Sauveterre (Hautes-Pyrénées)

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Sauveterre
Blason de Sauveterre
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Hautes-Pyrénées
Arrondissement Arrondissement de Tarbes
Canton Canton de Maubourguet
Intercommunalité Communauté de communes du Val d'Adour
Maire
Mandat
Christian Berdy
2014-2020
Code postal 65700
Code commune 65412
Démographie
Population
municipale
168 hab. (2011)
Densité 16 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 28′ 32″ N 0° 06′ 28″ E / 43.4756, 0.1078 ()43° 28′ 32″ Nord 0° 06′ 28″ Est / 43.4756, 0.1078 ()  
Altitude Min. 151 m – Max. 246 m
Superficie 10,38 km2
Localisation

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Sauveterre

Sauveterre est une commune française, située dans le département des Hautes-Pyrénées en région Midi-Pyrénées.

Géographie[modifier | modifier le code]

Extrait de la monographie sur Sauveterre écrite par Jean Baron, instituteur public, avril 1887.

"Si l'on a sous les yeux la section de Castelnau Rivière-Basse n°228 de la carte du Dépôt de la guerre, les regards sont frappés par la belle plaine qui la divise du sud au nord en deux parties à peu près égales ; de part et d'autre, les coteaux du Béarn et les collines d'Armagnac.

La partie orientale de cette plaine est arrêtée par une suite de coteaux qui viennent expirer à Saint Aunis entre Castelnau et Plaisance, et laisser l'Arros mêler ses eaux à celles de l'Adour. Sur cette crête mamelonnée, au levant et bien en face de Maubourguet, on aperçoit un château d'aspect antique, qui a survécu à son redouté voisin, celui de Lafitole.

Là est Sauveterre, une des 11 communes du canton de Maubourguet, Département des Hautes-Pyrénées, la moins considérable de toutes ou peu s'en faut, mais non la moins gracieuse d'aspect. Sa latitude est de 48 grades 31 minutes, graduation primitive 43°, 28' sa longitude de 2 grades 48 minutes, graduation primitive 2°, 14'.

Bornée à l'ouest par les territoires de Maubourguet et de Lafitole, à l'est par celui de Saint-Justin, Gers, au sud par Monfaucon et au nord par Auriébat, notre commune se trouve à égale distance des deux dernières, 3 kilomètres environ, et à 6 kilomètres de Maubourguet. La distance jusqu'à Tarbes, chef lieu d'arrondissement et de département est de 30 kilomètres. D'après les indications consignées au plan cadastral que le géomètre Verdier termina en 1824, la surface totale de la commune, distribuée en six sections, est d'environ 1038 hectares. Trois sont en plaine, A et F au couchant du village, C au levant, et 3 en côte, au centre B, D, E, comprenant vallons et coteaux.

Le sol en est argilo-calcaire dans la côte, argilo-caillouteux à l'ouest et argilo-siliceux à l'est.

Des hauteurs du château, 226m d'altitude, un panorama de toute beauté s'offre à nos regards. A nos pieds se déroule la magnifique plaine de Bigorre, parsemée de villages et sillonnée par les voies ferrées de Tarbes à Bordeaux et de Vic à Auch-Agen. Il est majestueusement encadré, au midi, par les Pyrénées, dont la vue charme le travailleur de nos collines ; à l'ouest, par les coteaux du Béarn où se dressent l'un au sud-ouest et l'autre au nord-ouest les squelettes des châteaux de Montaner et de Castelnau Rivière-Basse, qui semblent immobiles représentants du passé, protester contre l'activité du présent.

Au nord apparait, imposante, la flèche élancée d'Auriébat et une ravissante perspective vers les Landes ; à l'est la plaine de l'Arros sur laquelle on a une très belle vue de la maison Bacqué - Saint-Martin - la Bïsto. Cette plaine confine aux collines du Gers, couronnées par les villages de Samasan, Saint-Justin, Semboués et Cazaux.

Six constructions exceptées, sises au quartier du Baniou, le gros du village, aux maisons disposées en amphithéâtre se trouve dans une excavation, sorte de fer à cheval dont l'arête la plus relevée, au nord, est parcourue par le chemin classé dit du Poutéou. À l'endroit le plus élevé, voisin de la minson le Bïsto, l'altitude est de 244m, inférieure de 12m à celle d'Auriébat, point culminant de la région, mais supérieur de 18m à celle du château.

Au sud-est de la commune et confinant au territoire de Monfaucon, sont trois mamelons, les Tucos, dont le plus haut à 239m. Dans notre idiome local, ce nom de Tucos fait image. Entre les deux branches du fer-à-cheval et comme pour fermer le passage de la plaine de l'Adour à celle de l'Arros est un énorme trons de cône, à pente rapide du côté de l'ouest, et dont le versant est descend mollement pour venir expirer au vallon de Laprade, à travers lequel fuit vers l'Arros le ruisseau de Marseillan, déversoir des ravins qui creusent nos coteaux.

