Parti communiste japonais

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日本共産党 (Nihon Kyōsan-tō)
Image illustrative de l'article Parti communiste japonais
Logo officiel
Présentation
Président du Conseil exécutif Kazuo Shii
Fondation 1922
Siège 4-26-7 Sendagaya, Shibuya-ku, Tokyo 151-8586
Secrétaire général Tadayoshi Ichida
Président du Conseil des Affaires de la Diète Keiji Kokuta
Président du groupe à la Chambre des représentants Keiji Kokuta
Président du groupe à la Chambre des conseillers Tadayoshi Ichida
Représentants
21 / 475
Conseillers
11 / 242
Idéologie communisme, réformisme, pacifisme
Couleurs rouge
Site web www.jcp.or.jp
Siège du parti communiste japonais à Tokyo

Le Parti communiste japonais (日本共産党, Nihon kyōsantō?) est un parti politique japonais. Fondé le 15 juillet 1922, il fut interdit jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce fut alors le seul parti politique à s'opposer fermement à la guerre.

Le Parti communiste japonais est l'un des plus grands partis communistes d'opposition au monde. Il compte environ 400 000 membres répartis dans 25 000 sections. Contrairement aux autres partis communistes d'Europe ou d'ailleurs, il n'a pas connu de crise interne à la suite de la chute de l'Union soviétique, et n'a pas non plus songé à changer son nom ou ses objectifs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Parti communiste japonais a été fondé le 15 juillet 1922, devenant immédiatement une organisation politique clandestine. Il était en effet mis hors-la-loi d'entrée par la Loi de préservation de la paix et fut, à ce titre, victime des persécutions de l'armée et de la police du Japon. Il fut le seul parti politique à s'opposer à l'entrée du Japon dans la Seconde Guerre mondiale.

Légalisé durant l'occupation américaine du Japon, en 1945, il est depuis lors un parti politique légal participant régulièrement aux élections, obtenant cinq siège dès les élections à la Chambre des représentants de 1946. Depuis lors, il n'a été absent de cette assemblée que de 1952 à 1953. Très faiblement représenté entre 1946 et 1969 (entre 1 et 5 élus à la Chambre des représentants - avec toutefois un pic à 35 sièges en 1949 du fait du report momentanée des voix de certains socialistes déçus de l'alliance entre leur parti et le Parti démocrate pourtant de droite au sein des gouvernements de Tetsu Katayama puis Hitoshi Ashida de 1947 à 1948 - et autant à la Chambre des conseillers entre 1947 et 1968), l'efficacité du parti sur le plan électoral est essentiellement affectée par les querelles intestines qui opposent ses membres au sujet d'une prise de position sur la rupture sino-soviétique jusqu'en 1965[1], le « miracle économique japonais » qui rend particulièrement populaire le PLD, son opposition à la famille impériale et à l'empereur dans un pays où l'immense majorité de la population reste monarchiste et la crainte du communisme dans un contexte de Guerre froide et de méfiance vis-à-vis d'États voisins considérés comme hostiles (la République populaire de Chine et la Corée du Nord).

Il faut attendre l'arrivée à la tête du mouvement en 1958 de Kenji Miyamoto pour que le PCJ connaisse une révolution idéologique comparée à celle du Parti communiste italien des années 1970 et qui va lui permettre d'accroître son assise électorale. En effet, Miyamoto renonce dès son accession à la présidence à l'idée de révolution violente au Japon, appelle à l'instauration d'un « Communisme souriant » plus pacifique, se démarque des deux grandes puissances communistes de l'époque (en 1966 il qualifie la Révolution culturelle chinoise d'« anormale » et condamne tant la répression soviétique du Printemps de Prague en 1968 que l'invasion par l'armée rouge de l'Afghanistan en 1979)[2] et fait finalement remplacer en 1976 l'expression marxiste de « dictature du prolétariat » par une déclaration en faveur de la démocratie et de la liberté au sein de la charte du parti[3]. Le passage du Shinbun Akahata (l'organe officiel du parti) à une ligne éditoriale plus familiale (qui permet d'augmenter ses ventes et ainsi d'assurer une entrée substantielle d'argent pour les caisses du PCJ) et la mise à l'écart des mouvements étudiants les plus violents de son organisation de jeunesse permet dans le même temps de donner au parti une image plus « acceptable » et lui fait gagner une plus forte assise populaire[1]. Grâce à cela, les communistes connaissent leur âge d'or dans les années 1970, dans un contexte politique marqué de plus par la normalisation des relations diplomatiques entre le Japon et la République populaire de Chine en 1972 et l'explosion de l'inflation du fait du choc pétrolier de 1973, deux évènements qui favorisent plutôt le mouvement.

Le PCJ passe alors de cinquième parti du Japon (et quatrième de l'opposition, derrière le PSJ, le Kōmeitō et le Parti démocrate socialiste), avec 3,2 millions de voix et 6,8 % des suffrages, en 1969[4], à la troisième force politique du pays (et la seconde de l'opposition, sauf en 1976 où il est devancé par le Kōmeitō) avec un score situé entre 4,5 et 5,8 millions d'électeurs (soit entre 10 % et 10,5 % des voix) durant toute la décennie tout en s'approchant des 40 sièges à la Chambre des représentants (38 sur 491 de 1972 à 1976 et 41[5] sur 511 de 1979 à 1980, en retombant à 17 élus sur 511 entre 1976 et 1979 et à 29 représentants sur 511 de 1980 à 1983)[6],[7],[8]. À la Chambre des conseillers, il culmine à 18 sièges sur 250 de 1974 à 1977 puis à 16 élus de 1977 à 1980.

