Maréchaussée

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La maréchaussée est l'ancêtre de la gendarmerie française.

Chevalier de la Maréchaussée en 1786

En 1720, la maréchaussée fut symboliquement placée sous l'autorité administrative de la gendarmerie de France, ce qui explique qu'en 1791, elle fut renommée « Gendarmerie nationale ». Cette appellation qu'elle garda jusqu'à aujourd'hui.

Historique[modifier | modifier le code]

La conduite des filles de joie à la Salpêtrière, 1745

Le mot maréchaussée vient de sa fondation lorsque les maréchaux de France ont été institués en juridiction souveraine dépendant du connétable, sous le sceau commun des maréchaux, afin de connaître de toutes les questions relatives à la levée, aux statuts et à la discipline des gens de guerre (équivalent de la police militaire : recherche des déserteurs, prévention des pillages), à la pacification des territoires occupés et du domaine public terrestre (police des chemins et canaux royaux, garde des juridictions souveraines, des forts, arsenaux, prisons, dépôts et palais royaux), à la recherche des crimes de lèse majesté (recherche de dépôts d'armes ou de munitions, répression des menées séditieuses et des bandes armées, falsification de sceaux royaux ou de monnaie). Ses missions sont étendues par une décision royale de 1536 de François Ier à la police des personnes ne relevant pas des juridictions locales ordinaires (vagabonds, étrangers non domiciliés, vols avec armes, vols sur les grands chemins)[1].

Selon l'ordonnance criminelle dite de 1670, une partie de ces crimes, qualifiés de "cas royaux", sont recherchés par la Maréchaussée mais jugés par une chambre criminelle du Parlement, tandis que les autres, qualifiés de "cas prévôtaux", sont jugés en première et dernière instance par les cours prévôts provinciaux des maréchaux.

Depuis François Ier , une troupe de cavaliers est chargée de constater et de poursuivre les cas prévôtaux, mais elle intervient dans les faits dans beaucoup d'affaires relevant des tribunaux ordinaires. Les prévôts ont désormais une résidence fixe.

La maréchaussée fut réorganisée à la fin du XVIIe siècle et durant tout le XVIIIe par une série d'édits, d'ordonnances et de règlements (1670, 1720, 1731, 1769, 1778) visant à la rendre plus efficace et plus présente dans les campagnes, à une époque où le vagabondage fait l'objet d'une répression accrue. À la fin du XVIIIe siècle, par la loi du 16 février 1791, la maréchaussée devient « Gendarmerie nationale ».

Organisation territoriale au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

L'édit de mars 1720 réorganise profondément la maréchaussée et accentue son caractère territorial. Il crée dans chacune de trente-six gouvernements ou provinces un tribunal prévôtal et une compagnie de maréchaussée. À sa tête est placé un prévôt général nommé par le Secrétaire d'État à la Guerre, résidant au chef-lieu de la province, et qui peut être mis à la disposition de l'intendant. Les prévôtés sont divisées en lieutenances (un lieutenant étant établi dans chaque ville dotée d'un présidial), elles-mêmes divisées en brigades réparties le long des grandes routes. Chaque brigade doit surveiller une vingtaine de kilomètres de route de part et d'autre de son siège. L'"arrondissement" ou "district" d'une brigade comprend également plusieurs dizaines de paroisses rurales plus ou moins éloignées.

L'ordonnance du 25 février 1768 crée 200 brigades supplémentaires, et réorganise leur implantation, afin de parvenir à un mailliage du territoire plus fin et plus rationnel. Cependant, en 1779, la maréchaussée ne compte pas plus de 3300 hommes répartis en 34 compagnies (une par généralité, Corse comprise, plus une pour Paris et l' Île-de-France, et une autre assurant la sécurité du roi dans ses déplacements). Ces compagnies, divisées en lieutenances ayant à leur tête un lieutenant assisté d'un ou plusieurs sous-lieutenants, regroupent un total d'environ 800 brigades pour l'ensemble du royaume.

Le service de la maréchaussée à la fin de l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Les hommes de la maréchaussée sont obligatoirement d'anciens militaires. L'ordonnance de 1778 les oblige à souscrire un engagement de 16 ans. Par ailleurs ce texte assimile la hiérarchie de la maréchaussée à celle de la cavalerie, qui se substitue à celle héritée du Moyen Âge (le maréchal des logis remplace l'exempt et le cavalier, l'archer). Une brigade, commandée par un maréchal des logis ou un brigadier compte quatre hommes, le chef de brigade compris. Chaque brigade doit avoir des contacts hebdomadaires avec ses voisines en un lieu ou un autre, et des tournées de deux cavaliers doivent être effectuées chaque jour. La maréchaussée doit surveiller tout particulièrement les rassemblements (foires et marchés, fêtes locales, etc.)

Prévôts des maréchaux[modifier | modifier le code]

  • Le Gallois de Fougières, prévôt des maréchaux, tué à la bataille d'Azincourt en 1415.
  • Tristan Lhermitte, seigneur du Moulin et du Bouchet, grand prévôt des maréchaux du roi Louis XI.
  • Jean Dax, seigneur d'Axat, prévôt des maréchaux de France dans le royaume de Sicile.
  • Louis de Chandieu, grand prévôt des maréchaux de France du roi François Ier.
  • Nicolas Rapin, grand prévôt des maréchaux et poète, mort en 1609.
  • Jean de Lannion, lieutenant du prévôt des maréchaux de Bretagne, sauva la ville de Lannion de l'attaque de brigands en 1634.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Noël Luc, Gendarmerie, État et société au XIXe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002.