Art africain traditionnel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'art africain traditionnel. Pour l'art contemporain, voir Art contemporain africain.
Dame blanche (-4000 av. JC.), peinture rupestre, Namibie
Bronze Ife, art Yoruba 12e siècle, British Museum
Masque Kwele 20e siècle, Muséum de La Rochelle
.
Velours du Kasaï
Sculpture yombé sommet de sceptre, XIXe siècle
Figure d'ancêtre Dogon, 17e/18e siècle au pavillon des sessions, Musée du Louvre
Figure de pouvoir Nkisi, Musée de Birmingham
Homme Nok au pavillon des sessions, Musée du Louvre [1]

L'art africain traditionnel, qui fut aussi appelé « art nègre », se subdivise en une multitude d'arts locaux. Les musées internationales ayant longtemps négligé l'art africain[2], de ce fait la plupart des chef-d'œuvres sont entre les mains des collectionneurs privés et des marchands, et certains d'entre eux ont réalisé depuis les années 1980 de véritables fortunes. Après les diverses indépendances, beaucoup d'Européens étaient rentrés en Europe avec souvent d'importantes collections, et peu à peu ces dernières ont déboulé sur les marchés aux puces et les ventes aux enchères.

Les objets[modifier | modifier le code]

La diversité plastique de l'Art africain traditionnel montre une prodigieuse imagination et une intensité magique, révélant l'omniprésence du sacré — qui fascina quantité d'artistes et collectionneurs occidentaux au XXe siècle dont André Breton — et des rites complexes : cérémonies où se jouent la définition du pur et de l'impur, la perpétuation de la lignée, la légitimation des alliances, la force et la cohésion du clan.

La véritable passion de l'art africain se doit dans certains cas de respecter l'objet dans son intégralité, ce qui signifie donc par exemple d'accepter l'existence — sans se laisser impressionner — d'une couche de sang séché (croûte sacrificielle) recueilli au cours des sacrifices rituels. Aux dires des collectionneurs les plus passionnés, les traces laissées de leur utilisation confèrent à ces objets une puissance magique ou esthétique que les autres ne possèdent pas[2].

Parmi les objets usuels africains on peut aussi trouver des objets artisanaux tels que des poulies, des serrures de grenier, des échelles, des calebasses pyrogravées et des armes, des objets personnels (poupée de maternité, fétiche), mais aussi des objets comme des statues décoratives sculptées pour les villas des blancs dans les années 1950 et 1960, ou comme enseignes naïves des boutiques. Ces objets sont des «faux» pour les puristes et les «ethnos» qui les méprisent, mais ces pièces, aujourd'hui patinées par le temps, se révèlent des choses, souvent très belles et très touchantes, d'un art réellement populaire, témoin d'un temps aujourd'hui révolu. Par exemple les statues dites «colons» représentent le «colon», l'homme blanc vu par l'homme noir, et sont souvent des statues pleines d'humour et de drôlerie (casque colonial, pistolet à la ceinture, mains dans les poches).

Cependant les faux d'aujourd'hui font des ravages, car dans de nombreux villages africains les artisans sont passés maîtres dans l'art de patiner le neuf, d'autant plus que selon les experts il devient impossible de retrouver aujourd'hui une œuvre majeure sur le continent. Tout est déjà en Europe, chez les collectionneurs (comme le bruxellois Willy Mestach), dans les familles d'anciens colons ou en Amérique dans les musées. Trouver un objet rituel étant devenu rarissime, il y a de nombreux vols concernant ces objets, liés à la découverte de cet art primitif. D'autre part, de nombreux «rabatteurs» écument les villages de brousse les plus éloignés pour inciter les villageois à leur vendre leurs objets usuels comme les statuettes, les masques ou les poupées. Lors de la mode des échelles de grenier Dogons, à la fin des années 1980, les antiquaires africains raflèrent toutes les échelles des villages et saturèrent le marché parisien, ils firent la même chose pour les serrures Bambaras. Dans les années 1990, des trafiquants volèrent des centaines de waka, des stèles funéraires de bois sculpté, placées sur les tombes des chefs de clans Konso.