Dans les années 1980, le parti se stabilise aux alentours de 5,3 millions de voix (environ 9 % des suffrages) et 26 élus sur 511/512 entre 1983 et 1990 à la Chambre des représentants et entre 12 et 16 sièges sur 250/252 entre 1980 et 1989 à la Chambre des conseillers. La chute du bloc soviétique affaiblit quelque peu son assise électorale, qui retombe à 5,2 millions de voix (8 %) et 16 représentants sur 512 en 1990, 4,8 millions (7,7 %) et 15 sièges en 1993. Toutefois, l'alliance du PSJ avec le PLD dans une coalition gouvernementale de 1994 à 1996 détourne une partie des électeurs socialistes vers le PCJ, tandis que le système électoral mis en place en 1994 et instaurant une part de proportionnelle (environ deux cinquièmes des parlementaires) pour l'élection des deux chambres favorise les petites formations et notamment le Parti communiste. Toutefois, le passage pour le reste des membres de la Chambre des représentants (qui restent la majorité) d'un scrutin plurinominal à uninominal avantage au contraire encore plus les grands partis.

Quoi qu'il en soit, les élections législatives de 1996 marquent une avancée significative du parti communiste qui bat ses records des années 1970 : 7 millions de voix (12,5 %) et 2 élus au scrutin majoritaire mais surtout 7,3 millions de suffrages (13 %) pour ses listes qui font élire 24 représentants à la proportionnelle, il dépasse alors le PSJ (devenu Parti social-démocrate PSD) qui a perdu l'essentiel de sa base au profit du PCJ ainsi que du récemment créé PDJ. S'il se maintient quelques peu aux alentours des 7 millions d'électeurs en 2000 (7,4 millions et 12 % des voix au vote majoritaire mais en perdant alors ses deux seules circonscriptions, il n'a jusqu'à ce jour plus retrouvé d'élu au vote uninominal, et 6,7 millions ou 11,2 % des suffrages exprimés et 20 élus à la proportionnelle), la concurrence au sein de l'opposition du PSD et surtout du PDJ et l'évolution vers le bipartisme fait que l'embellie communiste de 1996 est de courte durée et le parti retombe ensuite à des scores plus modestes. Il ne rassemble ainsi plus qu'entre 4,5 et 4,9 millions d'électeurs (entre 7,8 % et 8,1 %) pour 9 élus (son plus faible score depuis 1967) en 2003, et autour de 5 millions (7,25 %) pour les deux modes de scrutins et de nouveau 9 représentants en 2005 et 2009. Il réalise ses plus importants scores électoraux dans la région de Kinki, vieux pôle industriel du Japon, où sa liste traditionnellement avoisine les 10 % des voix et dont il détient depuis les dernières élections 3 des 29 représentants à la proportionnelle. À la Chambre des conseillers, il réalise également depuis 2001 des scores oscillants entre 3,5 et 5,5 millions de voix (entre 6 % et 10 %), et son poids y a progressivement diminué de 23 sièges sur 252 (son record) de 1998 à 2001 à uniquement 6 conseillers sur 242 depuis 2010.

Toutefois, la crise économique de 2008-2009 et la dureté actuelle du marché du travail japonais profite au parti anti-capitaliste, qui est le seul à la fin de l'année 2008 et au début 2009 à enregistrer de nouveaux adhérents : un millier par mois selon lui[9]. La situation syndicale actuelle (une grande confédération, le Rengo, lié au parti démocrate du Japon, représente les employés stables) pousse les précaires, freeters, à rejoindre les syndicats professionnels indépendants, proches du parti[9].

Positions et programme actuels[modifier | modifier le code]

Le parti communiste japonais demande l'abolition du capitalisme et d'exploitation et l'établissement d'une société basée sur le socialisme, la démocratie et la paix, en opposition au militarisme. Il veut arriver à ses buts en travaillant à l'intérieur du cadre fixé par la démocratie parlementaire.

Bien qu'ayant été d'inspiration léniniste, le parti ne soutient plus la révolution socialiste : il adhère en effet à l'idée d'une révolution démocratique depuis 1958, et a renoncé à la notion de dictature du prolétariat en 1976. Le parti communiste est donc anti-capitaliste et pacifiste. Il n'envisage plus l'action armée - depuis les années 1980 il n'existe plus de contact avec des organisations du type de l'Armée rouge japonaise - et milite pour un respect total de l'esprit de la Constitution de 1947. Il est le seul à inscrire dans son programme l'abrogation du traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon, et s'oppose farouchement à l'acquisition d'armes nucléaires par le Japon et à la révision de l'article 9 de la Constitution et la participation à le Trans-Pacific Strategic Economic Partnership. Également seul parti politique japonais à s'être opposé en son temps à l'impérialisme japonais et à la participation du pays à la Seconde Guerre mondiale, il milite pour que le gouvernement fasse des excuses officielles pour les exactions commises par l'armée impériale durant le conflit. Opposé à toute forme de nationalisme, il rejette tant le drapeau que l'hymne officiel du pays, et s'il ne s'oppose plus désormais au maintien sur le trône de l'empereur, il insiste pour qu'il soit limité à un simple rôle symbolique, ce qui est largement le cas aujourd'hui. mais il favorise le gouvernement sur les affaires des îles Kuril, îles Senkaku et le Takeshima.

C’est aujourd’hui un des seuls partis à demander la fin du nucléaire civil au Japon, et ce depuis longtemps ; ce qui lui vaut, après la catastrophe de Fukushima, une certaine embellie électorale[10].

Selon un membre du parti s'exprimant en mai 2009 : « Bien sûr, notre objectif final est une société socialiste, communiste au Japon, dépassant le capitalisme. Mais avant cela, nous avons une approche graduelle. La première étape est de résoudre les problèmes du travail et du niveau de vie selon la demande des gens »[11].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles et catégories connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]