Pauline-Marie Jaricot

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Pauline-Marie Jaricot

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Portrait de Pauline Jaricot conservé en l'église St-Nizier de Lyon

Nom de naissance Pauline-Marie Jaricot
Naissance 22 juillet 1799
Lyon, France
Décès 9 janvier1862 (à 63 ans)
Lyon, France
Nationalité Drapeau français République française
Pays de résidence Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Activité principale Propagation de la foi chrétienne
Ascendants
Antoine Jaricot, son père
Famille
Philéas Jaricot, son frère

Pauline-Marie Jaricot, née à Lyon (France) le 22 juillet 1799[1] et décédée le 9 janvier 1862, est la fondatrice de l'œuvre catholique de la Propagation de la foi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle était la dernière d'une famille de huit enfants ; petit industriel de la soie, son père préféra la faire baptiser par un prêtre réfractaire plutôt que par le curé de la paroisse de Saint-Nizier qui était jureur. Dans son enfance, Pauline entend parler dans sa famille très catholique des hauts faits des missionnaires.

Jeune fille, elle fait une chute, tombe malade. Sa mère aurait fait un vœu en offrant sa vie pour la guérison de sa fille. Vœu efficace, faut-il dire car elle meurt alors que Pauline guérit. Ce deuil fait réfléchir l'insouciante jeune fille. À la suite d'un sermon de l'abbé Wurtz sur la vanité, elle se confesse, abandonne ses bijoux, s'habille comme une ouvrière. Elle fait alors vœu de chasteté de corps et d'esprit, bien qu'elle se rende compte qu'elle n'a pas la vocation religieuse.

À la suite d'une sorte d'illumination survenue le dimanche des Rameaux, en 1817, elle crée un groupe informel « Les Réparatrices du cœur de Jésus méconnu et méprisé ».

C'est alors qu'elle apprend par son frère Philéas, séminariste à Saint-Sulpice, que les Missions étrangères de Paris ont de sérieuses difficultés financières. Pour récolter de l'argent, Pauline et ses Réparatrices créent une association structurée en dizaines, centaines, mille, chacun devant donner un sou par semaine pour la propagation de la foi chrétienne. C'est en 1822 que cette association devint officiellement l'œuvre de la Propagation de la foi. L'œuvre jouera un rôle de première importance dans le développement du mouvement missionnaire français au XIXe siècle. (Voir Missions catholiques au XIXe et au XXe siècles). À la fin du XIXe siècle, l'œuvre sera présente dans tous les pays de la Chrétienté.

En 1835, elle acheta le domaine « sis 24 montée Saint-Barthélemy » (aujourd'hui le Centre Scolaire aux Lazaristes) qu'elle rétrocéda aux Frères des Écoles Chrétiennes en 1839[2].

Sérieusement malade du cœur, elle décide d'aller en pèlerinage à Mugnano, sur la tombe de sainte Philomène dont le culte restait encore controversé. Elle est d'abord reçue à Rome par le pape Grégoire XVI et lui demande si, au cas où elle reviendrait guérie, ce serait un miracle suffisant pour faire avancer la cause de la sainte. Le souverain pontife répond que oui, persuadé qu'il a affaire à une mourante et qu'il ne faut pas lui refuser cette consolation, comme il le confie en italien à des religieuses présentes.

Elle arrive à Mugnano après un voyage épuisant dans la chaleur du mois d'août. C'est la veille de la fête de la sainte et la foule des pèlerins se presse ; le lendemain elle communie et défaille : on la croit morte mais elle reprend ses esprits et demande qu'on la porte jusqu'au tombeau de la sainte, et c'est alors qu'elle se trouve miraculeusement guérie. Le supérieur du couvent fait sonner les cloches pour annoncer la nouvelle tandis que la foule exulte. Après avoir passé quelques jours à Mugnano en prières de remerciements elle retourne à Rome où le pape approuve son œuvre et lui donne sa bénédiction.

Pauline décède le 9 janvier 1862 dans la misère et dans l'indifférence générale, déconsidérée, spoliée de son œuvre (d'après Yannick Essertel). Elle fut inhumée dans le caveau familial, au cimetière de Loyasse avant que sa dépouille soit transférée en 1922 dans l'église Saint-Nizier, près de l'autel de la Vierge dans le transept sud. Quant à son cœur, il se trouve dans l'église Saint-Polycarpe.

Le pape Jean XXIII la déclare vénérable en 1963. Sa fête est fixée au 9 janvier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cotes aux Archives Municipales de Lyon
    • F411 n°172 2 E 91 : Naissance le à Lyon midi
    • F975 no 29 : Décès le à Lyon 5
    • 0004 FI 02526 : Lyon. Monastère de Sainte-Elisabeth de Notre-Dame de Compassion. Notre Dame du Sourire. Statue offerte par Pauline Jaricot à la Vénérée Mère Fondatrice. 1930.
    • 0009 SP 61 N 1 : N. Lyon : tombe Pauline Marie Jaricot. Titre : Rhône –Lyon. Plan de la tombe de Pauline Jaricot
  2. Historique sur le site des Lazaristes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M.J. Maurin. Vie nouvelle de Pauline Jaricot, fondatrice de la Propagation de la foi et du Rosaire vivant. 1892
  • C. Giacovelli Pauline Jaricot Mame. 2005
  • D. Lathoud. Marie-Pauline Jaricot. 2 tomes. 1937
  • G. Naïdenoff, Pauline Jaricot, Lyon, Mediaspaul, 1986
  • Y. Essertel, L'aventure missionnaire Lyonnaise, Les éditions du Cerf, 2001
  • E. Dufourcq, Les Congrégations religieuses féminines hors d'Europe de Richelieu à nos jours. Librairie de l'Inde Éditeur 1993
  • H. Quantin, Pauline Jaricot : Marmitonne de Dieu, Préface de Mgr Philippe Barbarin, Cerf, 2003
  • Thèse de doctorat d'histoire et de science politique sous la direction de R. Rémond et la présidence d'A. Grosser. Présentation René Rémond
  • E. Dufourcq. Les Aventurières de Dieu Paris. JC. Lattès 1993. Réédition revue avec présentation R. Rémond Perrin Tempus. 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]