Cercueil

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Cercueil en bois vernis

Un cercueil, ou une bière, est un coffre dans lequel on place un cadavre avant de l'ensevelir dans une tombe ou lui faire subir une crémation.

Cercueil d'argile anthropoïde, daté de l'âge du bronze (XIVe et XIIe siècles), découvert sur la péninsule du Sinaï à Dier-el-Balach (Hecht Museum, Université de Haifa, Israël)
Le tombeau présumé de Daniel se situe de Samarcande. La légende veut que son corps continue de croître malgré la mort, d'où un cercueil grand de plusieurs mètres.

Autrefois, les cercueils étaient appelés des « bières » : on parle encore aujourd'hui de « mise en bière ».

Histoire[modifier | modifier le code]

De nombreux types antiques de cercueils et sarcophages sont connus.

En Europe, à l'origine garni de plomb pour les rois et la haute noblesse, il était fait de simple planches pour le peuple.

Le cercueil est devenu obligatoire dans de nombreux pays, avec quelques dérogations, par exemple pour l'inhumation en mer, ou pour les moines trappistes qui pouvaient, morts, directement être mis en terre, sans cercueil.

Par exemple, le chroniqueur médiéval écrit à l'occasion de la mort en 1397 du duc (de Glocester) « (..)mort à Calais il fut moult honorablement enmbaumé et mis en un vaissel de plomb e dessus couvert de bois, et envoyé en cet état par mer en Angleterre »[1].

Le cercueil aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le cercueil est généralement en bois de 22 mm d'épaisseur, et obligatoirement équipé d'un dispositif d'étanchéité au fond, et de quatre poignées. Les différentes formes de cercueil portent les noms de « Parisien », « Lyonnais », ou forme « tombeau ».

Des accessoires peuvent l'agrémenter à l'intérieur et à l'extérieur : capiton, coussin, drap pour l'intérieur, caches-vis, plaques, emblèmes à l'extérieur.

Un cercueil plus léger, d'une épaisseur de 18 mm, est utilisé de préférence pour la crémation. Un matériau complexe de papier est homologué pour la désignation populaire du « cercueil en carton ». Depuis 2008, le cercueil en carton est vendu en France. Son poids (7 kg), sa fabrication française (papier recyclé), son absence de métal, ses sangles réutilisables (transport), ses teintures à l'eau en font un cercueil se voulant écologique.

En France[modifier | modifier le code]

Le cercueil s'est en quelque sorte « démocratisé ».

Il fait partie des prestations obligatoires définies par l'article L2223-19[2] du code général des collectivités territoriales. La fermeture du cercueil est autorisée par la commune sur présentation du certificat médical du décès et après les formalités de déclaration de décès.

Lors d'un transport de corps effectué en cercueil à l'extérieur de la commune de fermeture du cercueil, en zone rurale, un policier municipal ou un garde champêtre vient vérifier l'identité du défunt, et après fermeture du cercueil, il appose des scellés sur les vis de tête et de pied. En zone urbaine, cette tâche revient à la police nationale.

Pour un séjour en caveau provisoire, un transfert à l'étranger, un transport aérien ou le décès après certaines maladies : le cercueil doit être équipé d'une enveloppe intérieure métallique étanche soudée appelée « zinc » (autrefois dans un alliage de plomb et d'étain). L'incinération de ce type de cercueil peut être source de pollution, de même que lorsque le cercueil contient des corps ayant fait l'objet de certains traitement de thanatopraxie (autrefois le corps était traité par des injections de mercurochrome).

Certaines légendes stipulent que les vampires, pour se protéger de la lumière du Soleil, dormiraient le jour dans des cercueils.

Au Ghana, chez le peuple Ga[modifier | modifier le code]

Ataa Oko et Kudjoe Affutu avec Ataa Oko's coq rouge, collection privée de Regula Tschumi. 2009
Cercueil-Pompidou. Kudjoe Affutu, pour l'exposition „Anthologie de l'humour noir“ au Centre Pompidou à Paris 2010.
Article détaillé : Cercueils personnalisés du Ghana.

Depuis les années 1950, certains membres du peuple Ga dans la région d'Accra (Ghana) sont enterrés dans des cercueils personnalisés lors de funérailles particulièrement animées. Les cercueils, dont la forme évoque souvent le métier du défunt, sont réalisés par des menuisiers Ga. En langue Ga, les cercueils personnalisés sont appelés parfois Abebuu adekai ou "okapi adekai" (« boîtes à proverbes »). Eric Adjetey Anang, petit-fils de Seth Kane Kwei (1925-1992) est l'un de ces artistes qui a accédé comme Ataa Oko (1919-2013), Paa Joe (1947), Kudjoe Affutu (1985) et Daniel Mensah (1968) à une reconnaissance internationale: plusieurs cercueils réalisés par ces artistes étaient exposés dans des galeries et musées d'art contemporain occidentaux. Par exemple, un cercueil de poule blanche de Ataa Oko au Kunstmuseum de Berne et un coque rouge d'Ataa Oko pour une collection privée d'Ataa Oko 2006, un cercueil en forme de Centre Pompidou pour une exposition au Centre Pompidou 2010 par Kudjoe Affutu 2010. Un cercueil en forme de frigo pour l'exposition La carte d'après nature, NMNM de Monte Carlo (2011) est dans la collection de Thomas Demand[3]et un autre, le cercueil «Hummer» est dans l'exposition Fetisch Auto. Ich fahre, also bin ich (2011) au Musée Tinguely à Bâle.

Cercueils en forme d'avion, de poule, crabe, cabosse de cacao réalisés par l'atelier Kane Kwei à Teshie (Ghana)


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. d'après les chroniques de Jean Froissart, livre IV, chapitre LVI
  2. « Article L2223-192 du Code général des collectivités territoriales » (consulté le 24 mars 2012).
  3. 2011.Les trésors enterrés des Ga. L’art des cercueils au Ghana. Regula Tschumi. Berne. Benteli. ISBN 978-3-7165-1663-8

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]