Augustin de Cantorbéry
Augustin de Cantorbéry, né au VIe siècle et décédé le 26 mai 604, était un moine bénédictin, prieur d'un monastère de Rome. Envoyé avec un groupe de moines par le pape Grégoire le Grand pour réévangéliser l’Angleterre, il en devint le premier évêque, puis archevêque, à partir du siège de Cantorbéry. Considéré comme saint, il est fêté le 27 mai.
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Biographie [modifier]
Sa jeunesse n'est pas connue. Il devient moine au monastère bénédictin de Saint-André, fondé par le pape Grégoire le Grand dans sa maison natale, sur le Mont Coelius à Rome. Là, il acquiert une connaissance approfondie des textes saints[1]. Par la suite, il en devient prieur.
Devenu pape, Grégoire le Grand choisit son ancien prieur, Augustin, pour conduire une nouvelle mission d’évangélisation des peuples de l’Angleterre. Celui-ci quitte Rome en 596 ; un large groupe de moines l’accompagne. Lors de son passage en Provence, ce qu’on lui dit des dangers de cette mission et de la férocité des Anglo-Saxons l’effraie. Revenu à Rome, Grégoire Ier, son ami et ancien abbé, l’encourage et lui renouvelle sa confiance. Retraversant la Provence il s’adjoint quelques esclaves anglo-saxons qui seront ses interprètes.
Mission auprès des Anglo-Saxons [modifier]
En 597, il débarque en Angleterre avec 40 moines - dont le futur saint Laurent de Cantorbéry - dans le but de ramener à la foi catholique ces peuples retombés dans l’idolâtrie après les invasions saxonnes. Il est fort bien reçu par le roi de Kent Æthelbert, marié depuis peu à la catholique Berthe, fille de Caribert Ier roi de Paris (et arrière-petite-fille de Clovis), qui a une grande influence sur lui. Ethelbert est baptisé à la Pentecôte 597 ; beaucoup de ses sujets reçoivent également le baptême. Le roi fixe la résidence des moines à Cantorbéry, dans le royaume de Kent, à mi-chemin entre Londres et la côte.
Évêque des anglais [modifier]
Lors d’un voyage en France (en 597), pour y recruter des moines, Augustin est consacré « évêque des anglais » à la demande de Grégoire Ier. La cérémonie a lieu dans la basilique Saint-Trophime d’Arles. L'archevêque d'Arles, Virgile, alors vicaire du Saint-Siège en Gaules, entouré de nombreux évêques, lui impose les mains.
La mission est un succès. Quelque 10 000 sujets d’Æthelbert reçoivent le baptême dans la rivière Swale. Augustin envoie deux moines à Rome pour en informer le pape, qui lui confère le pallium - le faisant ainsi archevêque de Cantorbéry - et lui donne des instructions sur la manière de procéder pour évangéliser[2] et établir l’organisation ecclésiastique de l’île. Au retour, un groupe supplémentaire de moines se joint aux deux messagers d’Augustin, dont Saint Paulin, futur évêque d’York (vers 601).
En tant que primat d’Angleterre il convoqua une conférence d’ecclésiastiques en vue d’uniformiser les usages religieux des chrétiens celtes et des anglo-saxons nouvellement convertis, et faire adopter des pratiques qui sont celles de l’ensemble de la chrétienté d’Occident (entre autres, une date commune pour la fête de Pâques) mais il échoua. Cela se fera plus tard, lors du concile de Whitby.
Vie monastique [modifier]
Augustin fonde le monastère Saint-Pierre-et-Saint-Paul <L’abbaye est peut-être le premier monastère bénédictin fondé hors d’Italie>. Il introduit la règle de Saint-Benoît et y installe une bibliothèque alimentée par l'envoi de livres et manuscrits par le pape Grégoire[3]. On ignore la nature de ces codex[4]. Des historiens[5] ont supposé qu'il s'agissait d'ouvrages de littérature profane. Cantorbéry aurait ainsi été un centre d'études classiques. Il est plus probable que les manuscrits en question aient été des textes sacrés, nécessaires au travail d'étude de bénédictins.
Avec la règle de Saint-Benoît Augustin introduit également le chant romain (modulatio romana) en Angleterre. Il est probable que l'attribution à Grégoire de ce type de chant (connu de nos jours sous le nom de chant grégorien) ait pris forme en Angleterre.
Mort et vénération [modifier]
Décédé le 26 mai 604, Augustin est enterré le long de la voie romaine allant de Deal à Cantorbéry. Ses reliques sont ensuite transférées dans l'église abbatiale de Saint-Pierre-et-Saint-Paul, devenue Saint-Augustin.
Il est considéré comme le fondateur de l'Église d'Angleterre et le premier archevêque de Cantorbéry. L’Église d’Angleterre associe habituellement les deux saints amis dans une même dévotion, le pape Grégoire le Grand et celui qu’il envoya évangéliser l’Angleterre, Augustin de Cantorbéry. Liturgiquement il est commémoré le 27 mai.
Saint Patron [modifier]
Il est le Saint Patron de l'Ordinariat personnel de Notre-Dame de la Croix du Sud[6].
Notes et références [modifier]
- Grégoire le Grand, Lettres, XI, 37.
- Parmi ses instructions Grégoire le Grand invite Augustin à ne pas détruire les temples païens mais à les purifier et les consacrer pour le culte chrétien. Également : Les coutumes locales devaient être autant que possible conservées, et des célébrations de saints et martyrs chrétiens remplacer les festival païens
- Bède le Vénérable, Histoire ecclésiastique du peuple anglais, I, 29.
- . Le chroniqueur Thomas Elmham († 1420) en fournit une liste dans son Historia monasterii s. Augustini mais son témoignage est généralement considéré comme douteux.
- A. F. Leach, The School of medieval England, 1928 ; J. A. Adamson, The Illiterate Anglo-Saxon, 1946.
- (fr) Un nouvel ordinariat pour les ex-anglicans, dans Radio Vatican le 15/06/2012, [lire en ligne]
Bibliographie [modifier]
- Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
- Henry H. Howorth, Saint Augustine of Canterbury, Londres, J. Murrary, 1913 ;
- Pierre Riché, Éducation et culture dans l'Occident barbare, VIe - VIIIe siècle, Seuil, coll. « Patristica Sorbonensia », Paris, 1962.
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