Lancel

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Lancel Paris
Description de l'image LANCEL logoS13 8004C.png.
Création 1876
Fondateurs Angèle Lancel
Forme juridique Société anonyme
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Marianne Romestain
Activité Accessoires de mode
Produits Maroquinerie, bagages et accessoires
Société mère Richemont
Effectif 850 (2011)[1]
Site web www.lancel.com
Chiffre d’affaires en diminution85 millions d'euros (2014)[2]
Résultat net - 25 millions d'euros (2014)[2]

Lancel est une entreprise française de maroquinerie fondée à Paris en 1876 par Angèle Lancel, puis développée par son fils Albert Lancel, et ses deux petites filles. L'entreprise reste propriété de la même famille jusqu'en 1997, date à laquelle elle est rachetée par le groupe financier Richemont qui exploite sa marque au niveau international.

À ses débuts, Lancel conçoit et fait fabriquer par des artisans français, de l'orfèvrerie, des pendules, des réveils, des accessoires et des bagages en maroquinerie, des briquets, des lunettes, des baromètres, des ciseaux, des sacs à mains, des lampes, des accessoires de table, etc. Plus récemment, Lancel cesse d'éparpiller sa production en de nombreuses gammes, pour conserver cinq lignes de produits : la maroquinerie femme, en particulier les sacs à mains, la maroquinerie homme, les accessoires de voyage, les boîtes. Alors que sa production est délocalisée en Extrême-orient, elle devient plus ordinaire, celle-ci voulant répondre à une demande de masse, tout en conservant une image de luxe qui justifie des prix élevés. Aussi fait-elle la promotion de ses sacs à mains en les associant à des noms d'actrices françaises de renommée internationale comme Isabelle Adjani ou Brigitte Bardot.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Art deco.jpg

C’est dans l’effervescence du Paris de la Belle Époque, portée par le foisonnement artistique du quartier de l’Opéra, qu’Angèle Lancel, authentique femme de tête, visionnaire et audacieuse, fonde Lancel[3].

En 1876, Angèle et son époux Alphonse créent une petite fabrique de pipes et d'accessoires pour fumeurs au 20 passage des Petites-Écuries, dans le 10ème arrondissement de Paris[4]. Angèle et son mari utilisent alors de l’ambre, de la bruyère, de la corne et de l’ivoire pour confectionner les pipes[5].

Rapidement, l'entreprise se diversifie et propose des articles de décoration[6] en cristallerie et en orfèvrerie, des bijoux[4], de la porcelaine ou encore de l'horlogerie[7], qu'elle sélectionne ou fabrique dans ses ateliers[7].

Dans les années 1870, les femmes se mettent à fumer. La démocratisation de la cigarette auprès des femmes incite le couple à confectionner divers accessoires comme les porte-cigarettes. Lancel développe alors toute une gamme d'articles à destination des fumeuses[8]. Angèle et Alphonse créent divers objets de maroquinerie pour ranger le nécessaire à fumer. Les premiers sacs à main Lancel sont nés[9].

En 1879, ils ouvrent au 17 boulevard poissonnière, une boutique d’articles précieux[10] : « Au Phénix ». Les bourgeoises, les demi-mondaines, les cocottes et autres vedettes de music-hall s'y précipitent pour acquérir leur nécessaire à fumer[11].

Quelques années plus tard, Lancel qui compte déjà plusieurs points de vente, crée son réseau de boutiques[12]. Dans les années 1900, la maison possède une dizaine de boutiques à Paris[13] nommées « Au Sphinx », « Au Phénix », « À l’inénarrable », « À l’indomptable ». L'entreprise propose toute une gamme de produits pour fumeurs : des porte-cigarettes, des pochettes, des aumônières et les premiers sacs à main dotés de rangements pour cigarettes, inaugurant ainsi la confection d'articles en cuir[10].

L'entreprise ouvre un atelier de maroquinerie et débute la création de sacs à main[14],[7], qui remplacent alors l’aumônière[11]. Ainsi, en 1900, Angèle Lancel lance le sac à malices, un modèle "à tiroirs" qui cache de nombreuses poches secrètes[15]. La première collection de sacs sort deux ans plus tard[5].

