Cathédrale de Canterbury

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Cathédrale de Canterbury
Image illustrative de l'article Cathédrale de Canterbury
Présentation
Nom local Canterbury Cathedral
Culte Anglican
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse anglican de Canterbury (siège)
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XVe siècle
Style dominant Gothique
Protection Monument classé, grade I Patrimoine mondial (1988)
Site web www.canterbury-cathedral.org
Géographie
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Région Angleterre du Sud-Est
Département Comté du Kent
Commune Canterbury
Coordonnées 51° 16′ 47″ N 1° 04′ 59″ E / 51.279722, 1.083056 ()51° 16′ 47″ Nord 1° 04′ 59″ Est / 51.279722, 1.083056 ()  

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Cathédrale de Canterbury

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Cathédrale de Canterbury

La cathédrale de Canterbury, (en anglais Canterbury cathedral), est l'une des plus anciennes et des plus célèbres églises chrétiennes d'Angleterre situé à Canterbury (souvent désignée par son nom anglais Canterbury). Elle a été construite en pierre de Caen. C'est la cathédrale de l’archevêché de Canterbury, dont l'archevêque est le primat de toute l'Angleterre et chef religieux de l’Église anglicane. Siège du diocèse de Canterbury (Kent est), elle est le centre de la Communion anglicane. Son titre formel est cathédrale et église métropolitaine du Christ de Canterbury.

Les autorités de la cathédrale ont mis en place un projet de levée de fonds et espèrent récolter un minimum de 50 millions de livres sterling pour financer un immense projet de restauration. Elle est en cours de rénovation.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 597 : Saint Augustin de Canterbury (moins bénédictin, à pas confondre avec Augustin d’Hippone 354-430) arrive dans le Kent et établit la première cathédrale
  • 669-690 : Saint Théodore de Tarse archevêque
  • 960-988 : Saint Dunstan, archevêque et réformateur du monachisme anglais
  • 1011 : Sac de Canterbury par les Danois
  • 14 octobre 1066 : Bataille d'Hastings
  • 6 décembre 1067 : Incendie de la cathédrale anglo-saxone
  • 1070-1089 : Lanfranc de Pavie, ancien abbé de Caen, archevêque
  • 1070-1077 : L'archevêque Lanfranc reconstruit la cathédrale
  • 1093-1109 : Saint Anselme, ancien prieur du Bec, archevêque
  • 1096-1107 : Le prieur Ernouf allonge le chœur de Lanfranc. Il remanie la nef et modifie les bâtiments conventuels.
  • 1108-1126 : Le prieur Conrad achève le nouveau chœur (la crypte ouest actuelle)
  • 1130 : Consécration de la crypte et du nouveau chœur par l'archevêque Guillaume de Corbeil
  • 1157-1167 : Le prieur Wibert fait bâtir le trésor, le château d'eau et l'escalier normand
  • 1162-1170 : Thomas Becket archevêque
  • 29 décembre 1170 : Meurtre de Thomas Becket dans la cathédrale
  • 1173 : Canonisation de Thomas Becket
  • 5 septembre 1174 : Incendie du chœur
  • 1175-1184 : Reconstruction du chœur par Guillaume de Sens qui est allongé vers l'est. Ajout de la crypte est, des chapelles Trinités et Couronnes (telles que vous les voyez aujourd'hui)
  • 1184-1220 : Création des vitraux de la chapelle de la Trinité, construite après l'incendie de 1174. Une partie des vitraux est à son emplacement d'origine, y compris deux vitraux dans le collatéral nord du chœur, avec une partie de l'Arbre de Jessé, peut-être un don du roi Richard Ier.
  • 1220 : Le corps de Becket est déposé dans un nouveau tombeau dans la chapelle de la Trinité
  • 1377-1405 : La nef de Lanfranc est démolie et rebâtie telle qu'elle est aujourd'hui. Ajout de la voûte du cloître
  • Avant 1411 : Le prieur Chillenden achève la nef gothique
  • Vers 1450 : Construction du jubé
  • 1498 : La tour Bell Harry marque l'achèvement de la cathédrale
  • 1538 : Le tombeau et la Châsse de Becket sont détruits par Henri VIII
  • 1540 : Dissolution du monastère sur ordre royal
  • 1541 : Établissement d'une nouvelle fondation "Doyen et Chapitre"
  • 1660-1704 : Réparation et remise à neuf suite à des dégâts causés par les Puritains
  • 1663 : Lutrin du chœur
  • 1834 : Démolition de la tour Nord de la façade, dernière œuvre de Lanfranc qui subsistait. Construction d'une copie de la tour Sud pour la remplacer
  • 1954 : Reconstruction de la bibliothèque, réparation des dégâts de la guerre
  • 1986 : Restauration de l'autel de la Pointe de l’Épée (lieu du martyre)
  • 1988 : La rose des vents placée dans la nef
  • 2000 : Achèvement du centre pédagogique dans l'enceinte
  • sa sœur était la cathédrale Saint-André d'Avranches bâtie sur les mêmes plans.