Les gouvernements africains de leur côté laissent faire car ils ne manifestent pas beaucoup d'intérêt pour le marché de l'art africain et même le boudent, alors qu'une résolution prise par l'UNESCO interdit, depuis le début des années 1990, de faire sortir masques et statues du continent africain. Mais dans les faits, ni l'UNESCO, ni les gouvernements africains ne disposent des moyens d'endiguer l'hémorragie et de protéger ce patrimoine. De plus certaines critiques se sont élevées contre une telle mesure avec comme argument de dire : « Rien n'interdit aux Européens, aux Américains ou aux Japonais de vendre leurs œuvres à l'étranger ou d'en acheter. Pourquoi ce droit serait-il interdit aux Africains ? ».

L'Afrique reste cependant un gisement artistique naturel d'importance majeure, car d'un bout à l'autre de ce vaste continent il existe des milliers de tombes millénaires contenant encore des dizaines de milliers d'objets à découvrir. Quelques musées africains, dont les États n'ont pas les moyens ni la volonté d'entreprendre des fouilles, tentent de s'organiser et de proposer aux marchands des fouilles mixtes ou conjointes avec comme but de conserver les pièces les plus exceptionnelles et au moins de pouvoir être intéressés aux ventes des objets collectés, afin d'avoir les moyens de mettre en œuvre une véritable politique d'acquisition.

Aujourd'hui l'art africain est une mine inépuisable d'inspiration pour les créateurs qui le réinterprètent mais « hors de son milieu, retiré de son contexte, non seulement géographique mais aussi social, l'objet perd son identité culturelle. (...) De la panoplie du "colonial" au mur du "collectionneur" associé aujourd'hui à l'art contemporain, on tend à oublier la relation de l'objet africain avec son milieu d'origine, faisant abstraction de l'évidente implication ethnologique ».

Les artistes[modifier | modifier le code]

Pendant longtemps, il a été admis sans discussion que l'art africain était un art anonyme, un art dont les productions, régit par des préoccupations ethniques, religieuses et rituelles dominaient complètement l'individualité créatrice. Il était admis comme une évidence que les objets, relevaient tous de préoccupations rituelles ou mystiques et ne concernaient guère l'esthétique[3]. S'il est vrai que les objets d'art n'avaient pas de valeur marchande dans les sociétés africaines traditionnelles et que les œuvres n'étaient bien sur pas signées dans le contexte de sociétés sans écriture, il n'est pas moins vrai que les artistes marquaient parfois leurs œuvres par des signes distinctifs que les européens ne reconnaissaient pas et ignoraient[4]. L'idéologie de l'anonymat a donc participé d'une dépréciation générale des européens vis-à-vis de l'art africain[4]. Pourtant, les recherches en ethnologie de l'art commencent à déconstruire ces préjugés. Selon l'ethnologue Patrick Bouju, « l'ethnologie de l'art, en se développant, découvre la création individuelle et abandonne l'idéologie de l'anonymat »[5]. Les qualités esthétiques des objets ne sont pas seulement soulignées, il est maintenant admis que l'artiste africain apprend son métier, parfois dans des ateliers dont le fonctionnement a été comparé avec les ateliers médiévaux ou de la Renaissance, selon des règles précises sur le plan esthétique et social, et qu'il travaille le plus souvent sur commande[6]. Ce processus crée une émulation entre les artistes qui sont distingués au sein de leurs sociétés respectives. Ainsi, à eux seuls, les Yoruba du Nigeria distinguent au moins une trentaine de maîtres sculpteurs jouissant d'une considération particulière[7]. Les Fân du Woleu-Ntem reconnaissent une quarantaine d'artistes dont le nom se transmet de génération en génération[8]. La transmission des connaissances de père en fils produit parfois des familles de sculpteurs. Désormais, les œuvres sont de plus en plus souvent attribuées à des ateliers ou à des artistes[9]. Il apparaît donc que la persistence de l'anonymat résulte largement de la manière dont les œuvres étaient récoltées, sans hégard pour leur créateur, particulièrement pendant la période coloniale, manifestant ainsi le désintérêt des fonctionnaires coloniaux au moment où ils effectuaient ces prélèvements[10],[11].

