Femme fatale (film, 2002)

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Femme fatale

Titre original Femme fatale
Réalisation Brian De Palma
Scénario Brian De Palma
Sociétés de production Epsilon Motion Pictures
Quinta Communications
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Thriller érotique
Sortie 2002
Durée 110 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Femme fatale est un film français réalisé par Brian De Palma, sorti en 2002.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Durant le Festival de Cannes, un groupe de malfaiteurs monte une opération pour dérober une superbe monture de diamants portée par la top model Veronica à l'occasion d'une projection spéciale du film Est-Ouest de Régis Wargnier. Parmi les malfaiteurs, Laure (Rebecca Romijn) séduit Veronica (Rie Rasmussen), sensible à ses charmes, et l'incite à la suivre dans les toilettes. Tout en lui faisant l'amour, elle lui ôte sa monture pendant qu'un complice, Black Tie (Eriq Ebouaney)[1], remplace celle-ci par un faux[2]. Dans le même temps, Racine (Edouard Montoute), autre complice, est chargé de neutraliser les lumières pour faciliter la fuite des deux premiers. L'opération se passe bien jusqu'à ce qu'un garde du corps, alerté, fasse irruption dans les toilettes. Alors que Black Tie est gravement blessé, Laure s'enfuit seule avec les diamants.

Réfugiée à Paris où elle se cache dans une chambre d'hôtel déguisée d'une perruque brune, elle est repérée par Racine, bien décidé à récupérer les diamants. Elle réalise ensuite qu'un paparazzi, Nicolas Bardo (Antonio Banderas), la prend en photo, et rentre aussitôt dans une église pour se cacher. Là, un couple la prend pour leur fille Lily qui a disparu. Elle leur échappe et retourne à l'hôtel.

Le complice, l'ayant suivie, tente de la tuer en la faisant tomber de plusieurs étages, mais sa chute est amortie par une pile de rouleaux d'aluminium. Les parents de Lily, qui l'avaient également suivie jusqu'à l'hôtel, la recueillent et l'emmènent chez eux.

Laure se réveille dans un lit et réalise qu'elle est vraiment prise pour Lily. Satisfaite de cette couverture momentanée, elle erre dans l'appartement et trouve le passeport de Lily avec un billet d'avion pour les États-Unis, une occasion inespérée pour elle de disparaître de la circulation. Soulagée, elle va prendre un bain et s'assoupit. Mais un bruit la réveille : la vraie Lily vient de rentrer, en pleurs. Laure sort de la baignoire et surveille en silence ses gestes. Lily rédige une note de suicide, prend un pistolet et se tue sous les yeux de Laure.

Celle-ci prend ensuite l'avion, en lieu et place de Lily. Là, elle rencontre Bruce Watts, un riche américain avec qui elle sympathise...

Sept ans plus tard, elle est de retour à Paris avec son fraîchement nommé ambassadeur de mari. Elle attise bientôt l'intérêt d'un magazine, intrigué par cette ex-française femme d'ambassadeur qui n'a jamais voulu être photographiée. Nicolas Bardo est chargée de dégoter le fameux cliché. Pendant ce temps, Black Tie sort juste de prison et Racine l'accompagne à la recherche de leur partenaire chérie ; ces messieurs tombent sur la complice anonyme de Laure et la tuent en la jetant sous un camion.

Désespérée et démasquée, Laure se procure un pistolet et semble vouloir se suicider dans une chambre d'hôtel. Elle y est rejointe par Nicolas, qui l'en empêche. Mais c'était une manipulation, car elle l'avait repéré. Elle disparaît, puis le fait arrêter par la police qui croit à un enlèvement et à une demande de rançon. De son côté, l'ambassadeur, ne désirant pas attirer l'attention des médias, prétend à la police que sa femme n'a pas été enlevée. Aussi, Nicolas est relâché. Laure le contacte et lui donne rendez-vous sur la passerelle Debilly à 22 h.

Nicolas et Laure se rencontrent à nouveau. Excédé par les agissements de Laure qui le fait passer pour un ravisseur, il tente de l'intimider mais elle le menace d'une arme. Ils se rendent dans un bar où a lieu une scène torride, puis en ressortent vers h du matin, heure à laquelle l'ambassadeur doit venir livrer la rançon. Celui-ci arrive avec la valise, mais Laure l'abat et tire sur Nicolas. Aussitôt, ses ex-complices, qui la surveillaient, rappliquent et la frappent avant de la jeter dans la Seine.