À une époque peu éloignée, nos bons vieillards s'en souviennent, de nombreux bosquets de chênes et châtaigniers couronnaient encore les divers sommets, et les récoltes d'alentour étaient rarement endommagées par la grêle, on connaissait à peine le fléau. Depuis que l'appât d'une abondante récolte de vin en a amené le défrichement, notre territoire est continuellement sinistré. À l'appui de cette réflexion, il convient de dire que la forêt du Courrau a été à peine atteinte. La science ne professe-t-elle pas que les plantes polarisent et équilibrent l'atmosphère, pourquoi donc les bois de nos coteaux n'exerceraient ils pas la même influence sur le nuage désastreux?

À l'ouest, rasant la côte, le canal Alaric, plus connu sous le nom de Baniou. Le nom français en rappelle clairement l'origine et les constructeurs. Sorti de l'Adour à Pouzac, ce canal arrose le levant de la Bigorre que les eaux limpides du fleuve ne sauraient atteindre. Après avoir fertilisé de nombreuses prairies sur un parcours de 60 kilomètres, l'Alaric retourne à celui qu'à regret il avait quitté.

Le Baniou dont l'Auzue n'est qu'une déviation est le seul cours d'eau qui alimente Sauveterre ; encore l'avons nous souvent à sec, à la saison des grandes chaleurs. Préciser davantage sur le débit de ce cours d'eau serait nous exposer sans raison à contredire la plupart des collègues qui auront occasion d'en parler et, aussi, de fournir des résultats très erronés, même avec le concours de l'Administration hydraulique.

Des puits particuliers et six fontaines publiques approvisionnent abondamment les ménages. Les viviers et les citernes fournissent de quoi abreuver les bestiaux. Parmi les fontaines citées, il en est une, lou puit dou presbytère, dont les eaux, légèrement séléniteuses, cuisent mal les légumes, le savon s'y forme en grumeaux. N'y aurait-il pas là un indice certain de la présence de couches gypseuses dans le sous-sol du voisinage?

Au sud et au nord du plateau de Sauveterre, l'affaissement du sol forme trois gorges où les courants atmosphériques se font plus vivement sentir que partout ailleurs, et par suite, les pluies sont assez fréquentes sur notre territoire. La température y est néanmoins assez égale, froide sur les sommets et douce sur les versants.

La salubrité ne laisse rien à désirer, aussi les habitants sont ils robustes et rarement atteints de maladies épidémiques. Ils sont d'une longévité remarquable : on y trouve bon nombre de septuagénaires et même quelques octogénaires."

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le ruisseau de Larté, affluent gauche de l'Arros, prend sa source sur la commune.

Histoire[modifier | modifier le code]

Comme l'indique clairement son nom, Sauveterre est une "sauveté", c'est-à-dire un village fondé par le pouvoir religieux de l'Eglise au milieu du XIe siècle. Celui qui vient s'y fixer, est "sauvé", ou définitivement protégé. L'initiative de cette création est due à la puissance de la très proche abbaye de la Casedieu, près de Marciac, qui contrôlait déjà, au XIe siècle, la route d'Arles du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui traverse toujours Sauveterre.

Si l'Eglise a pesé lourd dans l'histoire du village, le problème de sa défense stratégique a compté bien longtemps avant. A l'emplacement du château actuel, a très certainement fonctionné, déjà dès le Ve siècle av. J.-C., une forteresse en terre et en bois, que l'armée conquérante de Jules César baptise "oppidum", et la fortifie elle-même, au premier siècle de notre ère.

Mille ans après, vers 1050-1100, le premier château médiéval en bois est bâti par un petit seigneur féodal du pays. Sur ce lointain passé, les travaux d'aménagements plus récents seront d'abord seront d'abord une puissante forteresse maçonnée du XIVe siècle, en galets et en pierre dorée du pays. Il en subsiste les deux belles tours rondes d'angle, et les bases de l'actuelle construction.

Tout le site sera enfin aménagé au XVIIIe siècle en manoir résidentiel de qualité, par la puissante famille des Ducs d'Antin, avec la grande façade est, mais aussi de l'élevage de chevaux de selle, de la vigne, un jardin à l'anglaise, etc...

La guerre passe par le château à la fin du mois de mars 1814. L'armée d'Espagne de Napoléon Ier, et du maréchal Soult fait retraite vers Toulouse, bousculée par le Duc de Wellington. S'il n'est pas passé lui-même au château, mais à cinq kilomètres, l'État Major de sa cavalerie y a conduit une action décisive avec ses meilleurs officiers, dont plusieurs seront à Waterloo un an après.

