Église Saint-Nizier (Lyon)
| Église Saint-Nizier | |||
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Façade Saint-Nizier |
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| Présentation | |||
| Culte | Catholique romaine | ||
| Type | Église paroissiale | ||
| Rattaché à | Archidiocèse de Lyon | ||
| Architecte(s) | Philibert Delorme (portail) | ||
| Protection | Classé MH en 1840 | ||
| Géographie | |||
| Pays | |||
| Ville | Lyon | ||
| Coordonnées | |||
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Géolocalisation sur la carte : France |
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L'église Saint-Nizier est l'une des églises de Lyon, située dans la Presqu'île, rue de Brest, entre la place des Terreaux et celle des Jacobins.
L'église fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].
Sommaire |
[modifier] Histoire
[modifier] Un lieu, une église
Le premier édifice religieux situé sur le site de l'église actuelle est un monument romain, peut-être un temple d'Attis, parèdre de la déesse Cybèle, dont le culte n'est peut-être pas étranger au martyre des chrétiens de Lyon en 177[2]. Ce fut probablement le premier oratoire de toute la Gaule, consacré à la Vierge. Il fut élevé par saint Pothin, premier évêque de Lyon et des Gaules. Ce n’était qu’une crypte sur laquelle une église fut bâtie au IVe siècle[3].
Au Ve siècle, selon la tradition Saint Eucher, 19e évêque de Lyon, bâtit sur les ruines de l'édifice une basilique pour abriter les reliques des martyrs de Lyon suppliciés en 177, parmi lesquels saint Pothin et sainte Blandine[réf. nécessaire]. L'église reçoit le nom d'« église des Saints-Apôtres », à savoir Pierre et Paul[réf. nécessaire]. Les évêques de Lyon s'y font enterrer durant tout le VIe siècle, en particulier saint Nizier, 28e évêque. Le corps de ce dernier attire une foule si grande, les miracles qu'on lui prête sont si nombreux que l'église finit par prendre son nom[4]. Un archevêque d'Arles, Aurélien mort dans cette ville le vendredi 16 juin 551, y a été également inhumé[réf. nécessaire].
Au début du VIIIe siècle, l'église est ravagée par les Sarrasins [3] puis par Charles Martel qui les repousse. Elle n'est reconstruite qu'au IXe siècle, sous le règne de Charlemagne, sur l'ordre de l'évêque Leidrade[5]. Elle perdit alors le siège de l'épiscopat que longtemps elle avait possédé[3]. Le quartier de l'église s'embourgeoise, désormais l'élection des consuls et échevins y est proclamée. Pierre Valdo, au XIIIe siècle, en est le paroissien. Ses disciples, choqués par la richesse des lieux, y mettent le feu en 1253.
L'évêque Louis de Villars[6] entreprend sans doute sa reconstruction au XIVe siècle et lui adjoint en 1306 un chapitre canonial. Les travaux avancent progressivement. Renouard, négociant, entreprit de refaire l’ancienne crypte où l’on déposa dans la suite (en 1528) le corps de saint Ennemond. Le clocher ne fut commencé qu’en 1463. C’est une belle pyramide supérieure en élévation à tous les autres édifices de la ville[3]. Le portail fut élevé sur les dessins de Philibert Delorme avec quatre colonnes doriques cannelés supportant un entablement denticulaire que couronne une coupole sphérique. Le frontispice n’a pas été achevé. L’avant-corps méridional est postérieur de plusieurs années au reste de l’ouvrage. L'église n'est achevée qu'à la fin du XVIe siècle. Elle subit les dégâts causés par les bandes huguenotes de la région, qui pillèrent les tombes des évêques de Lyon, puis ceux de la Révolution française.
L'église est dans les années 1970 le centre d'un quartier populaire. Sa présence est mise en lumière lors de son occupation symbolique par les prostituées du quartier en 1975[7] qui expriment leur colère face au harcèlement policier et social. Cette église a souvent été perçue comme un lieu de refuge et d'accueil dans la ville. En juillet 2002, des sans-papiers ont occupé l'église pendant plusieurs semaines[8].
