Lancel

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Lancel Paris
logo de Lancel Paris
Création 1876
Fondateurs Angèle Lancel
Forme juridique Société anonyme
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Marianne Romestain
Activité Industrie du luxe
Produits Maroquinerie, bagages, accessoires de mode
Société mère Richemont
Effectif 850 (2011)[1]
Site web www.lancel.com
Chiffre d’affaires en diminution85 millions d'euros (2014)[2]
Résultat net - 25 millions d'euros (2014)[2]

Lancel est une entreprise française de maroquinerie fondée à Paris en 1876 par Angèle Lancel, puis développée par son fils Albert. L'entreprise reste propriété de la famille fondatrice jusqu'en 1997, date à laquelle elle est rachetée par le groupe Richemont qui la propulse au niveau international.

À ses débuts, Lancel commercialise des pipes et accessoires pour fumeurs. Rapidement, la marque se diversifie et propose des articles de décoration et de cadeaux. Elle fait alors fabriquer divers objets par ses artisans, comme des pendules, de l'orfèvrerie, des lunettes, des baromètres, des ciseaux, des lampes, des accessoires de table, etc. Novatrice, Lancel est à l'origine de plusieurs brevets dont celui du briquet automatique, de la malle Aviona et du poste de radio portable Bambino.

La démocratisation de la cigarette auprès des femmes incite l'entreprise à confectionner des articles pour fumeuses, puis de la maroquinerie pour ranger "le nécessaire à fumer". C'est ainsi que naissent les premiers sacs à main de la marque. En 1927, la griffe imagine le célèbre sac seau et sa forme souple. La griffe étend également son savoir-faire en créant une collection de bagages.

Tout au long de son développement, Lancel noue des relations privilégiées avec des artistes de renommée internationale. Certains créent des sacs emblématiques comme Salvador Dali ou plus récemment Isabelle Adjani ou encore Brigitte Bardot.

Aujourd'hui, Lancel est une maison de luxe qui propose quatre lignes de produits : la maroquinerie (en particulier les sacs à main), la petite maroquinerie, les sacs de voyage et les accessoires[3]. En 2016, la marque célèbrera ses 140 ans.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Art deco.jpg

C’est dans l’effervescence du Paris de la Belle Époque, portée par le foisonnement artistique du quartier de l’Opéra, qu’Angèle Lancel, authentique femme de tête, visionnaire et audacieuse, fonde Lancel[4].

En 1876, Angèle et son époux Alphonse créent une petite fabrique de pipes et d'accessoires pour fumeurs au 20 passage des Petites-Écuries, dans le 10ème arrondissement de Paris[5]. Angèle et son mari utilisent alors de l’ambre, de la bruyère, de la corne et de l’ivoire pour confectionner les pipes[6].

Rapidement, l'entreprise se diversifie et propose des articles de décoration et de cadeaux[7] : cristallerie, orfèvrerie, bijoux[5], porcelaine, horlogerie[8], qu'elle sélectionne ou fait fabriquer dans ses ateliers par ses artisans[8].

Dans les années 1870, les femmes se mettent à fumer. La démocratisation de la cigarette auprès des femmes incite le couple à confectionner divers accessoires comme les porte-cigarettes. Lancel développe toute une gamme d'articles à destination des fumeuses[9]. Angèle et Alphonse ont alors l'idée de créer des articles de maroquinerie pour ranger le nécessaire à fumer. Les premiers sacs Lancel sont nés[10].

En 1879, ils ouvrent au 17 boulevard Poissonnière à Paris, une boutique d’articles précieux[11] : « Au Phénix ». Les bourgeoises, les demi-mondaines, les cocottes et autres vedettes de music-hall s'y précipitent pour acquérir leur nécessaire à fumer[12].

Quelques années plus tard, Lancel qui compte déjà plusieurs magasins, crée son réseau de points de vente[13]. Dans les années 1900, la maison possède une dizaine de boutiques à Paris[14] nommées « Au Sphinx », « Au Phénix », « À l’inénarrable », « À l’indomptable ». L'entreprise propose toute une gamme de produits pour fumeurs : des porte-cigarettes, des pochettes, des aumônières et les premiers sacs à main, qui sont alors dotés de rangements pour cigarettes[11]. Peu à peu, les sacs remplacent les aumônières[12].