Laure remonte à la surface ... et se réveille à nouveau dans la baignoire. La même scène se reproduit : Lily entre, sort son pistolet ... mais cette fois Laure lui ôte l'arme des mains, et lui donne le choix : soit elle se suicide, soit elle prend son billet d'avion où elle pourra faire la connaissance de l'ambassadeur et démarrer une nouvelle vie.

Lily choisit la seconde option. Quittant la maison, elle est prise en stop par un camionneur à qui elle offre un pendentif pour sa fille.

Sept ans plus tard, Laure retrouve Veronica qui est sa complice anonyme, pour partager le butin enfin vendu. Une fois de plus, les ex-complices essaient à la tuer en la jetant sous le camion, mais cette fois le conducteur, qui s'avère être celui que Lily a rencontré, est ébloui par un reflet du soleil dans le pendentif, et ce sont finalement les deux hommes qui sont tués. Laure et Veronica sont sauvées. Nicolas et Laure se rencontrent à nouveau...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Au moment de la sortie du film, Brian De Palma explique avoir eu l'idée du scénario quelques années auparavant, même s'il a évolué au fil du temps :

« Depuis longtemps j’avais en tête un personnage de femme fatale qui, en compagnie d’associés, dévalisait un casino, s’enfuyait avec l’argent avant d'être poursuivi à travers tout le pays par ses anciens partenaires. Elle atterrissait finalement dans une petite ville du Midwest où elle se cachait un certain temps, jusqu’à ce que quelqu’un l’aborde dans la rue et s’adresse à elle sur un ton familier en l’appelant Betty. Elle comprenait alors qu’il y avait en ville une femme qui s’appelait Betty et qui lui ressemblait trait pour trait. C’était l’idée de départ[5]. »

— Brian De Palma, Objectif cinéma

Brian De Palma explique avoir voulu réalisé un film noir « qui colle à la réalité de 2002 »[5].

Casting[modifier | modifier le code]

Uma Thurman était pressentie pour incarner Laure Ash, mais elle est tombée enceinte à ce moment-là[6]. De plus, Brian De Palma préfère une actrice moins connue pour le rôle principal. Au cours d'un diner avec John McTiernan à Los Angeles, ce dernier lui parle de Rebecca Romijn, qu'il vient de diriger dans Rollerball (2002)[7]

Melanie Griffith a convaincu son mari de l'époque Antonio Banderas d'accepter le rôle de Nicolas Bardo, pour remercier Brian De Palma de l'avoir engagée au début de sa carrière dans Body Double (1984)[6]. Antonio Banderas était assez réticent à participer au film mais se dit qu'il pourra apprendre beaucoup de choses auprès de Brian De Palma. Ce dernier accepte de répondre à toutes ses questions, s'il accepte le rôle[6].

Pour le rôle de Veronica, Brian De Palma ne trouvait pas l'actrice adéquate. Rebecca Romijn lui présente alors son amie Rie Rasmussen, qui était alors mannequin. Le réalisateur apprécie sa façon de marcher et lui offre le rôle[6].

Tournage[modifier | modifier le code]

Brian De Palma voulait depuis longtemps tourner en France et a effectué lui-même les repérages de en parcourant Paris à scooter afin de découvrir des lieux qui n'avaient jamais ou peu été montrés au cinéma[7].

Le tournage a notamment lieu à Paris (Passerelle Debilly, Église Notre-Dame-de-la-Croix de Ménilmontant, le Sheraton Hotel de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle) et à Cannes[8].

Musique[modifier | modifier le code]

Femme Fatale

Bande originale par Ryūichi Sakamoto
Sortie 8 octobre 2002[9]
Durée 62:22[9]
Genre musique de film
Compositeur Ryūichi Sakamoto

Albums par Ryūichi Sakamoto

La musique du film est composée par le Japonais Ryūichi Sakamoto, qui avait déjà collaboré avec Brian De Palma pour Snake Eyes (1998). Initialement, le film avait été proposé au Polonais Wojciech Kilar, qui a refusé[6].