Essor[modifier | modifier le code]

Angèle Lancel développe rapidement son négoce de détail en ouvrant des boutiques en province, mais c’est son fils, Albert Lancel, qui transforme la modeste entreprise familiale en prospère maison de maroquinerie, sans jamais trahir l’esprit de sa fondatrice[13]. Ainsi, il prend les rênes de la société en 1901[4].

Immédiatement, Albert place le sac au coeur de la stratégie de développement de la maison[16]. Il propose alors des modèles luxueux en lézard, satin, veau velouté[16]... Albert a également l'idée de les agrémenter de poches et de diverses fonctionnalités[16]. Ainsi, en 1929, à l'intérieur d'une pochette noire, le fils de la fondatrice fait ajouter un miroir, un nécessaire de maquillage, ainsi qu'un compartiment secret contenant un petit parapluie[16].

Albert Lancel rassasie la soif de nouveautés et de fantaisie des Parisiennes des Années Folles, transformant le sac à main, objet de statut social, en accessoire intime et complice des femmes. Dans les années 1920, l'entreprise confectionne des sacs en cuir précieux et dotés de fermoirs bijoux[17].

1927 marque un tournant dans la vie de la marque. Cette année-là, Lancel créé le sac seau. La forme est moderne et innovante. Le modèle devient mythique et marque l’histoire de l'entreprise, inspirant une partie des collections suivantes[18].

Porté par l’élan moderniste, Albert Lancel se lance dans les innovations et conçoit des produits révolutionnaires tels que le sac Parapluie (1928) et les briquets automatiques[4] Allumette, Excelsior et Royal, qui ne salissent « ni les doigts ni le gant »[19],[13]. Grâce à eux, Lancel remporte le Grand Prix de l’Exposition internationale des arts et techniques en 1937[6].

Lancel dépose ainsi de nombreux brevets[9] dont ceux du briquet automatique, du poste de radio portable Bambino[20] et de la malle Aviona[10]. Sous l'impulsion d'Albert, l'entreprise devient l'une des principales maisons de maroquinerie et d'accessoires[7]. Lancel investit également les arts de la table, la joaillerie et l'horlogerie.

Par ailleurs, pendant cette période, la griffe se démarque aussi par la commercialisation de ses produits. Dans les années 20, elle est ainsi la première marque de luxe française à envoyer des catalogues à ses clientes[21].

En 1929, l'entreprise déménage et s'installe sur quatre étages dans un immeuble situé sur la place de l'Opéra à Paris[10], où elle est encore présente aujourd'hui[4].

Après la Guerre[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, avec l'avènement des congés payés, Lancel lance des collections relatives au voyage[7]. L'entreprise lance le sac Trotteur[4] et confectionne des bagages souples en toile de nylon[9]. Lancel crée également la valise Kangourou[4]. La malle est fabriquée en Nélac, une toile de nylon spécialement créée par la griffe[16]. Il s'agit de première valise en toile souple[6]. Légère, colorée[16] et dotée d’une poche extérieure[6], elle connaîtra un succès important[7].

À la mort d’Albert Lancel en 1960, ses deux filles et ses deux gendres, Messieurs Devouge et Champagne, lui succèdent. Ils mènent à bien l’expansion internationale grâce à une alliance, en 1972, avec les frères Zorbibe, alors sous-traitants[9], qui rachètent l'entreprise[7]. Ils souhaitent rajeunir l'image de la marque et la rendre plus dynamique et proche de ses clientes[7].

En 1982, Lancel lance la collection de sacs de sport Mistral[7]. Sa particularité repose dans l'utilisation de nylon[7].

En 1983, Sydney Toledano prend la tête de l'entreprise pendant 10 ans[22]. Il a alors l'idée d'associer la marque à des top models pour la représenter[22].

