Renouée bistorte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La renouée bistorte (Bistorta officinalis) est une plante herbacée vivace de la famille des Polygonacées.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Bistorta officinalis Delarbre, 1800 a pour synonymes : Persicaria bistorta (L.) Samp., 1913 ; Polygonum bistorta L.

Bistorta : du latin "bistortus" = deux fois tordu (forme de la racine) ; Polygonum : du grec "polus" = beaucoup, et "gonu" = genou : tiges très noueuses.

Appellations populaires en France : Feuillotte, Serpentaire rouge, Bistorte, Andresse, Couleuvrée, Langue de bœuf, Faux épinard, Bouïne (Région du Mézenc en Haute-Loire)

Description[modifier | modifier le code]

Hauteur de 20 à 80 cm. Tige simple. Feuilles glauques, simples et brusquement rétrécies à la base et décurrentes sur un long pétiole. Fleurs roses en épi unique terminant la tige et large de 1 à 3 cm.

Répartition[modifier | modifier le code]

Europe et Asie tempérées et subarctiques, Amérique du Nord orientale.

Biotopes[modifier | modifier le code]

Prairies humides, fossés, bois clairs frais. Persiste à l'état stérile dans des lieux fortement ombragés. Hydrocline.
Commune en montagne, rare en plaine (très rare en dessous de 300 m), nulle en région méditerranéenne. Jusqu'à 2 400 m d'altitude : de l'étage collinéen à l'étage alpin.

Biologie[modifier | modifier le code]

Fleurit de mai à octobre. Hémicryptophyte ou géophyte (rhizome).

Usages[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

La plante est comestible.

  • Le rhizome a fréquemment été consommé cuit (ou cru, bien qu'il soit souvent amer) en Russie, Sibérie et Alaska[1] : après l'avoir fait macérer, on le faisait cuire sous la braise[1]. Pour éliminer son amertume, il peut être nécessaire de le cuire dans plusieurs eaux.
  • Comme pour la plupart des renouées, les jeunes pousses et feuilles sont également comestibles[1]. En vieillissant, elles deviennent amères, il conviendra donc, comme pour le rhizome, de les faire bouillir à plusieurs eaux.

Thérapeutique[modifier | modifier le code]

Emplois populaires[modifier | modifier le code]

Différentes applications médicinales sont rapportées dans les traditions populaires :

  • Les feuilles écrasées ont été considérées comme hémostatiques sur les blessures et sont censées être vulnéraires.
  • Le rhizome macéré et utilisé en bains de bouche a été préconisé contre les gingivites, les angines, les aphtes.
  • La poudre de racines prise par le nez a été utilisée pour arrêter les saignements.
  • Enfin on prépare aussi un vin très tonique à partir du rhizome[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'usage médicinal de la bistorte est ancien, comme l'atteste sa présence dans le Capitulaire De Villis[3] ordonnance émanant de Charlemagne qui réclame de la part de ses domaines de cultiver un certain nombre de plantes médicinales et condimentaires dont la "dragantea" identifiée actuellement comme la renouée bistorte.

Les racines de bistorte étaient un des constituants du diascordium appartenant à la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle [4].

Recherche contemporaine[modifier | modifier le code]

Les propriétés médicinales du rhizome de la bistorte font toujours l'objet de recherches. Des activités anti-inflammatoires ont été démontrées chez l'animal[5] et ont été associées au 5-glutinen-3-one et au friedelanol contenus dans le rhizome[6].

De nouveaux composés naturels comme le bistortaside[7] et des cycloartanes[8] ont également été isolés à partir du rhizome.

Divers[modifier | modifier le code]

Plante mellifère

Ennemis[modifier | modifier le code]

La Bistorte est la plante hôte de la chenille du papillon Petit collier argenté, Clossiana selene (Nymphalidae).

Protection[modifier | modifier le code]

Cette espèce bénéficie d'arrêtés de protection en France dans les régions Centre, Île-de-France, Pays de la Loire[9] et Nord-Pas-de-Calais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Couplan, François, Le Régal Végétal - Plantes sauvages comestibles, Flers, Équilibres,‎ 1990, 453 p. (ISBN 287724024X)
  2. Vin de bistorte : Faire macérer 100 g de racines coupées dans 25 cl d'alcool dédoublé pendant 24 h. Ajouter 1 l de vin rouge, remuer et filtrer
  3. Capitulare de villis vel curtis imperii
  4. D'après Maistral, in Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986
  5. Journal of pharmacy and pharmacology 1994, vol. 46, no4, pp. 286-290
  6. Planta Med. 1999 May;65(4):371-4
  7. J. Asian nat. prod. res. 2006, vol. 8, no4, pp. 299-302
  8. Phytochemistry 2005, vol. 66, no19, pp. 2304-2308
  9. Arrêté du 25 janvier 1993 relatif à la liste des espèces végétales protégées en région Pays-de-la-Loire

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]