Ève

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Ève. Retable de Gand, par Jan van Eyck (détail, 1432).
Ève créée par Dieu à partir d'une côte d'Adam, selon la Bible

Ève (en hébreu: חַוָּה‎ Hawwa(h), arabe: حواء‎) est un personnage du Livre de la Genèse. Dans ce texte, qui fonde la mythologie biblique et les croyances juives et chrétienne, elle est la première femme, mère de l'humanité (Genèse : 3-20). Des allusions à la femme d'Adam apparaissent aussi dans le Coran ; elle est nommée (Hawwâ’).

Sommaire

Ève dans la Bible [modifier]

Récit [modifier]

Selon la Bible, au livre de la Genèse, Adam est le premier homme et a été créé par Dieu lors du sixième jour de la Création à partir de la poussière de la terre qu'il façonna à son image, avant de l'animer de son souffle.

Comme Dieu considérait qu'Adam devait avoir une compagne, il modela des animaux qu'il amena à Adam pour voir comment il les appellerait. Adam donna un nom à chacun d'entre eux, mais ne se trouva pas de compagne. Alors Dieu l'endormit, et créa une femme (qu'Adam appela plus tard Ève) à partir d'une côte d'Adam[1]. Adam reconnut la femme pour sa compagne, et Dieu leur ordonna d'être féconds, de soumettre les animaux et de manger des végétaux. Le premier couple fut placé par Dieu dans le jardin d'Éden, pour qu'Adam cultive le sol et garde le jardin. Tous deux étaient nus, et n'en avaient pas honte.

Dieu avait tout permis à Adam sauf, sous peine de mort, la consommation du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Le Serpent (Nahash en hébreu) apparut et promit à Ève qu'ils n'en mourraient pas, mais que leurs yeux s'ouvriraient et que leur nouvelle connaissance les apparenterait à des dieux. Ève mangea du fruit défendu et en donna à Adam qui en mangea à son tour. Lorsque Dieu interpella Adam, celui-ci se cacha à cause de sa nudité, et dut avouer la faute.

Alors Dieu condamna le serpent à ramper, et mit l'hostilité entre la femme et le serpent ; il condamna la femme à enfanter dans de grandes souffrances, à être avide de son homme et à lui être soumise. Enfin il condamna l'homme à travailler pour se nourrir, et à mourir. Adam donna le nom « Ève » à sa femme, puis Dieu revêtit le couple de tuniques de peau. Il les chassa alors de son jardin pour les empêcher d'accéder à l'arbre de vie qui les rendrait immortels, maintenant qu'ils étaient intelligents : il les renvoya sur la terre commune, et posta des chérubins pour garder le chemin de cet arbre.

Le récit attribue d'abord trois fils à Adam et Ève : Caïn, Abel et Seth, puis d'autres enfants dont le nom n'est pas donné[2].

Ève dans le judaïsme et le christianisme [modifier]

Son nom signifierait « vivante » ; cependant, l'absence dans son nom de la lettre yod soulève un sérieux problème d'interprétation.

Selon la version la plus répandue, Ève fut tirée d'un côté de l'Adam primitif, que l'on peut considérer comme un androgyne (Dieu créa l'homme à son image, mâle et femelle (Genèse 1:27)). Selon les traductions, il s'agit d'un côté ou d'une côte (le mot pleura étant polysémique). Toutefois, selon El Sadawi, dans la première version de la Genèse, elle est créée tout comme Adam à l'image de Dieu, à ses côtés, et la seconde version se serait propagée tout d'abord dans le judaïsme, puis dans le christianisme, et enfin dans l'Islam[3]. Cette thèse est aussi partagée par Annick de Souzenelle[4].

Selon certaines légendes mystiques juives, elle succéda à Lilith qui, elle, n'apparaît pas nommément dans le texte biblique.

Dans un monde où tout était unité et harmonie, le péché originel a introduit la division : il a pour conséquence les séparations

  • de l'Homme avec Dieu : Adam et Ève quittent le Paradis;
  • de l'homme avec la femme : chacun cherche à dominer l'autre, la femme essaie par la séduction ("ton désir te poussera vers ton mari"), l'homme y arrive par la force ("mais c'est lui qui dominera sur toi"); ils se méfient désormais l'un de l'autre et l'homme accuse la femme d'être l'auteur de la Chute, alors qu'il en partage la responsabilité)
  • de l'Homme avec la création: le sol produit désormais des épines, Adam devra lui faire produire du pain "à la sueur de (son)front"...

Le verset appelé "Protévangile" promet la victoire finale de la femme sur le serpent qui l'a trompée: "Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon." (Gn 3,15).

Dans la tradition catholique et orthodoxe, Nouvelle Ève est un titre donné à Marie de Nazareth, en raison de son rôle dans la sotériologie, avec Jésus qui est appelé le Nouvel Adam[5].

Ève dans l'islam [modifier]

Ève est mentionnée plusieurs fois dans le Coran. Son nom n'y est pas cité, mais elle est désignée comme étant l'épouse d'Adam. Le nom arabe d'Ève est حواء (Hawwâ’) ou Hawa ou Haoua. L'équivalent en Afrique Noire est Hawa ou Awa.

Dans le Coran, Ève n'est pas la responsable de l'expulsion hors du jardin d'Éden. Satan (le Serpent selon la Genèse) convainc à la fois Ève et Adam de goûter au fruit défendu. Ève ne porte donc pas la responsabilité de l'exil.

Au cours des siècles, plusieurs voyageurs mentionnent la présence d'un « tombeau d'Ève » à Djeddah. Ce site archéologique a été scellé en 1975 par les autorités soucieuses de prévenir que l'endroit ne devienne un site de prière.

Ève dans les langues [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Genèse II,21-II,22
  2. Genèse V,4
  3. Nawal El Sadawi, « The hidden face of Eve - Women in the Arab world », Beacon Press, 1980, p.91, cité par Monique Dumais, « L’autre salut : femmes et religions », Recherches féministes, Revue Recherches féministes, vol. 3, no 2, 1990, p. 1-10 (ISSN 1705-9240) [résumé, texte intégral, lien DOI (pages consultées le 21 mai 2013)] 
  4. Annick de Souzenelle Le féminin de l'être: pour en finir avec la côte d'Adam, Collections Spiritualités, Éditions Albin Michel, 2000 (ISBN 9782226120557)
  5. Document de mariologie

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]