Les progrès dans les techniques de datation permettent aussi de restituer la profondeur historique de cet art. Des objets en bois que l'on croyait du XIXe siècle, à cause de la fragilité du support, peuvent remonter au Xe siècle[9]. Des tests de thermoluminescence effectués sur les noyaux d'argile des bronzes d'Ife, qu'on croyaient soumis à des influences européennes à cause de leur classicisme, remontent en fait au XIVe siècle, avant l'arrivée des Portugais au Bénin en 1485[12]

D'autres ethnologues portent leur recherche sur les esthétiques africaines. Suzanne Vogel[13] insiste sur le classicisme et la sérénité des arts africains, établissant des liens entre les catégories éthiques et esthétiques au sein même des sociétés africaines[9]. La sortie de l'anonymat de l'art africain, son historicité et son rattachement à des valeurs esthétiques universelles sont liés à la découverte de fortes personnalités artistiques au sein même des sociétés traditionnelles. Si Olowe d'Ise bénéficie d'une reconnaissance internationale déjà ancienne, d'autres, comme Bamgboye (1893-1978), Areogun (1880-1954) et son fils George Bandele, Esubyi (mort v. 1900), Fagbite Asamu, son fils Faloda Edun (né en 1900), Osei Bonsu (sculpteur gahnéen, 1900-1977) ou Ologunde (d'Efon Alaye) commencent à bénéficier d'une reconnaissance dépassant de loin leur insertion dans un contexte traditionnel. Cette reconnaissance permet aussi de mieux comprendre la continuité qui lie l'art africain traditionnel et l'art contemporain africain ainsi que les relations complexes que les artistes contemporains africains ont à l'hégard de leurs propres traditions.

Les styles[modifier | modifier le code]

La question des styles africains, de leur historicité, de leur répartition géographique, des échanges et des influences est complexe et ne peut être que brièvement évoquée ici. La première observation impose de constater la multiplicité des arts africains. Il n'existe pas un seul art monolythique, mais une multiplicité de styles et de traditions coïncidant plus ou moins avec les ethnies et les royaumes.

La manière la plus commune d'aborder les différents styles consiste à considérer l'origine ethnique des objets. Elle correspond le mieux aux notions d'art primitif, d'art premier ou d'art tribal. Aux yeux du grand publique, ce sont ces traditions qui incarnent le plus immédiatement l'art africain. Elles sont principalement constituées de statuettes et de masques dont les déformations expressives et la géométrisation ont fasciné les artistes modernes comme Picasso. Cette forme d'art ne prend tout son sens que lorsqu'elle est remise dans le contexte des croyances et des cérémonies au service desquelles elle se met.

L'art de cour, plus difficilement assimilable aux arts premiers, a pour fonction principale la célébration du pouvoir royal. Les célèbres têtes d'Ifé, véritables portraits individualisées, correspondent à des structures sociales fondées sur des cités-états ayant un roi, une cour et tout un cérémonial lié au pouvoir royal[14]. Les bas-relief du Bénin sont de véritables mémoriales glorifiant les exploits de leurs souverains et la vie du royaume[14].

