Artémise Ire

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Artémise Ire dans le Promptuarii Iconum Insigniorum de Guillaume Rouillé.

Artémise Ire (grec ancien : Ἀρτεμισία ; perse : آرتمیس) est une reine de la cité d'Halicarnasse en Carie au Ve siècle av. J.-C. Elle gouverna sous la suzeraineté de l'empire des Achéménides.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est principalement connue au travers des écrits d'Hérodote. Son père est Lygdamis I (Grec: Λύγδαμις Α'), satrape d'Halicarnasse et sa mère est originaire de Crète. Elle s'empare du trône à la mort de son mari car son fils, Pisindelis (Grec: Πισίνδηλις), est encore un enfant.

Elle participe avec 5 navires à la campagne de Xerxès Ier en 480 av. J.-C. contre les Grecs et se distingue à la bataille de Salamine.

La bataille de Salamine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Salamine.

Elle conseille au Grand Roi d'éviter le combat avant la bataille de Salamine, puis, ses conseils ayant été écartés, participe au combat et se signale par sa bravoure et sa combativité. Elle repêche en particulier le corps d'Ariabignès, l'un des frères et amiraux de Xerxès, et le porte au souverain, non sans avoir réglé ses comptes et coulé dans la confusion le navire du roi lycien de Calinda, Damasithymos, pourtant lui aussi allié des Perses. À cette occasion Xerxès se serait écrié : « Mes hommes sont devenus des femmes, et mes femmes des hommes. » Selon une anecdote rapportée par Polyen, Xerxès lui offrit ainsi une armure grecque complète tandis qu'il envoyait une quenouille et un fuseau à l'amiral de la flotte[1].

Après la bataille de Salamine[modifier | modifier le code]

Selon Hérodote, après la défaite, Xerxès interrogea ses officiers sur la conduite à tenir :

  • mener ses troupes vers le Péloponnèse lui-même ;
  • se retirer de Grèce et laisser son général Mardonios en charge.

Artémise lui suggéra de se retirer en Asie Mineure et soutint le plan de Mardonios qui avait demandé 300 000 soldats avec lesquels il comptait achever les Grecs en l’absence de Xerxès.

Toujours selon le texte d’Hérodote (Uranie 8, CII), elle déclara : « Seigneur, il est difficile de vous donner le meilleur conseil ; mais, dans les conjonctures présentes, je suis d'avis que vous retourniez en Perse, et que vous laissiez ici Mardonios avec les troupes qu'il vous demande, puisqu'il le désire, et qu'il s'engage à subjuguer la Grèce, S'il en fait la conquête, et qu'il réussisse dans ses desseins, vous en aurez tout l'honneur, puisque cette conquête sera l'ouvrage de vos esclaves. Si, au contraire, son entreprise n'a pas le succès dont il se flatte, ce ne sera pas un grand malheur, pourvu que vous viviez et que votre maison demeure florissante. En effet, seigneur, tant que vous vivrez et que votre maison subsistera, les Grecs auront de fréquents combats à livrer pour défendre leur liberté. Si Mardonios éprouve quelque revers, ce revers ne sera d'aucune conséquence ; et en faisant périr un de vos esclaves, les Grecs n'auront remporté qu'un faible avantage. Quant à vous, seigneur, vous vous en retournerez après avoir brûlé la ville d'Athènes, comme vous vous l'étiez proposé lorsque vous entreprîtes cette expédition. ».

Xerxès, enchanté par son conseil, le suivit. Il envoya Artémise à Éphèse pour qu’elle s’occupe de ses fils illégitimes. En échange de ses services, les terres d’Artémise prospérèrent de son alliance avec les Perses.

Opinions de contemporains[modifier | modifier le code]

Hérodote a une opinion favorable d’Artémise malgré son rôle et son soutien à la Perse lors de la Seconde Guerre Médique ; il vante sa combativité et son intelligence, mettant aussi l'accent sur son influence sur Xerxès. Polyen rapporte l'admiration éprouvée par Xerxès pour son comportement à Salamine, et vante aussi son intelligence et sa ruse, rapportant la prise de la ville de Latmos. Elle plaça des soldats en embuscade près de la cité puis, accompagnée de femmes, d'eunuques et de musiciens, célébra un sacrifice sur l'autel de la Mère des Dieux, se trouvant à sept stades de la ville. Lorsque les habitants de Latmus vinrent admirer la magnifique procession, les soldats entrèrent dans la ville et en prirent possession[2].

D'un autre côté, un discours apocryphe attribué à Thessalos, un fils d'Hippocrate, décrit les ravages qu'elle aurait commis dans l’île de Kos qui aurait refusé de se soumettre au roi Xerxes en -493. À cette occasion, elle aurait subi la colère divine, sa flotte subissant une tempête et son armée étant touchée par la foudre, tandis qu'elle-même était frappée d'hallucinations[3].

Une légende, rapportée par Photios quelque treize siècles plus tard, narre le fait qu'elle tomba amoureuse d'un certain Dardanos d'Abydos, mais cet amour n'était pas partagé. Aussi, furieuse, elle lui fit crever les yeux dans son sommeil et se jeta dans la mer du haut d'un cap rocheux, au sud de l'île de Leucade. C'est le « saut de Leucade ».

Postérité et dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Un contre-torpilleur iranien (persan : ناوشکن) construit sous la Dynastie Pahlavi fut nommé en son honneur.
  • Une association culturelle fondée en 1979 dans la ville de Néa Alikarnassós en Crète est nommée « Artemisia » en son honneur.
  • Le ferry grec Panagia Skiadeni était précédemment baptisé Artemisia (ainsi que Star A, Orient Star et Ferry Tachibana).
  • Autres références culturelles :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Polyen, Stratagèmes, VIII, 53.
  2. Stratagèmes, VIII, 53. Une variante de la même ruse est cependant attribuée dans le même ouvrage à son successeur Mausole (VII, 23)
  3. Discours, décrets et harangues ch 27 en ligne

Article connexe[modifier | modifier le code]