Hôtel Negresco

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Hôtel Negresco
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Hôtel 5 étoiles Le Negresco.jpg

La façade de l'hôtel Negresco.

Localisation
Adresse
Pays
Coordonnées
Architecture
Ouverture
4 janvier 1913
Architecte
Statut patrimonial
Style
Équipements
Étoiles
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Étages
5
Chambres
91 chambres et 34 suites
Restaurants
1 restaurant, 1 brasserie et 1 piano bar
Gestion
Propriétaire
Jeanne Augier Drapeau : France
Site web
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L'hôtel Negresco est un hôtel de luxe situé sur la promenade des Anglais à Nice. Il a obtenu sa cinquième étoile en août 2009[1],[2].

C'est l'un des rares survivants de l'hôtellerie du début du XXe siècle et l'un des derniers établissements indépendants de cette classe. Ses façades sont basées sur une trame néoclassique, avec une ornementation opulente quasi-baroque. Il figure comme l'hôtel Sacher de Vienne, le Ritz de Paris ou l'hôtel Astoria de Bruxelles, parmi les lieux mythiques de l'hôtellerie de luxe.

Le 13 juin 2003, les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments donnant sur les quatre rues ainsi que le grand hall central dit « salon royal » avec sa verrière sont classés à l'inventaire des monuments historiques[3]. Le 1er mars 2001, il obtient le label « Patrimoine XXe siècle »[4] et en novembre 2015, il est classé Entreprise du patrimoine vivant[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Il naît sous l’impulsion du Roumain Henri Negrescu qui durant de nombreuses années et dans les palaces de toute l’Europe, fut le maître d’hôtel irremplaçable auprès de clients richissimes, comme la famille Rockefeller[6]. Dans les années 1910, il caresse l’ambition d’édifier son propre hôtel de luxe, sur une parcelle de terrain de 6 500 m2 à côté de la villa Masséna. Et c'est grâce à quelques magnats de l'automobile, dont De Dion-Bouton et Alexandre Darracq, que son rêve devient réalité [7]; il confie la conception de l'édifice à l'architecte Édouard-Jean Niermans à qui l'on doit entre autres l'hôtel du Palais à Biarritz, les transformations de l'hôtel de Paris Monte-Carlo, le Moulin Rouge, le Casino de Paris ou encore la brasserie Mollard à Paris. Le plan de l'hôtel adopté et corrigé par Negresco rappelle celui du Grand Hôtel de Madrid[8] construit par Niermans, ainsi que le Ritz parisien[6]. La légende raconte qu'Henri Negrescu y fait construire une coupole rose ayant la forme du sein de sa maîtresse[9]. Le délicat montage financier lors de la création de la SICA (Société immobilière Côte d'Azur) retarde le début des travaux.

Enfin, le 4 janvier 1913, le palace connaît une brillante inauguration où sont présentes plus de sept têtes couronnées[6]. Chacun s’extasie devant le grand hall elliptique de style Louis XVI, la rotonde lumineuse, le tapis géant d’un coût de 300 000 francs de l'époque ou encore l’ameublement signé Paul Dumas dans les 450 chambres. La verrière, comme en témoigne son classement aux monuments historiques, est l'œuvre d'Edouard-Jean Niermans qui concevait ses bâtiments dans leur totalité (contrairement à une idée reçue, l'armature n'est pas de Gustave Eiffel qui n'est jamais intervenu au Negresco[10]). Sous la verrière se trouve un lustre de Baccarat de 4,60 mètres et 16 800 cristaux, à l'origine destiné au tsar Nicolas II de Russie et dont un exemplaire identique se trouve au Kremlin ; le sol de la pièce est pour sa part en marbre de Carrare[6]. La modernité n’est pas en reste : les commutateurs électriques à portée de la main, le nettoyage par aspiration d’air, l'autoclave à vapeur et l’installation d'un service pneumatique de distribution de courrier par tube dans les chambres[11].

Jusqu'à la veille de la Grande Guerre, l’hôtel accuse un bénéfice semestriel de 200 000 francs[12]. En 1914, ses installations toutes neuves souffrent de son usage comme hôpital militaire. Il est déréquisitionné en septembre 1918. Les procédures d’indemnisation pour le restaurer trop compliquées et le manque de clientèle poussent Henri Negrescu à la ruine. En 1920, une société d’hôtel belge rachète son bail.

