300 (bande dessinée)

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300
Éditeur Dark Horse Comics
Fréquence Mensuel
Format Mini Série
Date(s) de publication Mai 1998 - Septembre 1998
Numéros 5

Scénariste(s) Frank Miller
Dessinateur(s) Frank Miller
Créateur(s) Frank Miller

300 est une série de comics écrite et illustrée par Frank Miller et colorisée par Lynn Varley. Elle a été originellement publiée par Dark Horse Comics en 1998. Un film tiré de l'œuvre et réalisé par Zack Snyder est sorti en 2006.

Synopsis[modifier | modifier le code]

300 dépeint la bataille des Thermopyles menée par le roi de Sparte, Léonidas Ier, accompagné de ses 300 hippeis (garde personnelle du roi, toutefois à Athènes les "hippeis" constituent la seconde classe censitaire). La série s'inspire d'un célèbre événement historique ayant opposé les Grecs à l'invasion perse, déjà illustré dans le film La Bataille des Thermopyles (The 300 Spartans).

Vie éditoriale[modifier | modifier le code]

À l'origine, 300 fut publié de manière périodique sous la forme d'une mini-série par les éditions Dark Horse Comics. La première partie parut en mai 1998. Les 5 parties sont nommées Honneur, Devoir, Gloire, Combat et Victoire.

La série complète a ensuite été publiée en un seul tome en 1999.

Dans l'édition originale, chaque page était publiée sur une double-page du magazine. Quand la série fut rassemblée en un volume, chaque double-page fut ramenée à une page simple.

Le format de l'œuvre, à l'italienne (les pages s'étalent en largeur plutôt qu'en hauteur) est rarement utilisé dans les comics. Ce format correspond sûrement au souhait de l'auteur d'illustrer les batailles sur toute la largeur de ses pages, et de mieux traduire la progression géographique des Spartiates vers la bataille.

Commentaires sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

Tels que Frank Miller présente les évènements, 300 illustre le paradoxe d'une armée d'élite aux ordres d'un royaume qui, selon nos critères contemporains, fonctionne selon une idéologie totalitaire et intolérante (les difformes sont éliminés dès la naissance, les plus faibles mis à l'écart de la société et l'esclavage est couramment pratiqué), mais qui refuse de se voir lui-même soumis à l'esclavage d'un envahisseur étranger.

L'empire perse y est présenté comme un peuple fanatique dévoué à son dieu-roi, Xerxès, un homme cruel faisant l'apologie de la soumission et de l'esclavage sans considération pour son peuple. À ce titre, on peut interpréter l'œuvre comme la justification de moyens radicaux et guerriers pour préserver l'idéal spartiate de liberté et de justice suivant des méthodes qui dans un cadre contemporain paraissent totalitaires.

L'œuvre diverge cependant en de nombreux points avec les faits historiques actuellement admis concernant la bataille des Thermopyles et la société spartiate. Il s'agit d'une interprétation libre de l'auteur qui ne saurait être prise comme un fait véridique. Il est, par exemple, historiquement peu probable que le roi Léonidas Ier se soit battu au même rang et de la même manière que ses hoplites spartiates. De la même manière, il n'est fait aucun état de la flotte grecque et des 700 soldats de Thespies qui prirent part au combat ; ou du millier de soldats de Phocide qui gardaient le sentier d'Anopée. A fortiori il n'est pas mentionné que les 700 soldats de Thespies restèrent au côté de Léonidas et de ses hoplites spartiates après le contournement par le chemin d'Anopée. Les soldats de Thespies se battirent presque jusqu'au bout au côté des spartiates avant de se rendre. Il n'est pas mentionné que les soldats grecs qui restèrent après le contournement par le chemin d'Anopée le firent pour laisser aux Grecs le temps d'organiser leur défense. Il n'est pas mentionné que les 400 combattants de Thèbes désertèrent car ils avaient vraisemblablement été contraints de participer aux combats. Les éphores sont des magistrats grecs de Sparte et non des devins consanguins.

Le film 300 que Frank Miller a adapté sur grand écran en extrapole les aspects fantastiques et fut l'objet de multiples critiques à cet égard, notamment de la part des Iraniens.

Cela dit, Frank Miller assume et revendique ce parti-pris romanesque[réf. nécessaire], il affirme ne pas chercher à jouer le rôle de l'historien, mais celui du conteur : en effet, 300 se veut une épopée, à la manière d'Homère, transcrite au XXe siècle sous forme de bande-dessinée.

Alan Moore, célèbre auteur des comics V pour Vendetta et Watchmen, se montre très critique envers 300 dans une interview donnée en décembre 2011 : « J'ai trouvé que Sin City était d'une irréductible misogynie, que 300 était largement anhistorique, homophobe et parfaitement erroné. Je pense qu'il y a une sensibilité très déplaisante qui se dégage de l'œuvre de Frank Miller depuis assez longtemps »[1].

Allusion à d'autres œuvres[modifier | modifier le code]

Le troisième tome de Sin City (Le Grand Carnage) fait référence à 300 (le héros exploite la géographie du terrain pour tendre une embuscade à ses ennemis, de la même manière que le roi Léonidas).[réf. nécessaire]

Publication[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Soren Seelow, « Frank Miller, Batman et le choc des civilisations », sur Le Monde.fr,‎ 27 juillet 2012 (consulté le 28 août 2013)