Une autre manière d'aborder la question consiste à étudier les oeuvres à partir de leur origine géographique. Certains chercheurs comme Engelbert Mveng distinguent trois zones principales. « L'Afrique de l'Ouest compte les styles du Bénin et les styles que nous englobons sous le nom d'ensemble soudanien. Les styles du Bénin s'étendent depuis l'ouest du Cameroun jusqu'au Ghana »[15]. « Si l'art Bamiléké et Bamoun, l'un des plus riches d'Afrique, se rattache à la zone du Bénin part certains aspect, l'art Fang-Béti et Batéké, célèbre par ses miniatures, ou par ses masques et ses reliquaires d'ancêtres à plaques métalliques, annonce celui du Congo. Le Bassin du Congo est l'un des foyers les plus dynamiques de la sculpture nègre »[15]. La seconde zone correspond à l'Afrique méridionale. « C'est surtout le tissage et la décoration murale qui fleurissent chez les Matabele, les Xhosas, les Lesuto. La sculpture en bois est pratiquée également chez les Zoulous ; le mobilier et la vaiselle en bois, en Zambie, au Mozambique, révèlent un sens esthétique exceptionnel »[15]. « L'Afrique de l'Est dans les régions influencées par le monde arabe, a créé un art de synthèse qui ne manque pas d'originalité. L'artisanat et l'architecture de Kilwa, de Bagamoyo, de Zanzibar, l'illustrent clairement. Plus à l'intérieur, les Makondés, à la frontière du Mozambique, sont célèbres pour leurs masques authentiquement africains... Plus à l'Est, l'art de Madagascar, est un trait d'union entre l'Afrique, l'Asie et l'Océanie. Ses panneaux sculptés associent les motifs décoratifs africains aux influences les plus diverses. Ses poteaux funéraires rappellent ceux d'Afrique, tout en y associant des symboles orientaux »[15].

On peut aussi analyser les œuvres du point de vue de leur succession historique (la succession Nok-Ifé-Bénin est souvent prise en exemple)[14], de leur matérialité (bois, pierre, terre cuite, métal, tissu, perle) ou d'autres critères.

Cultures africaines[modifier | modifier le code]