En 1957, l'hôtel est racheté par Jean-Baptiste Mesnage dont la femme venait de subir une intervention chirurgicale : étant en chaise roulante, Le Negresco est à cette époque le seul hôtel à disposer d'un ascenseur pour chaise roulante[9]. Celui-ci le confie à sa fille Jeanne qui vient d'épouser Paul Augier, avocat et homme politique niçois. Il est à noter qu'à l'époque, de nombreux hôtels de la Côte ont souffert de la Seconde Guerre mondiale et ont été vendus, découpés en appartements[6]. Ses nouveaux propriétaires commencent à l'enrichir avec de nombreuses œuvres d'art comme la Nana Jaune de Niki de Saint Phalle qui trône dans le salon Royal, des portraits de monarques, de nombreux bustes dont celui de la reine Marie-Antoinette, et transforment ainsi le Negresco, en hôtel-musée qui accueillera finalement 6 000 œuvres et objets d’art français[13]. Jeanne Augier fait capitonner le grand ascenseur de velours rouge à l'image du berceau du roi de Rome, écume les antiquaires pour meubler les salons, les 21 suites et les 96 chambres qui résument cinq siècles d’histoire de France. On y trouve les portraits les plus célèbres de Louis XIV (peint par Hyacinthe Ringaud, les deux autres exemplaires existants se trouvant au musée du Louvre et au château de Versailles), Louis XV, Louis XVI, Napoléon III et celui de l'impératrice Eugénie sous la verrière. Sous celle-ci (rénovée en 2010), on trouve encore des tapis de Raymond Moretti, la sculpture Le Chat de Cyril de La Patellière, ou encore une œuvre de Sacha Sosno. Dans les couloirs se trouvent des moquettes d'Yvaral, un portrait de Louis Armstrong par Raymond Moretti, des toiles de Mignard et Vasarely ainsi que la plus grande collection privée d'affiches de René Gruau ; la cheminée monumentale provient du château de Hautefort (Dordogne) et le plafond à caissons XVIIe siècle du château de Saint-Pierre-d'Albigny (Savoie). Le salon Pompéi a été transformé en « carrousel Pompadour », avec angelots et chevaux de bois, assortis de couleurs acidulées et les toilettes des hommes en tente de campagne napoléonienne. L'hôtel possède son propre atelier d'art et emploie à l’année un restaurateur, des tapissiers, un marbrier et deux ébénistes de l'École Boulle[6].

En 1965, à la demande du président de la République Charles de Gaulle, Jeanne Augier supervise pour le shah d'Iran la création du premier palace du pays, à Ispahan, au nom de son expérience au Negresco. Au décès de son mari en 1995, elle continue de diriger ce palace. Celui-ci reste aujourd'hui l'un des rares palaces indépendants de France[14]. La propriétaire souhaite également que l'hôtel reste français et a ainsi à la suite refusé le rachat de l'hôtel par le sultan de Brunei, Bill Gates et dernièrement, des investisseurs marocains qui lui ont demandé : « Nous achetons, le prix importe peu »[6].

En préparation du centenaire du Negresco en 2012, l'hôtel engage d'important travaux qui le tiennent fermé du 4 janvier au 1er juillet 2010. Pendant cette fermeture, la plus longue depuis l'ouverture du palace en 1913, le cinquième étage, rebaptisé « executive floor[15] », connaît un bouleversement total pour devenir un étage entièrement privatif avec ascenseur direct comprenant de nouvelles suites dotées des dernières technologies domotiques, un bar et un espace lunch. Dans les autres étages, une cinquantaine de salles de bains sont entièrement refaites[16]. Les travaux conduisent également à rénover les cuisines, raviver la façade peinte en blanc, et à refaire entièrement la verrière du salon royal[17].

Jeanne Augier, sans descendance, a décidé de léguer le Negresco et sa fortune personnelle au fonds de dotation Mesnage-Augier-Negresco, dont les statuts ont été déposés en préfecture le 17 avril 2009[18]. Cette fondation se focalise sur trois axes majeurs : la défense des animaux, l'aide apportée aux personnes handicapées ou aux personnes en détresse, ainsi que la participation active à la préservation culturelle en France, notamment en assurant la sauvegarde de l'hôtel Negresco et de ses collections[18] ».

En mai 2011, l'hôtel se voit refuser le label officiel Distinction Palace pour lequel il avait postulé comme treize autres hôtels de luxe français[19]. Il est à noter qu'il ne possède ni spa, ni piscine, mais possède comme spécificité d'accepter les chiens et les chats, voire des animaux plus exotiques, comme Salvador Dali qui venait avec son guépard[6].