A l'occasion des cinquante ans du sac seau, Lancel réédite ce modèle en 1987 sous le nom d’Elsa de Lancel[23]. Il se démarque par sa forme, les cuirs utilisés et les coloris. La couleur emblématique est le Rouge 1876, en référence à l'année de création de la griffe[24]. L'Elsa de Lancel devient une pièce phare de la marque[13],[4]. Il s'en écoule 6 millions d'exemplaires à travers le monde en dix ans[16].

Lancel et les artistes[modifier | modifier le code]

Fondée dans l’euphorie créative des Grands-Boulevards parisiens, Lancel noue, dès ses origines, des relations privilégiées avec le milieu artistique. Arletty, Mistinguett, Édith Piaf, Maurice Chevalier, Joséphine Baker, Bourvil[6], pour ne citer qu’eux, ne jurent que par Lancel[19].

En 1966, Anouk Aimée porte des créations Lancel à l'écran dans le film Un homme et une femme[17]. La marque travaille également avec Charlotte Rampling et Jacqueline Bisset[17]. Plus tard, Lancel collabore étroitement avec des artistes qui créent chacun un sac qui leur ressemble.

En 1970, Salvador Dalí réalise avec Lancel un sac intitulé Le Dalí, reprenant le graphisme de l'alphabet amoureux « le Daligramme », qu’il dessine pour sa femme et muse Gala[25]. L'autre particularité de ce modèle est la chaîne de vélo utilisée pour l'anse, qui représente le lien qui unit l'artiste à sa femme[25]. Cette toile est rééditée en 2011 dans la collection Daligramme[17]. Cette série compte 50 pièces, toutes reprenant l'alphabet secret imaginé par l'artiste espagnol[26]. Cette année-là, la marque complète sa collection et lance un nouveau modèle inspiré du Daligramme. Le Dalirious est un cabas confectionné en jacquard brodé ou en cuir embossé[27].

Lancel s'entoure d'artistes célèbres. Certains créent des sacs emblématiques, d'autres deviennent des égéries. C'est notamment le cas de Carla Bruni, qui représente la marque dans les années 2000[28].

En 2006, Lancel lance une campagne de communication intitulée « So Paris, So Lancel », portée par ses deux égéries : Laure Manaudou et Alice Taglioni[20]. Isabelle Adjani, ambassadrice de la marque, imagine en 2008 un sac à son image[11],[29]. L'Adjani de Lancel, décliné en plusieurs cuirs, est suffisamment grand pour pouvoir recueillir les scripts sans les froisser[réf. souhaitée].

La maison choisit Béatrice Rosen en 2010 pour la représenter. L'actrice cède ensuite la place à Brigitte Bardot[11]. En 2012, Brigitte Bardot dessine un sac respectueux de l’environnement, conçu à partir de matières recyclables, à l'image de son combat pour la protection des animaux[11]. Le B.Bardot est confectionné en alcantara ou tweed bio selon les modèles[30]. La doublure est en coton vichy biologique[30]. Le sac en forme de huit fait référence aux formes généreuses de l'actrice[30]. Quant à la poignée torsadée, elle rappelle le bandeau qu'elle portait souvent dans ses cheveux[30]. Brigitte Bardot participe activement au dessin et à la réalisation du sac[31][32].

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, Lancel continue son expansion. La marque lance chaque année des nouveautés. La griffe lance ainsi le No bag en 2001, une pochette plate zippée à deux anses, destinée à s'accrocher à tout type de sac ou valise[33].

Lancel montre également son attachement au sport en signant un partenariat en 2004 avec la griffe de prêt-à-porter et d'accessoires de tennis Roland Garros. Ensemble, les marques commercialisent une ligne de bagages[34]. Quatre ans plus tard, Lancel crée une ligne spéciale Roland Garros[29].

En 2004, Lancel lance le Lancel Classic, une compétition de vieux gréements[35]. Elle équipe également l'équipe de Formule 1 Renault en bagages[35]. En 2008, En partenariat avec Ostréa Marine, la marque présente un canot intitulé le Nantucket by Lancel[29].

