Grand Temple de Lyon

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Grand Temple de Lyon
Façade du Grand temple de Lyon, l'hiver
Façade du Grand temple de Lyon, l'hiver
Présentation
Nom local Grand Temple
Culte Protestant
Type Temple
Début de la construction 1880
Fin des travaux 1884
Architecte Gaspard André
Style dominant néo-byzantin
Protection Logo monument historique Classé MH (2011)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Rhône
Commune Lyon
Coordonnées 45° 45′ 43″ N 4° 50′ 29″ E / 45.761892, 4.84151745° 45′ 43″ Nord 4° 50′ 29″ Est / 45.761892, 4.841517  

Géolocalisation sur la carte : Lyon

(Voir situation sur carte : Lyon)
Grand Temple de Lyon

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(Voir situation sur carte : France)
Grand Temple de Lyon

Le Grand temple de Lyon est une église protestante situé au bord de Rhône, 3 quai Victor Augagneur, dans le 3e arrondissement de Lyon. Il est la propriété de l'Église Protestante Unie de Lyon et est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 28 juillet 2011[1].

Des cultes y sont célébrés tous les dimanches, à 10h30 ou 17h30. S'y déroulent aussi de nombreux concerts, conférences et autres activités culturelles.

Les 10 et 11 mai 2013 s'y sont tenus les journées inaugurales lors du 1er Synode national de l'Eglise Protestante Unie de France, marquant l'union de l'Eglise réformée de France et de l'Eglise évangélique luthérienne de France.

Façade du Grand temple, éclairée lors du 1er Synode national de l'Eglise protestante unie de France

Histoire[modifier | modifier le code]

Il a été construit en 1884 par l'architecte protestant Gaspard André (1840-1896). Le culte de dédicace, d'inauguration a été célébré le 1er mai 1884.

Le Grand Temple a été complètement restauré et mis en valeur. Les festivités pour sa réouverture ont eu lieu d'octobre à décembre 2012, avec notamment le culte de la cité du 21 octobre 2012.

Un temple protestant, ça ressemble à quoi ?[modifier | modifier le code]

L’important, dans un temple, est plus ce que l’on entend que ce que l’on voit. 

Voilà alors les éléments les plus importants dans ce temple

  • La chaire située entre le sol et les tribunes, sous le tablier de l’orgue et en étroite liaison architecturale avec lui, elle incarne le caractère central de la Parole de Dieu, élément clé des théologies issues de la Reforme. De nos jours, il est le plus souvent recouru à une chaire plus basse, lorsque les tribunes ne sont pas pleines. L’accent est mis sur le partage de la Parole qui ne doit pas être le privilège exclusif d’une classe sacerdotale séparée des fidèles, et  doit cheminer parmi ceux qui doivent l’écouter en l’assumant pleinement.
  • La Bible est le plus souvent placée sur la table de communion ; c’est le roc sur lequel repose l’Eglise. De très nombreux extraits en sont écrits sur les murs et surtout sur les plafonds, illustrant que la Parole domine l’assemblée.
  • La table de Communion, le partage du pain et du vin, signe de la communion avec le Christ et des chrétiens entre eux, est indissociable de la proclamation de la Parole de Dieu. La table est donc toujours proche de la chaire. Le pain et le vin n’y sont apportés qu’au moment du culte. Il n’y a donc pas de tabernacle qui concrétiserait que le temple est un lieu sacré par la présence permanente et privilégiée du Christ.
  • La croix. Le Christ crucifié n’y est pas représenté. Les protestants mettent l’accent sur sa résurrection comme signe de la victoire sur tout ce qui contribue à la mort  : l’injustice, le fanatisme religieux, les persécutions... mais aussi sur les tendances autodestructrices, les ascèses  de purification et de rédemption par la douleur, de mutilation, ou simplement le mépris du corps. ­­
  • Les bancs. Ils encadrent la chaire et la table de communion. Cette disposition manifeste que l’assemblée est partie prenante à la célébration du culte et qu’elle ne constitue pas simplement l’auditoire d’un conférencier.       
  • La salle du Conseil. Sa position toute proche du lieu central de l’annonce de la Parole, constitue un rappel du principe essentiel du sacerdoce universel, et des structures démocratiques de l’Eglise  : elle  sert de salle de réunion au Conseil presbytéral de l’Eglise protestante unie de Lyon, qui   possède aussi toute la partie d’immeuble sise cours de la Liberté. Ce Conseil est composé des pasteurs et de non pasteurs élus par l’assemblée de l’Eglise. Il exerce l’autorité dans l’Eglise locale. A Lyon, il existe la même structure élue au niveau de chaque paroisse.

Temple ou église ?

Pour les protestants, Dieu ne se trouve pas plus dans un temple qu’ailleurs ! Le temple est avant tout le lieu où la communauté peut se rassembler parce qu’il est prévu pour cela  : sièges, disposition, acoustique. De ce fait, les temples ne sont en général ouverts que lorsque l’assemblée y est présente. Or « l’ecclesia » est étymologiquement l’assemblée des fidèles, un temple est donc plutôt une église ! Le mot « temple » désigne en effet un lieu sacré où réside le dieu dans l’antiquité, ou l’arche de l’Alliance chez les hébreux. C’est pour cette dernière référence biblique au temple de Jérusalem que le Christ a déclaré rebâtir autrement, et pour le distinguer d’un lieu de culte catholique, qu’il a été retenu en France alors qu’en maints pays il se désigne par l’équivalent du mot « église ».