Le Negresco attire l'attention en juin et juillet 2012 lorsque sa propriétaire fait hisser le drapeau de la Bretagne (le Gwenn ha Du), sur la façade afin d'honorer sa région d'origine et d'évoquer le projet de maison d'accueil pour personnes âgées qu'elle soutient à Broons dans les Côtes-d'Armor[20],[21]. Les réactions des Niçois sont nombreuses[22] et le conseiller municipal délégué au patrimoine historique offre à Jeanne Augier un drapeau niçois[23]. Désormais ce dernier flotte également sur la façade[23].

Le 15 mars 2013, le tribunal de commerce de Nice place les trois sociétés qui constituent juridiquement le Negresco (hôtelière, immobilière et commerciale) sous administration judiciaire, estimant que l'état de santé de Jeanne Augier ne lui permet plus d'en assurer la direction[24],[25]. Celle-ci est provisoirement confiée à l'avocate niçoise Nathalie Thomas[25].

Le 27 mars 2013, en présence de tout son personnel, sont fêtés les 90 ans de la « dame du Negresco ». Un buste représentant Salvador Dalí, hôte fidèle de l'hôtel, lui est offert à cette occasion, œuvre de Cyril de La Patellière. Parmi les célèbres clients de l'hôtel, on compte aussi Grace Kelly ou la Bégum[6].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le Negresco et le cinéma[modifier | modifier le code]

Plus d'une trentaine de films ont été tournés au Negresco[14] tels que La Cage aux folles 2, Chacal ou encore Le Héros de la famille, réalisé par Thierry Klifa en 2006 et tourné à Nice. De nombreuses scènes de ce film ont été tournées en décor naturel au Negresco : le hall, le salon Versailles, une des suites, le restaurant Le Chantecler et le bar Le Relais ont été utilisés. Toute l'équipe du film fut logée au Negresco. Celle-ci comprenait des acteurs tels que Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Miou-Miou, Gérard Lanvin, Claude Brasseur, Valérie Lemercier, Géraldine Pailhas ou encore Pierrick Lilliu.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Pinchon, Le Negresco, Monuments historiques, no 139, juin 1985.
  • Marie-France Latil-Besnard, Pierre Couette, La collection privée de l'Hôtel Negresco à Nice, mémoire de Muséologie de l'École du Louvre, Paris, 2005, p. 89 + annexes
  • Marc Brunoy, Hôtels. Provence et Côte d'Azur, Nice, Gilletta, 2011, pp. 94-101.
  • Jeanne Augier, La Dame du Negresco, Editions du Rocher, 2012, en collaboration avec Christophe Ferré
  • Collectif, Le patrimoine des communes des Alpes-Maritimes en deux volumes, vol. II : Cantons de Nice, Paris, Flohic Éditions, coll. « Le Patrimoine des Communes de France », , 574 p. (ISBN 2-84234-071-X)
    Canton de Tende : p. 675 : Hôtel Négreco
  • (en+de) Coordination générale  : René Dinkel, Élisabeth Decugnière, Hortensia Gauthier, Marie-Christine Oculi. Rédaction des notices : Conservation régionale des monuments historiques (CRMH) : Martine Audibert-Bringer, Odile de Pierrefeu, Sylvie Réol. Direction régionale des antiquités préhistoriques (DRAP) : Gérard Sauzade. Direction régionale des antiquités historiques (DRAH) : Jean-Paul Jacob directeur, Armelle Guilcher, Mireille Pagni, Anne Roth-Congés Institut de recherche sur l'architecture antique (Maison de l'Orient et de la Méditerranée-IRAA)-Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Suivez le guide - Monuments Historiques Provence Alpes Côte d’Azur, Marseille, Direction régionale des affaires culturelles et Conseil régional de Provence – Alpes - Côte d’Azur (Office Régional de la Culture), 1er trimestre 1986, 198 p. (ISBN 2-906035-00-9)
    Guide présentant l'histoire des monuments historiques ouverts au public en Provence – Alpes – Côte - d'Azur, avec cartes thématiques (traduit en allemand et anglais en septembre 1988) : Hôtel Négresco : p. 77
  • Hôtel de voyageurs dit hôtel Négresco, sur Patrimages, Photothèque des Monuments Historiques, Drac Paca

Presse[modifier | modifier le code]