La marque s'associe aussi à Relais et Châteaux et lance une collection dédiée au voyage comprenant sac, trousse de toilette, protège-passeport[29].

En 2006, Lancel revisite le sac seau, auquel il donne le nom de Premier Flirt[36]. Le succès est une nouvelle fois au rendez-vous[37].

Un an plus tard, à l'occasion des 20 ans du sac Elsa, Lancel réédite ce modèle qui a fait le succès de la marque en 1987. La marque confectionne alors un sac baptisé Elsa Twen'y[38]. Alors que le sac d'origine est en toile enduite, sa version revisitée est en cuir, agrémentée de bandes en cuir et d'anses larges[38]. Le sac reprend la piqûre sellier oblique, le double-cuir agneau, le lien de cuir[39] qui ont fait la caractéristique du modèle phare des années 80.

Dans les années 2010, la marque ouvre le département « Legacy » au siège de l'entreprise[40]. Ce service a pour mission de rassembler toutes les pièces créées par la maison depuis ses débuts[40], afin de redécouvrir l'histoire de la marque pour mieux s’en inspirer[40]. En 2012, la collection compte près de 1 800 modèles. Porte-cigarettes, malles à tiroirs, pochettes de gala ou encore valise souple en toile de nylon estampillés Lancel sont ainsi acquis par la marque[41]. Certains articles sont achetés à des particuliers, d'autres dans des salles des ventes ou encore sur Internet[40]. Parmi les pièces exceptionnelles, présentées dans des vitrines lors d'ouvertures de magasins à travers le monde, se trouve notamment le ­Secret en crocodile cognac et son ­tiroir à bijoux[40] ou encore le sac Dali créé par l'artiste espagnol en 1970[17]. Certains particuliers donnent leur sac à la maison mère pour qu'il rejoigne cette collection[40]. Les modèles les plus originaux sont montrés au directeur artistique de la marque[40].

La marque continue de confectionner des modèles emblématiques, comme en 2008 avec le sac Adjani[1] ou en 2010, avec le B.Bardot, fruit d’une collaboration avec l’actrice mythique[42]. Un an plus tard, Lancel réédite le Dalí, un sac réalisé avec l'artiste espagnol pour sa femme et muse Gala[16]. En 2013, la marque lance le sac L, inspiré d'un modèle des années 1970 déniché dans les archives de l'entreprise[13]. Un an plus tard, Lancel crée le Charlie, en référence à un sac des années 1960[41]. Le sac est en cuir de buffle, tanné au Pays basque français et fabriqué en Italie[41].

Parallèlement, Lancel lance régulièrement de nouveaux modèles pour agrémenter ses collections de sacs de voyage[43].

Lancel commercialise quatre familles de produits : la maroquinerie, la petite maroquinerie, les sacs de voyage et les accessoires[29]. Pour chaque produit, la marque propose deux versions : une première luxueuse et une seconde dédiée à une clientèle plus jeune[29].

Créations emblématiques[modifier | modifier le code]

Rétrospective :

1900 : L’Irrévérencieuse, Le Chinois[11]

1910 : L’Aumônière, Le Quadrille, Le Galuchat, Le Drapé[11]

1920 : Le Nouille, La Parisienne, Le Parapluie[11]

1930 : Le Python, Le Berlioz, Le Magnifique, Les Merveilleuses, Le Misérable, La Croqueuse[11]

1940 : Le Parfait, Le Sac à Malice, L’Amoureuse[11]

1950 : Le Balancé, La Mystérieuse, Le Secret, La Doctoresse[11]

1960 : Le Poudrier, Le Boudoir, L’Idéal, Le Fox-Trot, Le Boomerang, Le Balancel[11]

1970 : L’Etrier, Le Dali[11]

1987 : Elsa[23],[13]

2006 : Premier Flirt

2007 : Elsa Twen’y

2008 : L’Adjani

2010 : B.Bardot

2011 : Collection Daligramme

2013 : Le L[13]

2014 : Le Charlie[41]

Economie[modifier | modifier le code]

Richemont[modifier | modifier le code]

En 1997, le groupe de luxe suisse Richemont acquiert Lancel pour 1,4 milliard de francs, soit environ 270 millions d'euros[44]. La marque française affiche alors un taux de rentabilité de 20 %[45]. Un an plus tard, Lancel entre dans le giron du groupe de luxe suisse Vendôme, détenu par Richemont[46][44].

