Castelnau-Rivière-Basse

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Castelnau-Rivière-Basse
Blason de Castelnau-Rivière-Basse
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Hautes-Pyrénées
Arrondissement Arrondissement de Tarbes
Canton Castelnau-Rivière-Basse
Intercommunalité aucune
Maire
Mandat
Francis Loumagne
2014-2020
Code postal 65700
Code commune 65130
Démographie
Population
municipale
664 hab. (2011)
Densité 36 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 34′ 54″ N 0° 01′ 40″ O / 43.5817, -0.027777777777843° 34′ 54″ Nord 0° 01′ 40″ Ouest / 43.5817, -0.0277777777778  
Altitude Min. 128 m – Max. 249 m
Superficie 18,5 km2
Localisation

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Castelnau-Rivière-Basse est une commune française, située dans le département des Hautes-Pyrénées en région Midi-Pyrénées.

Son nom en occitan gascon (et en aragonais) est Castèthnau de Ribèra Baisha mais les « fors et coutumes » confirmés en 1309 emploient le terme de Castetnau d’Aribera (ou d’Arribera)[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Castelnau-Rivière-Basse se trouve sur une hauteur au-dessus du Louet et de la D935, à 12 km de Riscle et à 15 km de Maubourguet.

La commune se situe pour un tiers de sa surface dans la vallée de l'Adour et du Louet (611 ha pour 1850 ha) et ses dimensions extrêmes sont de 5,6 km du nord au sud et 3,57 km dans le sens est-ouest.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est parcourue par l'Adour et son affluent le Louet qui s'y jette au quartier des Tallabardes. Cette dernière rivière alimente différents canaux qui animaient quatre moulins (Montus, Foulon ou Batan, Debat et La Loncagne) et servaient à l'irrigation par submersion des prés et cultures. L'Arrioutor, affluent gauche de l'Adour, prend naissance sur la commune, tout comme son affluent droit, le Boscassé connu localement sous le nom de ruisseau de Doue.

L'Adour a sur le cours de la commune une dynamique fluviale importante : bras morts, espaces de saligues (boisements hygrophiles dominés par les saules) modifiés par les crues qui vaut le classement de la vallée de l’Adour en site du Réseau Natura 2000[2].

Les espèces remarquables sont la loutre, la cistude d'Europe ainsi qu'une variété de moule fluviale, la Margaritifera margaritifera.

Quartiers[modifier | modifier le code]

La commune comprend outre « la Ville » initialement contenue dans ses murailles, les faubourgs de La Castelle, des Esparguères, de Cabaré.

À l'extérieur de cette zone agglomérée se rencontrent les hameaux de La Tyre, Le Tail, Le Rengouer (proche de Château Montus) et Mazères (qui avec Montus constituaient des paroisses distinctes au XVIIIe siècle). D'autres groupes d'habitat de moindre importance sont qualifiés de quartiers : la Gare et Laloncagne dans la plaine, le Capmas et les Arrauzets sur le plateau, Trencalie et les Aouquerats aux limites nord de la commune.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Il n'a pas été trouvé sur le territoire communal de site protohistorique ni gallo-romain. Toutefois un chemin de crête baptisé Poudge (du latin podium, endroit élevé) traverse la commune et semble joindre le confluent de l'Adour et de l'Arros (limite de la Bigorre primitive) à Maubourguet.

La ville de Castelnau — ville est le terme propre — bénéficie depuis le Moyen Âge (vraisemblablement du Xe siècle ou XIe siècle) de « fors et coutumes » dont le texte est connu par une confirmation de novembre 1309.

Elle possède les attributs de la ville (murailles, foires et marchés, jurats) et un statut apparemment avantageux puisqu'en 1309 un article concernant ses droits de « dépaissance et d'accès » est étendu à l'ensemble de la Rivière Basse dont elle est le « chef-lieu ».

La ville suit donc les changements de suzerain : jusqu'en 1256, elle est fief de Bigorre, puis de 1256 à 1306, rattachée au Béarn et enfin à partir de 1306 rattachée à l'Armagnac, qui reconnait les fors et coutumes de la ville de Castelnau.

Le 4 septembre 1489, Charles VIII décide de faire de Castelnau une place forte réunie provisoirement au domaine de la couronne, situation provisoire mais durable.... jusqu'à la chute de la royauté.

