Système colorimétrique de Munsell

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Nuancier de Munsell

L'atlas de Munsell est le système d’identification des couleurs le plus largement reconnu aux États-Unis.

Il a été inventé par Albert H. Munsell en 1909, et classe les couleurs en fonction des teintes, valeurs (luminosité) et chroma (pureté).

Système TVC : teinte, valeur, chromaticité[modifier | modifier le code]

Le système Munsell est un espace de couleur tridimensionnel.

La représentation TVC est un volume dont l’axe vertical porte une valeur allant du noir au blanc. La distance à cet axe représente la chromaticité et l’angle horizontal avec une couleur d’origine (souvent le Bleu) représente le changement de teinte. C’est une représentation très simple permettant de bâtir des atlas et des chartes de couleurs. Le cercle chromatique n’est en fait qu’une coupe horizontale de cette représentation à l’intensité constante. L’intérêt de ce système de représentation des couleurs par rapport au système RVB est que les coordonnées sur chaque axe peuvent être corrélées à nos sensations visuelles.

  • La teinte représente une nuance de couleur. Le système est basé sur 5 champs chromatiques de base : R rouge, Y jaune, V vert, B cyan, P violet plus 5 champs intermédiaires. Chacune des couleurs est données en 10 nuances. Une teinte est définie par un chiffre s'étalant de 0 à 360°.
  • La valeur représente la luminosité/clarté perçu qui est différentes de la luminosité réelle d'où le nom de "valeur" et pas "luminance" qui représente la luminosité réelle. Elle s'échelonne de 0 pour le noir à 10 pour le blanc.
  • La chromaticité représente la pureté d'une couleur basée sur la perception visuelle d'où le nom "chromaticité" et non "saturation" qui représente la saturation réelle. Chaque champ de couleur aura une chromaticité maximum différentes par exemple le jaune à par sa nature même plus de potentiel de chromaticité que le violet. Elle commence 0 pour le gris et n'a pas de limite supérieur bien que les couleurs normales aient une valeur maximum de 20 mais une chromaticité allant jusqu'à 30 est attribuée aux couleurs fluos. Une particularité de la représentation Munsell est que les couleurs saturées ne sont pas toutes à la même distance de l'axe centrale par exemple le vert et le bleu sont plus saillant que le cyan.

Bien que ne représentant pas un paramètre de définition de couleur, la représentation tridimensionnelle du système de Munsell tient compte de la brillance pour placer les couleurs plus ou moins haut sur l'axe centrale pour les rapprocher du blanc ou du noir selon leur brillance relative. Par exemple le jaune saturé est très haut presque au même niveau que le blanc alors que le bleu saturé est très bas tout prés du noir.[1]

Principe d'encodage des couleurs[modifier | modifier le code]

Autour d’un cercle chromatique composé des

Le système de Munsell montrant le cercle des teintes pour une valeur de 5 et une chromaticité de 6, les valeurs neutres de 0 à 10 et la chromaticité du Violet-Bleu pour une valeur de 5
  • 5 teintes de base :
    • Rouge (R)
    • Jaune (Y)
    • Vert (G)
    • Cyan (B)
    • Violet (P)
  • et 5 teintes secondaires ou intermédiaire :
    • Orange YR,
    • Vert-jaune GY,
    • Cyan foncé BG,
    • Bleu-violet PB,
    • Magenta foncé RP

On définit les dix teintes principales. Chacune est alors divisée en dix secteurs numérotés de sorte que le 5 marque le milieu de la tonalité et le 10 la frontière entre une teinte et la prochaine. Ainsi l’on peut évaluer une couleur en fonction de cette teinte et l’identifier (5R, 10YR par exemple).

Puis on évalue le degré de luminosité de la teinte entre 0 pour le noir et 10 pour le blanc.

De même, la saturation est évaluée. Elle commence au gris (0), les limites supérieures variant de couleurs en couleurs.

La couleur se voit alors attribuer son identifiant définitif (exemple : « 5RP 8/2 » pour un rose pâle, ou « 5P 4/2 » pour un pourpre grisâtre)

Histoire[modifier | modifier le code]

Munsell fut le premier à séparer la teinte la luminosité et la saturation dans des plans différents et à les représenter dans un espace à trois dimensions. Il basa cette représentation sur une mesure expérimentale et scientifique de la perception humaine. Grâce à cette rigueur, le système est encore utilisé couramment comme modèle colorimétrique bien qu'il soit maintenant souvent dépassé par les modèles CIE.