Bentō

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Un bentō standard bon marché

Le bentō (弁当?) est un terme japonais désignant le repas rapide ou casse-croûte contenu dans un coffret pris hors de la maison mais aussi une façon de présenter le plat unique et extrêmement populaire au Japon.

Le bentō est généralement appelé o-bentō, le préfixe « o » étant une marque de respect qui souligne son importance dans la civilisation et la vie quotidienne japonaises.

Description[modifier | modifier le code]

Le bentō prend la place à la fois du sandwich mais en beaucoup plus nutritif, du plat de restauration rapide, du repas pris dans les trains, les avions, les excursions, etc. Mais c'est avant tout celui qui est préparé à la maison tous les matins pour être consommé à l'école ou sur le lieu de travail : on peut ainsi recycler les restes de la veille.

Les aliments que l'on y trouve sont variés : environ 40 % de riz, 30 % de protéines, 20 % de légumes frais et 10 % de légumes macérés ou de fruits. C'est là que réside l'équilibre diététique du bentō, qui correspond aussi à une harmonie de saveurs, suscitant le contraste des goûts sans brutalité. Le bentō exige que tout soit coupé pour être mangé facilement avec les doigts ou des baguettes[1].

Coffret repas ou boîte bentō[modifier | modifier le code]

bentō bako entourée d'un furoshiki, pièce de tissu servant à porter et isoler
shōkadō bentō

Un des traits caractéristique du bentō est son contenant : C'est le bentō bako (弁当箱?, « boîte à bentō »), appelé gamelle dans les pays francophones (ou « lunch box » dans les pays anglophones). Le repas est toujours disposé dans un coffret compartimenté[2].

On trouve les types de contenants suivants :

  • Les coffrets traditionnels en bois laqué (restaurants ou traiteurs de luxe livrant à domicile)
  • En céramique, dans le but d'être collectionné : kamameshi bentō (釜飯弁当?)
  • Les imitations de ces mêmes coffrets en résine synthétique, réutilisables (restaurants modernes)
  • Les boîtes hermétiques en plastique dur (écoliers, travailleurs, pique-nique familial)
  • Enfin et de plus en plus, les barquettes à usage unique, en plastique très fin, en polystyrène ou en aluminium (peuvent alors être réchauffés). On les trouve en supermarchés, dans les bentō-ya (弁当屋?, marchand spécialisé en bentō), kiosques des gares, konbini, etc.

Même dans le cas des emballages modernes, la présentation est toujours soignée.

Les boîtes préparées à la maison sont généralement entourées d'un furoshiki, pièce de tissu entourant la gamelle afin de l'isoler thermiquement et nouée au dessus de celle ci, permettant ainsi de la porter plus facilement.

On donne un nom à certaines boites à bentō particulières :

  • shōkadō bentō (松花堂弁当?) (du nom du temple Shōkadō), boite généralement en bois à quatre compartiments divisés par une paroi cruciforme. Elle inspira le design de l'ordinateur portable ThinkPad d'IBM (maintenant propriété de Lenovo)[3].
  • Le kamameshi bentō (釜飯弁当?) en céramique, vendus comme objets à collectionner dans les gares ferroviaires de la préfecture de Nagano.

Bentō et société[modifier | modifier le code]

kyaraben en forme de panda

On trouve des bentō vendus partout au Japon (dans les supérettes ouvertes jour et nuit, à bord des trains, dans des restaurants dédiés), mais la tradition familiale japonaise veut que l'épouse ou la mère prépare avec soin pour son époux et ses enfants le bentō de midi. Les enfants d'école maternelle n'ont pas de cantine et apportent chaque jour leur repas. Dans ce cas, le bentō est souvent agrémenté de décorations (飾り切り, kazari-giri?) en forme de personnages kawaii (mignon en japonais) appelés charaben (キャラ弁, kyaraben?), diminutif de la transcription phonétique de l'anglais « character » (personnage) et du japonais « bentō », ce qui fait leur réputation. Pour les plus vieux sont parfois représentés des chanteurs, acteurs ou autres personnages célèbres. On trouve ainsi de nombreux accessoires spécialisés tels que des moules à œufs permettant de représenter facilement des oursons, lapins ou autres motifs.