Liste des titres
  1. Bolerish - 13:40
  2. Stop or I'll Shoot - 1:05
  3. Rage - 4:00
  4. Double - 3:22
  5. Tragedy - 6:33
  6. Deja Vu - 3:37
  7. Searching for Gun - 0:46
  8. In Café - 4:02
  9. Blouse off Shoulder - 3:03
  10. Out of Water - 4:34
  11. Future - 2:48
  12. Deja Vu II - 5:30
  13. Bolerish (Piano Version) - 4:43
  14. Lost Theme (Piano Version) - 4:39

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, le film ne récolte que 48% d'opinions favorables pour 134 critiques recensées[10]. Sur Metacritic, il obtient la note de 59/100 pour 30 critiques[11].

En France, le film récolte la moyenne 3,1/5 sur AlloCiné, pour 19 critiques[12]. Du côté des critiques positives, on retrouve celle du Figaroscope, dans laquelle Marie-Noëlle Tranchant souligne la prestation Rebecca Romijn qui « assume le cliché sans faiblir pendant deux heures » et apprécie le film où « la panoplie du film noir est au service d'un divertissement étourdissant »[12]. Olivier Père des Inrockuptibles écrit qu'un « film de De Palma, même le plus cérébral et le plus tordu, reste avant tout un objet de jouissance pour le spectateur »[12]. Sur Chronic'art, Grégoire Bénabent félicite le réalisateur qui « parvient habilement à déplacer la provocation, en la situant au cœur du cliché et non à son encontre » mais regrette « les fastidieuses spéculations du récit [qui] gêne l'émergence du personnage de Laura »[12].

David Perrault de Cine Libre est quant à lui plus partagé : le film est « attachant. Parce qu'il est l'expression d'un cinéaste intègre, honnête et cohérent, arrivé au bout de lui-même, au bout de son œuvre. À bout de souffle, serait-on tenté de dire »[12]. Thomas Sotinel du Monde trouve que les acteurs sont « privés de vrais personnages » et qu'il y a dans le film une « absence de vraie tension dramatique »[12]. Pour Nicolas Schaller du magazine Première, si « De Palma a beau filmer comme personne, il fantasme un peu trop comme tout le monde »[12].

Pierre Murat de Télérama écrit que « l'abus de péripéties invraisemblables est fatal à Brian De Palma »[12]. Pour Pierre Vavasseur du Parisien, « Brian De Palma déçoit énormément, [il] ne parvient jamais à nous intéresser »[12].

Box-office[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, le film n'enregistre que 6 630 252 $. Dans le monde, le film dépasse à peine les 16 millions de recettes[13].

En France, le succès n'est pas non plus au rendez-vous, avec 420 801 entrées, dont 165 171 à Paris[3].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Source : Internet Movie Database[14]

Récompense[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom du personnage de Black Tie est tiré du scénario de De Palma, le personnage n'est cependant jamais nommé dans le film.
  2. Femme fatale sur elms
  3. a et b « Femme Fatale », sur JP's box-office (consulté le 21 août 2014).
  4. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  5. a et b « Interview de Brian De Palma à l'occasion de la sortie de Femme Fatale », sur Objectif-cinéma,‎ 2002 (consulté le 21 août 2014).
  6. a, b, c, d et e (en) Anecdotes sur l’Internet Movie Database
  7. a et b « Secrets de tournages », sur AlloCiné.fr (consulté le 21 août 2014).
  8. (en) Lieux de tournage sur l’Internet Movie Database
  9. a et b (en) « Ryuichi Sakamoto Femme Fatale (Original Soundtrack) », sur Allmusic.com (consulté le 21 août 2014).
  10. (en) « Femme Fatale (2002) », sur Rotten Tomatoes (consulté le 21 août 2014).
  11. (en) « Femme Fatake », sur Metacritic (consulté le 21 août 2014).
  12. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Critiques presse Femme Fatale », sur AlloCiné (consulté le 21 août 2014).
  13. (en) « Femme Fatale », sur Box Office Mojo (consulté le 21 août 2014).
  14. (en) Distinctions sur l’Internet Movie Database

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brian De Palma, Femme fatale / trad. Stephen Levine, Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma no 72, Paris, 2002, 173 p. (ISBN 2-86642-342-9)
    Scénario bilingue du film.

Liens externes[modifier | modifier le code]