Arado Ar 196

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Pix.gif Arado Ar 196A-3 Su-27 silhouette.svg
Ar196.jpg Vue de l'avion

Constructeur Arado Flugzeugwerke
Rôle Reconnaissance navale
Premier vol Mai 1937
Date de retrait 1946
Nombre construits 541
Équipage
2
Motorisation
Moteur BMW 132K
Nombre 1
Type 9 cylindres en étoile
Puissance unitaire 960 ch
Dimensions
Envergure 12,40 m
Longueur 11,70 m
Hauteur 4,45 m
Surface alaire 28,40 m2
Masses
À vide 2 990 kg
Avec armement 3 730 kg
Performances
Vitesse maximale 310 km/h (Mach 0,25)
Plafond 7 000 m
Vitesse ascensionnelle 300 m/min
Rayon d'action 1 070 km
Armement
Interne 2 canons MG FF de 20 mm de voilure, 1 mitrailleuse MG 17 de capot, 2 MG 15 de 7,9 mm arrière.
Externe 2 bombes de 50 kg

L'Arado Ar 196 est un hydravion de reconnaissance, avion embarqué standard de la Kriegsmarine durant la Seconde Guerre mondiale. Très apprécié par ses pilotes, il reste considéré comme un des meilleurs appareils de sa catégorie, surclassant les appareils similaires utilisés par les Alliés.

Origine et développement[modifier | modifier le code]

En 1935, le RLM demanda à Heinkel de lui proposer un hydravion de reconnaissance catapultable pour remplacer le biplan Heinkel He 60 des Bordfliegerstaffeln. Mais le sesquiplan He 114, handicapé par le moteur radial BMW 132 pour lequel il n’avait pas été conçu et affligé de performances marines médiocres, fut finalement refusé par la Kriegsmarine. À l’automne 1936, le Technische Amt publiait un nouveau programme pour un hydravion de reconnaissance catapultable. Le programme était assez vague, spécifiant uniquement l’utilisation du moteur BMW 132, et la fourniture de prototypes à flotteur central et à flotteurs en catamaran pour essais comparatifs. Si Heinkel ne présenta pas de candidature, estimant pouvoir améliorer son He 114 (en), Dornier, Gotha, et Focke-Wulf proposèrent des projets biplans, Arado un monoplan. L’appareil dessiné par Walter Blume se présentait comme un monoplan biplace en tandem, le fuselage étant construit en tubes d’acier avec revêtement entoilé à l’arrière tandis que la voilure bilongeron, repliable le long du fuselage, était entièrement métallique. La formule de ce dernier devant lui assurer de meilleures performances, le RLM commanda 4 prototypes. Le futur appareil fut désigné Ar-196 non pas pour indiquer une évolution de l’Ar 96, mais parce que l’avion était destiné à équiper le groupe aéronaval 196. Par conservatisme autant que par sécurité le RLM passa aussi commande de deux prototypes Focke-Wulf Fw 62 (en).

Les quatre prototypes furent équipés du moteur 9 cylindres en étoile BMW 132Dc de 880ch entrainant une hélice bipale. Les deux premiers, Ar 196V-1 [D-IEHK] et V-2 [D-IHQI], furent réalisés en catamaran (Ar 196A), chaque flotteur constituant un réservoir de carburant de 300 litres. Le premier vol ayant lieu courant mai 1937. Les deux derniers, Ar 196V-3 [D-ILRE] et V-4 [D-OVMB] reçurent un flotteur central (Ar 196B) et des stabilisateurs en bout de voilure, le V-4 étant destiné aux essais d’armement. Il reçut donc 2 canons MG FF de 20 mm en voilure, une MG 17 fixe de 7,9 mm plaquée le long du côté droit du fuselage et une MG 15 de 7,9 mm en pivot arrière.

Au cours des essais de forte houle à Travemünde le V-4 fut victime d’une rupture de bâti-moteur, entrainant un début d’incendie et la destruction du prototype. Il fut remplacé rapidement par un nouveau prototype, Ar 196V-5 [D-IPOD] équipé d’un moteur BMW 132K de 950 ch entrainant une tripale à pas variable. Une tripale du même type fut par la suite montée sur le V-1 pour essais comparatifs et le BMW 132K sera retenu pour les versions de série.

Livrés au cours de l’été 1937, les monoplans Arado se révélèrent meilleurs que les biplans Focke Wulf, mais les deux versions du premier affichaient des performances comparables ; le catamaran ne fut retenu que parce que mieux compatible avec les catapultes.

Production[modifier | modifier le code]

541 appareils de série furent construits, dont 401 sortirent des usines Arado. En France, la SNCAO de Saint Nazaire fut intégrée à la production à partir de 1942, produisant seulement 23 cellules A-3 jusqu’en 1943, tandis que Fokker à Amsterdam fut chargé exclusivement de construire la version A-5 (91 appareils).

