Géologiquement, Louvigné-du-Désert se situe sur la chaîne cadomienne (chaîne de montagne formée il y a 600 millions d'années) à l'origine de l'apparition des zones granitiques entre Perros-Guirec et Louvigné-du-Désert. Ces gisements, qui bordent la côte, ont une orientation est-ouest et se prolongent sous forme de larges filons jusqu'à la région de Vire. Le paysage est donc composé de rochers granitiques apparus avec l'érosion. On peut ainsi apercevoir en se promenant des carrières abandonnées ou en exploitation.
La relative proximité de la mer (35 km de la baie du mont Saint-Michel) assure une pluviométrie abondante (moyenne sur 10 ans : 990 mm/an). Les températures sont assez douces et les hivers sont peu rigoureux.
Louvigné-du-Désert est une région de bocages et de landes. Elle est traversée par le Nançon, la rivière de Gasne, la rivière de Hamelin, le ruisseau Français et l'Airon.
La commune est traversée par la ligne de partage des eaux entre les bassins hydrographiquesSeine-Normandie et Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Airon, la Glaine, le Lair, le Nançon, la Rivière du Moulin Dory[1], le ruisseau de Bois Garnier[2], la rivière le Nançon[3], le cours d'eau 01 des Carrières de l'Avenir[4], le cours d'eau 01 du Pont Dauphin[5], le fossé 01 de la Fleurinais[6], le fossé 01 de la Gesbertais[7], le fossé 01 de la Geslandais[8], le fossé 01 de la Guinchère des Bois[9], le fossé 01 de la Jardière[10], le fossé 01 de la Juguenais[11], le fossé 01 de la Linais Rouangère[12], le fossé 01 de la Vadière[13], le fossé 01 de la Varie[14], le fossé 01 de l'Epinay[15], le fossé 01 des Pallières[16], le fossé 01 du Chateau de Monthorin[17], le fossé 01 du Lattay[18], le fossé 02 de Bonne Fontaine[19], le fossé 02 de la Guinchère des Bois[20] et divers autres petits cours d'eau[21],[Carte 1].
La Glaine, d'une longueur de 14 km, prend sa source dans la commune de Saint-Ellier-du-Maine et se jette dans l'Airon sur la commune, après avoir traversé six communes[24].
Le Nançon, d'une longueur de 20 km, prend sa source dans la commune de Landéan et se jette dans le Couesnon à Fougères, après avoir traversé six communes[26].
Réseau hydrographique de Louvigné-du-Désert[Note 4].
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Chalibeau (6,48 ha)[Carte 1],[27].
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[28]. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec[29]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[30]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[31]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[32],[33].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 962 mm, avec 14,1 jours de précipitations en janvier et 8,4 jours en juillet[28]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de 11,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 941,3 mm[34],[35].
La température maximale relevée sur cette station est de 38,3 °C, atteinte le ; la température minimale est de −12,9 °C, atteinte le [Note 5].
Statistiques 1991-2020 et records station LOUVIGNE-DU-DESERT (35) - alt : 153 m, lat : 48°28'45"N, lon : 1°07'47"O Records établis sur la période du au
Au , Louvigné-du-Désert est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[36].
Elle appartient à l'unité urbaine de Louvigné-du-Désert[Note 6], une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[37],[38]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Fougères, dont elle est une commune de la couronne[Note 7],[38]. Cette aire, qui regroupe 26 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[39],[40].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de donnéeseuropéenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (93,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :
prairies (48,9 %), zones agricoles hétérogènes (26,4 %), terres arables (16,6 %), zones urbanisées (3,8 %), forêts (2,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,4 %), mines, décharges et chantiers (0,7 %)[41]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Le nom de la localité est attesté sous les formes Lupinaci au XIe siècle ; Luviniaco en 1041 ; Luviniacum au XIIe siècle ; Louvigneium au XIIIe siècle ; Lupiniacum en 1516 ; Loupvigny au XVIIe siècle.
Le type toponymique gallo-romain Louvigné est fondé sur le latin lupus « loup »[42], suivi du suffixe -iniacum (forme allongée du suffixe de localisation et de propriété -(i)acum, d'origine gauloise) ou sur le nom de personne latin Lupinius[42] (porté par un indigène gallo-romain), suivi du simple suffixe -(i)acum[42]. Ces suffixes ont régulièrement abouti à la terminaison -(ign)é dans les pays de l'ouest du domaine d'oïl. Son sens global est « endroit ou il y a des loups, louvière » ou « propriété de Lupinius ».