Augustin[modifier | modifier le code]

Le premier archevêque de la cathédrale fut Augustin de Canterbury, qui avait été précédemment prieur du monastère bénédictin de Saint-André à Rome. Il fut envoyé en 597 en Angleterre par le Pape Grégoire le Grand.

Saint Bède le Vénérable (Histoire ecclésiastique du peuple anglais) a enregistré la fondation de la cathédrale fondée par saint Augustin, le premier archevêque. Des fouilles archéologiques sous le sol de la nef en 1993 ont révélé les restes de la première cathédrale saxonne qui avait été construite au milieu d’une ancienne voie romaine. L’église était dédiée à Saint Sauveur.

Augustin a aussi dirigé la fondation de l’abbaye bénédictine de Saint Augustin (abbaye Saints Pierre et Paul) qui devait être construite à l’extérieur des murs de la ville. Elle fut par la suite dédiée à saint Augustin et servit pendant des siècles de lieu de sépulture pour les archevêques. Les ruines de cette abbaye font partie de l’English Heritage et sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO avec l’ancienne église de Saint-Martin, qui comporte de l’art roman, même si cela est controversé.

Les principales phases de construction sont décrites ci-dessous :

Vu du Nord-Ouest vers 1890-1900.

Fin de la période saxonne et viking[modifier | modifier le code]

  • Oda (941-958) rénova le bâtiment en agrandissant considérablement la nef.
  • La communauté de la cathédrale devint un monastère bénédictin avec les réformes de l’archevêque saint Dunstan. Saint Dunstan fut enterré sous la côté sud du grand autel.

Période normande[modifier | modifier le code]

  • Saint Anselme fit agrandir le chœur vers l’est pour permettre d’accueillir les moines du monastère qui avait été rétabli. La crypte de cette église reste aujourd’hui la plus grande de cette sorte.

Thomas Becket[modifier | modifier le code]

Becket sur un vitrail dans la cathédrale de Canterbury

L’une des heures noires de l’histoire de la cathédrale fut l'assassinat de Thomas Becket dans le transept au nord-est le mardi 29 décembre 1170 par des gardes qui avaient entendu les mots du roi Henri II d'Angleterre : « Qui va me débarrasser de ce gêneur en soutane ? » alors qu'il était en conflit avec Becket. Les gardes prirent cette expression au pied de la lettre et assassinèrent Becket dans sa propre cathédrale. Becket fut ainsi le deuxième des quatre archevêques de Canterbury assassinés (voir Alphège). Le tombeau d'Alphège a été placé sur le côté nord du grand autel.

Après l'incendie désastreux de 1174 qui détruisit la façade Est, Guillaume de Sens fit reconstruire le chœur dans un style gothique plus moderne avec des arcs-boutants, de hautes arches et des voûtes en ogive, soulignant les lignes verticales des piliers et des flèches et créant ainsi des intérieurs tout en hauteur. Plus tard, Guillaume l’Anglais fit ajouter la chapelle de la Trinité pour en faire un tombeau contenant les reliques de saint Thomas Becket. Avec le temps, d’autres personnalités furent enterrés à proximité comme Édouard Plantagenêt (le Prince Noir) et le roi Henri IV d'Angleterre. La tour "Corona" ('couronne') fut construite sur la façade est pour contenir la relique de la tête de saint Thomas qui fut décapité.