Versions[modifier | modifier le code]

  • Ar 196A-0 : Présérie de 10 appareils armés d’une seule MG 15 arrière et de 2 lance bombes de 50 kg. Livraison entre novembre et décembre 1938.
  • Ar 196A-2 : Patrouilleur côtier dont la production fut lancée en novembre 1939. Armé de deux canons MG FF de 20 mm dans la voilure, une MG 17 fixe et un jumelage MG 15 arrière, il pouvait aussi emporter 2 bombes de 50 kg.
  • Ar 196A-3 : Évolution du précédent et principale version de série avec nouvel équipement radio, structure renforcée et hélice tripale VDM à pas variable. Produit en série après l’Ar 196A-4, ce modèle entra en service au KüFlGr 706.
  • Ar 196A-4 : Version catapultable du A-3, produite à 24 exemplaires dès décembre 1940 pour remplacer les A-1.
  • Ar 196A-5 : Dernière version de série, nouvel équipement radio et jumelage MG 81Z de 7,9 mm sur pivot arrière. 91 exemplaires, produits exclusivement par Fokker entre avril 1943 et août 1944.
  • Ar 196B-0 : Présérie à flotteur central, 5 appareils livrés fin 1938 pour évaluation par les unités de reconnaissance côtière.
  • Ar 196C : Projet d’évolution aérodynamique abandonné en 1941.

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Arado-196.png

  • Drapeau : Troisième Reich Reich allemand : Les Bordfliegerstaffeln 1./196 de Wilhelmshaven et 5./196 de Kiel-Holtenau furent les premiers à recevoir cet appareil dont les premières sorties opérationnelles devaient être réalisées depuis le cuirassé de poche Graf Spee. Au cours de son raid en Atlantique au printemps 1941 le Bismarck utilisa ses Ar 196 pour échapper aux Catalinas de la RAF qui le recherchaient.

Le 5 mai 1940 le Lt Günther Mehrens, pilotant un Ar 196A-3 du 1./KFlGr 706 localisa le sous-marin britannique HMS Seal (en) dans le Kattegat alors qu’il mouillait des mines et l’attaqua au canon et à la bombe. Gouvernail de plongée endommagé, le sous-marin dut se rendre. Mehrens se posa le long du sous-marin, prit à son bord le commandant du navire, le Lieut-Cdr R.Lonsdale, et le ramena prisonnier à Aalborg tandis que le sous-marin britannique était pris en remorque par la marine allemande jusqu'au port de Frederikshavn.

À partir de 1941 l'Ar 196 fut utilisé sur tous les secteurs côtiers. On le trouva en nombre très important en Méditerranée ou il assurait l’escorte des convois de l’Axe. Il équipa les escadrilles côtières 2., 3., 4. et 5./SAGr 126, le Stab/SAGr 127, les 1. et 2./SAGr 128, 1. et 2./SAGr 130, 2./SAGr 131 et 2./SAGr 132. Reçurent également quelques appareils, mais en dotation incomplète, les SAGr 125, 1. et 3./KG 200 et le III./KG 100.

  • Drapeau de la Bulgarie Bulgarie : 12 appareils livrés au cours de l’été 1943 pour assurer la surveillance maritime dans le secteur de Varna, sous contrôle du SAGr 125 allemand. 8 appareils étaient toujours en service le 8 septembre 1944.
  • Drapeau de la Finlande Finlande : Utilisé pour déposer des patrouilles de reconnaissance et des forces spéciales derrière les lignes ennemies, plusieurs hommes équipés s’entassant à l’arrière du fuselage.
  • Drapeau de la Norvège Norvège : Victime d’un hydravion norvégien Høver M.F. 11 (en) le 8 avril 1940, un Ar 196A-1 catapulté par le croiseur Admiral Hipper aux premières heures de la Campagne de Norvège fut capturé à Lyngstad. Remorqué jusqu’à Kristiansund par un torpilleur, il fut utilisé par la Marine Royale Norvégienne jusqu’à son évacuation vers la Grande-Bretagne le 18 avril. Malheureusement pour la Royal Navy cet hydravion fut détruit sur accident alors qu’il était convoyé vers le centre d’essais en vol d’Helensburgh par un pilote britannique. À la fin de la guerre un autre Ar 196, abandonné sur une base norvégienne par la Luftwaffe, fut utilisé comme avion de liaison pendant une année par la Royal Norvegian Air Force.
  • Roumanie Roumanie : Cet avion servit aussi dans les escadrilles côtières roumaines.

Dans les musées[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans l'album L'Étoile mystérieuse, Tintin aborde l'aérolithe à bord d'un Arado 196, hydravion de l'expédition.
  • Dans l'album Fantôme 3 ne répond plus! de Dan Cooper, le héros est chargé de piloter au-dessus de la Finlande un Arado 196 embarquant des caméras de cinéma.

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Hans-Peter Dabrowski et Volker Koos, Arado Ar 196 : Germany's multi-purpose seaplane, Atglen, PA, Schiffer Military History,‎ 1993 (ISBN 0-8874-0481-2).
  • (en) Janusz Ledwoch, Arado 196 (Militaria 53), Varsovie, Wydawnictwo Militaria,‎ 1997 (ISBN 8-3862-0987-9).
  • (en) Michael Sharpe, Biplanes, triplanes, and seaplanes, London New York, Friedman/Fairfax Distributed by Sterling Pub. Co,‎ 2000 (ISBN 1-5866-3300-7).
  • (en) Antony Kay et J. Richard Smith, German aircraft of the Second World War : including helicopters and missiles, Annapolis, Md, Naval Institute Press,‎ 2002 (ISBN 1-5575-0010-X).

Liens externes[modifier | modifier le code]