Drapeau du Japon

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Drapeau du Japon
drapeau du Japon
drapeau du Japon
Utilisation Drapeau civil et d'État, pavillon marchand et d'État Version officielle
Caractéristiques
Proportions 2:3
Adoption
Éléments disque rouge sur fond blanc

Le drapeau du Japon est le drapeau civil, le drapeau d'État, le pavillon marchand et le pavillon d'État du Japon. Il est connu sous le nom de Hinomaru (日の丸の旗, hi no maru no hata?, « drapeau au disque solaire »), ou plus officiellement sous le nom de Nisshōki (日章旗?, étendard japonais) en japonais. C'est un drapeau blanc avec un grand disque rouge en son centre (représentant le soleil). Le rapport entre la hauteur et la largeur du drapeau est de 2:3, et le diamètre du disque est trois cinquièmes de la hauteur du drapeau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un atakebune du XVIe siècle. Le drapeau flotte sur des mats à la poupe.

Une légende dit que son origine remonterait à la période où les Mongols ont menacé d'envahir le Japon au XIIIe siècle, et où le prêtre bouddhiste Nichiren est supposé avoir offert un disque solaire à l'Empereur du Japon, qui était considéré comme le descendant d'Amaterasu la déesse du soleil. On ne sait pas de quand datent les premiers usages de ce symbole, mais il apparait dans les peintures des batailles des XVe et XVIe siècles, et il est utilisé par les shogun au XVIIe siècle, sur leurs navires. À partir de la restauration Meiji, en 1868, ce drapeau est considéré comme le drapeau national du Japon, mais aucun document ne le déclare officiellement jusqu'au , date d'une loi qui l’adopte officiellement comme drapeau national en même temps que le Kimi Ga Yo devient hymne national ; la loi lève à cette occasion une ambiguïté, car il pouvait jusque là être considéré comme drapeau national ou drapeau de l'Empereur.

Pendant l'occupation américaine[modifier | modifier le code]

Le Hinomaru est baissé à Séoul, en Corée, le jour de la reddition du Japon, le .

Le Hinomaru était le drapeau de facto durant la Seconde Guerre mondiale et la période d'occupation. Pendant l'occupation du Japon, il était nécessaire d'avoir une permission émanant du SCAPJ[Quoi ?] pour hisser le Hinomaru. Les sources différent cependant sur le degré d'interdiction de ce drapeau, certaines utilisent le terme « interdit » tandis que d'autres tempèrent en exprimant des restrictions fortes mais sans interdictions directes.

Après la Seconde Guerre mondiale, un pavillon fut utilisé par les navires civils japonais sous l'égide du Shipping Control Authority for the Japanese Merchant Marine (SCAJAP). Dérivé du signal maritime « E », ce pavillon fut utilisé de septembre 1945 à la fin de l'occupation américaine. Les navires américains naviguant dans les eaux japonaises utilisaient quant à eux un signal maritime « O » modifié.

Le , le Général Douglas MacArthur leva les restrictions sur le Hinomaru pour le bâtiment de la Diète nationale, le palais Impérial, la résidence du Premier Ministre et sur le bâtiment de la Cour suprême après que la nouvelle Constitution du Japon fut ratifiée. Les restrictions ont ensuite été assoupli en 1948, quand les Japonais ont été autorisé à hisser le drapeau pendant les jours fériés. En janvier 1949, les restrictions ont été définitivement levé et les maisons et les écoles furent alors encouragées, dès le début des années 1950, à hisser le Hinomaru.

Utilisations et traditions[modifier | modifier le code]

Le Hinomaru Yosegaki du soldat japonais Eihachi Yamaguchi.