Même rattachée au Béarn puis à l'Armagnac, la Rivière Basse dépendait du diocèse de Tarbes, héritage de son premier suzerain bigourdan. Lors de la création des départements, Castelnau et une grande partie de la Rivière Basse viendront constituer la pointe nord des Hautes-Pyrénées.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Castelnau-Rivière-Basse

Son blasonnement est : D'azur aux deux loups contournés d'or passant en barre, accompagnés de deux besants d'argent rangés en bande, le tout surmonté d'un lambel aussi d'or.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Élus[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[3]
Période Identité Étiquette Qualité
2014 2020 Francis Loumagne    
2013 2014 Jean Jacques Boucly    
2001 2013 Jean-Pierre Trinquier    
1995 2001 Alain Brumont    
1983 1995 Robert Pesques    
1935 1983 Paul Despouey Rad. Soc.  
1925 1935 Jules Sabail    
1920 1925 Léopold Dufour-Clarac    
1914 1920 Jules Sabail    
1908 1914 Jean Marie Ducuron    
1904 1908 François Sabail    

Structures intercommunales[modifier | modifier le code]

Castelnau-Rivière-Basse appartient aujourd'hui à la Communauté de communes du Madiranais qui regroupe un peu plus de 1500 habitants de Castelnau, Madiran, Hères, Soublecause et Saint-Lanne.

Dans le cadre du schéma départemental de coopération intercommunale qui sert de base de discussion entre services préfectoraux et élus, il est envisagé de fondre en une seule, les trois communautés de communes du nord des Hautes-Pyrénées : celle du Madiranais, celle du Val d'Adour (grosso modo le canton de Maubourguet) et celle des Castels (Lascazères, Villefranque, Hagedet), cette dernière appartenant en totalité au canton de Castelnau-Rivière-Basse. La nouvelle entité regrouperait environ 7 000 habitants.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 664 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 227 1 291 1 068 1 337 1 301 1 362 1 323 1 362 1 365
1856 1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 255 1 232 1 170 1 140 1 195 1 184 1 125 1 055 953
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
925 870 872 802 751 742 729 636 699
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
698 654 661 670 667 695 664 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

La commune fait partie des zones d'appellation d'origine contrôlée (AOC) du madiran, du pacherenc-du-vic-bilh et du béarn. L'implantation de la vigne a fait l'objet d'études historiques notamment par Charles Latterrade[6], puis Stéphane Granier[7] ainsi que les synthèses plus larges de Francis Brumont.

Bien que présente dans la région depuis l'époque gallo-romaine, la vigne a accentué sa présence grâce à l'installation à Madiran vers 1030 de moines bénédictins venus de Marcillac (Lot). Ce qui donna au vin local le nom de « vin des curés ».

La particularité culturale tenait à une conduite des vignes « en hautains » afin de les mettre à l'abri des gelées tardives. Ces hautains étaient initialement des arbres dans lesquels grimpaient les branches mais ils furent remplacés progressivement par des hautains échalassés qui coûtaient plus chers mais ne concurrençaient pas la vigne en nutriments et soleil.

Le vignoble s'accrut et au milieu du XVIIIe siècle les vins dits « de Madiran » donnaient naissance à trois directions commerciales : la principale vers les Pyrénées centrales dont les habitants appréciaient la « hortalesse » (grande force) du produit. Une direction vers les pays du nord en suivant celle déjà prise par les vins de Béarn exportés par Bayonne. Enfin une direction bordelaise où ces vins forts en tannin et alcool servaient à remonter certains vins locaux. Minoritaire en surface, la vigne apporte à la fin de l'Ancien Régime la moitié des revenus.

À la fin du XVIIIe siècle, Castelnau est la commune du Madiranais qui comporte la plus grande part de vignes : elles couvrent 21 % de la surface totale et exactement la moitié des terres labourables (389 ha de vignes contre 780 ha de terres labourables). Cet âge d'or de la fin du XVIIIe siècle dure, même si l'accroissement faiblit, jusqu'en 1820 où la surface de vignes atteint 452 ha.

À partir de 1854, le vignoble castelnauvien est frappé par l'oïdium, le mildiou apparaît en 1880 en même temps que les prémices de la crise phylloxérique qui culmine vers 1892. En 1910, la surface communale en vigne n'est plus que de 262 ha pour descendre à 180 ha en 1920.

Pas plus la création de l’appellation madiran en 1948, que celle de la Cave coopérative du Madiranais la même année, ne changent l'évolution d'un vignoble en déclin jusque dans les années 70 où le renouveau s'amorce.