Bibliothèque populaire[modifier | modifier le code]

Bibliothèque populaire protestante 1er étage

La bibliothèque populaire protestante n’est pas née au hasard en 1830. Sa fondation s’inscrit dans un contexte historique défini, tant sur le plan national que local. Elle a été l’œuvre de la Société de la bibliothèque populaire protestante qui se constitue en 1830 au sein de l’Eglise réformée de Lyon qui compte à l’époque de 7 000 à 10 000 membres, soit 4 à 5% de la population. Elle s’inspire de celle de Nîmes crée en 1827. Elle est située dans un premier temps au temple du Change dans le vieux Lyon ; elle fonctionnera près d’un siècle.Les motivations des fondateurs étaient diverses ; il s’agissait de lutter contre l’ignorance et l’illettrisme et la littérature de mauvaise qualité, pour atteindre un public plus large que le public scolaire en s’adressant aux milieux populaires.De 1830 à 1842 cette bibliothèque, installée dans un local distinct des salles de classes des école protestantes d’alors, fonctionne avec difficulté n’étant ouverte qu’une heure par semaine, le dimanche à l’issue du culte.

Bibliothèque populaire protestante 2ème étage.JPG

En 1842, un bibliothécaire est nommé, cela autorise une ouverture plus fréquente  : les jeudis et samedis après-midi pour les scolaires et toujours une heure le dimanche pour les adultes. La bibliothèque possède alors 900 volumes. Des travaux importants de rénovation et d’agrandissement des locaux ont lieu entre 1853 et 1859, cela va favoriser l’expansion de la bibliothèque jusqu’en 1881. Le nombre de volumes est alors compris entre  2 500 et 3 000. En 1882 les onze écoles protestantes dépendant du Consistoire de Lyon deviennent laïques, la bibliothèque perd alors plus d’un tiers de ses lecteurs. La baisse de la fréquentation s’explique aussi par l’ouverture en 1872 de bibliothèques d’arrondissements par la ville de Lyon, qui proposent des ouvrages plus attrayants.

  • Au Grand temple
Catalogue général de la bibliothèque populaire protestante de Lyon

En 1884 la construction du Grand temple est achevée. En 1889 le transfert de la bibliothèque vers ce nouveau lieu est décidé. De 1884 à 1912 un nouveau bibliothécaire essaye de freiner cette désaffection en éliminant une multitude d’ouvrage jugés vieillis et en acquérant régulièrement de nouveaux livres, rénovant ainsi le fond.La première guerre mondiale porte un coup fatal aux bibliothèques populaires. La bibliothèque protestante, malgré l’achat de livres jusqu’en 1926 subira le même sort et son activité va lentement décliner jusqu’à finalement s’éteindre. Elle restera figée dans l’état ou l’avait laissée le dernier bibliothécaire jusqu’en 1999. À cette date, des membres de l’Église se mobilisent pour engager les travaux de restauration du 1er étage. En 2012, la restauration complète de l’annexe du 2nd étage est achevée dans le cadre des travaux complets de remise en état de l’ensemble du Grand temple. Entre temps, tout le bâtiment a été classé en 2011 au titre des monuments historiques.

La bibliothèque est accessible à la visite sur demande et pendant les Journées Européennes du Patrimoine.

Orgue[modifier | modifier le code]

Orgue du Grand Temple.

L'orgue a été construit par le facteur Joseph Merklin. Son premier titulaire fut Albert Périlhou qui l'inaugura le 26 mai 1884. Cet instrument marque une étape importante dans l'histoire de l'orgue en France : il s'agit du premier orgue sur lequel Joseph Merklin appliqua l'électricité, avec une transmission électro-pneumatique (système "Schmoele & Mols"). En partie détruit dans un incendie en 1922, l'orgue est reconstruit par la maison Michel Merklin & Kuhn en 1923-1924 et est alors équipé d’une transmission « mécano-pneumatique ». Quelques modifications sont effectuées par le facteur d'orgue Dunand dans les années 1960. Restauré en 2002 par le facteur d’orgue Promonet, il a été équipé d’une seconde console numérique et mobile.

Intérieur du Grand temple, lors d'un concert
Coupole du Grand temple de Lyon

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrage collectif, Le Grand Temple de Lyon et son orgue, 1998. Préface de Raymond Barre
  • Carbonnier-Burkard, Marianne, La Bibliothèque populaire de Lyon au XIXe siècle, Villeurbanne : ENSB, 1976.- Mémoire du diplôme supérieur des Bibliothèques.- 210 p. ; 30 cm. (Archives Église Réformée de Lyon et BML 6900 ZX2 CAR)
  • Les orgues du Rhône, tome 1 : Les orgues de Lyon, Pierre-Marie et Michelle Guéritey, 1992, éditions Comp'Act.
  • "Joseph MERKLIN, facteur d'orgues européen", Michel JURINE, édité par l'Association Aristide CAVAILLE-COLL, diffusion KLINCKSIECK (1991).

Liens externes[modifier | modifier le code]