Cette préparation joue un rôle symbolique dans de nombreux récits de la littérature ou du cinéma japonais.

Historique[modifier | modifier le code]

On trouve trace du bentō dès l'ère Kamakura (1185 à 1333) où du riz cuit et séché nommé hoshi-ii (糒/干し飯?) est produit, stocké et transporté dans de petits récipients. Le riz cuit, comme tous les produits riches en amidon, se conservant très mal, les voyageurs avaient coutume de transporter un stock de riz cru dans leurs bagages ou baluchon (furoshiki) et de le faire cuire dans les relais ou auberges, n'achetant sur place que les garnitures ou okazu (御数/御菜?).

Pendant l'époque Azuchi Momoyama (1568 à 1600), des boîtes en bois laqué, comme celles actuelles, furent produites et l'on mangeait des bentō en regardant les sakura en fleur pendant le hanami ou encore pendant la cérémonie du thé. La culture du bentō se développa et devint plus raffinée pendant l'époque Edo (1603 à 1867). Les touristes et voyageurs portaient généralement un simple koshibentō (腰弁当?), constitué de plusieurs onigiri enroulés dans des feuilles de bambou ou mis dans des boîtes en bambou.

Le premier ekiben (駅弁?, « bentō de gare ») apparut pendant l'ère Meiji de 1868 à 1912. À cette époque, les écoles ne fournissaient pas de repas. Les étudiants et professeurs emmenaient donc des bentō comme bon nombre d'employés. Un bentō européanisé avec des sandwichs sortit également à cette époque.

La boîte en aluminium devint un objet de luxe pendant l'ère Taishō (1912 à 1926) en raison de sa facilité de nettoyage ainsi que par son aspect argenté. C'est à cette époque que les disparités de fortune commencèrent à apparaître nettement à cause de l'explosion des exportations pendant la première guerre mondiale, ainsi qu'en raison de mauvaises récoltes dans la région de Tohoku. À cette époque apparut une mouvance pour abolir l'usage du bentō dans les écoles. En effet, les bentō montraient trop souvent, de par leurs aliments, le milieu social de l'élève. De nombreuses personnes s'interrogèrent sur l'influence psychologique et physique, en raison du manque d'équilibre, des bentō. Ainsi, après la seconde guerre mondiale, ils furent petit à petit remplacés à l'école par des cantines.

Dans les années 1980, le four micro-onde et la prolifération des supérettes favorisèrent un regain d’intérêt en faveur du bentō. De plus, l'arrivée du plastique permit la fabrication de boîtes peu coûteuses. Ainsi, il n'est pas rare de voir de nos jours des bentō dans les écoles. Les bentō sont également utilisés comme des paniers repas, lors de sorties avec la famille ou à l'école. Le bentō est ainsi souvent enveloppé d'un furoshiki servant à la fois de sac et de dessous de plat, mais est aussi maintenu par une cordelette ou un élastique ou même une armature métallique avec poignée (uniquement pour les bentos à étages).

Le bentō fut ainsi exporté à Taïwan pendant la deuxième moitié du XXe siècle où il est encore populaire sous le nom de Bendong ou Biendang (chinois : 便當 ; pinyin : biàn dāng ; littéralement : « service pratique »).

Depuis quelque années, le bentō est réputé en Europe : de plus en plus de marques et de blogs se créent sur le sujet, et proposent des concours de bentō.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. GEO no398, avril 2012, p.26
  2. « Les Japonaises sous l’empire du bento », booksmag.fr,‎ 29 juin 2011 (lire en ligne)
  3. « Big Blue's big adventure »,‎ 1999-01-01 (consulté le 1 janvier 2014)

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