Propos de Guy CASSAGNET, historien

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'or à la bande de gueules chargée de trois coquilles du champ et accompagnée d'une clef de sable et en pointe d'une épée abaissée de même[1].
Commentaires : Ce blason est officiel (vérifié auprès de la mairie).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1900 1901 J. LACLAVERIE    
1901 1923 V. LASSABE    
1923 1929 J. BLOUSSON    
1929 1944 I. DUBERTRAND    
1944 1945 H. LUSSAN    
1945 1953 E. BEAUDEAN    
1953 1971 A. DOUBRERE    
1971 2001 J. DOUBRERE    
2001 2014 Christian Berdy    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 168 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
402 437 464 494 487 469 504 452 470
1856 1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901
465 430 438 433 433 377 366 358 345
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
353 294 298 246 233 222 196 209 223
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
208 185 187 161 151 165 168 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'orgue de Sauveterre[modifier | modifier le code]

Réalisation : Facture d'Orgues de Plaisance-du-Gers : Daniel Birouste, Bertrand Lazerme, Mickaël Fourcade Inauguré le vendredi 8 septembre 2000, organiste Laurent Carle, professeur au conservatoire Henri Duparc de Tarbes.

Cet orgue a été pleinement pensé pour l'église de Sauveterre. Ce n'est pas une copie d'un instrument déjà existant mais une authentique création. Comme toute création, celle-ci puise son inspiration dans une période passée dont le choix a été motivé par l'acoustique très nette de l'église. En effet, à Sauveterre, on retrouve la précision acoustique des églises de l'Europe du Nord. Dès lors il était intéressant de penser un instrument qui permette de jouer, de façon privilégiée mais non exclusive, le répertoire extrêmement riche composé aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les pays du Nord et dont l'œuvre de Jean-Sébastien Bach constitue le sommet.

Avec ses deux claviers de 56 notes, son jeu de Soubasse 16' au pédalier, cet instrument offre une grande variété de possibilités musicales. Afin de donner le plus de relief possible aux différentes registrations, chaque jeu a été harmonisé avec un caractère bien typé, lui permettant de sonner aussi bien en solo qu'en mélange. Une petite chamade (le jeu de Dulzaina) a été implantée à l'horizontale au centre du buffet d'orgue. De nombreuses orgues flamandes anciennes disposaient d'un tel jeu qui apporte couleur sonore et richesse harmonique.

Le mot du facteur d'orgues : "Je veux battre le tambour pour annoncer qu'il n'y a pas de mort" avait dit le Bouddha cinq siècles avant Jésus-Christ... En parlant de l'orgue de Sauveterre à Jean Doubrère quelques jours avant sa mort, et en l'invitant à venir l'écouter -ce qu'il fit-, cette annonce du Bouddha précédant celle de Jésus-Christ ne m'était pas revenue en mémoire... Je ne pouvais savoir que le commanditaire de l'instrument allait nous quitter si vite, avant même son inauguration qu'il souhaitait organiser et vivre. L'orgue jouerait la première fois pour lui dire à-dieu. La Manufacture de Plaisance-du-Gers en fut bouleversée. Je me souviens de nos conversations enthousiastes au moment des différentes phases du chantier. Jean Doubrère n'avait-il pas déjà trouvé l'essentiel en rêvant de cet orgue, en apparence inutile? Inutile, car non nécessaire à la vie de Sauveterre!... Nous pouvons en effet manger sur une table toute simple, mais quel supplément d'amour nous est servi lorsque l'hôte met une nappe et des fleurs pour nous accueillir! C'est sans doute cela la musique et l'orgue à Sauveterre, un plus d'amour voulu par Jean Doubrère avant de naître en Dieu, comme le croient ceux qui s'endorment avec la certitude de la transfiguration du corps et de l'âme à la vision de Dieu! Ce désir essentiel et urgent pour Jean Doubrère de construire un orgue à Sauveterre relève certainement de cette vision de la transfiguration des êtres et des choses à laquelle il croyait beaucoup plus que d'un caprice personnel lui venant de sa haute pratique musicale!... C'est pourquoi nous croyons lui avoir répondu en réalisant un orgue qui sonne bien pour Sauveterre qu'il aimait tant, un orgue qui chante pleinement la joie de l'Homme pour ceux qui ne croient pas à la vie au-delà, un orgue qui chante aussi la louange de Dieu pour ceux qui croient au Créateur dont la joie est l'Homme Vivant ! Mickaël Fourcade eut finalement l'honneur émouvant de faire entendre l'instrument à jean Doubrère... Que Mickaël soit remercié pour son travail d'harmonisation magnifique, réalisé en collaboration étroite avec Daniel Birouste. Nous partageons depuis longtemps une même passion pour l'orgue. L'un Compagnon, l'autre, Maître Artisan Facteur d'Orgues, sont des hommes qui chantent ! : l'harmonisation des tuyaux de cet orgue leur ressemble, et c'est bon ! La dernière phrase de Jean Doubrère dans cette église fut "j'avais toujours cru que l'orgue y sonnerait bien !" : Que tout l'atelier soit félicité pour la beauté du meuble, de la mécanique intérieure, de la soufflerie et de la tuyauterie, tout ce travail minutieux qui transfigure le bois et l'étain en musique ! Et que sonne pour des siècles, sur le chemin de Saint-Jacques, l'orgue de Sauveterre Bertrand Lazerme

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Passion Bigorre
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011