Boogie-woogie (musique)

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Boogie-Woogie

Origines stylistiques Jazz
Swing
Blues
Origines culturelles Drapeau des États-Unis États-Unis
Début des années 1920
Instruments typiques Piano solo (racine), Big Band
Popularité Développement dans les années 1930
pic dans les années 1940
persistance en tant que base de beaucoup d'autres musiques

Le boogie-woogie est initialement une manière pianistique d'interpréter le blues. Ce style se caractérise par un accompagnement basé sur les accords du blues (12 mesures) et joué en ostinato (croche pointée-double croche) inlassablement répété à la main gauche (eight-to-the-bar) tandis qu'à la main droite le pianiste brode des variations improvisées sur la trame harmonique du blues. Avec son succès, le boogie-woogie est devenu un style musical à part entière intégré par les big bands et encore source d'inspiration de nos jours.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, des pianistes noirs développèrent, dans des campements d'ouvriers au Sud des États-Unis, une forme plus rapide et rythmée du blues. Ils circulaient de barrel house en honky tonk (baraques en bois aménagées en bar/saloon/tripot), et jouaient toute la nuit du « Honky Tonk ».

La crise aidant, les ouvriers migrèrent progressivement durant les années 1920 à 1930 vers les grandes villes industrielles du nord (Chicago par exemple). L'industrie n'assurant cependant pas la fortune de tout le monde, de nombreuses familles organisaient des « House Rent Parties ». Les pianistes itinérants des circuits des barrel houses trouvèrent ainsi naturellement un débouché à leur activité.

À l'époque, ce nouveau style de musique fut désigné par plusieurs noms: dudlow joe, rolling blues, the dozen, fast western, shuffle, etc. Le premier boogie enregistré serait The Rocks de George W. Thomas en 1923. Mais c'est Clarence « Pinetop » Smith qui fit naître le mot « boogie woogie » en enregis­trant en 1928 son célèbre Pinetop's Boogie Woogie. À la suite de cet enregistrement, cette expression désigna ce style de musique très caractéristique.

Le terme « boogie-woogie » vient d'une image se référant au rythme très caractéristique des trains (tadam...tadam....tadam...). Ce bruit vient des roues du train qui passent avec un petit à-coup d'un rail à un autre (les jointures étant très sommaires). Or les essieux sont groupés par deux au sein d'un bogie (boogie en anglais), supportant le wagon, d'où la double percussion répétitive. Ensuite, comme souvent dans le langage quotidien, les Américains ont accolé un terme artificiel créé par assonances, allitérations et onomatopées tout comme hip-hop vient de hip (hanche), voire le Rock-Roll.

Développement[modifier | modifier le code]

Les premiers spécialistes du boogie-woogie se firent connaître dans les environs de Chicago et à Kansas City dans les années 1920. Parmi eux, on peut citer Jimmy Blythe, le premier à enregistrer un boogie en 1924 (Chicago Stomp), mais aussi CowCow Davenport, Jimmy Yancey, Cripple Clarence Lofton, Charles Avery, Charlie Spand, Montana Taylor et surtout Clarence «Pinetop» Smith, le meilleur de l'époque. Ce fut sur un disque de ce dernier (Pinetop's Boogie Woogie) enregistré en 1928 qu'apparut pour la première fois à un large public le terme boogie-woogie.

Dans les années 1930, aidés dans leur promotion par le producteur John Hammond, émergèrent les supergrands de ce style de piano blues : Meade Lux Lewis (Honky Tonk Train Blues), Albert Ammons (Boogie Woogie Stomp) et Pete Johnson (Roll 'Em Pete). Puis se révélèrent aussi Sammy Price, Memphis Slim, Lloyd Glenn, Jay McShann.

Et ce n'est qu'à partir de 1938 que le Boogie Woogie prit ses lettres de noblesse auprès du grand public grâce à John Hammond qui organisa pour la première fois des concerts boogie woogie au Carnegie Hall de New York, faisant connaître et apprecier au public blanc les talents noirs, tels que Albert Ammons, Pete Johnson et Meade Lux Lewis. Le Boogie Woogie devient très populaire dans toute l'Amérique.

Le boogie obtint un tel succès dans les années 1940 que tout bon pianiste de jazz se devait d'intégrer un ou deux boogies dans son répertoire. Ainsi Count Basie (Boogie Woogie), Earl Hines (Boogie Woogie On St. Louis Blues), Art Tatum (St. Louis Blues), Mary Lou Williams (Roll 'Em), Lionel Hampton et Milt Buckner (Hamp's Boogie Woogie), etc. Certains big bands s'y mirent à leur tour avec des arrangements percutants et bien étoffés, tels Count Basie, Tommy Dorsey, Lionel Hampton, etc. et en particulier le saxophoniste et chanteur Louis Jordan et son Tympany Five qui obtinrent un succès populaire colossal avec Choo Choo Ch'Boogie. Le boogie fut également adapté au chant (Ella Fitzgerald & The Ink Spots, Cow Cow Boogie) ou la guitare (T-Bone Walker, T-Bone Boogie).

L'héritage[modifier | modifier le code]

La tradition du boogie-woogie s'est perpétuée. Elle reste très vivante dans le Blues de Chicago et chez quelques pianistes contemporains qui se spécialisent en tout ou en partie dans ce style. Ainsi, le boogie-woogie se révèle au fil du temps comme un mode d'expression bluesy d'un dynamisme évident et très swinguant. Le rythme boogie-woogie a fortement influencé les débuts de rock 'n' roll. Plus récemment, le guitariste australien Tommy Emmanuel donna une version plus moderne et toute en virtuosité du boogie-woogie à la guitare. De nos jours, certains groupes de rock comme Canned Heat ou AC/DC se réclament également du boogie, bien que le lien avec ce style musical soit difficile à établir. Aussi, le groupe britannique Status Quo par certains titres comme "Whatever You Want", "Roll Over Lay Down" ont un rythme boogie woogie.

La danse[modifier | modifier le code]

La danse, très populaire à l'époque du boogie-woogie, a très vite intégré le rythme et l'explosivité de cette musique :

Article détaillé : Boogie-woogie (danse).

Artistes de boogie-woogie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]