Le qualificatif du-Désert a été ajouté au XIIIe siècle. Il rappelle que les zones frontalières antiques étaient fréquemment des espaces inoccupés de forêts, de taillis et de landes. Louvigné marquait autrefois une triple frontière entre les tribus gauloises des Riedones, des Abrincates, et des Diablintes. Cependant, on appelait couramment désert une zone favorable à l'érémétisme, comme il s'en trouvait au haut Moyen Âge à la limite de deux cités ; deux régions en lisière du diocèse de Rennes ont porté ce qualificatif, celle de Louvigné-du-Désert, mais aussi l'archidiaconé du Désert, ainsi que le doyenné du Désert, une de ses subdivisions[43].
L'organisation des fêtes révolutionnaires témoigne cependant du maintien d'un sentiment favorable au nouveau régime, surtout après la fin de la Terreur :
les victoires des armées républicaines sont fêtées, notamment la paix avec l'Autriche, principal ennemi de la France, en brumairean VI[44] ;
les autres fêtes républicaines sont peu suivies, notamment à cause du manque de succès du calendrier républicain, qui fait que les fêtes d'Ancien Régime et les nouvelles ne coïncident pas[47].
Le château de la Touche est construit pendant la décennie 1870 par un patron granitier, Pierre Brault, pendant une période de récession de l'activité, dans le but de donner du travail à ses ouvriers, contre un maigre salaire, d'où le surnom de "château du pain sec" attribué à ce château[48].
Louis Gouyet, qui possédait deux carrières, fut pendant la décennie 1890 l'un des plus importants patrons granitiers de la région.
La ligne de chemin de fer allant de Fougères à Vire ouvre en 1894. Sa construction est financée par l´État et le département, son exploitation est concédée à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest en 1883. Le tracé de la ligne Vire-Fougères a été confié à Fulgence Bienvenüe. La gare de Louvigné-du-Désert se trouvait dans l'actuelle avenue de la Gare, non loin de l'entreprise Gouyet et de la carrière de l'Avenir qui l'exploitèrent pour l'exportation du granite. La gare fut désaffectée en 1972 après la décision de la S.N.C.F. d'arrêter le trafic voyageurs[49].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[61]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[62].
En 2023, la commune comptait 3 346 habitants[Note 9], en évolution de −0,83 % par rapport à 2017 (Ille-et-Vilaine : +5,7 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
L'économie de Louvigné-du-Désert se fonde avant tout sur les richesses de son sol, à savoir l'agriculture et l'exploitation du granite. La commune accueille aussi de nombreux commerces et de nombreuses entreprises. Elle a cependant vu les entreprises du textile (plus de 300 emplois) se délocaliser et elle doit maintenant attirer de nouvelles entreprises pour dynamiser son territoire.
Le déterminisme géographique a fait de l'économie de Louvigné-du-Désert une économie fondée sur l'exploitation du granite. Au début du XXe siècle, on comptait 300 travailleurs du granite et environ 400 dans les années 1930. L'activité granitière était très liée à l'agriculture. Après la Seconde Guerre mondiale, l'industrie granitière a recruté de la main-d'œuvre dans une paysannerie devenue trop nombreuse sur les exploitations. Tout au long du XXe siècle, le manque de main-d'œuvre a fait affluer des centaines d'immigrés italiens, portugais, belges et espagnols.
Aujourd'hui, on compte environ 250 ouvriers répartis dans une dizaine d'entreprises, la plus importante étant la Générale du granit qui emploie 150 personnes. Ces entreprises ont dû beaucoup se moderniser pour gagner de la productivité et devenir plus compétitives face aux entreprises étrangères à faibles coûts salariaux. Aujourd'hui, elles doivent toujours relever ce défi et se spécialiser dans le haut de gamme.
Le Campus régional du CFA de l'UNICEM est situé à Louvigné-du-Désert[65].
La surface agricole utile est de 3 420 hectares, son sol verdoyant est caractérisé par de petits plateaux entrecoupés de petites vallées encaissées où circulent de nombreux ruisseaux et rivières poissonneuses.
L'élevage, tout comme la production laitière, est très développé, les productions de viande et de céréales sont également présentes, presque toujours à des fins d'alimentation animale (les rendements dépassent souvent les 1 400 kg de matière sèche à l'hectare).
Le château de Monthorin, construit au XVIIe siècle par Gilles de Ruëllan, seigneur de Tiercent. Il a été agrandi au début du XIXe siècle après avoir été racheté par le général de Lariboisière. La chapelle funéraire a été inscrite par arrêté du ; l'ensemble du château et des communs a été inscrit par arrêté du [66].
