Métaponte

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Métaponte, dans le golfe de Tarente.

Métaponte ou Metapontion ou Metapontum, aujourd'hui Metaponto, dans la province de Matera, en Basilicate, était un port de l’Italie antique, sur le golfe de Tarente.

Colonie grecque phocidienne fondée au VIIIe siècle av. J.-C., elle fut détruite par les Samnites et reconstruite par des Sybarites vers 680 av. J.-C.

Selon Porphyre de Tyr, Pythagore aurait fui Crotone pour Métaponte, et s’y serait laissé mourir de faim dans le temple des Muses[1].

Les Romains s’en emparèrent en 270 av. J.-C.

Pendant la deuxième guerre punique, elle se rallia à Hannibal en 215 av. J.-C., et fut de nouveau prise par les Romains en 207 av. J.-C.

Les esclaves révoltés dirigés par Spartacus la saccagèrent en 73 ou 72 av. J.-C.[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le temple d'Héra à Métaponte. Milieu du VIe siècle av. J.-C..

Métaponte fut probablement fondée autour de 700/690 av. J.-C.[3] par des Grecs provenant de Crotone et de Sybaris. Cette date reste toutefois discutée. Les chercheurs ont aussi évoqué une création de la cité aux alentours de 650/640 av. J.-C.[4] ou encore vers 630 av. J.-C.[5] La création de cette colonie répond à une demande de Sybaris, inquiète devant l'expansion du territoire de Tarente[6]. Il est probable que Métaponte fut fondée à la suite de conflits avec les Grecs de Tarente ainsi qu'avec le peuple italique des Œnotriens. Cette installation des achéens et la création de Métaponte va également entrainer la destruction brutale du site "emporique" de l'Incoronata. Un traité venant sceller la paix aurait attribué la cité de Métaponte aux Grecs de Crotone et de Sybaris[7].

Grâce à son territoire fertile, Métaponte s'enrichit rapidement. La cité était l'alliée naturelle de ses fondatrices, Crotone et Sybaris. La première référence historique nous décrit Métaponte comme l'alliée de ces deux cités au sein d'une ligue militaire dirigée contre Siris afin d'en expulser les Grecs d'Ionie - ce conflit est daté entre 570 et 540 av. J.-C.[8]

Les principes de la cité furent grandement influencés par l'école de pensée de Pythagore. Son influence dans la pensée de la cité fut durable et se maintint même lorsque les pythagoriciens furent expulsés de Crotone. Ceux-ci purent d'ailleurs se réfugier à Métaponte, et le philosophe y mourut probablement à l'âge de 90 ans. La maison de Pythagore fut consacrée à Cérès et sa sépulture y était encore visible du temps de Cicéron.

Comme beaucoup de cités de Grande-Grèce, Métaponte s'efforçait de rester strictement neutre. Cependant, lors de l'expédition athénienne en Sicile en 415 av. J.-C., Métaponte fut forcée de fournir une petite force auxiliaire placée sous les commandements des stratèges Démosthène et de Eurymédon. Du fait de sa position et de sa neutralité, Métaponte échappa aux destructions de Denys de Syracuse et à celle des Lucaniens. En 332 av. J.-C., Alexandre, roi d'Épire, vint à l'invitation de Tarente lutter contre la puissance grandissante des peuples italiques, Lucaniens et Brettiens. Métaponte est libérée des peuples italiques et la ville conclut alors un traité d'alliance avec Alexandre. Après sa défaite à Pandosia en 326 av. J.-C., sa dépouille fut ramenée à Métaponte. En 303, pour les mêmes raisons, Tarente sollicita l'intervention de Cléonymos de Sparte, mais Métaponte ne conclut aucune alliance avec elle. Cléonymos tourna alors ses armes contre Métaponte et fut rapidement invité à se rendre dans la cité en ami. Il extorqua un important tribut à la cité. La prospérité et la faiblesse militaire de la cité caractérisent ainsi son histoire au cours des siècles.

Après sa cuisante défaite en 321 aux Fourches Caudines face aux Samnites, Rome cherche à se venger de Tarente, accusée d'avoir aidé les Samnites. Tarente appelle alors le roi d'Épire Pyrrhus à son secours. Celui-ci traverse l'Adriatique avec des éléphants de guerre et défait les Romains à la bataille d'Héraclée. Il poursuit son avancée le long de la côte ionienne et libère les cités grecques de la menace italique tout en prélevant un lourd tribut pour ses services. Après un passage en Sicile, un retour sur la côte adriatique et des victoires coûteuses en hommes et sans lendemain (d'où l'expression « victoire à la Pyrrhus »), Pyrrhus rentre en Épire. Durant toute cette période, il est probable que Métaponte lui a fourni un soutien actif.

