est des Hautes-Fagnes. Initialement, le plan allemand prévoyait une pénétration en profondeur par Losheimergraben, Rocherath et Elsenborn. Cette poussée sera repoussée par les troupes américaines qui parviendront à tenir la crête d'Elsenborn. On notera aussi que les Allemands tenteront un parachutage de troupes sur les Hautes-Fagnes en vue d'arrêter aux environs du carrefour de Belle-Croix et de la Baraque Michel les renforts américains dépêchés dans la région d'Elsenborn et de Butgenbach (Opération Stösser). Cette opération se soldera par un échec total.

Les territoires annexés par le Reich en mai 1940 réintègrent le territoire belge dès la libération.

En 1957 est créé le parc national des Hautes Fagnes. Sa superficie est de 4 200 ha.

En 1971 est créé le Parc naturel Hautes Fagnes-Eifel qui s'étend sur 2 400 km², dont 700 km² en Belgique.

À la fin du XXe siècle, la pression touristique est telle que des mesures conservatoires sont prises, notamment en interdisant certaines zones, en limitant l'accès à d'autres. Cela n'empêche pas le haut plateau d'être envahi l'été par des amoureux de la nature et l'hiver par des milliers de skieurs de fond venus de Belgique, mais aussi des régions proches d'Allemagne et des Pays-Bas.

Climat[modifier | modifier le code]

Carte des Hautes Fagnes

Le climat est anormalement rude par rapport à la faible altitude maximale. Précipitations abondantes (1400 mm d'eau par an à Botrange, 850 mm à Bruxelles), brouillard épais, neige persistante, mais le réchauffement climatique amoindrit la rudesse des hivers depuis quelques années[réf. nécessaire]. Quelques records : 1,15 m de neige le 9 février 1953 ; il neige parfois encore au mois de mai.

Monuments et sites remarquables[modifier | modifier le code]

Kreuz im Venn
  • Au sud, les lacs artificiels de Robertville et de Bütgenbach sur la Warche, dont les barrages contribuent à la production d'électricité.
  • Au nord, les barrages de la Gileppe, le second en béton construit en Europe (1867 - 1875) et de la Vesdre (1938-1950) ; les lacs sont une réserve d'eau potable.
  • Lacs de l'Olef, de la Kall, du Perlenbach, du Dreilägerbach et de la Roer à l'est du plateau, en Allemagne;
  • Le Signal de Botrange, le point culminant de la Belgique avec 694 mètres ; une butte aménagée (Butte Baltia) permet d'atteindre les 700 mètres. Une tour en pierre y est érigée en 1933 (hauteur : 28 m).
  • A 500 m de là, en direction de Robertville, le Centre nature accueille les visiteurs et leur fait connaître la région (panneaux didactiques, promenades guidées). Le centre organise également, en collaboration avec le Gîte d'étape à Ovifat, des classes vertes (à destination des écoles) et des animations ponctuelles (expositions, marché de Noël,...)
  • La Baraque Michel  : une des auberges fagnardes ; à ses côtés, la Chapelle Fischbach.
  • La Croix des Fiancés : souvenir de la mort, le 31 janvier 1871, d'un couple de fiancés partis de Jalhay, dans la neige, chercher les documents nécessaires à leur mariage à Xhoffraix ; on les retrouve à peu de distance l'un de l'autre deux mois plus tard.
  • Kreuz im Venn : aux environs de Kalterherberg, un rocher isolé surmonté d'une croix chrétienne.
  • De nombreuses autres croix parsèment la fagne, témoins de la mort de téméraires qui ont eu la prétention de vouloir défier le pays des tourbières[réf. nécessaire].

Phénomènes géologiques remarquables[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

Le plateau des Hautes Fagnes s'étend d'est-nord-est en ouest-sud-ouest, circonscrit au nord par la Vesdre et au sud par la Rour, la Warche puis l'Amblève. Les routes qui le traversent du nord au sud et les rivières qui y creusent de profondes vallées déterminent plusieurs zones de fagnes proprement dites (non boisées). En partant de l'ouest-sud-ouest :

Faune[modifier | modifier le code]

Panorama des Hautes Fagnes.