Face à la demande, l'entreprise ouvre un atelier de maroquinerie et débute la production de sacs à main[15],[8].

En 1900, Angèle Lancel imagine le sac à malices, un modèle "à tiroirs" qui cache de nombreuses poches secrètes[16]. La première collection voit le jour deux ans plus tard[6].

Essor[modifier | modifier le code]

Briquet automatique de Lancel.

Angèle Lancel développe rapidement son négoce de détail en ouvrant des boutiques en province, mais c’est son fils, Albert, qui transforme la modeste entreprise familiale en prospère maison de maroquinerie, sans jamais trahir l’esprit de sa fondatrice[14]. Il prend les rênes de la société en 1901[5].

Immédiatement, Albert place le sac au cœur de la stratégie de développement de la maison[17]. Il propose alors des modèles luxueux en lézard, satin, veau velouté… Albert a également l'idée de les agrémenter de poches et de diverses fonctionnalités. Ainsi, en 1929, à l'intérieur d'une pochette noire, le fils de la fondatrice fait ajouter un miroir, un nécessaire de maquillage, ainsi qu'un compartiment secret contenant un petit parapluie[17].

Albert Lancel répond ç la demande de nouveautés et de fantaisie des Parisiennes des Années Folles, transformant le sac à main, objet de statut social, en accessoire intime et complice des femmes. Dans les années 1920, l'entreprise confectionne des sacs en cuir précieux et dotés de fermoirs bijoux[18].

1927 marque un tournant dans l'histoire de la marque. Cette année-là, Lancel créé le sac seau. La forme souple est moderne et innovante. Le modèle devient mythique et marque l’histoire de l'entreprise, inspirant une partie des collections suivantes[19].

Porté par l’élan moderniste, Albert Lancel innove et conçoit des produits révolutionnaires tels que le sac « Parapluie » (1928) et les briquets automatiques[5] « Allumette », « Excelsior » et « Royal », qui ne salissent « ni les doigts ni le gant »[20],[14]. Grâce à eux, Lancel remporte le Grand Prix de l’Exposition internationale des arts et techniques en 1937[7].

Lancel dépose de nombreux brevets[10] dont ceux du briquet automatique, du poste de radio portable « Bambino »[21] et de la malle « Aviona »[11]. Sous l'impulsion d'Albert, l'entreprise devient l'une des principales maisons de maroquinerie et d'accessoires[8]. Lancel investit également les arts de la table, la joaillerie et l'horlogerie.

Pendant cette période, la griffe se démarque aussi par la commercialisation de ses produits. Dans les années 20, elle est ainsi la première marque de luxe française à envoyer des catalogues à ses clientes[22].

En 1929, l'entreprise déménage et s'installe sur quatre étages dans un immeuble situé sur la place de l'Opéra à Paris[11], où elle est encore présente aujourd'hui[5].

Après la Guerre[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, avec l'avènement des congés payés, Lancel lance des collections relatives au voyage[8]. L'entreprise commercialise le sac « Trotteur » et confectionne des bagages souples en toile de nylon[10]. Lancel crée également la valise « Kangourou »[5]. La malle est fabriquée en Nélac, une toile de nylon spécialement créée par la griffe[17]. Il s'agit de la première valise en toile souple[7]. Légère, colorée et dotée d’une poche extérieure, elle connaîtra un succès important[8].

À la mort d’Albert Lancel en 1960, ses deux filles et ses gendres, lui succèdent. Ils mènent à bien l’expansion internationale de la marque grâce à une alliance en 1972 avec les frères Zorbibe, alors sous-traitants[10], qui rachètent l'entreprise[8]. Ils souhaitent rajeunir l'image de la griffe, et la rendre plus dynamique et proche de ses clientes.

En 1982, Lancel lance la collection de sacs de sport Mistral, dont la particularité réside dans l'utilisation de nylon[8], qui rappelle la valise Kangourou imaginée trente ans plus tôt.

À l'occasion des cinquante ans du sac seau, Lancel réédite ce modèle en 1987 sous le nom d’« Elsa de Lancel »[23][réf. insuffisante]. Il se démarque par les cuirs utilisés et les coloris. La couleur emblématique est le Rouge 1876, en référence à l'année de création de la griffe[24]. L'Elsa de Lancel devient une pièce phare de la marque[14],[5]. Il s'en écoule 6 millions d'exemplaires à travers le monde en dix ans[17].

