Mânes

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Inscription funéraire portant en tête D.M.. Région de Rome, IIe siècle

Le terme mânes dérive de l'adjectif latin archaïque manus (bon) et s'oppose à immanis (monstrueux). Dans la mythologie étrusque (puis romaine), les mânes sont donc proprement les « Bons ». Ils sont vénérés par un culte public et privé.

Lorsque l'on fondait une ville, on creusait d'abord un trou rond (le mundus, image du ciel renversé). Dans le fond, on encastrait une pierre, lapis manalis, qui figurait une porte de l'Enfer. Pour laisser passage aux mânes, on écartait cette pierre aux mois août, octobre et novembre. Le culte était destiné à apaiser leur colère : à l'origine on leur offrait des sacrifices ; il est probable que les premiers combats de gladiateurs furent institués en leur honneur.

Leurs fêtes (les Parentalia et les Feralia) se célébraient au mois de février. Du 13 au 26, les affaires chômaient et les temples étaient fermés ; on décorait les tombes avec des violettes, des roses, des lys, du myrte, et l'on y déposait des nourritures variées.

Les mânes (manes : bienfaisants) sont les âmes de ceux qui ont eu une sépulture convenable. Les larves (larvae : malfaisants) sont celles de ceux qui n'ont pas eu une sépulture décente. Les lémures, quant à eux, sont les spectres des criminels, qui hantent les maisons.

Les inscriptions funéraires romaines comportent fréquemment une dédicace aux dieux Manes associés au défunt : DIIS MANIBVS, ou, en abrégé D. M..

Les mânes selon Virgile[modifier | modifier le code]

Les Anciens croyaient que les morts devenaient dieux dès que la flamme les avait dévorés ; on les appelait dii animales (dieux des âmes) ou Mânes : de là la consécration des sépultures : Diis Manibus Sacrum. Virgile, qui est de tous les écrivains latins, celui qui emploie le plus le mot manes s'en sert pour désigner :

  1. un mort déterminé, en particulier qui a péri de mort violente ;
  2. le séjour profond des morts[1] ;
  3. la destinée des morts aux Enfers[2] ;
  4. les divinités infernales (opposées aux divinités d'en haut) ;
  5. le groupe des ancêtres d'une famille ;
  6. les âmes des morts en général[3].

Notes[modifier | modifier le code]

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  1. Virgile, Enéide, IV, 387 ; XI, 181 ; XII, 884
  2. Virgile, Enéide, VI, 743
  3. Maurice Rat, Virgile, L'Enéide, Garnier-Flammarion, p. 305

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]