Parti pirate (Islande)

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Parti pirate
(is) Píratar
Image illustrative de l'article Parti pirate (Islande)
Logotype officiel.
Présentation
Chef Halldóra Mogensen
Fondation 24 novembre 2012
Siège Reykjavik (Islande)
Positionnement Centre gauche
Idéologie Démocratie directe[1]
réforme du copyright[1]
Transparence démocratique[1]
Libertés sur Internet
Affiliation internationale Parti pirate international
Adhérents 1 443 (2015)[2]
Couleurs Violet
Site web piratar.is
Représentation
Députés
6 / 63

Le Parti pirate (en islandais : Píratar), est un parti politique islandais fondé en 2012 par Birgitta Jónsdóttir (précédemment membre du parti Le Mouvement) et plusieurs activistes d'Internet, dont Smári McCarthy.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le parti n'a pas officiellement pris de position en faveur ou contre l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne. Le parti a cependant conclu la chose suivante dans une politique de parti de l'Union européenne :

  • L'Islande ne doit jamais devenir un membre de l'Union européenne à moins que l'accord d'adhésion ne soit soumis à un référendum après avoir été présenté à la nation d'une façon impartiale.
  • Si l'Islande rejoint l'Union européenne, le pays sera représenté en une seule circonscription électorale lors d'une élection au Parlement européen.
  • Si l'Islande rejoint l'Union européenne, l'islandais sera une de ses langues officielles.
  • Si les négociations sur l'adhésion de l'Islande à la halte de l'Union européenne, ou l'adhésion, sont rejetées par l'un ou l'autre des parties, un examen de l'accord sur l'Espace économique européen doit être effectué, pour mieux assurer l'autodétermination de l'Islande. Il est inacceptable que l'Islande soit entièrement impliquée dans les législations européennes dans des accords d'affaires, sans obtenir de représentants ou d'audience.
  • Les conditions des pirates pour l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne sont que l'Islande sera exemptée d'adopter la directive 2006/24/CE sur la conservation des données (la Cour de justice européenne la déclare invalide en avril 2014) et le règlement quant à l'exécution de réclamations incontestées (1869/2005/EC), qui défierait autrement des droits de l'homme fondamentaux.

Le Parti pirate islandais défend un modèle scandinave de l'État-providence, souhaiterait mettre en place un revenu universel tout en préconisant la liberté du marché où chaque agent économique pourrait s'enrichir librement sans que ses prélèvements fiscaux en soient d'autant augmentés[3].

Ce parti s’attache aussi à réformer les droits de la propriété intellectuelle, comme le copyright, les brevets et la protection des œuvres. Le programme comprend aussi un soutien au renforcement des libertés sur Internet et à protéger la vie politique de l'ingérence des entreprises[4].

Le 4 juillet 2013, un projet de loi a été présenté au Parlement qui, si passé, accorde immédiatement la citoyenneté islandaise à Edward Snowden[5]. L'auteur du projet de loi était Helgi Hrafn Gunnarsson (Parti pirate) et était soutenu par les autres membres du Parti pirate, Ögmundur Jónasson (Mouvement des verts et de gauche), Páll Valur Björnsson (Avenir radieux) et Helgi Hjörvar (Alliance).

Un vote a été entrepris pour déterminer si le projet de loi serait mis à l'ordre du jour parlementaire mais il n'a pas reçu assez de soutiens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts électoraux[modifier | modifier le code]

Dans leur première participation électorale, lors des élections législatives de 2013, le Parti pirate a gagné 5,1 % des suffrages, juste au-dessus du seuil de 5 % exigé pour gagner la représentation dans l'Althing. Les trois membres élus, Birgitta Jónsdóttir, Helgi Gunnarsson et Jón ÓLafsson, ont été les premiers pirates élus à une élection nationale dans le monde[6].

Après les attentats contre Charlie Hebdo du 7 janvier 2015, le Parti pirate a commencé une campagne pour abroger les lois de blasphème en Islande. Les lois, qui ont été présentées en 1940, ont été abrogées avec succès début juillet 2015. L'abrogation, présentée par le Parti pirate, dit : « la liberté d'expression est une des pierres angulaires de la démocratie. Il est fondamental pour une société libre que les gens puissent s'exprimer eux-mêmes, sans craindre de punition, de la part des autorités ou de toute autre personne. »[7]

Pendant le vote sur l'abrogation, les trois députés du parti à l'Althing se sont levés et ont déclaré « Je suis Charlie », en solidarité avec le magazine satirique français[8].

