Festival international de musique pop de Monterey

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36° 35′ 40″ N 121° 51′ 46″ O / 36.5944, -121.86278 () Le festival international de musique pop de Monterey (Monterey International Pop Music Festival) s'est déroulé du 16 au à Monterey, en Californie (États-Unis).

Le festival a été organisé par le producteur Lou Adler, par John Phillips de The Mamas & the Papas, par le producteur Alan Pariser et par le publicitaire Derek Taylor. Tous les artistes ont joué gratuitement, les recettes du festival ayant été reversées à des œuvres de charité. Plus de 200 000 personnes ont participé au festival de Monterey.

C'est à l'occasion de cette manifestation que Jimi Hendrix et The Who ont joué pour la première fois aux États-Unis et que le grand public a découvert des artistes tels que Janis Joplin et Otis Redding. Le festival de Monterey a été le premier à incarner les valeurs et les idées de la contre-culture naissante et est considéré comme le signal de départ du fameux Summer of Love en 1967[1]. Le festival de Monterey a été le premier grand festival de rock. Il a servi de modèle à des manifestations telles que le festival de Woodstock.

Le festival[modifier | modifier le code]

Les organisateurs Lou Adler, John Phillips des The Mamas & the Papas, le producteur Alan Pariser, et Derek Taylor planifièrent le festival en seulement sept semaines. Le bureau organisateur comportait des membres des Beatles et des Beach Boys. Monterey était depuis longtemps connu pour le Monterey Jazz Festival et le Monterey Folk Festival ; les organisateurs voyaient donc dans la mise en place du festival international de musique pop de Monterey comme une manière de faire accepter le rock comme une forme musicale et artistique, au même titre que le jazz et la musique folk[2].

Les artistes se sont produits gratuitement, et tous les revenus ont été redistribués à des fondations et organisations caritatives. Seul Ravi Shankar fut payé 3 000 $, pour sa très longue performance au sitar, durant une après-midi complète. Country Joe and the Fish touchèrent 5 000 $ non pas du festival lui-même, mais des revenus générés par le documentaire de D.A. Pennebaker, Monterey Pop[3].

Le festival a été acclamé et salué comme un prodige d'organisation et de coopération, devenant une norme que bien peu de grands festivals parvinrent à reproduire par la suite.

Lou Adler déclara :

« …Notre idée pour Monterey était de proposer le meilleur possible, dans tous les domaines — l'équipement sonore, l'hébergement, le ravitaillement, le transport — des services qui n'avaient jusqu'alors jamais été proposés aux artistes avant Monterey…

Nous avions installé un centre de premiers secours sur le site, car nous avions bien imaginé qu'une surveillance médicale serait nécessaire et que nous devrions nous occuper des problèmes liés à la drogue qui y circulerait. Nous ne voulions pas que les gens ayant des problèmes de drogue soient laissés sans soins et sans assistance médicale. Comme nous ne voulions pas que ce type de problème ne gâche ou ne perturbe les autres spectateurs ou les artistes…

Nos services de sécurité travaillaient avec la police locale de Monterey. Les forces de sécurité locales ne s'attendaient pas à s'entendre aussi bien avec les personnes venues sur place et avec les organisateurs. Ils ne s'attendaient pas à ce que cet esprit du music, love and flowers prenne le pas sur leurs convictions personnelles et les laisse se faire couvrir de fleurs par les participants. »

Presque toutes les caractéristiques du festival international de musique pop de Monterey furent une première dans le monde des rassemblements musicaux : la majorité des spectateurs étaient blancs mais il y avait une réelle mixité ethnique et raciale, ainsi qu'un mélange musical riche et atypique, associant musique folk, blues, jazz, soul, R&B, rock, rock psychédélique, pop et musiques traditionnelles, permettant à de jeunes artistes novateurs et avant-gardistes venant du Royaume-Uni, des États-Unis, d'Afrique du Sud et d'Inde de jouer aux côtés de stars connues et reconnues telles que The Mamas & the Papas, Simon & Garfunkel et The Byrds.

Performances[modifier | modifier le code]

The Who[modifier | modifier le code]

Bien que déjà très connus au Royaume-Uni, et commençant déjà à attirer l'attention des radios et auditeurs américains, Monterey a été le concert qui propulsa réellement The Who sur la scène américaine. Le groupe monta sur scène avant Jimi Hendrix. Pete Townshend et lui voulaient tous deux jouer en premier. Après avoir perdu à pile ou face, Jimi Hendrix aurait dit qu'il voulait bien passer en second, mais qu'« il mettrait le paquet ».

The Jimi Hendrix Experience[modifier | modifier le code]

Hendrix conclua sa prestation au Festival de Monterey sur une incroyable version de Wild Thing, qu'il termina en s'agenouillant devant sa guitare, mimant l'acte sexuel avec son instrument, l'aspergeant d'essence à briquet, y mettant le feu et enfin la fracassant sur le sol et la sono[4]. Tout cela produisit un faisceau de sonorités totalement imprévisibles et inconnues et contribua à sa popularité aux États-Unis[5]. C'est également au cours de ce festival que Hendrix réalise sa double prouesse bien connue d'interpréter le solo de guitare de Hey Joe avec les dents puis derrière son dos.