  • Culture akan, akye, atye (Côte d'Ivoire / Ghana), têtes hiératiques, statuettes.
  • Culture anang, sous-groupe ibibio (Nigeria), masques.
  • Culture ashanti, achanti, asante (Ghana), statuettes.
  • Culture bafo, fo (ouest du Cameroun), statuettes.
  • Culture baga (Guinée) / Guinée-Bissao), statuettes, masques.
  • Culture bambara, bamana (Mali), statuettes fétiches, masques, figurines en fer forgé, serrures de greniers et statues.
  • Culture bamiléké (Cameroun)
  • Culture bamoun, bamileke, mbalekeo, mileke (Cameroun), statuettes, masques.
  • Culture bangwa (Cameroun)
  • Culture Douala (Cameroun)
  • Culture Sawa (Cameroun)
  • Culture Bali (Cameroun)
  • Culture Bakweri (Cameroun)
  • Culture toupouri (Cameroun)
  • Culture Peuhl (Cameroun)
  • Culture baoulé (Côte d'Ivoire), statuettes fétiches, masques, frondes, métiers à tisser, volets de case.
  • Culture bassa (Liberia), statuettes, masques.
  • Culture bemba, awemba, ayemba, babemba, wabemba, wemba (Zambie / République démocratique du Congo), statuettes, masques.
  • Culture Bena-Kibeshi sous-groupe songye.
  • Culture bete (sud-ouest Côte d'Ivoire), statuettes, masques.
  • Culture beti (Cameroun)
  • Culture bijago, anaki, bidjogo, Bissagà (Guinée-Bissau), statuettes, têtes d'animaux.
  • Culture biombo (République démocratique du Congo), masques.
  • Culture boa, ababoa (République démocratique du Congo), masques.
  • Culture bobo, bobo-fing, bobo-oulé, boua, bouaba (Burkina Faso / Mali), statuettes et têtes d'animaux, cimaises.
  • Culture boki (Nigeria), cimiers.
  • Culture boulou (Cameroun / Gabon), statuettes.
  • Culture boyo babuye, basikasingo, buye, wabuye (République démocratique du Congo), statuettes.
  • Culture chamba, camba, tchamba, washamba (Cameroun / Nigeria), statuettes.
  • Culture chokwe, jokwe, tschokwe (Angola / République démocratique du Congo / Zambie), statuettes, masques, sièges.
  • Culture dan, geh, gio, grebo, we, yacouba (Côte d'Ivoire, Liberia, Guinée), masques, statuettes, cuillères.
  • Culture Ndengese, bonkese, dekese, ndengese (République démocratique du Congo), statuettes.
  • Culture djimini (Côte d'Ivoire), masques.
  • Culture dowayo du Cameroun, statuettes.
  • Culture dogon, habbe, kado, kibisi, tombo (Mali), statuettes fétiches, tabourets, échelles de grenier, portes.
  • Culture douma, adouma, badouma (Gabon, région de l'Ogooué), masques multicolores.
  • Culture ejaghem, ekoi (Nigeria / Cameroun), statuettes, têtes.
  • Culture eket, sous-groupe ibibio (Nigeria), statuettes.
  • Culture eve ewe, krepi (Togo / Ghana), statuettes.
  • Culture fang, mpangwe, pahouin, pamue (Gabon / Cameroum, Guinée équatoriale), têtes Byieri, reliquaires, armes de jet.
  • Culture fanti, agona (Ghana), statuettes.
  • Culture geh, sous-groupe dan (Liberia), masques.
  • Culture goma, homa (Ghana), statuettes.
  • Culture gouro, gwio, kweni, lo, lorube (Côte d'Ivoire), masques.
  • Culture gourounsi, grushi, jaman (Burkina Faso, Ghana), têtes.
  • Culture grebo, sous-groupe dan (Liberia), masques.
  • Culture guere, sous-groupe we
  • Culture hemba (République démocratique du Congo), statuettes, têtes.
  • Culture ibedji yorouba (Nigeria), statuettes fétiches, coupes.
  • Culture ibibio (Nigeria), têtes.
  • Culture ifé (Nigeria), têtes de souverain, masques de bronze, reliefs.
  • Culture igbo (sud-ouest du Nigeria), statuettes, masques, têtes.
  • Culture idoma (Nigeria), statuettes, masques.
  • Culture ijo (Nigeria), statuettes.
  • Culture kasai
  • Culture kirdi (Cameroun), boucliers.
  • Culture kissi (Guinée et Sierra Leone), statuettes.
  • Culture koma, mossi, lobi (Ghana), masques.
  • Culture kongo, bakongo, bashikongo, kakong (République démocratique du Congo / Angola / Congo-Brazzaville), statuettes
  • Culture konso (Éthiopie), Waka, stèles funéraires de bois sculpté.
  • Culture koro (Nigeria), statuettes féminines.
  • Culture kota, akota, bakota (est du Gabon), statuettes, reliquaires, armes de cérémonie.
  • Culture kouba, bakouba, bushongo (centre de la République démocratique du Congo), masques, têtes, tapisseries, appuie-huques et cuillères sculptées.
  • Culture koulango, pakala (nord-ouest de la Côte d'Ivoire), statuettes.
  • Culture kouroumba, fulse (nord du Burkina Faso), têtes d'animaux.
  • Culture kusu, bakousou (sud-ouest de la République démocratique du Congo), statuettes.
  • Culture kwele, bakwele, bekwil, ebaa, kouele (Cameroun / Gabon / Congo-Brazzaville), têtes.
  • Culture kwese, masques.
  • Culture landoma, landouman (Guinée), masques d'animaux.
  • Culture lega, balega, rega, walega, warega (est de la République démocratique du Congo), statuettes, masques.
  • Culture lele, bashileele, bashilyeel, leele, shilele, sous-groupe kouba (République démocratique du Congo), masques.
  • Culture lengola, balengola, mbole, metoko, yela (République démocratique du Congo), statues.
  • Culture ligbi (Côte d'Ivoire et Ghana), masques kpelie et yangaleye
  • Culture lobi (Burkina Faso / Côte d'Ivoire / Ghana), statuettes fétiches, sculptures sacrificielles bicéphales.
  • Culture louba, balouba, kalouba, urouwa, walouba, waroua (sud-est de la République démocratique du Congo), statuettes, masques (masques kiwebe), peignes.
  • Culture lula (République démocratique du Congo), masques.
  • Culture lulua, bashilange, bena lulua, bena luluwa, bena moyo, luluwa, shilange (République démocratique du Congo), statuettes, masques.
  • Culture lumbo (sud et sud-ouest du Gabon), statuettes.
  • Culture lwalwa, balualua, balwalwa, lwalu (République démocratique du Congo / Angola), statuettes, masques.
  • Culture lwena, aluena, lovale, lurale, wena (République démocratique du Congo / Zambie), statuettes, masques, peignes.
  • Culture maasaï, masaï (Kenya / Tanzanie), lances.
  • Culture mahongwé, hongwe (Gabon), reliquaires.
  • Culture makondé (sud-est de la Tanzanie / nord-est du Mozambique), « masque de ventre » féminin porté par les danseurs masculins.
  • Culture malinké, wangara, wasulunka (Mali / Guinée / Côte d'Ivoire / Sénégal), masques.
  • Culture mama, katana (nord du Nigeria), têtes d'animaux.
  • Culture mambila, katana (Cameroun / Nigeria), statuettes.
  • Culture mangbetu, guruguru, mangutu, monbouttous, mongbutu, ngbetu (Cameroun / Nigeria), statuettes.
  • Culture mano (Liberia / sud de la Guinée), masques.
  • Culture marka, warka (Mali / Burkina Faso), sous-groupe Mandé, masques.
  • Culture mau (Côte d'Ivoire), sous-groupe Mandé, masques.
  • Culture mbagani (est de la République démocratique du Congo), sous-groupe Mpasu, statuettes, masques.
  • Culture mbete, ambete, mbede (République démocratique du Congo / est du Gabon), statuettes, vases.
  • Culture mbuun
  • Culture moba (Togo), statuettes.
  • Culture mossi (Burkina Faso)
  • Culture nkisi (République démocratique du Congo), statuettes fétiches à clous.
  • Culture nok (Nigeria), têtes.
  • Culture nyamwézi (Tanzanie)
  • Culture peul (Guinée, Guinée-Bissau, Sénégal,Gambie, Côte d'Ivoire, Mali, Mauritanie, Cameroun, Niger, Tchad,Nigeria)
  • Culture punu (Nigeria)
  • Culture pygmée, pongos (pagnes d'écorces battue aux dessins compliqués, rythmés et fantasques).
  • Culture sénoufo (Côte d'Ivoire, Mali), statuettes fétiches, ses sièges.
  • Culture songye (République démocratique du Congo), statuettes fétiches, ses masques et ses boucliers.
  • Culture tschokwe sous-groupe chokwe (Angola), sceptres.
  • Culture tsogho (Gabon), masques.
  • Culture turkana (Kenya)
  • Culture we, nguere wobo, kran (Côte d'Ivoire / Liberia), masques
  • Culture wobo, sous-groupe we
  • Culture yaka (Congo), frises de scarifications.