Lancel et les artistes[modifier | modifier le code]

Sac Charlie de Lancel.

Fondée dans l’euphorie créative des Grands Boulevards parisiens, Lancel noue, dès ses origines, des relations privilégiées avec le milieu artistique. Arletty, Mistinguett, Édith Piaf, Maurice Chevalier, Joséphine Baker, Bourvil[7], pour ne citer qu’eux, ne jurent que par Lancel[20].

En 1966, Anouk Aimée porte des créations Lancel à l'écran dans le film Un homme et une femme[18]. La marque travaille également avec Charlotte Rampling et Jacqueline Bisset. Plus tard, Lancel collabore étroitement avec des artistes qui créent chacun un sac qui leur ressemble.

En 1970, Salvador Dalí réalise avec Lancel un sac intitulé « Le Dalí », reprenant le graphisme de l'alphabet amoureux « le Daligramme », qu’il dessine pour sa femme et muse Gala dans son œuvre La Toile Daligram[25]. L'autre particularité de ce modèle est la chaîne de vélo utilisée pour l'anse, qui représente le lien qui unit l'artiste à sa femme. Cette toile est rééditée en 2011 dans la collection Daligramme[18]. Cette série compte 50 pièces, toutes reprenant l'alphabet secret imaginé par l'artiste espagnol[26]. Cette année-là, la marque complète sa collection et lance un nouveau modèle inspiré du Daligramme. Le Dalirious est un cabas confectionné en jacquard brodé ou en cuir embossé[27].

Au fil des années, Lancel s'entoure d'artistes célèbres. Certains créent des sacs emblématiques, tandis que d'autres deviennent des égéries. C'est notamment le cas de Carla Bruni, qui représente la marque dans les années 2000[28].

Isabelle Adjani, ambassadrice de la griffe, imagine en 2008 un sac à son image[12],[3]. L'« Adjani de Lancel », décliné en plusieurs cuirs, est suffisamment grand pour pouvoir recueillir les scripts sans les froisser[réf. souhaitée].

En 2010, la maison choisit Béatrice Rosen comme égérie. Elle cède ensuite la place à Brigitte Bardot[12]. En 2012, l'actrice mythique dessine un sac respectueux de l’environnement, conçu à partir de matières recyclables, à l'image de son combat pour la protection des animaux. Le « B.Bardot » est confectionné en alcantara ou tweed bio selon les modèles. La doublure est en coton vichy biologique[29]. Le sac en forme de huit fait référence aux formes généreuses de l'actrice. Quant à la poignée torsadée, elle rappelle le bandeau qu'elle portait souvent dans ses cheveux[29]. Brigitte Bardot participe activement au dessin et à la réalisation du sac[30],[31].

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, Lancel continue son expansion. La marque lance chaque année des nouveautés, à l'instar du « No bag » (2001), une pochette plate zippée à deux anses, destinée à s'accrocher à tout type de sac ou valise[32].

Lancel montre également son attachement au sport en signant un partenariat en 2004 avec la griffe de prêt-à-porter et d'accessoires de tennis Roland Garros. Ensemble, les marques commercialisent une ligne de bagages[33]. Quatre ans plus tard, Lancel crée une ligne spéciale Roland Garros[3].

En 2004, Lancel lance le « Lancel Classic », une compétition sportive de vieux gréements[34]. Elle équipe également l'équipe de Formule 1 Renault en bagages[34]. Puis, la marque imagine un canot : le « Nantucket by Lancel », en 2008 en collaboration avec Ostréa Marine[3].

La marque s'associe aussi à Relais et Châteaux et lance une collection dédiée au voyage comprenant sac, trousse de toilette, protège-passeport[3]

Lancel revisite le sac seau en 2006, auquel il donne le nom de « Premier Flirt »[35]. Le succès est une nouvelle fois au rendez-vous[36].

