Marche ultra-légère

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S'affranchir du matériel lourd (ici la tente).

La marche ultra-légère (abrégée en M.U.L.) est un courant de la randonnée pédestre qui s'efforce à optimiser le poids porté par le randonneur[1].

Principe[modifier | modifier le code]

Motivation[modifier | modifier le code]

La marche ultra-légère part du constat que porter lourd est contraignant, source de fatigue, et même dangereux. Elle consiste à combiner le plus astucieusement possible sécurité, confort, légèreté pour profiter au mieux de sa randonnée. En effet, d'après le magazine Carnets d'Aventures, « un des nombreux intérêts d'être léger est de pouvoir franchir facilement (et du coup en minimisant le risque de chute) des passages délicats »[2].

Cette recherche de légèreté séduit certains randonneurs pour la liberté qu'elle apporte, mais également par goût de la simplicité et par opposition à la société de consommation[3].

« D'une manière générale, réfléchir à ses besoins réels semble une approche saine et équilibrée. Parfois, on achète du matériel surtout parce qu’il ouvre une porte mentale vers la nature, le voyage, la liberté, parce qu'il est une promesse d'évasion. Ensuite, on part avec tous ces éléments qui nous ont permis de rêver et au bilan, une fois sur le dos, certains se révèlent des ennemis qui pèsent chaque seconde du poids de toute leur inutilité. »[2]

Procédé[modifier | modifier le code]

Pour alléger son sac, différentes techniques sont possibles :

  1. Le tri, pour ne conserver que le matériel « vraiment » nécessaire (notion subjective) ;
  2. La non-redondance[2], un objet bien pensé pouvant remplacer plusieurs accessoires (un bâton de marche servant de mât pour un abri) ;
  3. Le partage, certains accessoires n'ayant pas d’intérêt à être portés par plusieurs membres d'un même groupe ;
  4. Le remplacement, en choisissant un équipement plus léger.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le fait d'optimiser son sac a toujours existé, bien avant l’apparition de l'activité de randonnée proprement dire, aussi bien en tant que geste professionnel de sécurité ou simplement de plaisir.

En randonnée, le concept d'ultra-légèreté existe déjà en 1917 avec l'écrivain voyageur Horace Kephart qui parlait d'un poids d'environ 3 kg pour un équipement incluant l'abri, le matériel de couchage et celui de cuisine[4].

Le varappeur Ray Jardine a popularisé la randonnée ultralégère en 1992 avec The PCT Hiker's Handbook[5], puis en 1999[6], où il décrit les bases techniques destinées au randonneurs ultra-légers.

Techniques[modifier | modifier le code]

La compacité de l'équipement permet d'avoir un sac mieux équilibré, donc plus sécurisant.

Matériaux courants[modifier | modifier le code]

Le choix de matériaux a un impact déterminant sur le poids d'un équipement.

Le titane et aluminium sont des métaux légers remplaçant parfaitement l'acier pour beaucoup d'équipements (comme le quart, les sardinesetc.).

Certaines fibres synthétiques (Silnylon (en), ou Pertex (en)) sont très appréciées.

Le duvet naturel offre un excellent rapport poids/isolation[6] mais perd rapidement ses propriétés une fois humide.

L'équipement[modifier | modifier le code]

Le couchage[modifier | modifier le code]

Abri (orienté vers la montagne).

Un abri composé d'une simple bâche (un « tarp ») remplace la tente quand le poids de celle-ci est considéré comme inutile par rapport au confort ou à la sécurité qu'elle apporte.

Le réchaud[modifier | modifier le code]

Un réchaud fabriqué en canettes (moins de 50g).

Porter un réchaud est apprécié par les randonneurs désirant se préparer un repas chaud. Pour minimiser son poids, certains marcheurs ultra-léger privilégient le réchaud à bois car il permet de ne pas porter de carburant lorsque le bois est facilement récupérable dans la nature[2].

Le réchaud à alcool en canettes (en)est un modèle artisanal très léger (entre 6 et 50 grammes) fabriqué par certains randonneurs eux mêmes[2].

Les chaussures[modifier | modifier le code]

Le choix courant des chaussures de marche à tige haute est également remis en question. En effet diminuer la charge portée permet de moins exposer la cheville au risque de foulure[2]. Il a été mesuré qu'un poids porté aux pieds demande environ 5 fois plus d'effort par rapport au poids porté sur son dos[7],[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. George Cole ; Ryan Jordan ; Alan Dixon (2006), Lightweight Backpacking and Camping, Bozeman, MT: Beartooth Mountain Press, (ISBN 0-9748188-2-8)
  2. a, b, c, d, e et f Johanna Nobili, « Dossier : Randonner Léger », sur Carnets d'Aventures (consulté le 7 septembre 2016)
  3. « Présentation : qu'est-ce que la randonnée légère ? », sur www.randonner-leger.org (consulté le 5 septembre 2016)
  4. Camping and Woodcraft: A Handbook for Vacation Campers and for Travelers in the Wilderness, 1917 (1906), The Tennessee University Press, (ISBN 0-87049-556-9)
  5. Ray Jardine (1992), The PCT Hiker's Handbook, LaPine, OR: AdventureLore Press, (ISBN 0-9632359-0-7)
  6. a et b Ray Jardine (1999), Beyond Backpacking: Ray Jardines Guide to Lightweight Hiking, LaPine, OR: AventureLore Press, (ISBN 0-9632359-3-1).
  7. (en) Jörgen Johansson, « FJÄDERLÄTT: Weight on your feet », sur www.fjaderlatt.se (consulté le 10 septembre 2016)
  8. (en) Stephen J. Legg et A Mahanty, « Energy cost of backpacking in heavy boots », PubMed,‎ (résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]