Zone piétonne

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La rue principale piétonne de Bielsko-Biała en Pologne.

Une zone piétonne ou zone piétonnière, ou zone pour piétons ou plateau piétonnier (piétonnier en Belgique) d'une ville est un ensemble de rues et de ruelles où la circulation est réservée aux piétons et souvent également aux cyclistes.

Définition[modifier | modifier le code]

On retrouve principalement des zones piétonnières dans les centres historiques des villes. En effet, l'étroitesse des rues et l'offre réduite en places de stationnement pour automobiles ont conduit les urbanistes à encourager cette évolution. Aujourd'hui, le développement des zones piétonnières est également étroitement lié aux questions de protection de l'environnement et de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre rejetés par la circulation automobile.

La première voie piétonne française fut la rue du Gros-Horloge à Rouen en 1971 (après le premier "secteur piétonnier" à La Rochelle en 1970) : "privés" du passage des automobilistes, les commerçants pensaient que cet aménagement porterait préjudice à leur activité. Or, dès la mise en place, c'est l'effet inverse qui se produisit et créa un engouement pour les zones piétonnes.

L'aménagement d'une zone piétonnière coïncide souvent avec un développement du commerce et une attention particulière portée à l'embellissement des bâtiments (en lien parfois avec des outils du type : OPAH).

Grâce à l'écomobilité, on a rapidement pris conscience que la surface d'un plateau piétonnier n'est pas extensible à l'infini car les utilisateurs rechignent souvent à accomplir de trop grandes distances à pied. Il est donc important qu'une zone piétonnière de vastes dimensions soit doublée par un système efficace de transports en commun. La gamme est très étendue : du simple escalator au tramway en passant par le vélo. On peut aussi observer l'aménagement de zones de parkings payants. À Namur par exemple, plus on se rapproche du centre-ville, plus le tarif est élevé et la durée de stationnement est courte. Il existe aussi des zones de stationnement en dehors du centre-ville mais desservies par des navettes de bus gratuites.

En Belgique, l'adjectif "piétonnier" se transforme en nom commun et remplace l'expression "zone piétonne" par le mot "piétonnier"[1].

Ville piétonnière[modifier | modifier le code]

Une ville piétonnière est, comme son nom l'indique, une cité dont la majorité des rues est réservée aux piétons. Le caractère généralement touristique des rues piétonnières offre dans la majorité des cas, une infrastructure renouvelée et composée de réaménagements afin de rendre la promenade pédestre plus sûre et agréable. L'absence de modes motorisés contribue à augmenter confort acoustique, sécurité et liberté de mouvement. Les modes doux roulants sont néanmoins souvent autorisés dans ces espaces.

L'enquête comparative réalisée fin 2007 par Fubicy/CVC selon une méthodologie du CERTU et sur les conseils de l'ADEME adopte une méthodologie claire qui permet notamment de comparer les surfaces allouées aux aires piétonnes dans les villes françaises[2],[3].

En France, le décret du 30 juillet 2008 (qui a notamment institué les Zones de rencontre) a modifié le statut des aires piétonnes. Dorénavant, tout stationnement y est interdit, les cyclistes y sont admis à la vitesse du pas.

Les centres piétonniers constituent par ailleurs des quartiers sans voitures, tels que les défend le mouvement Carfree.

Quelques grandes villes piétonnes[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

  • Aix-en-Provence ;
  • Amiens ;
  • Annecy : 5 kilomètres de linéaires piétons, soit plus de 4 % de la voirie communale ;
  • Besançon : création d'une zone piétonne au centre ville à partir de 1974 ;
  • Bordeaux : il est constitué notamment de la rue Saint-Catherine qui est l'une des artères piétonnes les plus longues d'Europe ;
  • Chartres : 6,1 kilomètres de linéaires piétons dans la ville, soit plus de 4 % de la voirie communale ;
  • Colmar : linéaire de zone piétonne de 5,1 kilomètres ;
  • Coulommiers ;
  • Dijon ;
  • Grenoble[4] ;
  • La Rochelle (instigatrice des zones piétonnes en France: premier secteur piétonnier de France en 1970) : la plus grande partie du centre-ville est piéton.
  • Lille ;
  • Lyon : créée après la construction du métro en 1978 ;
  • Meaux ;
  • Metz : une des premières villes françaises à avoir introduit les zones piétonnes en centre-ville, avec un plateau piéton de 52 000 m2 ;
  • Montpellier : plateau piétonnier de la gare jusqu'au site du Peyrou. Une grande partie du centre-ville appelé « l'Écusson » (60 ha) est piétonnier. Il est desservi par 4 lignes de tramways dont une ceinturant l’Écusson. Le quartier d'Antigone, construit derrière le centre commercial du Polygone, constitue une longue artère piétonne bordée d'immeubles du style classique ;
  • Nancy : 9,2 kilomètres de linéaires piétons dans la ville, soit plus de 4 % de la voirie communale ;
  • Nantes : une grande partie du centre-ville est piétonnier ;
  • Orléans : 13% de l'intra-muros est piétonnier ;
  • Paris : la ville compte plusieurs secteurs piétonniers, notamment dans les quartiers de Beaubourg et des Halles sur la rive droite, ainsi qu'une partie du quartier latin sur la rive gauche. Des fermetures temporaires de certaines rues (notamment dans le Marais, à Montmartre, sur les berges de la Seine et du Canal Saint-Martin, etc.) sont également mises en œuvre par la Mairie de Paris les dimanches et jours fériés : l'opération « Paris Piétons Vélos », mise en place en 1995 sur la voie Georges-Pompidou et qui n'a cessé de s'étendre depuis lors, a été rebaptisée « Paris Respire » en 2002 ;
  • Rennes : le plateau piétonnier est notamment constitué de la rue Le Bastard qui est l'artère commerçante la plus fréquentée de la ville ainsi que de ses rues attenantes (rues de Toulouse, Lafayette, Nationale). Le quartier Saint Michel entre les Lices et Sainte-Anne ou encore le vieux Rennes derrière la cathédrale Saint-Pierre constituent aussi une grosse superficie du plateau piéton. Plus à l'est, les rues Saint-Melaine et Saint-Georges sont également entièrement piétonnes. La ville réfléchit à piétonniser l'axe rue d'Antrain/Champ Jacquet vers 2020 une fois la mise en circulation de la ligne B du métro de Rennes et la réorganisation du STAR, le réseau de bus et métro de Rennes Métropole ;
  • Rouen ;
  • Saint-Denis ;
  • Saint-Étienne : en 2010, en hyper centre, l'espace dédié au piéton est élargi de 40 % pour constituer un plateau piéton partagé d'une superficie totale de 24 hectares, dont 74 000 m2 spécifiques aux modes doux et aux transports en commun ;
  • Strasbourg : 12 kilomètres de linéaires réservés aux aires piétonnes dans l'agglomération, soit plus de 4 % de l'ensemble de la voirie ;
  • Toulouse : la nouvelle municipalité de la ville réfléchit à un réaménagement du centre-ville, notamment de la rue Alsace-Lorraine.