  • François-Régis Gaudry (photogr. Stéphane Lavoué), « La folle histoire du Negresco », L'Express Styles, Groupe Express, no 3228,‎ , p. 84 à 87 (lire en ligne)
    La version en ligne est un résumé de l'article sur papier.
  • Collectif, sous la direction de Bertrand Lemoine, 100 monuments du XXe siècle, Patrimoine et architecture de la France, Paris, Editions du Club France Loisirs, Paris, avec l'autorisation du Centre des monuments nationaux, Editions du patrimoine, , 240 p. (ISBN 2-7441-3496-1)
    pp. 50-51 : Le Négresco, Edouard Niermans, 37 promenade des Anglais, Nice / 1911-1913
  • Lieu de culte. L'histoire du palace Negresco de Nice, Article diponible dans le numéro 2 de Vanity Fair d'août 2013.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Negresco décroche sa cinquième étoile », Nice-Matin, 7 août 2009.
  2. Communiqué de Presse du 3 août 2009 du Ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi « Hervé Novelli a présenté aujourd'hui à Cannes la liste des nouveaux hôtels 5 étoiles français »]. Consulté le 5 septembre 2010.
  3. Notice no PA00080797, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Fiche sur la labelisation de l'hôtel Negresco du répertoire Patrimoine du XXe siècle en PACA. Consulté le 4 septembre 2010.
  5. « L'hôtel de luxe niçois "Le Negresco" classé "Entreprise du patrimoine vivant" », sur leparisien.fr, .
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i .Bénédicte Menu, « Jeanne Augier - La Dame du Negresco », in Le Figaro Magazine, semaine du 20 juillet 2012, pages 48-54.
  7. Laure Anger, "L'âge d'or de la côte d'Azur", Histoire magazine n°19 1981 p.94.
  8. Forum d'urbanisme et d'architecture ; Nice, vivre les monuments historiques, catalogue d'exposition 2008, p. 15
  9. a et b Jeanne Augier, La Dame de Negresco, Éd. du Rocher, , 176 p. (ISBN 2268072940)
  10. Voir classement Monuments Historiques, monographie de l'architecte - Edouard Niermans, architecte de la Café Society, Madaga éditeur, et travaux de Pierre Antoine Gatier, architecte des Monuments de France
  11. Marianne Niermans, Sur Édouard Niermans, Connaissance des Arts, n°280, 1975, p. 106
  12. Nice-Matin du 26 janvier 1957
  13. Georges Bourquard, « Le Negresco, un musée avec chambres », sur Le Dauphiné,
  14. a et b « Palace. Une Bretonne illumine la Riviera », Le Télégramme, 18 novembre 2008. Consulté le 11 décembre 2008.
  15. Le palace Negresco fait peau neuve, Trends.be, 8 juillet 2010
  16. Nice-Matin, 20 octobre 2009.
  17. « Nice : le Negresco, restauré et modernisé, fête sa réouverture », Le Point, 08 juillet 2010.
  18. a et b février ex.php?ACTION=Rechercher&HI_PAGE=1&HI_COMPTEUR=0&original_method=get&WHAT=MESNAGE+AUGIER+NEGRESCO&JTH_ID=&JAN_BD_CP=&JRE_ID=&JAN_LIEU_DECL=&JTY_ID=&JTY_WALDEC=&JTY_SIREN=&JPA_D_D=&JPA_D_F=&rechercher.x=0&rechercher.y=0&rechercher=Rechercher Déclaration officiel au Journal, 17 avril 2009. Consulté le 5 septembre 2010.
  19. Anne-Laure Le Gall, « Huit hôtels français officiellement classés "palace" », Paris Match, 5 mai 2011. Consulté le 5 mai 2011.
  20. « À Nice, le drapeau breton flotte sur le Negresco ! », Nice-Matin, 24 juin 2012.
  21. « Nice. Un drapeau breton flotte sur le célèbre hôtel Negresco », Ouest-France, 24 juin 2012.
  22. « Breton ou nissart, le Negresco déclenche la guerre des drapeaux », Nice-Matin, 29 juin 2012.
  23. a et b Christine Rinaudo, « Les drapeaux niçois et breton enfin réunis sur la façade du Negresco ! », Nice-Matin, 4 juillet 2012.
  24. « À Nice, le célèbre palace Le Negresco placé sous administration judiciaire », Nice-Matin,‎ (lire en ligne)
  25. a et b « Nice. Le palace niçois de la Rennaise placé sous tutelle », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  26. « Rencontre avec Pierre Bord, Directeur Général de l'hôtel Negresco », sur laurentdelporte.com, .
  27. Citations « Ne nous fâchons pas » sur Wikiquote, le recueil de citations libre