Progression dans les sondages[modifier | modifier le code]

En 2015, le parti obtient un soutien croissant de la population pour devenir, à partir d', le parti en tête des sondages d'opinion. En , avec 34,1 % de bonnes opinions, le parti devance à lui seul les deux partis de la coalition gouvernementale combinés (respectivement 23 % et 8,9 % pour le Parti de l'indépendance et le Parti du progrès)[9]. Ce score, appliqué à une élection législative, lui permettrait d'obtenir 24 sièges sur 63 à l'Althing[10]. Trois mois plus tard, début , le parti continue de dominer les sondages et atteint un seuil historique de 36 % d'opinions favorables, là où la coalition des deux partis au pouvoir atteint 33 %[11].

En avril 2016, des manifestations populaires au sujet de l'implication du Premier ministre dans les Panama Papers ont éclatés et impliquaient un pourcentage massif de la population et ont été considérés comme « les plus grandes manifestations qu'on ait pu voir dans un pays au monde »[12]. À la suite de ce scandale, les sondages d'avril 2016 ont donné le Parti pirate à 43 % alors que le Parti de l'indépendance est à 21,6 %[13].

Percée aux élections législatives de 2016[modifier | modifier le code]

Le Parti pirate, longtemps en tête des sondages, arrive troisième des élections législatives islandaises de 2016 avec 14 % des voix, et obtient 10 sièges à l'Althing comme le Mouvement des verts et de gauche.

Birgitta Jónsdóttir, leader du Parti pirate a annoncé être déçue du soutien du « gouvernement Panama », faisant allusion aux membres du gouvernement dont Bjarni Benediktsson, chef du Parti de l'indépendance, concernés par le scandale des Panama Papers, tout en étant heureuse de la forte progression du Parti pirate, qui gagne 10 sièges à l'Althing contre 3 aux élections de 2013[14].

Le Parti pirate échoue cependant faire aboutir les négociations avec les autres partis en vue de la formation d'une coalition gouvernementale. Nommé le et dirigé par Bjarni Benediktsson, le nouveau gouvernement est formé d'une coalition entre le Parti de l'indépendance, Renaissance et Avenir radieux.

Lors des élections législatives de 2017, tenues à la suite de la chute du gouvernement de Bjarni Benediktsson, le parti recul en dessous de la barre des 10 % des suffrages. Toutefois, il prend par à des discussions en vue de la formation d'un gouvernement avec le Mouvement des verts et de gauche, l'Alliance et le Parti du progrès[15].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Législatives : au niveau national[modifier | modifier le code]

Élection Voix  % Sièges Gouvernement
2013 9 647 5,1
3 / 63
Opposition
2016 27 449 14,5
10 / 63
Opposition
2017 18 051 9,2
6 / 63
Opposition

Législatives : par circonscription[modifier | modifier le code]

Année Nord Ouest Nord Est Sud Sud Ouest Reykjavik Sud Reykjavik Nord
 % Sièges  % Sièges  % Sièges  % Sièges  % Sièges  % Sièges
2013 3,1
0 / 8
3,0
0 / 10
4,7
0 / 10
5,0
1 / 13
6,2
1 / 11
6,9
1 / 11
2016 10,9
1 / 8
10,0
1 / 10
12,8
1 / 10
13,6
2 / 13
17,3
2 / 11
19,0
3 / 11
2017 6,8
0 / 8
5,5
0 / 10
7,1
1 / 10
8,3
1 / 13
11,4
2 / 11
13,6
2 / 11

Popularité[modifier | modifier le code]