Lors de la deuxième guerre punique entre Rome et Carthage, Métaponte fut l'une des premières cités à se déclarer en faveur d'Hannibal après la bataille de Cannes. Occupée par une garnison romaine, la cité se libéra de la présence romaine pour épouser la cause de Carthage lorsque Hannibal captura Tarente en 212 av. J.-C. Hannibal installa une garnison à Métaponte et semble en avoir fait un de ses principaux entrepôts. En 207, sa défaite à la bataille du Métaure le force à retirer ses troupes de Métaponte, en prenant soin d'évacuer la population pour la soustraire à la vengeance romaine.

L'architecture sacrée (ébauche)[modifier | modifier le code]

De ce point de vue, ce que nous connaissons certainement le mieux, est le centre sacré de la cité. On y a découvert un gigantesque espace public disposant entre autre de temples, autels, agora, etc.[9]

L'édifice le plus ancien, construit à la fin du VIIe siècle av. J.-C. est le sacellum ou temple C. Il reste peu de traces du monument qui apparaît comme un simple oikos rectangulaire. A partir du deuxième quart du VIe siècle av. J.-C., on constate la construction, dans la zone sacrée, du temple d'Apollon, le plus importants des temples de la cité. Malheureusement, de ce premier temple périptère ne subsiste que les tranchées de fondation. Cet édifice semble toutefois n'avoir jamais été terminé. Un nouvel édifice verra le jour au même endroit mais avec une orientation différente, aux alentours de 530 av. J.-C.[10]. C'est également durant cette période que les Métapontins font construire le temple d'Héra[11].

Monnaies[modifier | modifier le code]

Zones archéologiques[modifier | modifier le code]

Actuellement[modifier | modifier le code]

Image du lido de Metaponte
Le lido de Métaponte.

Aujourd'hui, l'ancienne ville grecque est une florissante station balnéaire. Son territoire accueille plus d'une vingtaine de campings et de villages touristiques, une douzaine d'hôtels et surtout son lido qui attire des touristes aussi bien le jour qu'en soirée avec des discothèques à ciel ouvert.

Pour le futur, il est prévu la création d'une université dédiée à la conservation des biens artistiques et archéologiques ainsi qu'une école internationale de cinéma dirigée par le metteur en scène américain, d’origine bernaldese, Francis Ford Coppola.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Porphyre, Vie de Pythagore, 57.
  2. Florus, Abrégé d'Histoire romaine, Livre III, XXI
  3. Sakellariou, Les met..., , p. 183
  4. Lamboley, Les Grecs d'Occident..., (ISBN 2718193441), p. 79
  5. Greco, La Grande-Grèce, (ISBN 201235212X), p. 34
  6. Lamboley, Les Grecs d'Occident..., , p. 133
  7. Strabon, Géographie, VI, p. 264-265.
  8. Lamboley, Les Grecs d'Occident..., p. 186
  9. Greco, La Grande-Grèce..., p. 95
  10. Greco, La Grande-Grèce, p. 96
  11. Greco, La Grande-Grèce..., p. 97

Sources[modifier | modifier le code]

  • GRECO E. (1996) - La Grande-Grèce, Paris, Hachette Livre.
  • LAMBOLEY J. L. (1996) - Les Grecs d'Occident. La période archaïque, Paris, Sedes.
  • Pier Giovanni Guzzo, Magna Grecia, les colonies grecques dans l'Italie antique. Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard » (no 324), 1997 (ISBN 2-07-053418-9)
  • SAKELLARIOU M. (1996) - Les métropoles des colonies grecques d'Occident, in G. Pugliese Carratelli dir., Grecs en Occident, Milan, Bompiani, p. 177-188.
  • Tite-Live, Histoire de Rome depuis sa fondation, livres II-X.
  • (en) Michael J. Bennett, Aaron J. Paul, Mario Iozzo et Bruce M. White, Magna Graecia: Greek Art from South Italy and Sicily, Cleveland, Ohio, Cleveland Museum of Art, , 98–119 p. (ISBN 978-0-940-71771-8), chap. Sanctuaries of Magna Graecia and Sicily.