Trottoir traversant

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Un trottoir traversant est une manière d'aménager certains carrefours où ce n'est pas la voie de circulation générale mais le trottoir qui est continu. Ce type d'aménagement est inscrit au code de la route belge depuis janvier 2004 (dispositions "code de la rue" destinées à pacifier la circulation en milieu urbain et à favoriser les usagers fragiles)[1],[2].

Certains pays utilisent des dénominations avoisinantes traverse piétonne surélevée, trottoir continu, trottoir traversant, elevated crosswalk, continuous sidewalk[3].

Idée[modifier | modifier le code]

Trottoir traversant sur une rue partant du boul. Lascrosses, non loin de la station de métro Compans Caffarelli, à Toulouse

Habituellement en ville au niveau d'un croisement, le trottoir s'arrête et les piétons doivent s'introduire sur l'espace des voitures afin de traverser. La séparation est visuelle, bien sûr, et également très marquée physiquement par la bordure de trottoir qui marque la limite du trottoir.

Dans un carrefour à trottoir traversant, la situation est inversée. C'est le trottoir qui est continu : il n'y a pas de discontinuité visuelle ou physique pour les piétons. Cela peut se manifester par un trottoir qui s'abaisse en pente douce au niveau du croisement, auquel cas les automobilistes auront à franchir un rebord de trottoir de hauteur inférieure à un rebord de trottoir habituel ; ou bien un trottoir dont la hauteur reste constante, et dans ce cas les automobilistes auront à franchir un aménagement de même sorte qu'un ralentisseur habituel de type dos d'âne.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le concept du trottoir traversant est l'aboutissement d'une réflexion tendant à améliorer le confort et la sécurité du piéton en ville. Comme la perte de priorité d'un automobiliste lorsqu'il tourne est matérialisée par le franchissement du trottoir, il aura tendance à ralentir plus franchement. Ainsi les piétons sont plus en sécurité. Ce ralentissement quasi obligatoire protège également les cyclistes contre d'éventuelles queues de poisson de la part des automobilistes tournant à droite.

Le trottoir traversant a aussi des effets visuels et psychologiques. En augmentant visuellement la surface de ville dévolue aux piétons, et en montrant clairement que ce sont eux qui sont prioritaires aux croisements, le trottoir traversant établit la circulation piétonne comme le mode de transport privilégié en ville.

Principe[modifier | modifier le code]

Certaines études entrevoient dans le trottoir traversant la capacité d'une vitesse de circulation de 40 km/h, 30 km/h, voire 20 km/h, selon les caractéristiques des dispositifs tels que la hauteur de surélévation choisie ou la combinaison avec un dos d’âne allongé plus ou moins loin en amont de la traverse[3].

Performance[modifier | modifier le code]

D'après certaines études, les collisions seraient réduites de 70 % dans ces intersections à traverses piétonnes surélevées. À ce titre cette solution est meilleure que des carrefours giratoires (57 %) et divers outils de signalisation (46 %). Les collisions avec blessures peuvent être réduites de 80 %[3].

Inconvénients[modifier | modifier le code]

L'absence de dénivelé peut être une difficulté pour une personne mal voyante qui utilise le dénivelé pour percevoir la limite entre la chaussée et le trottoir[3].

Législation[modifier | modifier le code]

Le trottoir traversant est reconnu par la législation belge depuis janvier 2004.

En France il y a un vide juridique concernant cet aménagement. Il est considéré comme un trottoir habituel : les automobilistes y perdent la priorité mais il doit être marqué des bandes signalant un passage piéton (on parle de passage piéton surélevé)[4] .

Le trottoir traversant va dans le sens de l'article 7.3 de la convention de Vienne sur la circulation[5]. Cette convention a été signée entre autres par la France et la Belgique.

Expérimentations[modifier | modifier le code]

En 2018, ce concept est testé sous l’appellation intersections surélevées dans certains pays, avec cinq croisements à Port-Louis, un à Flic-en-Flac, et trois sur la route cotière[6].

Selon la National Association of City Transportation Officials les intersections surélevées sont utiles aux passages piétons en ayant une route au même niveau que le trottoir avec des bornes pour éviter que les véhicules ne roulent sur les espaces piétons[6].

Ces dispositifs sont utilisés dans certaines municipalités canadiennes, comme Montréal, Toronto, Vancouver, Surrey et Calgary[3].

Des expérimentations ont également été réalisés dans divers pays : Espagne, Pays-Bas, Israël, États-Unis, Suède, ou Pologne[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Extrait du site de l'Institut Belge pour la Sécurité Routière
  2. Code la Rue belge
  3. a b c d e et f « Traverses piétonnes surélevées et trottoirs traversants : « priorité piéton » », sur ccnpps.ca, (consulté le 18 juin 2019).
  4. De courts passages dans le livre Zones 30 des exemples à partager exposent cet aménagement comme l'entrée idéale d'une Zone 30
  5. 7.3 : "Les conducteurs doivent faire preuve d’une prudence accrue à l’égard des catégories d’usagers les plus vulnérables tels que les piétons et les cyclistes, et notamment les enfants, les personnes âgées et les handicapés."
  6. a et b Ronnie Antoine, « Infrastructures publiques : les autorités testent des intersections surélevées », sur defimedia.info, (consulté le 18 juin 2019).