Musées et fondations[modifier | modifier le code]

En Afrique

Hors Afrique

La cote[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juin 2012). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Dans les années 1950, on pouvait trouver de nombreux objets au prix de 10 francs sur les marchés aux puces d'Europe. Les premiers objets à prendre de la valeur furent ceux du Bénin car ils étaient en bronze, puis vint la mode des objets à patine noire de Côte d'Ivoire, et ceux des Bakota du Gabon plaqués de cuivre et de laiton. Les grandes statues valaient plus chers que les petites, alors que le plus souvent en Afrique, si elles sont petites c'est pour pouvoir les cacher plus facilement car elles ont une importance particulière.

En 1983, un marchand parisien, Jean-Michel Huguenin, fait découvrir les sièges Sénoufo. En 1985, un autre marchand parisien, Réginald Groux, découvre les échelles de greniers Dogon — provenant de la falaise de Bandiagara — et Lobi dans la région de Mopti (Mali). Il acquiert un premier lot de cinquante, leur fait ajouter un socle et les vend dans sa galerie en faisant un joli profit. Au total il vendra plus de deux cents de ces objets bicentenaires. En 1990, un autre marchand parisien, Maine Durieux, fait découvrir les fers forgés des Bambaras (figurines de 10 cm). Toutefois, si certains objets atteignent depuis quelques années des cotes importantes pour des raisons largement spéculatives, la plupart restent à un prix très abordable (quelques dizaines ou centaines d'euros), même lorsqu'ils sont anciens.