Un an plus tard, à l'occasion des 20 ans du sac seau Elsa, Lancel réédite ce modèle qui a fait le succès de la marque en 1987. La marque confectionne alors un sac baptisé « Elsa Twen'y »[37]. Si celui d'origine est en toile enduite, sa version revisitée est en cuir, agrémentée de bandes en cuir et d'anses larges. Le sac reprend la piqûre sellier oblique, le double-cuir agneau, le lien de cuir qui ont fait la caractéristique du modèle phare des années 80[38].

Dans les années 2010, la marque ouvre le département « Legacy » au siège de l'entreprise[39]. Ce service a pour mission de rassembler toutes les pièces créées par la maison depuis ses débuts, afin de redécouvrir l'histoire de la marque pour mieux s’en inspirer. En 2012, la collection compte près de 1 800 modèles. Porte-cigarettes, malles à tiroirs, pochettes de gala ou encore valises souples en toile de nylon sont ainsi acquis par la marque[40]. Certains articles sont achetés à des particuliers, d'autres dans des salles des ventes ou encore sur Internet[39]. Parmi les pièces exceptionnelles, présentées dans des vitrines lors d'ouvertures de magasins à travers le monde, se trouve notamment le « ­Secret » en crocodile cognac et son ­tiroir à bijoux[39] ou encore le Dalí créé par l'artiste espagnol en 1970[18]. Certains particuliers donnent leur sac à la maison mère pour qu'il rejoigne cette collection, les modèles les plus originaux sont ensuite montrés au directeur artistique de la marque[39].

Au fil des années, la marque continue de confectionner des modèles emblématiques, comme en 2008 avec le sac Adjani[1] ou en 2010 avec le B.Bardot, fruit d’une collaboration avec l’actrice[41]. Un an plus tard, Lancel réédite le Dalí[17].

En 2013, la marque lance le sac « L », inspiré d'un modèle des années 1970 déniché dans les archives de l'entreprise[14]. Un an plus tard, Lancel crée le « Charlie », en référence à un sac des années 1960[40]. Le sac est en cuir de buffle, tanné au Pays basque français et fabriqué en Italie.

Parallèlement, Lancel lance régulièrement de nouveaux modèles pour agrémenter sa collection de sacs de voyage[42].

Lancel commercialise quatre familles de produits : la maroquinerie, la petite maroquinerie, les sacs de voyage et les accessoires. Pour chaque produit, la marque propose deux versions : une première luxueuse et une seconde dédiée à une clientèle plus jeune[3].

En 2015, parallèlement à ses sacs Bianca[43] et Le Huit, la marque renoue avec ses origines en confectionnant des soies et des bijoux.

En 2016, la maison fêtera ses 140 ans.

Créations emblématiques[modifier | modifier le code]

Le sac Huit de Lancel

Rétrospective :

  • 1900 : L’Irrévérencieuse, Le Chinois[12]
  • 1910 : L’Aumônière, Le Quadrille, Le Galuchat, Le Drapé[12]
  • 1920 : Le Nouille, La Parisienne, Le Parapluie[12]
  • 1930 : Le Python, Le Berlioz, Le Magnifique, Les Merveilleuses, Le Misérable, La Croqueuse[12]
  • 1940 : Le Parfait, Le Sac à Malice, L’Amoureuse[12]
  • 1950 : Le Balancé, La Mystérieuse, Le Secret, La Doctoresse[12]
  • 1960 : Le Poudrier, Le Boudoir, L’Idéal, Le Fox-Trot, Le Boomerang, Le Balancel[12]
  • 1970 : L’Etrier, Le Dali[12]
  • 1987 : Elsa[23],[14]
  • 2006 : Premier Flirt
  • 2007 : Elsa Twen’y
  • 2008 : L’Adjani
  • 2010 : B.Bardot
  • 2011 : Collection Daligramme
  • 2013 : Le L[14]
  • 2014 : Le Charlie[40]
  • 2015 : Le Huit, Le Bianca

Économie[modifier | modifier le code]

Richemont[modifier | modifier le code]

En 1997, le groupe de luxe suisse Richemont acquiert Lancel pour 1,4 milliard de francs, soit environ 270 millions d'euros[44]. La marque française affiche alors un taux de rentabilité de 20 %[45]. Un an plus tard, Lancel entre dans le giron du groupe de luxe suisse Vendôme, détenu par Richemont[46],[44].

