Épi de faîtage

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Épi de faîtage à Ségur-le-Château
Épi de faîtage en forme d'iris, rappelant les toits de chaume fixés par les rhizomes de cette plante

Un épi de faîtage, également appelé poinçon, est une pièce ornementale formée d'une base et de plusieurs éléments (appelés manchons) enfilés sur une tige métallique placée aux extrémités d'un faîtage de toiture, soit à la pointe (dans le cas d'un pigeonnier par exemple[1]), soit aux extrémités de la ligne de faîte. Il constitue par exemple la partie supérieure (l’amortissement) d'un gable et est le plus souvent un fleuron.

Sa fonction est à l'origine une nécessité fonctionnelle : assurer l'étanchéité de la charpente traditionnelle de la toiture en couvrant et protégeant la partie saillante (l’aiguille) du poinçon unique ou des poinçons alors extérieurs des toitures à quatre pans[2] ; elle a pris par la suite une dimension décorative (typiquement lorsque l'épi est placé en avant-corps d'un pignon de ferme)[3] .

Dans certaines régions françaises, les petits épis se nomment étocs.

Il peut être en terre cuite, en céramique, en bois (typique de l'architecture balnéaire du XIXe siècle), en fer forgé, etc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sa présence en Occident est attestée dès le XIe siècle (un simple pot en terre retourné est représenté sur des miniatures et la tapisserie de Bayeux). Aux XIIIe et XIVe siècles, on utilise des épis d'abord en terre cuite brute puis les siècles suivants en terre cuite vernissée, en plomb et en faïence émaillée qui apportent la polychromie[4]. D'abord ronds pour offrir moins de prise au vent, ils sont progressivement décorés de motifs floraux, d'animaux ou de masques (faisant office d'armoiries du propriétaire de maisons même modestes, excepté les épis en plomb réservés aux nobles jusqu'au XVe siècle) et souvent surmontés de girouettes (privilège royal jusqu'à la Révolution) . Cette technique fait appel à des artisans ornemanistes, potiers, dinandiers, couvreurs, etc.
La Renaissance leur donne des formes nouvelles, chapiteaux couronnés de vase par exemple ; de même le XVIIe siècle les traite selon son style en apaisant les thèmes antiquisants de l'époque précédente. Encore aux XIXe et XXe siècles, on couronne les faîtages d'épis souvent faits de zinc bien que ce type d'ornement subisse une uniformisation (due à sa fabrication industrielle) et un déclin[5].

Les principales formes d'épis[modifier | modifier le code]

La forme la plus simple est constituée d'une base, d'un globe ovoïde (boule) et d'un couronnement, séparés par des pièces intermédiaires.

Dans les régions méditerranéennes :

  • Poinçon ancien : trois boules emboitées sur un piédestal.
  • Poinçon tronconique à bulbe : une base tronconique supporte un bulbe encastré sur son cône. Il est souvent surmonté d'une petite flèche, pointe annelée ou lisse.
  • Pain de sucre : forme de cloche surmontée d'un petit chapeau
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Dans les autres régions[6] :

  • Formes simples : boule, quille, etc.
  • Emblème traduisant la personnalité (le statut social auparavant faisait office d'armoiries) : emblème géométrique, végétal (Fleur de lys, pigne de pin et pomme de pin : cône aux écailles respectivement fermées et ouvertes), animal (coq, chat, hibou, pigeon)
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Couverture et épi de faîtage sur le site Pigeonniers et colombiers de France
  2. Schéma d'un épi couvrant le poinçon
  3. Épi de faîtage sur la Base Mérimée du ministère de la Culture
  4. « L’épi de faîtage, un ornement de terre cuite méconnu : à propos de deux exemples en Dordogne », Aquitania, no 21,‎ 2005, p. 285-298
  5. Jean Pierre Néraudau, Dictionnaire d'histoire de l'art, Paris, PUF,‎ 1985, 521 p. (ISBN 978-2130385844)
  6. Christian Kulig, Épis de faîtage : Regard sur les épis de faîtage en terre cuite des Côtes-d'Armor, Perros-Guirec, Anagrammes,‎ 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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