  • Statue de reine Bangwa (Cameroun), 3,41 M.$, Sotheby's New York, avril 1990.
  • Grand Byeri de Chinchoa (Gabon), 2,5 M.FRF, Drouot Paris, juin 1990.
  • Statue féminine d'ancêtre Bambara, 900 000 FRF, Paris, décembre 1990.
  • Masque Mukuye Punu (Gabon), 617 142 €, juin 2004.
  • Plaque du Bénin (vers 1580-1620), 503 250 €, juin 2004.
  • Plaque du Bénin du XVI-XVIIe siècle, 691 200 €, décembre 2004.
  • Masque Ngil de culture Fang (Gabon), haut de 48 cm, en bois, représentant un visage stylisé peint en blanc au kaolin, 5,9 M d'euros (avec les frais) le 17 juin 2006, Drouot Paris, devenant ainsi l'œuvre d'arts premiers la plus chère jamais vendue au monde.
  • Statuette dogon représentant un cavalier, 85 000 €, 2007.
  • Tabatière tschokwe du XIXe, 25 000 €, 2007.
  • Statue-reliquaire nkisi, 145 000 €, 2007.
  • Statue de femme Sénufo, 72 750 €, Sotheby's Paris, juin 2008.
  • Statue Yoruba, Mère à l'enfant, 450 000 €, 53e foire des Antiquaires de Bruxelles, janvier 2008.
  • Figure d'ancêtre royal masculin Bangwa du Cameroun, 1 017 000 €, Christie's Paris, décembre 2009. Cette figure « est généralement considérée comme le compagnon de la célèbre Reine Bangwa ayant appartenu à Helena Rubinstein et aujourd'hui dans les collections du Musée Dapper à Paris ».
  • Masque Songye (RDC), 793 000 € (4 fois son estimation), Christie's Paris, décembre 2009.
  • Siège royal Luba à cariatide agenouillée, attribuée au maître de Buli, 5,44 millions d'euros, novembre 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Description de l'œuvre sur le site du Musée du quai Branly [1]
  2. a et b Selon un article trouvé dans un très ancien numéro de la revue "Le Particulier" des années 1980
  3. L'importance esthétique de l'art africain n'est reconnue qu'au début du XXe siècle, via le cubisme notamment.
  4. a et b DAHOMEY 1930 : MISSION CATHOLIQUE ET CULTE VODOUN: L'œuvre de Francis Aupiais (1877-1945) missionnaire et ethnographe, p.114, de Martine Balard, Editions L'Harmattan, 1999 (ISBN 2296399789)
  5. L'Afrique Noire et la différence culturelle de Roland Louvel, Editions L'Harmattan, 1996, p. 41 (ISBN 2296326862)
  6. Philosophie de l'art et pragmatique: l'exemple de l'art africain de Christine Galaverna, Éditeur L'Harmattan, 2002, p. 58 (ISBN 2747528383).
  7. Le Metropolitan Museum of Art de New-York a exposé en 1998, une cinquantaine de leurs œuvres dans une exposition intitulée Main de Maître, Indiviualité et Créativité parmi les Sculpteurs Yoruba. Le nom de l'artiste acompagnait le descriptif et le titre de chaque œuvre. Voir L'empreinte noire: où il apparaît que l'art primitif n'est pas une mince affaire, p. 197 de Raoul Lehuard, Éditeur L'Harmattan, 2007 (ISBN 2296031900).
  8. Aspects de la sculpture traditionnelle au Gabon de Louis Perrois
  9. a, b et c La réception des arts dits premiers ou archaïques en France: Les arts de l'Afrique, p. 48-49, de Nadine Martinez, Editions L'Harmattan, 2010 (ISBN 2296254918)
  10. La construction du discours colonial: l'empire français aux XIXe et XXe siècles, p. 86, de Oissila Saaïdia et Laurick Zerbini, KARTHALA Editions, 2009 (ISBN 281110092X)
  11. Dans The Death of Authentic Primitive Art and Other Tales of Progress (p. 155-158, Éditeur University of California Press, 1998 (ISBN 0520212118)), Shelly Errington (en) soumet l'idée que la sculpture traditionnelle africaine serait originellement anonyme et que la tentative pour restituer les œuvres à des auteurs aurait une motivation commerciale. Cependant, si les marchands d'art on pu s'emparer du phénomène pour faire monter les prix, le mouvement de restitution est issu de la recherche ethnologique.
  12. Ifè, article de Frank Willett, p. 171 de Grandes civilisations disparues, Selection du Reader's Digest, 1990 (ISBN 2-7098-0304-6)
  13. Suzanne Mullin Vogel, auteur de African Aesthetics, the Carlo Monzino collection, Center for African Art, 1986 (ISBN 0961458720).
  14. a, b et c Les royaumes africains, p. 144-147 de Basil Davidson, TIME-LIFE International, 1966
  15. a, b, c et d Esthétique de l'art africain: Symbolique et complexité, p. 51-53 de Mbog Bassong, Editions L'Harmattan, 2007 (ISBN 2296043151)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(ouvrages généraux uniquement)