À partir de 1973, des travaux de rénovation ont été engagés par la direction des Monuments historiques et la ville de Lyon.
[modifier] Rayonnement de l'église
Des reliques de Saint Nizier ont, pour des raisons qui ne sont pas connues, été transportées par Gallomagne, douzième évêque de Troyes, de Lyon à l’église Saint-Pierre de Troyes au VIe siècle. Tandis que ces reliques étaient transportées au son des psaumes, leur vertu ouvrit les yeux des aveugles et beaucoup d’autres malades obtinrent d’être guéris[9].
[modifier] Architecture
La silhouette de Saint-Nizier est immédiatement reconnaissable par ses deux flèches asymétriques. L'église est principalement bâtie dans le style gothique flamboyant, avec un portail de style Renaissance. L’intérieur de l’église est remarquable par l’élévation et la hardiesse des voûtes, par la forme des piliers qui les soutiennent, par l’étendue de l’édifice (une des plus grandes de Lyon), par la clarté qui y règne, et surtout par un certain caractère de sévérité imprimé à tout l’ouvrage[3]. Parmi ses curiosités, on peut citer :
- la crypte ;
- les chapelles latérales ;
- la tombe de Pauline Jaricot ;
- les mosaïques de Gaspard Poncet, représentant la Vierge Marie et les 48 martyrs de Lyon ;
- une statue de la Vierge d'Antoine Coysevox. Celui-ci l’avait faite pour orner la maison qu’il habitait à l’angle de la rue du Bât-d’Argent, d’où elle a été transférée à Saint-Nizier[3] ;
- à droite du maître-autel, l’autel d’une autre chapelle est surmonté d’une statue en marbre blanc, due au ciseau de Chinard, représentant saint Pothin ;
- une chaire néo-gothique exécutée d'après un dessin de Benoît ;
- les stalles du chapitre des chanoines ;
- les vitraux de deux chapelles latérales nord sont de Lucien Bégule (1848 - 1935) sur la confrérie de la Trinité (1894).
[modifier] Personnalités
Au XVIIe siècle, le théologien Bédien Morange était chantre et chanoine de Saint-Nizier. Au XIXe siècle, la paroisse accueille de grandes figures spirituelles, comme Frédéric Ozanam, fondateur de la Conférence Saint-Vincent de Paul, ou encore Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de la Propagation de la Foi.
[modifier] St-Nizier aujourd'hui
L'église est située au cœur de la presqu'île, près de la rue longue, et d'un réseau serré de rues étroites ; notamment la rue Mercière. La paroisse St-Nizier de Lyon est animée par des prêtres et laïcs de la Communauté de l'Emmanuel depuis 1996.
L'église sert fréquemment de support lors de la Fête des Lumières qui se tient chaque année autour du 8 décembre[10].
[modifier] Notes et références
- Notice no PA00117801, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
- Origine romaine des constructions sous la chapelle de saint Ennemond
- Girault de Saint-Fargeau E. (1838).Guide pittoresque du voyageur en France: contenant la statistique et la description complète des 16 départements. Firmin Didot Fère, Libraire Paris.
- Anne-Catherine Le Mer, Claire Chomer, Carte archéologique de la Gaule, Lyon 69/2, Paris 2007, pp. 341 à 343
- J. B. Martin, 1908-1909, pp. 348 à 358
- Dominique Bertin, Nicolas Reveyron, Jean-François Reynaud, Lyon et ses églises. Découvrir la ville autrement., Éditions Lyonnaises d'Art et d'Histoire, mai 2010, p68.
- ses.ens-lsh.fr
- Sans papiers : parès Saint-Bernard, Saint-Nizier ? Sur le site de l'Humanité, 5 juillet 2002.
- Crété-Protin I (2002). Eglise et vie chrétienne dans le diocèse de Troyes du IVe au IXe siècle. Villeneuve-d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion.
- L'église Saint Nizier pendant la fête des Lumières
[modifier] Compléments
L'église de Saint-Nizier à Lyon est aussi la seule église de France dont l'une des gargouilles a un sexe d'homme. Celle-ci se trouve sur la face arrière de l'église.
[modifier] Articles connexes
- Liste des Édifices religieux de Lyon