Flore[modifier | modifier le code]

Plantes répandues[modifier | modifier le code]

Végétation des Hautes Fagnes : bruyères, molinie bleue et narthécies des marais

Plantes remarquables et peu répandues[modifier | modifier le code]


Mégalithes[modifier | modifier le code]

Chemin brûlé dans la vallée de la Helle en mai 2011, un mois après l'incendie; la Fagne reverdit

Les Hautes Fagnes abritent plusieurs roches remarquables, tels Kreuz im Venn (près de Kalterherberg), la Bilisse (vallée de la Statte) et le Bidley (vallée de la Schwalm). Certaines pourraient être des créations humaines, tels le dolmen de Solwaster ou le lit de Charlemagne. Dans le premier cas, l'hypothèse paraît cependant très peu probable[3].

Les bornes-frontières et les croix de pierre et de bois sont nombreuses, témoignant du riche passé historique de la région.

Évènements[modifier | modifier le code]

Homonymie[modifier | modifier le code]

Règlementation pour l'accès du public[modifier | modifier le code]

En tous lieux et tous temps, il est interdit de circuler en fagnes entre le coucher et le lever du soleil.

De jour, les accès dépendent de la protection de la zone :

  • Zone A - Libre d'accès
  • Zone B - Uniquement sur les chemins balisés
  • Zone C - Uniquement avec guides nature reconnus
  • Zone D - Interdiction totale

Dans certains endroits sensibles, ces limitations sont encore renforcées en période de nidification, de la mi-mars à fin juillet.

Hormis la promenade didactique de la fagne de la Poleûr, toutes les promenades en fagne sont interdites lorsque les drapeaux rouges (situés en bordure des grands axes) sont hissés : ils signifient qu'il y a risque d'incendie. Même si le temps paraît pluvieux, il se peut que les sous-sols ne soient pas suffisamment humidifiés. Les consignes doivent donc être respectées.

Sources[modifier | modifier le code]

  • L'article est en partie inspiré par Les Hautes Fagnes, Carl Kamp, Eifelverein Düren, 1971
  • Guide du Plateau des Hautes Fagnes, Robert Collard et Vladimir Bronowski, Editions de l'Octogone, 1993
  • Aperçu climatique des Hautes-Fagnes, Pascal Mormal et Christian Tricot, Institut royal météorologique de Belgique, 2004
  • Les oiseaux des Hautes-Fagnes. Histoire et géographie des oiseaux nicheurs, Metzmacher Maxime. Editions Eole, 2004.
  • Guillaume Apollinaire qui vécut à Stavelot en 1899 décrivit la région dans un poème Fagnes de Wallonie

Étude et promotion[modifier | modifier le code]

  • L'association Les Amis de la Fagne, née en 1935, réunit les amoureux et défenseurs de la région.
  • L'Université de Liège a créé une Station scientifique en fagnes, pour promouvoir des études géologiques, climatologiques, historiques, etc. Elle est sise à côté du Mont Rigi.
  • Le Centre nature de Botrange a une vocation de vulgarisation sur ces thèmes.
  • Fonds "Environnement et Patrimoine" de l'Ardenne (FEPA) Ce Fonds rassemble de nombreux documents (livres, revues, DVD, photographies aériennes, cartes géographiques, cartes de végétation, …) pour découvrir et comprendre les multiples facettes des Hautes-Fagnes et de la Haute-Ardenne

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Photos du site[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un petit dossier pour mieux connaître la région des Hautes Fagnes(19/08/2007)
  2. Dactylorhiza sphagnicola
  3. voir revue "Hautes Fagnes" du 2ème trim. 2010
  4. Hautes Fagnes : 1.300 hectares détruits - Le Soir - 28 avril 2011