L'entrée de Lancel dans Richemont crée de nouvelles perspectives de développement pour la marque et lui permet de renforcer sa pérennité[47].

Quelques années plus tard, afin de conquérir l'Asie, l'Europe de l'Est et les États-Unis, et d'asseoir sa position, l'entreprise fait évoluer son image. Lancel revoit ainsi le design de ses magasins et investit dans une campagne de communication mondiale, à hauteur de 30 millions de francs soit 5,72 millions d'euros[46].

Cette acquisition accroît le développement de Lancel. L'entreprise augmente alors ses points de vente à l'international, positionne ses boutiques sur le créneau haut de gamme[9] et rajeunit ses collections[14]. La maison devient alors une véritable griffe de luxe[14],[7]. Cette orientation haut de gamme se ressent sur la finition et le soin apportés à ses produits[9]. Les meilleurs cuirs sont sélectionnés, les coutures, surpiqûres et autres détails sont peaufinés et les produits suivent davantage les tendances[9].

Sous l'impulsion de Richemont, Lancel recentre son activité sur le secteur de la maroquinerie haut de gamme[48] proposant une gamme de sacs à mains, portefeuilles, valises, sacs de voyage, et porte-documents, ainsi qu’une ligne de maroquinerie pour homme. À l'instar de ses produits, Lancel voit aussi sa clientèle évoluer[9]. Des clientes fortunées s'intéressent désormais à la marque[9], qui réussit néanmoins à garder ses clientes historiques[9]. Désormais, l'entreprise commercialise des sacs à main de luxe et d'autres modèles, plus petits, adaptés à un public plus généraliste[9].

En 2003, le chiffre d'affaires de la griffe s'élève à 77 millions d’euros[49]. Il bondit d'année en année pour atteindre 350 millions d’euros en 2012[5].

Pourtant, la marque étant rarement bénéficiaire depuis 2003, la cession de Lancel par le groupe Richemont est projetée fin 2013[48],[50],[45]. Celui-ci fait alors appel à la banque d'affaires japonaise Nomura pour trouver un repreneur[51]. Lancel, qui a redressé la barre en 2011, enregistre une vingtaine de millions d'euros de pertes en 2012[52]. Le groupe suisse souhaite alors vendre Lancel pour 500 millions d'euros[53], acquise pour 210 millions d'euros en 1997[53]. En octobre 2013, Richemont reçoit une offre non engageante du fonds Change Capital Partners, créé par Luc Vandevelde, ancien PDG de Carrefour[54]. Parallèlement à cette offre, le groupe reçoit d'autres propositions du conglomérat asiatique Swire, du hong-kongais YGM[54] ou encore du groupe Watson détenteur de Marionnaud[49].

En 2013, Lancel réalise 135 millions d'euros de chiffre d'affaires[54]. L'entreprise affiche un bénéfice net en hausse de 10 % mais un résultat d'exploitation en baisse de 1 %. Ses ventes progressent de 4 % et ses recettes bondissent de 17 % sur le continent américain[55].

Finalement, en novembre, Richemont fait machine arrière et renonce à vendre[56],[51]. Le groupe affirme son engagement dans toutes ses marques et maintient son soutien à Lancel[57].

Développement à l'international[modifier | modifier le code]

En 2007, Lancel compte 600 collaborateurs dans le monde[58].

De 2004 à 2008, la marque double le nombre de boutiques à travers le monde[45]. En 2008, Lancel signe deux accords de partenariat avec le distributeur chinois Fairton et le groupe japonais Sumitomo Corporation[29], pour accroître son développement sur le marché asiatique[59].

