Gendarmerie nationale belge

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Un gendarme en 1947
Hélicoptère McDonnell Douglas MD-900 peint aux anciennes couleurs de la gendarmerie belge.

La gendarmerie nationale belge (en néerlandais: Rijkswacht[1]) était une force armée ayant été chargée de missions de police parmi les populations civiles en Belgique.

Elle fut dissoute en 2001 et intégrée à la police, après la réforme des polices de Belgique (conséquente aux dysfonctionnements liés à l'affaire Dutroux) et la loi du .

Histoire[modifier | modifier le code]

Création sous le régime français[modifier | modifier le code]

En 1795, les provinces belges sont intégrées à la France. C'est à ce moment qu'y est créé la gendarmerie, premier corps de police unifié et coordonné, sur le modèle français. Ce corps, militaire, avait été créé quelque temps plus tôt dans le reste de la France en remplacement de la Maréchaussée de l'ancien empire. Le texte légal qui organise ce service est une loi du 17 avril 1798 qui restera en vigueur en Belgique jusqu'en 1957.

En 1814, les provinces belges sont rattachées aux Pays-Bas dirigés par le prince Guillaume d'Orange. Ce dernier refuse de parler de gendarmerie. Il parle plutôt de « maréchaussée » et la réorganise.

Période belge[modifier | modifier le code]

En 1830, survient la révolution belge. Dès l'obtention de son indépendance, la toute jeune Belgique prend un arrêté pour créer sa propre gendarmerie nationale sur les bases du corps préexistant. Les gendarmes exercent leur mission sur l'ensemble du territoire.

Les grandes grèves et la vie sociale tendue des années 1930 apportent des changements importants dans l'organisation de la gendarmerie, notamment par le renforcement des unités mobiles créées en 1913.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la gendarmerie dont l'évolution depuis 1850 l'avait amenée à prendre toujours davantage de distance avec l'armée, devient une préoccupation tout à fait centrale pour les occupants et les occupés. En effet, la gendarmerie de par le nombre de ses effectifs et sa structure hiérarchisée est un corps sur lequel l'occupant doit pouvoir s'appuyer en territoire conquis. « En coopération avec le Ministère de l'intérieur qui est tombé dans le giron de l'Ordre nouveau, la Militärverwaltung impose de nombreuses réformes »[2]. Si certaines de ces réformes devaient de manière générale être prise - indépendamment de l'occupation- d'autres comportaient des enjeux bien plus politiques. Il s'agissait alors d'augmenter le nombre des effectifs (pour l'amener à 20 000 hommes), de procéder à une "flamandisation" de celle-ci, d'y intégrer des membres de l'Ordre nouveau et enfin de la moderniser. Finalement, fin 1944, les effectifs de la gendarmerie ne seront que de 10 490 hommes mais 72% des recrues engagée de 1940 à 1943 (sur 2 128 engagements) étaient flamandes. Chez les officiers, la proportion atteint 97%. Jusqu'en février 1943, l'état-major de la gendarmerie préservera relativement celle-ci des dérives évidentes. Le lieutenant-colonel Van Coppenolle qui prendra ses fonctions à cette époque se montrera davantage favorable aux projets allemands. De vives tensions traverseront tout le corps pendant les années de guerre. Elles seront à l'origine d'une multiplication des ordres qui se trouvaient fréquemment être contradictoires, ce qui permit aux gens de terrain d'exercer leur bon sens face à cette cacophonie. « Ainsi, les unités territoriales encore dirigées par d'anciens officiers ne sont donc pas impliquées de manière structurelle dans les actions organisées par l'occupant »[2]. Il n'en va pas de même des nouvelles unités mobiles fraîchement engagées et dont l'action dépassera le cadre strict de la loi belge. Après la guerre, d'aucuns (surtout les communistes) reprocheront à ce corps d'avoir été un « outil trop docile de la politique répressive des allemands »[2].

À la libération, le service est profondément réorganisé. De nouvelles unités voient le jour. Fin 1957, paraît enfin la loi fondamentale sur la gendarmerie, pourtant prévue dans la constitution de 1830. Cette loi confirme le rôle de la gendarmerie et elle confirme son indépendance vis-à-vis des autorités administratives. La gendarmerie acquiert également son indépendance vis-à-vis de la Force Terrestre de l'armée. Elle reçoit aussi l'autorisation de créer ses propres écoles.

Dans les années 1960, le niveau de vie s'améliore considérablement, mais également les crimes graves (braquage, drogue, terrorisme, etc.). C'est à la suite de cela qu'est créé le Bureau Central de Recherche (BCR), qu'apparaît le réseau radio et l'usage des chiens pisteurs.

Dans les années 1980, la gendarmerie connaît de graves problèmes. Les moyens tant humains que financiers font défaut. C'est également la période des Cellules communistes combattantes (CCC), des tueurs du Brabant, du hooliganisme (drame du Heysel). Le corps menace d'être submergé et des mesures drastiques sont prises comme la réorganisation de plusieurs unités et l'amélioration des relations publiques.

Dernières années sous le SPF Intérieur[modifier | modifier le code]

Début des années 1990, les compétences du Ministre de la Défense Nationale sur la gendarmerie, sont transférées vers le Ministère de l'Intérieur. Les missions militaires de la gendarmerie sont supprimées. Cette mesure vise à orienter les forces exclusivement vers les missions de police et à modifier fondamentalement la culture qui anime les gendarmes. Le statut du personnel évolue dans un sens plus conforme à celui des fonctionnaires publics. Un corps administratif et logistique est progressivement mis en place pour s'occuper des tâches non policières. C'est aussi l'époque où la gendarmerie absorbe des polices spéciales : la police du chemin de fer, la police portuaire et la police aérienne.

À la fin des années 1990, et à la suite des dysfonctionnements constatés lors de l'affaire Dutroux, le gouvernement décide de dissoudre tous les corps de polices existants pour créer la police intégrée structurée à deux niveaux. C'est ainsi que la gendarmerie dissoute en 2001 est intégrée dans les deux niveaux de cette nouvelle police : les brigades fourniront près de 10 000 policiers aux zones de police[réf. nécessaire] ; le reste de l'effectif sera réparti dans les différents services de la police fédérale. Les polices spéciales absorbées quelques années auparavant, formeront de nouvelles unités de la police fédérale.

Personnel[modifier | modifier le code]

Grades[modifier | modifier le code]

Véhicules[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La traduction en néerlandais apparaît dans la révision de la constitution du 19 décembre 1925, auparavant elle se nommait Nationale Gendarmerie en néerlandais
  2. a, b et c Paul Aron, José Gotovitch, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique, éditions André Versaille, Bruxelles, 2008, (ISBN 9782874950018) p.203 et sq.