Les données présentées dans ce tableau sont les chiffres publiés par l'institut Gallup en Islande[9]. Les nombres en gras représentent un nouveau record de popularité.
Date  %[9] Évolution
0,40 -
2,50 + 2,10 en augmentation
2,10 - 0,40 en diminution
2,30 + 0,20 en augmentation
3,80 + 1,50 en augmentation
4,40 + 0,60 en augmentation
6,60 + 2,20 en augmentation
8,40 + 1,80 en augmentation
6,10 - 2,30 en diminution
5,90 - 0,20 en diminution
6,80 + 0,90 en augmentation
9,20 + 2,40 en augmentation
7,80 - 1,40 en diminution
6,80 - 1,00 en diminution
8,20 + 1,40 en augmentation
8,50 + 0,30 en augmentation
10,70 + 2,20 en augmentation
8,10 - 2,60 en diminution
Date  %[9] Évolution
9,80 + 1,70 en augmentation
9,20 - 0,60 en diminution
9,00 - 0,20 en diminution
9,70 + 0,70 en augmentation
8,10 - 1,60 en diminution
7,50 - 0,60 en diminution
7,90 + 0,40 en augmentation
7,30 - 0,60 en diminution
8,70 + 1,40 en augmentation
8,10 - 0,60 en diminution
10,70 + 2,60 en augmentation
11,70 + 1,00 en augmentation
15,20 + 3,50 en augmentation
21,70 + 6,50 en augmentation
30,10 + 8,40 en augmentation
34,10 + 4,00 en augmentation
31,80 - 2,30 en diminution
32,30 + 0,50 en augmentation
Date  %[9] Évolution
35,90 + 3,60 en augmentation
34,60 - 1,30 en diminution
35,50 + 0,90 en augmentation
32,90 - 2,60 en diminution
33,10 + 0,20 en augmentation
35,30 + 2,20 en augmentation
35,90 + 0,60 en augmentation
36,10 + 0,20 en augmentation
32,40 - 3,70 en diminution
29,30 - 3,10 en diminution
26,60 - 2,70 en diminution
27,40 + 0,80 en augmentation
27,90 + 0,50 en augmentation
25,30 - 2,60 en diminution
25,80 + 0,50 en augmentation
23,10 - 2,70 en diminution
20,60 - 2,50 en diminution
18,30 - 2,30 en diminution
Date  %[9] Évolution
17,90 - 0,40 en diminution
13,70 - 4,20 en diminution
14,60 + 0,90 en augmentation
13,40 - 1,20 en diminution
12,00 - 1,40 en diminution
10,30 - 1,70 en diminution
13,10 + 2,80 en augmentation
12,90 - 0,20 en diminution
14,20 + 1,30 en augmentation
12,90 - 1,30 en diminution
13,10 + 0,20 en augmentation
9,80 - 3,30 en diminution
10,30 + 0,50 en augmentation
8,80 - 1,50 en diminution
10,70 + 1,90 en augmentation
9,00 - 1,70 en diminution
10,40 + 1,40 en augmentation

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Wolfram Nordsieck, « Iceland », sur parties-and-elections.eu.
  2. (is) Samúel Karl Ólafsson, « Píratar hafa ekki undan fjölda nýskráninga », Vísir,‎ (lire en ligne).
  3. Philippe Descamps, « Des Pirates à l'assaut de l'Islande », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  4. AFP, « Le Parti pirate islandais, premier au monde à entrer dans un Parlement national », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. (is) « Snowden-frumvarp lagt fram á Alþingi », sur visir.is, (consulté le 17 avril 2017).
  6. « Le Parti pirate islandais, premier au monde à entrer dans un Parlement national », sur lemonde.fr, (consulté le 17 avril 2017).
  7. (en) « Iceland repeals blasphemy ban after Pirate party campaign », sur theguardian.com, (consulté le 17 avril 2017).
  8. (en) « Iceland's Pirate Party Wins Repeal Of Blasphemy Law », sur npr.org, (consulté le 17 avril 2017).
  9. a, b, c, d, e et f (is) Gallup, « Fylgi stjórnmálaflokka », Sondage Gallup,‎ (lire en ligne).
  10. (en) Paul Fontaine, « Gallup: Progressives At All-Time Low For Current PM », The Reykjavík Grapevine,‎ (lire en ligne).
  11. (en) Paul Fontaine, « Pirates With Most Support Five Months Running », The Reykjavík Grapevine,‎ (lire en ligne).
  12. (en) « Fearing the Pirate Party, Iceland's government scrambles to avoid elections », sur boingboing.net, (consulté le 17 avril 2017).
  13. (en) « Almost half of Icelandic nation now want the Pirate Party », sur icelandmonitor.mbl.is, (consulté le 17 avril 2017).
  14. « En Islande, le Parti pirate ne réalise pas la percée espérée », sur lemonde.fr, (consulté le 17 avril 2017).
  15. « Islande : le Mouvement Gauche-Verts, deuxième aux élections, chargé de former un gouvernement », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]