Mais il se fait désormais en termes de qualité bien plus que de surfaces cultivées qui continuent à décroître par rapport aux niveaux historiques du début du XIXe siècle (en 2011, environ 110 hectares localisés essentiellement sur les versants de La Tyre-Arrauzets et Rengouer-Montus). La quasi-totalité sont en AOC madiran (92 ha 63 a) ou AOC béarn (9 ha 44 a)[8].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Sont classés aux monuments historiques dans la commune :

  • le château de Montus[9] ;
  • l’église de Castelnau[10] du XVe et XVIe siècles ;
  • l'église Saint-Jean[11] dans le hameau de Mazères ;
  • le Domaine de Laborie[12] : toitures et façades de deux chais édifiés en 1835 à l'apogée de la prospérité du vignoble (quartier de La Tyre).

Tauromachie[modifier | modifier le code]

Castelnau-Rivière-Basse possède des arènes bâties: les arènes de la Galope. La tradition taurine y date du XIXe siècle. Des courses landaises mais aussi des novilladas non piquées y ont été organisées ces dernières années (y compris des novilladas-concours) durant les fêtes du village qui se déroulent au début du mois de juillet.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Faget (milieu du XVIIIe siècle) : chirurgien major des Gardes Françaises[13].
  • Paul Dufouert (naissance vers 1730 à Castelnau) : neveu du précédent, chirurgien de son Altesse, Mgr le Prince de Clermont[13].
  • Pierre Dufouert (juin 1737–1813) : son frère cadet succède à Jean Faget, chirurgien-major des armées en Allemagne puis des Gardes Françaises, inspecteur général des Hôpitaux de Paris[13].
  • Jean-François Xavier Noguès (déc. 1769–déc. 1808 au château de Montus) : engagé volontaire dans l'armée des Pyrénées-Orientales, commandant la place de Marseille (1799) puis la Xe division militaire (Toulouse) ; lieutenant-général des armées de Louis Bonaparte, roi de Hollande[13].
  • Antoine Noguès (mai 1777–déc. 1853 à Jû-Belloc (Gers) : frère du précédent, général de brigade, blessé à Waterloo[13].
  • Paul Despouey (1897–1983) : huissier de justice et viticulteur ; maire de la commune de 1935 à 1983 puis conseiller général (1969-1982) au décès de son frère ; il créa la cave coopérative du Madiranais en 1948. Le stade municipal porte son nom.
  • Pierre Despouey (1902–1969) : frère du précédent, médecin ; conseiller général (1931-1969) du canton de Castelnau-Rivière-Basse. On lui doit notamment l'installation du Préventorium, établissement de soins (ouvert en août 1955), bâtiment qui abrite aujourd'hui le Centre départemental de travail protégé et d'hébergement (CEDEPTH) ; médaillé de la Résistance ; président (de janvier 1948 à juillet 1952) de l'Office départemental HLM.
  • Vern Cotter : joueur de rugby à XV, il joua durant la saison 1998-1999 à l'Union Sportive Castelnau-Madiranais (club fondé en 1912) avant de devenir entraîneur.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Cabanot, Congrès archéologique de France, 128e session : Gascogne, Paris, Société Française d'Archéologie,‎ 1970 : L'Église Saint-Jean de Mazères, pp. 67–79.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Castetnau d’Aribera (ou d’Arribera) s’écrit sans le h prosthétique qui disparaît entre les deux racines accolées du premier mot, et sans accent qui n'apparaît que plus tard dans les graphies modernes, le doublement du r dans le second mot hésitant entre une graphie gascone et une graphie languedocienne. Quant au terme baisha, il est certainement plus d'origine aragonaise qu’occitane, mais pourrait avoir été ajouté plus tard lors des changements de suzeraineté, et repris aujourd’hui en français pour rappeler la dominationde la vallée en tant que fief. On peut consulter les caractéristiques gasconnes de Castetnau d'Arribera : le collectif y propose un panneau de ville bilingue français-occitan, qui emploie aussi deux noms occitans modernisées plus proches de l'ancien nom occitan mais distinctes selon les variantes dialectales actuelles d'orthographe et de prononciation.
  2. Classement Natura 2000 de la vallée de l'Adour.
  3. Source : archives municipales Castelnau Rivière Basse
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  6. Charles Latterrade, Les hommes et leurs activités dans le Madiranais - seconde moitié du XVIIIe siècle, Université de Bordeaux III,‎ 1971, mémoire de maîtrise, en deux tomes.
  7. Stéphane Granier, Le vignoble madiranais aux XVIIIe et XIXe siècles, Université Toulouse Le Mirail,‎ 1993, mémoire de maîtrise.
  8. Source : documents cadastraux, mairie de Castelnau R B 2011
  9. « Château de Montus », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. « Église de Castelnau », base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Église Saint-Jean de Mazères », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Domaine de Laborie », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. a, b, c, d et e site de Yves Bodard http://castelnau.e-monsite.com/