Quand le Hinomaru fut présenté pour la première fois, le gouvernement obligea les citoyens de saluer l’Empereur avec. Il y avait un certain ressentiment de la part des japonais envers le drapeau et il en résulta quelques protestations. Le drapeau prit du temps avant d’être accepté par le peuple[1].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une coutume populaire consistait à offrir à un soldat appelé un Hinomaru signé par sa famille, ses amis et ses camarades de classes. Le drapeau était aussi utilisé en tant que porte-bonheur et comme prière portant le souhait de voir le soldat revenir sain et sauf de la bataille. Un des termes utilisé pour ce type de porte-bonheur est Hinomaru Yosegaki (日の丸寄せ書き?)[2]. En accord avec la tradition, aucune écriture ne doit toucher le disque solaire[3]. Après les batailles, ces drapeaux étaient souvent capturés ou trouvés plus tard sur les corps des soldats japonais tués au combat. Alors que ces drapeaux étaient devenus des souvenirs[3], une tendance grandissante consistait à renvoyer ces drapeaux aux descendants des soldats auxquels ils appartenaient[4].

La tradition de signer le Hinomaru pour qu’il devienne un porte-bonheur se perpétue mais de manière limitée. Le Hinomaru Yosegaki peut être exhibé lors d’évènements sportifs, notamment pour encourager l’équipe nationale japonaise. Un autre exemple d’utilisation est le hachimaki, un bandeau que les japonais portent autour de leurs têtes, qui est de couleur blanche avec le soleil rouge en son centre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les phrases « victoire certaine » (必勝, hisshō?) ou « sept vies » étaient écrites sur les hachimaki portés par les kamikazes. Cela démontrait la volonté des pilotes de mourir pour leur pays[5].

Avant la Seconde Guerre mondiale, toutes les maisons devaient dresser le Hinomaru lors des fêtes nationales[6]. Depuis la guerre, l’exposition du drapeau du Japon est la plupart du temps limitée aux bâtiments ayant un lien avec les gouvernements locaux ou nationaux comme les mairies. Les habitations ou les bâtiments commerciaux ne le dresse que dans de rares cas[6]. Bien que le gouvernement japonais encourage les citoyens à faire flotter le Hinomaru pendant les fêtes nationales, aucune loi ne les oblige à le faire[7]. Depuis l’anniversaire de l’Empereur le , la JR Kyūshū a déployé le Hinomaru dans 330 gares[8].

Drapeaux militaires[modifier | modifier le code]

FIAV 000001.svg Actuel pavillon des forces navales de défense
Le drapeau des forces navales de défense japonaises sur la poupe du navire-école Kashima des Forces navales d'autodéfense en 2008.

L'actuel drapeau des Forces navales d'autodéfense, le soleil levant et ses seize rayons, fut adopté le 7 octobre 1889 et utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale. Le soleil levant fut aussi employé dans une position plus centrée sur le drapeau des forces terrestres pendant la Seconde Guerre mondiale. À la fin de la guerre, il fut interdit par le traité de San Francisco. Il fut réintroduit comme drapeau des forces navales de défense le 30 juin 1954.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Emiko Ohnuki-Tierney, Kamikaze, Cherry Blossoms, and Nationalisms : The Militarization of Aesthetics in Japanese History, University of Chicago Press,‎ 2010, 428 p. (ISBN 0226620689 et 9780226620688), p. 68-69
  2. (en) « Good Luck Flags (Hinomaru Yosegaki) », sur members.shaw.ca,‎ 9 février 2008 (consulté le 1er mai 2013)
  3. a et b (en) Whitney Smith, Flags through the ages and across the world, McGraw-Hill,‎ 1975, 357 p. (ISBN 0070590931 et 9780070590939), p. 171
  4. (en) Roger McBain, « Going back home », sur www.rose.sannet.ne.jp,‎ 9 juillet 2005 (consulté le 1er mai 2013)
  5. Thomas J. Cutler, The Battle of Leyte Gulf : 23-26 October, 1944, Naval Institute Press,‎ 2001, 343 p. (ISBN 1557502439 et 9781557502438), p. 271
  6. a et b (en) Roger Goodman et Kirsten Refsing, Ideology and Practice in Modern Japan, Routledge,‎ 2002, 256 p. (ISBN 0203035283 et 9780203035283), p. 32-33
  7. (ja) Ministère des Affaires Étrangères, « 国旗と国歌 (Drapeau national et hymne) », sur web-japan.org (consulté le 1er mai 2013)
  8. (ja) « JR九州、日の丸を掲揚へ 有人330駅、祝日に », sur 47news.jp,‎ 26 novembre 2002 (consulté le 1er mai 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]