La Chine représente alors le premier marché pour la marque[59]. Parallèlement à la Chine et au Japon, Lancel continue de se développer en Russie, au Moyen-Orient et dans les pays de l'Est[59]. En 2015, parallèlement à Shanghai, l'entreprise est présente en Asie avec une quinzaine de points de vente dans des grands magasins au Japon, ou une trentaine de boutiques en Chine et une douzaine à Hong Kong[59].

À 2009, la marque compte 233 boutiques dans le monde, dont 71 succursales[47]. Deux ans plus tard, la marque inaugure une boutique à Moscou[60], à Saint-Tropez, à Knokke-le-Zoute[1] ainsi qu'à Shanghai, pour atteindre en 2013, 250 boutiques à travers le monde[5], dont une trentaine en propre en France[10] et plus d'une centaine en propre hors franchises[48].

Lancel est une marque distribuée dans plus 3 000 boutiques multimarques à travers le monde. La part de l'international dans le chiffre d'affaires ne représente que 20 % de ce dernier[48].

Direction[modifier | modifier le code]

En 2000, Joël Armary prend la tête de l'entreprise en tant que directeur général[61]. Il est succédé par Isabelle Guichot en 2004[22], puis par Marc Lelandais en 2006[1][62]. Le nouveau patron insuffle un vent de nouveauté[58]. Il est alors chargé par Richemont de "réveiller l'âme de luxe" de la maison[58].

Il reste à ce poste pendant six ans avant d'être remercié[63],[64].

En 2009, Leonello Borghi devient directeur artistique de la marque[1]. Le styliste italien rajeunit les collections ainsi que le design des boutiques[1].

Fin 2012, Fabrizio Cardinali devient le nouveau PDG de la maison[17]. Son objectif est de monter Lancel en gamme[17]. Il développe ainsi le cuir « fabriqué en France »[17]. Il décide de créer davantage de produits, afin de mieux coller à chaque saison[17]. Enfin, il souhaite donner un côté « mode » aux campagnes de communication ; celle du printemps-été 2013 est ainsi confiée au photographe Patrick Demarchelier[17].

Deux ans plus tard, Marianne Romestain prend la suite de Fabrizio Cardinali[65]. En septembre, elle est épaulée par Nicole Stulman[66], qui est prend les fonctions de directrice artistique. La styliste new-yorkaise assure le design du sac Charlie[41]. Elle épure le style, sélectionne les cuirs avec soin et soigne les finitions[66].

Production[modifier | modifier le code]

La marque accorde une grande importance à la qualité des cuirs[43]. Pour la réalisation des sacs, elle utilise notamment du cuir de vachette et de chèvre[29].

La fabrication et la production sont réalisées en Italie. Lancel fait appel à l'entreprise Ferruzzi, près de Florence, spécialisée dans les cuirs exotiques[29].

En 2013, un atelier de prototypes est installé au siège de l'entreprise[66]. Quatre techniciennes réalisent ici les premiers modèles de la marque, en lien avec la directrice artistique qui dessine les premiers croquis[41]. C'est lors de cette étape que sont définis les gabarits du sac, le nombre de points de couture par centimètre, les coloris du fil[41], etc. Chaque prototype nécessite deux à trois jours de travail de coupe, de préparation des peaux, de couture, d’encollage et de finitions[41]. La maison dispose également d'une machine à affiner, qui permet de transformer l’épaisseur des cuirs[41].

Lancel crée également ses pigments sur mesure[43].

Chaque modèle est réalisé à la main[43], puis distribué dans les 26 boutiques de la marque en France[41].

Distribution[modifier | modifier le code]

Lancel boutique Stoleshnikov.jpg

La boutique de la place de l’Opéra reste le principal point de vente de l'entreprise. Cette boutique d’inspiration Art déco, conçue en 1927, avait subjugué le Tout-Paris à l’époque par sa modernité, son esthétique et son prodige technique. Dès lors, Lancel met un point d’honneur à concevoir des boutiques innovantes[19]. En 1978, Lancel fait évoluer son réseau de boutiques en franchise[12].