  • Jean-Baptiste Bacquart, L'art tribal d'Afrique noire, Thames et Hudson, Paris, 2010, 240 p. (ISBN 978-2-87811-354-9)
  • Ivan Bargna, Chefs-d'œuvre de l'art africain, Place des Victoires, Paris, 2011, 574 p. (ISBN 978-2-8099-0385-0)
  • Alain-Michel Boyer, Les arts d'Afrique, Hazan, Paris, 2009 (rééd.), 383 p. (ISBN 978-2-7541-0425-8)
  • Serge Diakonoff (et al.), L'âme de l'Afrique, masques et sculptures, Éd. de l'Amateur, Paris ; G. Naef, Genève, 2008 (rééd.), 374 p. (ISBN 978-2-8591-7494-1)
  • Babacar Mbaye Diop, Critique de la notion d'art africain : approches historiques, ethno-esthétiques et philosophiques, Connaissances et savoirs, Paris, 2011, 292 p. (ISBN 978-2-7539-0190-2) (texte remanié d'une thèse de Philosophie de l'art)
  • Jacques Kerchache, Jean-Louis Paudrat et Lucien Stéphan, L'art africain (préface de Germain Viatte ; « Principales ethnies » par Françoise Stoullig-Marin), Citadelles & Mazenod, Paris, 2008 (nouvelle édition révisée et augmentée), 595 p. (ISBN 978-2-85088-441-2)
  • Raoul Lehuard (dir.), De l'art nègre à l'art africain : l'évolution de la connaissance de l'art africain des années trente à aujourd'hui (1er Colloque européen sur les arts d'Afrique noire, Paris, les 10 et 11 mars 1990 au Musée des arts africains et océaniens), Arts d'Afrique noire, Arnouville, 1990, 158 p.
  • Maureen Murphy, De l'imaginaire au musée : les arts d'Afrique à Paris et à New York, 1931-2006, Presses du Réel, Saint-Étienne, 2009, 395 p. (ISBN 978-2-84066-295-2) (texte remanié d'une thèse d'Histoire de l'art)
  • Daniel Payot, L’art africain entre silence et promesse, Circé, Belval, 155 p., 2009, (ISBN 978-2-8424-2251-6)
  • Emmanuel Pierrat, Comprendre l'art africain, Chêne, Paris, 2008, 310 p. (ISBN 978-2-84277-899-6)
  • (en) Karl-Ferdinand Schaedler, Encyclopedia of African art and culture, Panterra, Munich, 2009, 683 p.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • En 1953, Alain Resnais a réalisé le documentaire de 29 minutes Les statues meurent aussi, prix Jean-Vigo 1954, sur un texte de Chris Marker, dit par Jean Négroni. Ce documentaire défend la thèse d’une liquidation de l’art africain par le colonialisme, explique une mise à nu des mécanismes d’oppression et d’acculturation, le développement d’un art de bazar parce que le Blanc est acheteur, montre qu’il n’y a pas de rupture entre la civilisation africaine et la civilisation occidentale.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]