Les dons des pèlerins (dont ceux de Geoffrey Chaucer auteur des Contes de Canterbury) qui visitèrent le tombeau de Becket, devant lequel, disait-on, se produisaient des miracles, a largement payé la reconstruction onéreuse de la cathédrale et des bâtiments attenants. Le pèlerinage cessa lorsque Henri VIII d'Angleterre s'empara des trésors de la cathédrale et que fut détruit le lieu saint où était conservées les reliques du prélat.

XIVe siècle au XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

La nef de la cathédrale
  • La tour normande centrale de Lanfranc, la Angel Steeple, fut démolie dans les années 1430. La reconstruction eut lieu cinquante ans plus tard, commençant en 1490 et finissant en 1510 d’une hauteur de 207 pieds (90 mètres). Cette nouvelle tour est connue sous le nom de 'Bell Harry Tower', d’après le prieur Henry of Eastry qui organisa cette reconstruction. Elle fut autrefois appelée la plus belle tour de la Chrétienté. La cloche sonne toujours cent coups vers 20h55 pour indiquer le couvre-feu de la ville.

Église wallonne et huguenote française[modifier | modifier le code]

Un écriteau dans la crypte de la cathédrale de Canterbury rappelle la fondation de l’« Église huguenote française » en 1550 par des Wallons, originaires pour la plupart de Tournai et portant des noms qui y sont encore familiers : Carbonel, Colignon, Delmé, Duquesne, Lefèvre, Morel, Philippot, etc. Ces réformés ont émigré en Angleterre suite à la persécution des protestants par l'Église catholique.

La Dissolution des Monastères[modifier | modifier le code]

Elle cessa d’être un monastère pendant la dissolution des monastères lorsque tous les établissements religieux furent supprimés. Canterbury fut la dernière à se soumettre à cette décision en mars 1539 et retourna à son statut premier d 'université des canons séculiers.

Du XVIIe siècle à aujourd’hui[modifier | modifier le code]

  • La tour normande nord-ouest fut démolie dans la fin des années 1700 à cause de soucis de structures. Elle fut remplacée pendant les années 1830 dans le style gothique perpendiculaire, le même que la tour sud-ouest appelée Arundel Tower. Ce fut là le dernier changement majeur dans la structure de la cathédrale.
  • Les ruines du dortoir du monastère de style roman furent remplacées par une bibliothèque et des archives de style néo-gothique construites au XIXe siècle. Ce bâtiment fut ensuite détruit par une bombe explosive qui devait viser la cathédrale elle-même lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle fut reconstruite à l’identique plusieurs années plus tard.

Plan de la cathédrale actuelle[modifier | modifier le code]

Plan de Canterbury montrant la complexité des voûtes perpendiculaires du prieur Chillenden.

Une curieuse vue d’ensemble de la cathédrale de Canterbury et de ses bâtiments annexes, faite vers 1165, est préservée dans le Grand Livre des Psaumes à la bibliothèque du Trinity College (Cambridge). Comme le montra le professeur Willis, ce plan montre le monastère bénédictin au XIIe siècle et nous permet de le comparer avec le plan de Saint-Gall datant du IXe siècle. On remarque dans les deux les mêmes principes généraux d’arrangement (qu’on retrouve dans toutes les abbayes bénédictines) et qui nous permettent de déterminer avec précision la disposition des différents bâtiments, alors même que peu de restes des murs nous est parvenu. Cependant pour des raisons locales, le cloître et les bâtiments monastiques sont placés au nord de l’église plutôt qu’au sud comme c’était généralement le cas. Il y a aussi une salle capitulaire séparée, qui avait été prévue à Saint Gall.

Les bâtiments à Canterbury comme à Saint Gall forment des groupes séparés. L’église en est le noyau. À son contact, on trouve au nord le cloître et un groupe de bâtiments destinés à la vie monacale. À l’extérieur de cela, à l’ouest et à l’est se trouvent les pièces et les chambres destinées à l’hospitalité que chaque monastère offrait pour recevoir les visiteurs, qu’ils soient prêtres, laïcs, pèlerins, voyageurs ou pauvres.

La tour centrale et le transept sud vers 1821.

Au nord, une large cour ouverte sépare la partie non sacrée habitée par des serviteurs laïcs (les étables, les greniers, la grange, la brasserie, la blanchisserie…) placée volontairement aussi loin que possible des bâtiments religieux. Au-delà de l’enceinte du couvent, aussi loin que possible de l’église se trouvait la partie destinée à la charité. L’aumônerie pour soulager les pauvres avec à côté un grand hall formait l’hospice des pauvres.