Janis Joplin[modifier | modifier le code]

Le festival a également été l'occasion d'une des toutes premières apparitions en public de Janis Joplin, qui chanta en tant que membre du groupe Big Brother and the Holding Company. On peut y voir Janis prendre une rasade de Southern Comfort durant son interprétation provocatrice de la chanson Ball 'n' Chain. Columbia Records signa un contrat avec Big Brother and The Holding Company suite au concert de Monterey[4]. « Je suis devenu un fervent défenseur de la cause féministe après avoir entendu Janis Joplin au Festival de Monterey », déclara John McCleary, l'auteur de The Hippie Dictionary.

Otis Redding[modifier | modifier le code]

Monterey fut l'occasion pour la star de la soul Otis Redding de se produire pour la première fois dans son pays d'origine devant un public blanc important. Redding, accompagné durant sa performance par Booker T. & The MG's, fut ajouté au programme du festival grâce aux efforts du fondateur Jerry Wexler, qui voyait dans le festival une chance pour développer la carrière de Redding[4]. Redding lança cette phrase célèbre à l'assistance lors de son apparition : « Voici donc la foule de l'amour. » L'interprétation de Redding comportait son single Respect (qui devint un hit encore plus important pour Aretha Franklin quelques semaines plus tard). Bien que le festival donna à Redding une aura nouvelle et une célébrité plus importante, ce fut également l'une de ses dernières apparitions majeures en public. Il mourut six mois plus tard dans un accident d'avion à l'âge de 26 ans.

Ravi Shankar[modifier | modifier le code]

Ravi Shankar fut également présenté au public américain au cours de ce festival. Dix-huit minutes de Dhun (Dadra and Fast Teental), un bref extrait de la performance live de quatre heures de Shankar, termine le film-documentaire Monterey Pop, révélant l'artiste à toute une nouvelle génération d'admirateurs.

The Mamas & the Papas[modifier | modifier le code]

The Mamas & the Papas ont été les derniers artistes à monter sur scène, John Phillips faisant partie des organisateurs de l'événement. Ils ont également permis à quelques jeunes artistes de se produire tels Scott McKenzie. Ils jouèrent certains de leurs chansons les plus célèbres, telles Monday, Monday et California Dreamin'.

Annulations et artistes absents[modifier | modifier le code]

Plusieurs artistes n'ont pu se produire lors du festival ou ont décliné l'invitation :

  • The Beach Boys, qui étaient impliqués dans l'organisation du festival et qui devaient au départ clore l'événement, n'ont pas pu venir.
  • The Kinks étaient invités mais n'ont pu obtenir de visa pour les États-Unis, à cause d'une querelle avec l'American Federation of Musicians.
  • Donovan s'est vu refuser son visa pour les États-Unis à cause d'une affaire de drogue en 1966.
  • Captain Beefheart & The Magic Band devaient également faire partie de la programmation mais, selon le texte de la pochette de la réédition de leur album Safe as Milk, le groupe aurait refusé l'invitation, leur guitariste Ry Cooder jugeant qu'ils n'étaient pas encore prêts.
  • Selon Eric Clapton, Cream n'a pas participé au festival car le manager du groupe voulait un événement plus médiatique pour lancer le groupe aux États-Unis.
  • Dionne Warwick et The Impressions étaient prévus et leurs noms déjà imprimés sur les premières affiches du festival, mais Warwick laissa finalement tomber à cause d'un souci de planning.
  • Bien que le logo du groupe Kaleidoscope apparaisse dans le film, ils ne jouèrent pas au festival de Monterey.
  • Même si les Beatles refusèrent l'invitation, ils firent partie du bureau organisateur de l'événement. George Harrison et Paul McCartney furent cependant aperçus à Monterey et ont probablement assisté au festival incognito.
  • Bien que les Rolling Stones ne participèrent pas, le guitariste et fondateur du groupe Brian Jones assista au festival (en compagnie de la chanteuse Nico) et monta même sur scène pour présenter Hendrix.
  • Malgré la rumeur selon laquelle Love aurait décliné l'invitation pour Woodstock, Mojo Magazine confirma par la suite que c'était celle pour Monterey qui avait été rejetée.
  • Les Doors ne vinrent pas, tout simplement car les organisateurs oublièrent de les inviter. John Densmore, le batteur du groupe, dans son livre Riders on the Storm, écrit que selon lui, ils ne furent pas conviés à la fête car leur musique ne reflétait pas les idéaux d'alors, peace and love.

Participants[modifier | modifier le code]

Vendredi 16 juin[modifier | modifier le code]

Samedi 17 juin[modifier | modifier le code]

Dimanche 18 juin[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Robert Walser, « Pop III, North America. 3. 1960s », Grove Music Online, L. Macy (consulté le 24 janvier 2008)
  2. (en) « Lou Adler interview », The Tavis Smiley Show, PBS,‎ 2007-06-04 (lire en ligne)
  3. (en) Ellen Sander, Trips: Rock Life in the Sixties, p.93, New York, Charles Scribner's Sons,‎ 1973 (ISBN 978-0-684-12752-1, LCCN 75037205)
  4. a, b et c (en) James Miller, Flowers in the Dustbin: The Rise of Rock and Roll, 1947-1977, New York, Simon & Schuster,‎ 1999 (ISBN 978-0-684-80873-4, LCCN 99021077, lire en ligne)
  5. (en) Judith Lochhead, « Hearing Chaos », American Music, vol. 19, no 2,‎ Summer 2001, p. 237

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Monterey Pop Festival » (voir la liste des auteurs)