Autres lieux et monuments :
L'église Saint-Martin. En grand appareil de granite, ses larges bas-côtés éclairent une nef aveugle du XVIe siècle, allongée d'une travée et d'un chœur au XIXe siècle. Son collatéral sud à pignons, du XVIe siècle, est orné de gargouilles et grotesques. La tour d'influence normande est typique du style militaire du XVIIIe siècle. Sur son mur extérieur, des anneaux scellés servaient à attacher les chevaux, sans doute ceux des frères du Saint-Esprit, qui venaient là assister à la messe.
Le mont Louvier (le rocher de Saint-Guillaume) est le point culminant de la région (184 m), il se situe à 1,5 km au nord du bourg. Les bois pittoresques qui couvrent les pentes escarpées de ce mont recèlent d'étranges rochers, couverts d'empreintes mystérieuses. La légende y voit la retraite de saint Guillaume Firmat.
Le tertre Alix. La légende raconte qu'un comte nommé Alix, poursuivi par un loup, fut sauvé en se réfugiant dans le tronc d'un chêne qui s'ouvrit pour le protéger. En remerciement, Alix fit édifier contre le chêne, une chapelle dédiée à la Vierge.
Manoir du Bas-Plessis, sur la route de Landéan, date du XIVe siècle gage de la sergenterie de Fougères, en 1416, propriété de la Maison des de la Chapelle, à Pierre du Meys et son épouse Françoise Le Jeune, veuve en 1513, puis de 1539 à 1559, aux Channé seigneurs du Plessis-Channé. Elle passe ensuite à Jacques des Vaulx, seigneur de Monthorin et à sa veuve Marguerite de Poix. En 2003 sont restaurés à l'identique les peintures et boiseries.
Manoir des Alleux, avec sa tour, cage de l'escalier en vis placée au milieu de la façade arrière[68].
Depuis 1999, Louvigné-du-Désert accueillait tous les ans au mois d'août le festival musical des Vaches au gallo.
Des expositions artistiques ont aussi lieu à la chapelle Saint-Jean pendant la saison estivale.
Jacques Bertin a écrit une chanson ayant pour titre Louvigné-du-Désert. Jacques Bertin a été l'invité d'honneur du premier salon Livres d'(h)ivers les 17 et . À cette occasion, il donna un récital dans le théâtre de Jovence et chanta Louvigné du Désert.
Depuis 2016, c'est le Wadada Festival créé par l'association du Bruit dans le désert qui a pris place dans le centre de Louvigné avec un week end de musiques de la variété française ainsi que de street art basé sur la découverte.
Inauguré en et initié par la municipalité, le centre culturel propose une quinzaine de spectacles par an. Missionnée par la mairie, l'association Bivouac gère la saison culturelle.
Jean Ambroise Baston de Lariboisière (1759-1812), général de l'Empire, proche de l'Empereur, né à Fougères et dont la résidence principale fut au château de Louvigné-du-Désert du début de l'Empire à sa mort[réf. nécessaire] en 1812.
Augustin Riban (1814 à Louvigné-du-Désert-1891), homme politique, député d'Ille-et-Vilaine.
↑Accès au lien de l'article Wikipédia de la commune limitrophe en cliquant sur celle-ci.
↑Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 11:05 TU à partir des 544 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1973 au 01/06/2024.
↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑ a et bDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116, (DOI10.37053/lameteorologie-2022-0012).
↑ a et bPhilippe Jouët et Kilian Delorme, Atlas historique des pays et terroirs de Bretagne : histoire, ethnographie et linguistique, Morlaix, Skol Vreizh, , 159 p. (ISBN978-2-915623-28-4).
↑ a et bLouis Dubreuil, « Fêtes révolutionnaires en Ille-et-Vilaine », inAnnales de Bretagne, volume 21, tome 4, 1905, p. 397
↑« 358thhistory », sur 90thdivisionassoc.org (consulté le ).
↑« Louvigné-du-Désert : Au conseil municipal », Ouest-France, « Le Conseil municipal s'est réuni le 23 novembre dernier à l'effet de procéder à l'élection du maire et d'un adjoint. M. Ambroise de Montigny, docteur en médecine, à La Rochemenue, a été élu maire au premier tour de scrutin. »
↑« Louvigné-du-Désert a rendu hier un unanime et émouvant hommage à la mémoire du Dr de Montigny, ancien maire et conseiller général », Ouest-France, « C'est au milieu d'une foule considérable que se sont déroulées hier matin les obsèques du docteur Ambroise de Montigny, juge de paix honoraire, ancien maire et conseiller général de Louvigné-du-Désert. »
↑Démissionnaire pour raison de santé. « Démission de M. René de Montigny, maire », Ouest-France,
↑« M. Derieux élu maire de Louvigné-du-Désert », Ouest-France, « Le conseil municipal de Louvigné-du-Désert s'est réuni hier soir pour élire après la démission récente de M. de Montigny le maire
et deux adjoints. »