En Belgique[modifier | modifier le code]

  • Bruxelles dont le piétonnier est l'un des plus grands d'Europe avec près de 50 hectares depuis son extension aux boulevards centraux en juin 2015 ;
  • Gand possède aussi un grand piétonnier de 30 hectares dans son centre ville depuis 1996 ;
  • Liège possède un des plus grands et plus vieux piétonniers de Belgique, dont l'origine remonte à 1965. Il couvre une majorité de l'hypercentre ;
  • Louvain-la-Neuve : ville estudiantine construite dans les années 1960-70 et pensée, dès le départ, comme une ville dédiée aux piétons.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

  • Amsterdam (Pays-Bas) : du fait des rues étroites et des berges des canaux réservées aux piétons, le centre-ville est quasi-piéton. Les larges axes sont utilisés par les lignes de tramway et les pistes cyclables ;
  • Fès (Maroc) : la vieille ville, l'une des plus grandes au monde, est entièrement piétonnière. Le revêtement des rues est constitué de dalles de pierre ;
  • Giethoorn (Pays-Bas) : ville continentale entièrement piétonne. On s'y déplace à pied, en vélo ou en bateau ;
  • Venise (Italie) : ville au large de l'Italie sans voitures, elle est reliée à la terre par une autoroute. Les voitures se garent dans de grands parkings à l'entrée de la ville ;
  • Zermatt (Suisse) : cette station (1829) n'était accessible que par un train distant, puis les hôtels furent desservis par un tramway à partir de 1930 ; la ville n'a jamais connu d'autres automobiles que de service et électriques.

Quartiers piétonniers[modifier | modifier le code]

Un quartier piétonnier est un périmètre désigné, clairement identifié où les véhicules ont un accès limité. Il s'agit dans la plupart des cas de secteurs à vocation commerciale et touristique, dotés de caractéristiques historiques rendant difficile ou dangereuse la cohabitation de piétons et de véhicules.

Un exemple est le quartier Petit Champlain, dans la ville de Québec, où l'accès aux véhicules est permis selon un horaire et des modalités très stricts, mais permettant tout de même aux commerçants d'être approvisionnés.

Dans certains cas, l'activité commerciale d'intense attractivité amène une nécessité de sécuriser les piétons dans un large périmètre autour des rues du ou des quartiers réservés au piétons. Les abords du plateau piétonnier sont définis comme des zones à vitesse très limitée rendant compatibles la circulation de proximité avec le flux de passage inter-quartier et le stationnement de résidence (par exemple des « zones 30 »).

Les aspects techniques de la mise en place de zone piétonnière[modifier | modifier le code]

La zone piétonne peut être saisonnière ou permanente.

Zone urbaine à voie non modifiée[modifier | modifier le code]

La rue ne comportant plus la circulation de transit n'est équipée en général que de pancartes d'information du public, et la plupart du temps, des potelets ou de bornes amovibles situés aux différents points d'accès de la zone en limitent l'entrée. Il s'agit de zones qui sont dans des villes de loisirs à activité intense pour les périodes de vacances, avec le marché quotidien, et les boutiques de saison. Le stationnement sur rue ou place peut devenir payant dans la zone de proximité (de la même façon, le stationnement peut être gratuit en période estivale en grande ville).

Zone urbaine à voie à structure modifiée[modifier | modifier le code]

La rue est reprise par des entreprises de V.R.D aussi bien pour sa surface que pour son sous-sol. Le bitume est enlevé et un blocage de pierres naturelles issues de carrière ou un blocage de pavés béton est mis en place sur une dalle de béton supportant une couche de gravier et sable. L'ensemble des conduites de fluides est repositionné. Par exemple dans les rues du centre de Grenoble (1979).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. lesoir.be, « Bruxelles: le piétonnier porte-t-il bien son nom ? », sur lesoir.be (consulté le 15 mai 2016)
  2. Magazine Ville et Transports no 442, page 46 à 54
  3. [PDF] Observatoire des villes cyclables, sur le site fubicy.org
  4. Accès aux voies piétonnes, sur le site grenoble.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]