L'entrée de Lancel dans Richemont crée de nouvelles perspectives de développement pour la marque et lui permet de renforcer sa pérennité[47].

Quelques années plus tard, afin de conquérir l'Asie, l'Europe de l'Est et les États-Unis, et d'asseoir sa position, l'entreprise fait évoluer son image. Lancel revoit le design de ses magasins et investit dans une campagne de communication mondiale, à hauteur de 30 millions de francs soit 5,72 millions d'euros[46].

Cette acquisition accroît le développement de Lancel. L'entreprise augmente ses points de vente à l'international, positionne ses boutiques sur le créneau haut de gamme[10] et rajeunit ses collections[15]. La maison devient alors une véritable griffe de luxe[15],[8]. Cette orientation haut de gamme se ressent sur la finition et le soin apportés à ses produits[10]. Les meilleurs cuirs sont sélectionnés, les coutures, surpiqûres et autres détails sont peaufinés et les produits suivent davantage les tendances[10].

Sous l'impulsion de Richemont, Lancel recentre son activité sur le secteur de la maroquinerie haut de gamme[48] proposant une gamme de sacs à main, portefeuilles, valises, sacs de voyage, et porte-documents, ainsi qu’une ligne de maroquinerie pour homme. À l'instar de ses produits, Lancel voit aussi sa clientèle évoluer[10]. Des clientes fortunées s'intéressent désormais à la marque[10], qui réussit néanmoins à garder ses clientes historiques[10]. Désormais, l'entreprise commercialise des sacs à main de luxe et d'autres modèles, plus petits, adaptés à un public plus généraliste[10].

En 1999, la griffe affiche une hausse de 10 % de son chiffre d'affaires, qui atteint 580 millions de francs, soit plus de 88 millions d'euros[49]. En 2003, le chiffre d'affaires de la griffe s'élève à 77 millions d’euros[50]. Il bondit d'année en année pour atteindre 350 millions d’euros en 2012[6], malgré 20 millions d'euros de pertes[51].

Pourtant, la marque peine à être bénéficiaire depuis 2003. En 2011, elle redresse la barre et redevient rentable[52]. Cependant, la cession de Lancel par le groupe Richemont est projetée fin 2013[48],[53],[45]. Celui-ci fait alors appel à la banque d'affaires japonaise Nomura pour trouver un repreneur[54]. Le groupe suisse souhaite vendre Lancel pour 500 millions d'euros[55], acquise pour 210 millions d'euros en 1997[55]. En octobre 2013, Richemont reçoit une offre non engageante du fonds Change Capital Partners, créé par Luc Vandevelde, ancien PDG de Carrefour[56]. Parallèlement, le groupe reçoit d'autres propositions du conglomérat asiatique Swire, du hong-kongais YGM[56] ou encore du groupe Watson détenteur de Marionnaud[50].

En 2013, Lancel réalise 135 millions d'euros de chiffre d'affaires[56]. L'entreprise affiche un bénéfice net en hausse de 10 %. Ses ventes progressent de 4 % et ses recettes bondissent de 17 % sur le continent américain[57].

Finalement, en novembre, Richemont fait machine arrière et renonce à vendre[58],[54]. Le groupe affirme son engagement dans toutes ses marques et maintient son soutien à Lancel[59].

Développement à l'international[modifier | modifier le code]

De 2004 à 2008, la marque double le nombre de boutiques à travers le monde[45]. En 2008, Lancel signe deux accords de partenariat avec le distributeur chinois Fairton et le groupe japonais Sumitomo Corporation[3], pour accroître son développement sur le marché asiatique[60].

La Chine représente alors le premier marché de la maison[60]. Parallèlement à la Chine et au Japon, Lancel continue de se développer en Russie, au Moyen-Orient et dans les pays de l'Est[60]. En 2015, l'entreprise est présente en Asie avec une quinzaine de points de vente dans des grands magasins au Japon, une trentaine de boutiques en Chine et une douzaine à Hong Kong[60].

À 2009, la marque compte 233 boutiques dans le monde, dont 71 succursales[47]. Deux ans plus tard, Lancel inaugure une boutique à Moscou[61], à Saint-Tropez, à Knokke-le-Zoute[1] ainsi qu'à Shanghai, pour atteindre en 2013, 250 boutiques à travers le monde[6], dont une trentaine en propre en France[11].

