Dust My Broom

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I Believe I'll Dust My Broom

Single par Robert Johnson
Face A I Believe I'll Dust My Broom
Face B Dead Shrimp Blues
Sortie 1937[1]
Enregistré 23 novembre 1936[2]
San Antonio
Durée 2:56
Genre Blues
Format 78 tours
Auteur Robert Johnson
Producteur Don Law
Label Vocalion (Vo 03475)

Singles par Robert Johnson

Le blues Dust my Broom est l'une des chansons de blues parmi les plus fréquemment interprétées par de nombreux artistes, surtout après sa reprise par Elmore James. De fait sa sonorité, son tempo, son phrasé, sa couleur semblent familiers tant ils évoquent immédiatement le standard de la musicalité blues.

Style[modifier | modifier le code]

Appartenant au courant musical Delta blues, cette chanson fut créée en 1936 par le bluesman et guitariste Robert Johnson sous le titre I Believe I'll Dust My Broom (en français littéral « Je pense que je vais épousseter mon balai »), une expression populaire pour dire « partir », « tout nettoyer et repartir à zéro »[3],[4]. Originalement, ce titre a été interprété en style picking, y compris par les premiers artistes à la reprendre après Johnson, mais elle fut généralement jouée en style « slide », après sa reprise par Elmore James.

Sa sonorité particulière provient le plus souvent de la technique slide qui se joue avec un bottleneck (« goulot de bouteille », mais on employait aussi un couteau) que l'on fait glisser sur les cordes. La guitare est souvent accordée spécialement, selon la méthode dite en « open tuning » (accord ouvert) où les cordes jouées à vide donnent un accord (les plus courants étant mi, sol et ré). Utilisée à l'extrême, cette technique donne une couleur sonore qualifiée d'hawaïenne. Aujourd'hui les guitaristes utilisent un tube d'acier ou de verre passé à l'annulaire ou à l'auriculaire, ou plus rarement sur le majeur, comme Bonnie Raitt.

L'« open tuning » est aussi utilisé par les guitaristes pratiquant le style picking et plusieurs reprises de ce morceau, spécialement par des guitaristes électriques, privilégient cette approche (entre autres celles de Fleetwood Mac, Ben Harper et ZZ Top) qui permet de « slider » (donner un effet de glissement comparable à celui d'une slide guitar) le morceau par un glissando tout en autorisant un jeu plus classique. L'intérêt de l’open tuning en ce cas est l'usage habituel par le blues d'une progression pentatonique, respectée dans ce morceau, qui autorise à « glisser » d'un accord à l'autre en donnant l'impression du « slide ».

Reprises[modifier | modifier le code]

C'est en 1951 qu'Elmore James la reprend : il réduit son titre, réarrange le texte et l'enregistre donc en slide. Les moyens techniques et l'accès à la musique ne sont plus comparables à ceux disponibles vingt ans auparavant, ce qui explique que la paternité de la chanson lui soit souvent attribuée. Depuis, Dust My Broom est redécouverte régulièrement par les musiciens de blues ou de rock 'n' roll qui, souvent, reprennent la technique de slide originale dans leur interprétation. On peut citer en particulier :

On peut encore citer Howlin' Wolf, Eddie Taylor et Sunnyland Slim qu'on retrouve sur les excellentes compilations American Folk Blues Festival, respectivement pour les années 1964, 1980 et 1981. Également Arthur Crudup, Johnny Littlejohn, Dr. Feelgood, Outsliders et Christophe Marquilly, plus récemment Jack Johnson et enfin Homesick James & his Dusters lequel s'est inspiré du titre de la chanson pour dénommer son groupe.

La chanson est également présente sur l'excellent album Hellhound on My Trail gravé en 2001, en hommage à Robert Johnson, par divers artistes. C'est Joe Louis Walker qui l'interprète. Elmore James en a enregistré une version particulière avec Sonny Boy Williamson II à l'harmonica. En 1975, Frank Zappa y fait référence dans sa chanson Debra Kadara, sur l'album Bongo Fury.

En 2005, le groupe Boozoo Bajou nomme son second album Dust my broom, bien que la chanson n'y figure pas.

Cinéma[modifier | modifier le code]

En 2013, la chanson apparaît dans le film Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street) de Martin Scorsese.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Edward Komara, The Road to Robert Johnson, 2007, p.63.
  2. CD : Robert Johnson, The Complete Recordings, Sony, 1996
  3. (en) Definition of Dust My Broom - About.com
  4. Une chanson enregistrée par Carl Rafferty en décembre 1933, Mr Carl’s Blues, disait « I do believe, I do believe I’ll dust my broom. And after I dust my broom, anyone may have my room », en français : « Je pense, je pense que je vais épousseter mon balai. Et quand j'aurai épousseté mon balai, n'importe qui pourra louer ma chambre » (voir (en) Dust My Broom - The Story Behind the Song - Richard Havers, 12 octobre 2007)
    Le Dust My Broom de Robert Johnson (1936) dit « I believe I'll dust my broom (2x), Girlfriend, the black man you been lovin', girlfriend, can get my room », soit « Je pense que je vais épousseter mon balai (2x), mon amie, l'homme noir que tu aimes, mon amie, pourra avoir ma chambre ».
  5. Second Hand Songs