Les bâtiments les plus importants étaient naturellement ceux dévoués à la vie monacale, incluant deux cloîtres dont le plus grand entourait les bâtiments dont se servaient quotidiennement les moines. L’église se trouvait au sud, le réfectoire ou frater-house à l’opposé de l’église (comme partout ailleurs), le plus loin possible de l’église pour ne pas que les odeurs et les sons du repas ne pénètre son enceint sacrée. À l’est, le dortoir, avec sa grande voûte, et la salle capitulaire. À l’ouest, les logements du cellérier. Il incombait à ce dernier de gérer l’approvisionnement quotidien de nourriture pour les moines ainsi que celle des invités. C’est pourquoi il était logé à proximité immédiate du réfectoire et de la cuisine ainsi que près du hall des invités. Un passage sous le dortoir menait vers l’est à un plus petit cloître de l’infirmerie qui servait aux moines malades ou infirmes.

À l’est du cloître s’étendent le hall et la chapelle de l’infirmerie qui ressemblent dans leurs formes et leurs arrangements à une nef et un chœur d’une autre église. Sous le dortoir, avec vue sur la cour verte ou herbarium, se trouve le pisalis ou calefactory, la salle commune des moines. À l’angle nord-est, on construisit un accès du dortoir au necessarium, un édifice prodigieux en forme de hall normand avec 45 mètres de long sur 8 de large contenant cinquante cinq places. Cela a été construit (comme partout ailleurs) avec le respect le plus poussé des règles d’hygiène et de santé avec un courant d’eau passant dessous de part en part.

Un deuxième dortoir plus petit courait sur un axe est-ouest pour les dignitaires du couvent qui devait dormir dans un dortoir. Près du réfectoire, mais n’attenant pas aux cloîtres, on trouve les salles domestiques qui ont un lien avec lui : au nord, la cuisine de 5 mètres carrés surmontée d’un toit pyramidal élevé et la cour de la cuisine ; à l’ouest, l’office et la pièce où l’on battait le beurre… L’infirmerie avait sa propre petite cuisine. À l’opposé de la porte du réfectoire dans le cloître se trouve deux ‘toilettes’ toujours ajoutées à côté de la salle à manger des moines où ils se lavent avant et après manger.

Les bâtiments dévoués à l’hospitalité étaient divisés en trois groupes. Celui du prieur commençait à l’angle sud-est de la cour verte, et était donc placé le plus près de la partie la plus sacrée de la cathédrale car elle accueillait les membres éminents du clergé et de la noblesse. Celui du cellérier se trouvait à l’extrémité occidentale de la nef. Les visiteurs ordinaires de la classe moyenne y étaient logés. Les pèlerins et les pauvres étaient relégués dans le hall nord, l’aumônerie dans la porte, aussi loin que possible des deux autres bâtiments.

La fondation[modifier | modifier le code]

Crypte de style normand dans la cathédrale

La fondation est l’établissement autorisé à fournir du personnel (dont peu appartient au clergé) à la cathédrale. Celui qui gère la cathédrale est le doyen, en ce moment le très révérend père Robert Willis, assisté d’un chapitre de 24 chanoines, dont quatre sont résidents, les autres étant désigné de façon honoraires par le clergé du diocèse. De plus, des chanoines forment ensemble le Grand Chapitre qui a la responsabilité légale à la fois de la cathédrale et de l’élection de l’archevêque lorsqu’une vacance est prévue. La loi anglaise et la coutume veut qu’ils ne puissent élire que la personne qui a été nommée par le monarque sur proposition du Premier ministre. La fondation inclut aussi les ‘Scholars’ du roi et d’autres officiers dont certains postes sont sur le point de disparaître comme le barbier de la cathédrale. La cathédrale emploie 250 personnes à temps complet ce qui en fait un des plus gros employeurs du district.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Musset, Angleterre romane, tome 1, p. 169-177, 213-215, Édition Zodiaque (collection "la nuit des temps" no 59, La Pierre-qui-Vire, 1983
  • Louis Grodecki, Les anciens vitraux de la cathédrale de Canterbury, p. 59-65, Cahiers de civilisation médiévale, Année 1981, Volume 24, no  24-93 Lire en ligne

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]