Lancel est une marque distribuée dans plus 3 000 boutiques multimarques à travers le monde. L'international représente 20 % du chiffre d'affaires de la marque[48].

La marque se positionne sur le créneau du "luxe accessible"[49],[62].

Lancel compte 850 salariés à travers le monde[6].

Direction[modifier | modifier le code]

Intérieur d'une boutique Lancel

En 1983, Sydney Toledano prend la tête de l'entreprise pendant 10 ans[63]. Il a alors l'idée d'associer la marque à des top models pour la représenter[63].

En 2000, Joël Armary prend la tête de l'entreprise en tant que directeur général[64]. Il est succédé par Isabelle Guichot en 2004[63], puis par Marc Lelandais en 2006[1],[65], qui reste à ce poste pendant six ans[66],[67]. Le nouveau patron insuffle un vent de nouveauté[68]. Il est alors chargé par Richemont de "réveiller l'âme de luxe" de la maison[68].

En 2009, Leonello Borghi devient directeur artistique de la marque[1]. Le styliste italien rajeunit les collections ainsi que le design des boutiques[1].

Fin 2012, Fabrizio Cardinali devient le nouveau PDG de la maison[18]. Son objectif est de monter Lancel en gamme[18]. Il développe ainsi le cuir « fabriqué en France »[18]. Et décide de créer davantage de produits afin de mieux coller à chaque saison[18]. Il apporte un côté « mode » aux campagnes de communication. Celle du printemps-été 2013 est ainsi confiée au photographe Patrick Demarchelier[18].

Deux ans plus tard, Marianne Romestain prend la suite de Fabrizio Cardinali[69]. En septembre, elle est épaulée par Nicole Stulman[70], qui prend les fonctions de directrice artistique. La styliste new-yorkaise assure le design du sac Charlie[40]. Elle épure le style, sélectionne les cuirs avec soin et soigne les finitions[70].

Production[modifier | modifier le code]

La marque accorde une grande importance à la qualité des cuirs[42]. Pour la réalisation des sacs, elle utilise notamment du cuir de vachette et de chèvre[3].

Dans les années 2000, les sacs à main de la griffe sont confectionnés dans plusieurs usines qui lui appartiennent. Deux se trouvent en France, en Normandie et en Poitou-Charentes. Le troisième atelier est quant à lui situé en Italie, à Florence[49]. Aujourd'hui, la fabrication et la production sont réalisées en Italie. Lancel fait appel à l'entreprise Ferruzzi, près de Florence, spécialisée dans les cuirs exotiques[3]. Mais les croquis et prototypes sont réalisés au siège de l'entreprise à Paris.

En 2013, un atelier de prototypes est installé au siège de la marque[70]. Là, quatre techniciennes réalisent les premiers modèles de la marque, en lien avec la directrice artistique qui dessine les croquis[40]. C'est lors de cette étape que sont définis les gabarits du sac, le nombre de points de couture par centimètre, les coloris du fil[40], etc. Chaque prototype nécessite deux à trois jours de travail de coupe, de préparation des peaux, de couture, d’encollage et de finitions[40]. La maison dispose également d'une machine à affiner, qui permet de transformer l’épaisseur des cuirs[40].

Lancel crée également ses pigments sur mesure[42].

Chaque modèle est réalisé à la main[42]. A titre d'exemple, le sac L'Amante lancé en 2012, nécessite quarante pièces de cuir et de métal pour le confectionner[71]. Les sacs sont ensuite distribués dans les 26 boutiques de la marque en France[40].

Distribution[modifier | modifier le code]

La boutique de la place de l’Opéra est le principal point de vente de l'entreprise. Cette boutique d’inspiration Art déco, conçue en 1927, avait subjugué le Tout-Paris à l’époque par sa modernité, son esthétique et son prodige technique. Dès lors, Lancel a mis un point d’honneur à concevoir des magasins innovants[20].

En 1978, Lancel fait évoluer son réseau en franchise[13].

En novembre 2005, Lancel ouvre une boutique sur l'avenue des Champs-Élysées, à deux pas de la place de l’étoile[15]. L'espace est alors imaginé par le designer Patrick Norguet[15].

