Gorgô

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Gorgô (en grec ancien Γοργώ / Gorgô), née en 506 av. J.-C., est la fille du roi de Sparte Cléomène Ier et la femme du roi Léonidas. Elle est l'une des rares femmes grecques à mener un rôle politique actif à l'époque classique, et la plus connue des femmes spartiates.

Biographie[modifier | modifier le code]

À l'âge de huit ou neuf ans, Gorgô assiste à l'audience d'Aristagoras de Milet, envoyé par les cités grecques d'Ionie pour persuader Sparte de soutenir leur révolte contre l'Empire perse. Alors qu'Aristagoras offre à Cléomène une forte somme pour le décider, elle intervient pour dire : « Il causera ta perte, mon père, ce misérable étranger, si tu ne te dépêches pas de le chasser de la maison[1]. »

Par la suite, elle épouse son oncle, Léonidas, futur héros des Thermopyles[2]. Quand Démarate, en exil auprès de Xerxès Ier, veut prévenir les Grecs de la menace qui pèse sur eux, il envoie un message secret à Sparte, sous la forme d'une tablette de cire. C'est Gorgô qui a l'idée de faire gratter la cire, révélant ainsi le véritable message gravé sur le bois. Il n'est pas précisé si elle lit effectivement le message ou non. D'après d'autres anecdotes — qui la concernent elle-même ou les femmes spartiates en général — il semble cependant qu'elle sache lire.

Enfin, une anecdote rapportée par Plutarque illustre l'importance de la maternité dans le rôle joué par les femmes à Sparte :

Ayant été interrogée par une femme d'Attique : « Pourquoi êtes-vous les seules, vous autres Laconiennes, qui commandiez aux hommes ? », « C'est parce que, répondit-elle, nous sommes les seules qui mettions au monde des hommes[3]. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Annalisa Paradiso, « Gorgo, la Spartana », in Grecia al femminile, éd. Nicole Loraux, Bari, 1993, p. 107–122 ;
  • Sarah B. Pomeroy, Spartan Women, Oxford University Press, 2002 (ISBN 0-19-513067-7).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plutarque, Apophtegmes Laconiens, 240 e.. Extrait de la traduction de François Fuhrmann pour les Belles Lettres, 2003. De même chez Hérodote, V, 51.
  2. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne] (VII, 205, 1).
  3. Plutarque, Apophtegmes Laconiens in Moralia (227e) :  Μόναι γὰρ ἡμεῖς ἄνδρας τίκτομεν.. Même phrase dans la Vie de Lycurgue, XIV, 8.