La marque lance son site internet en 2006. Un an plus tard, elle le fait évoluer et le rend e-commerce. Le site enregistre 50 000 visiteurs uniques par mois cette même année[67].

En 2006, Lancel ouvre une boutique sur l'avenue des Champs-Élysées, à deux pas de la place de l’étoile[14] ; celle-ci est entièrement rénové deux ans plus tard par Christophe Pillet, qui utilise du bois, de l'inox brossé et des couleurs comme le taupe et le chocolat pour moderniser cette boutique de plusieurs centaines de mètres carrés[1]. Pour présenter les produits, l'architecte a également l'idée de créer des « galeries de sacs », inspirées des années 1930[12]. Par la suite, plus d'une vingtaine de boutiques, réalisées dans cet esprit, sont ouvertes[47].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  37. « Histoire d'un accessoire : le sac Premier Flirt de Lancel », sur Vogue
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  45. a, b et c « Richemont veut céder le maroquinier Lancel », sur Les Echos
  46. a et b « Lancel refaçonne son image », sur E-marketing.fr,‎
  47. a, b et c « G. Ebrard (Lancel) : "La passion du métier et de la haute-maroquinerie" », sur Les Échos de la Franchise,‎
  48. a, b, c et d Thiébault Dromard, « Lancel, trop franco-français pour marcher », Challenges, no 358,‎ , p. 38 (ISSN 0751-4417)

    « Le groupe Richemont vient de confier un mandat à la banque d'affaires Nomura pour céder sa marque de maroquinerie Lancel. […] sur les dix derniers exercices, Lancel n'a été bénéficiaire que trois fois […] »

  49. a et b « Le groupe Watson (Marionnaud) prêt à racheter Lancel à Richemont », sur Challenges
  50. « Richemont pressé de vendre Lancel », sur fashionunited.fr,‎ (consulté le 30 octobre 2014)
  51. a et b « Richemont renonce à vendre Lancel », sur Usine Nouvelle
  52. « Richemont veut revendre Lancel », sur Challenges
  53. a et b « Richemont à la recherche d'un repreneur pour ses sacs Lancel », sur Le Monde,‎
  54. a, b et c « Richemont : Lancel-Change Capital a fait une offre non engageante », sur Les Echos
  55. « Le groupe Richemont veut finalement conserver Lancel », sur L'Expansion
  56. Thiébault Dromard, « Du luxe à trois vitesse : Les valeurs fragilisées, Lancel », Challenges, no 382,‎ , p. 26 (ISSN 0751-4417)

    « Le groupe Richemont […] a cherché à vendre ses deux marques à l'automne, avant de se rétracter devant le peu d'intérêt des marchés. […] Structurellement déficitaire, la société paie un réseau de vente inadapté et une image écornée. »

  57. « Richemont annonce vouloir conserver Lancel », sur Challenges
  58. a, b et c « Lancel préfère les personnalités aux pédigrées », sur Le Figaro
  59. a, b, c et d « Lancel accélère son développement en Asie », sur Le Figaro,‎
  60. Lancel et son vaisseau moscovite, le Figaro, 04/11[réf. insuffisante]
  61. « Joël Armary : directeur général chez Lancel », sur Stratégies
  62. no 19617, Les Échos, 2 mars 2006, page 10
  63. Thiébault Dromard, Le patron de Lancel débarqué sur challenges.fr, 24 janvier 2012
  64. LSA – Libre Service Actualités, « Marc Lelandais, ex-Lancel, succède à Georges Plassat à la tête de Vivarte », sur LSA,‎ (consulté le 30 octobre 2014)

    « Marc Lelandais […] L’ancien patron de Lancel avait été poussé vers la sortie en février dernier par son propriétaire, le groupe suisse Richemont. »

  65. « Marianne Romestain », sur LSA Conso,‎
  66. a, b et c « Qui se cache derrière Lancel », sur Marie Claire
  67. « Lancel.com, un site de marque en attendant l'e-commerce », sur Le Journal du Net

Lien externe[modifier | modifier le code]