La boutique est entièrement rénovée quelques années plus tard par Christophe Pillet, puis inaugurée en 2011. L'architecte utilise alors du bois, de l'inox brossé et des couleurs comme le taupe et le chocolat pour moderniser cette boutique de plusieurs centaines de mètres carrés[1]. Pour imaginer le décor, il s'inspire de la période Art Déco. Différents espaces et atmosphères sont créés[72]. L'architecte imagine également des « galeries de sacs » des années 1930, pour présenter les collections[13]. Par la suite, plus d'une vingtaine de boutiques réalisées dans cet esprit, sont ouvertes[47].

En 2015, la griffe continue son développement et ouvre un corner au Printemps Haussman à Paris. La maison lance également un nouveau concept de boutiques. Imaginé par le cabinet d'architecte Ciguë, il est décliné pour la première fois dans le magasin de Saint-Germain-des-Prés à Paris[73]. Dorénavant, les points de vente affichent du noir laqué et du bois blond pour présenter les collections[73].

Lancel est distribuée dans plus 3 000 boutiques[48]. La maison compte 250 boutiques en propre à travers le monde[6], dont une trentaine en France[11].

Communication[modifier | modifier le code]

L'entrée de Lancel dans le giron de Richemont l'amène à revoir son positionnement qui devient dorénavant une griffe de luxe. Pour asseoir son image haut de gamme, un nouveau logo est dessiné, le concept des magasins est revu, et une campagne de publicité mondiale est lancée[49].

"La French Légèreté" devient le slogan de la griffe en 2006[17]. Ce concept est décliné pour la première fois lors la campagne de communication intitulée « So Paris, So Lancel », portée par ses égéries : Laure Manaudou et Alice Taglioni[21]. Elle montre les deux ambassadrices en train de s'amuser dans la fontaine de la place de la Concorde, revisitant ainsi le film La dolce vita de Federico Fellini[74].

La marque lance son site Internet la même année. Un an plus tard, elle le fait évoluer en site e-commerce. Celui-ci enregistre alors 50 000 visiteurs uniques chaque mois[75].

Très prisée des médias, Lancel devient l'une des marques les plus visibles en France en 2009[47].

Un an plus tard, la griffe lance son propre magazine[76]. "Le magazine de la French légèreté by Lancel" compte 84 pages et est diffusé dans l'ensemble des points de vente en France et à l'étranger. Il dévoile les coulisses de la maison[77].

Parmi les différentes campagnes de publicité de la marque, celle de 2011 reprend les codes de Salvador Dali. La campagne fait référence à la collaboration avec l'artiste et aux créations comme le Daligramme ou encore Le Dali[78]. Deux ans plus tard, le célèbre photographe de mode Patrick Demarchelier assure la campagne de communication du sac L de Lancel[79].

En 2015, la griffe revisite son logo et arbore une nouvelle typographie, plus moderne[73].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g « Lancel se remet en selle », sur Le Parisien,‎
  2. a et b « Confidentiel », Challenges, no 423,‎ , p. 4 (ISSN 0751-4417)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Lancel », sur Puretrend
  4. « Lancel », sur tendances-de-mode.com,‎ (consulté le 23 septembre 2013)
  5. a, b, c, d, e, f et g « Lancel, la saga de la marque », sur Plurielles,‎
  6. a, b, c, d, e et f « Richemont souhaite vendre Lancel », sur La Croix
  7. a, b, c et d « Lancel », sur Gala
  8. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Lancel », sur Tendances-de-mode.com
  9. « Lancel, la maroquinerie de luxe », sur Femmezine
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « Lancel : plus de 130 ans d'existence et un esprit jeune », sur Vogue.fr
  11. a, b, c, d, e et f « Angèle Lancel », sur LSA Conso,‎
  12. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Lancel, le prestige français en maroquinerie », sur trendy.fr
  13. a, b et c « Concept : Lancel, première marque française d’accessoires depuis 1876 », sur Les Echos de la Franchise,‎
  14. a, b, c, d, e, f et g Marta Represa, « Lancel en 4 dates », L'Express Styles, Groupe l'Express-l'Expansion,‎ , p. 14
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  16. « Rêves de créateurs »
  17. a, b, c, d, e et f « Lancel, à la manière de Dali », sur Les Echos
  18. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Lancel à l'assaut des modeuses », sur Madame Figaro
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  22. « A chaque jour son Lancel », sur E-marketing.fr
  23. a et b Brigitte Fitoussi, Lancel, Éditions Assouline, 2001
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  27. « Lancel présente son nouveau Daligramme au Printemps », sur Puretrend.com,‎
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  30. « Le Brigitte Bardot de Lancel : bien plus qu'un simple sac », sur Womenology.fr
  31. « Voyage dans le temps avec Lancel et BB », sur Paris Match
  32. « Ce sac est un cas », sur Libération.fr
  33. « Lancel signe un partenariat avec la griffe Roland-Garros », sur Stratégies,‎
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  35. « Histoire d'un accessoire : le sac Premier Flirt de Lancel (1) », sur Vogue
  36. « Histoire d'un accessoire : le sac Premier Flirt de Lancel (2) », sur Vogue
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  48. a, b, c et d Thiébault Dromard, « Lancel, trop franco-français pour marcher », Challenges, no 358,‎ , p. 38 (ISSN 0751-4417)

    « Le groupe Richemont vient de confier un mandat à la banque d'affaires Nomura pour céder sa marque de maroquinerie Lancel. […] sur les dix derniers exercices, Lancel n'a été bénéficiaire que trois fois […] »

  49. a, b, c et d « Lancel met le cap à l'international », sur Les Echos
  50. a et b « Le groupe Watson (Marionnaud) prêt à racheter Lancel à Richemont », sur Challenges
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  52. « Les sacs Lancel sont à la recherche d'un repreneur », sur 24matins.fr
  53. « Richemont pressé de vendre Lancel », sur fashionunited.fr,‎ (consulté le 30 octobre 2014)
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  56. a, b et c « Richemont : Lancel-Change Capital a fait une offre non engageante », sur Les Echos
  57. « Le groupe Richemont veut finalement conserver Lancel », sur L'Expansion
  58. Thiébault Dromard, « Du luxe à trois vitesse : Les valeurs fragilisées, Lancel », Challenges, no 382,‎ , p. 26 (ISSN 0751-4417)

    « Le groupe Richemont […] a cherché à vendre ses deux marques à l'automne, avant de se rétracter devant le peu d'intérêt des marchés. […] Structurellement déficitaire, la société paie un réseau de vente inadapté et une image écornée. »

  59. « Richemont annonce vouloir conserver Lancel », sur Challenges
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  61. Lancel et son vaisseau moscovite, le Figaro, 04/11[réf. insuffisante]
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  63. a, b et c « Isabelle Guichot PDG de Van Cleef & Arpels et de Lancel », sur Luxe Magazine
  64. « Joël Armary : directeur général chez Lancel », sur Stratégies
  65. no 19617, Les Échos, 2 mars 2006, page 10
  66. Thiébault Dromard, Le patron de Lancel débarqué sur challenges.fr, 24 janvier 2012
  67. LSA – Libre Service Actualités, « Marc Lelandais, ex-Lancel, succède à Georges Plassat à la tête de Vivarte », sur LSA,‎ (consulté le 30 octobre 2014)

    « Marc Lelandais […] L’ancien patron de Lancel avait été poussé vers la sortie en février dernier par son propriétaire, le groupe suisse Richemont. »

  68. a et b « Lancel préfère les personnalités aux pédigrées », sur Le Figaro
  69. « Marianne Romestain », sur LSA Conso,‎
  70. a, b et c « Qui se cache derrière Lancel », sur Marie Claire
  71. « L'Amante de Lancel », sur Marie Claire,‎
  72. « Lancel réouvre sa plus grande boutique au monde », sur Luxsure.fr,‎
  73. a, b et c « Lancel fait peau neuve », sur Vogue
  74. « La French Touch selon Lancel », sur Stratégies
  75. « Lancel.com, un site de marque en attendant l'e-commerce », sur Le Journal du Net
  76. « Lancel lance son magazine », sur L'ADN,‎
  77. « Lancel sort son premier magazine de marque avec Omédia », sur Stratégies,‎
  78. « Publicis 133 & Lancel sont fous de Dali », sur L'ADN,‎
  79. « La campagne L de Lancel se dévoile », sur Vogue

Lien externe[modifier | modifier le code]