Chant VI de l'Énéide

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Le Chant VI de l’Énéide présente Enée allant voir la Sibylle de Cumes pour savoir comment descendre aux enfers et la descente aux Enfers d’Énée pour y consulter son père Anchise.

Énée, une fois arrivé à Cumes, se rend auprès de la sibylle. Elle lui déclare qu’il atteindra un jour ses objectifs, mais que pour cela il aura à livrer des guerres. Elle lui conseille aussi de ne jamais se décourager.

Énée annonce sa volonté de descendre aux Enfers afin de rendre visite à son père ; la Sibylle accepte de lui montrer le chemin, après certains rituels, que la Sibylle lui dit n’être efficaces que s’il n'offre pas les honneurs de la sépulture à Misène, compagnon d’Hector devenu trompette d’Énée à sa mort, qui s’est noyé près de cet endroit après une compétition de trompette avec le dieu de la mer Triton[1].,[2].Virgile donne une description des champs Elyséens. Ceux-ci, situés dans les Enfers, accueillent les initiés aux mystères orphiques. Ce lieu connaît un éternel printemps et possède son propre soleil et ses propres étoiles[3].

Les Enfers[modifier | modifier le code]

Descendant au plus profond des entrailles de la terre, Énée et la Sibylle se trouvent devant le fleuve Styx, où ils rencontrent des âmes en errance. Énée interroge la Sibylle sur les fantômes, et elle lui répond qu’il s’agit des âmes des morts n'ayant pas reçu de sépulture, condamnées à errer 100 ans avant de pouvoir franchir le fleuve.

Puis Énée retrouve là Palinurus, son pilote tombé à l’eau pendant son sommeil, qui supplie vainement la Sibylle de le laisser regagner le monde des vivants avec Énée ; elle évoque le sacrilège.

Le Styx et les fleuves infernaux[modifier | modifier le code]

Entre autres défunts, la Sybille présente et décrit les Enfers et leurs fantômes, lorsque le nocher des fleuves infernaux, Charon, qui a jadis laissé traverser quelques vivants de l’autre côté du Styx refuse d’embarquer Énée. La Sibylle parvint à le convaincre, grâce au présage d’un rameau sacré offert lors d’un bon augure de Vénus à son fils, endort Cerbère, et les deux voyageurs abordent les mondes des Enfers :

  • Le Champ des Pleurs, plaine peuplée par les âmes des morts prématurées (ce sont des Limbes, où se trouvent les morts-nés, condamnés à mort injustement, les suicidés, les décès par amour). Le Troyen revoit Phèdre, Pasiphaé, Laodamie, l’épouse de Protésilas ; et Didon, toujours en colère et rancunière, qui le fuit, va retrouver son premier amour, Sychée : leur amour n’est pas mort.
  • Séjour des guerriers : Énée rencontre Grecs et Troyens qui avaient participé à la guerre de Troie : les premiers se retirent, les seconds entourent Énée. Là, il reconnait Tydée et Adraste[4]

Déiphobe, qui lui raconte comment Ménélas l’a tué dans son sommeil, de concert avec Hélène, épousée en secondes noces à la mort de Pâris.

  • Le Tartare : Lieu des meurtriers de tout genre, présidé par Rhadamanthe, un des trois juges des Enfers. La Tartare est le lieu des âmes condamnées à la damnation éternelle, après avoir été jugées coupables. S’y trouvent une multitude d’inconnus, qui avaient vécu une vie pleine de vices
    Énée y voit les Aloades, Salmonée, ou encore Ixion et Pirithoos, Tityos, etc.

Puis, les deux voyageurs reprirent leur route, et arrivèrent aux Champs-Élysées, lieu où se rendaient les âmes des personnes qui avaient eu, sur terre, une vie méritante et vertueuse. Il y aperçoit Orphée, Musée et des inconnus, s’adonnant à des jeux, des danses, et des chants.

Énée rencontre son père[modifier | modifier le code]

Pour rendre l'empressement d’Énée, Virgile va jusqu’à écrire qu’il l’invoque. C’est à ce moment qu'intervient Anchise, dont la rencontre est le but de la descente aux Enfers[5]. Anchise, occupé à compter le nombre des âmes prêtes à se réincarner en la descendance d’Énée, est interrompu avec bonheur, et raconte à Énée ses futurs descendants : les rois d’Albe, Romulus et ses successeurs, Brutus l’Ancien, Pompée, Jules César et enfin Auguste. Rassuré sur son avenir, Énée décide de quitter Anchise et de remonter à la surface. Puis, rejoignant ses compagnons, il fait mettre les voiles en direction du Latium.

Antre de la sibylle de Cumes.

Notes[modifier | modifier le code]

  • Lors de la visite aux criminels, ce sont des crimes courants dans l’empire romain que dénoncent le poète
  • Aux vers 615-619, Virgile n'admet pas la délivrance de Thésée par Héraclès
  • Virgile dénonce également les tyrannies, lorsqu’il écrit que l'on peut voir entre autres criminels punis ceux qui ont vendu leur patrie et leur ont imposé des maîtres.
  • La catabase est à rapprocher de la métempsycose : l’âme est acceptée si le corps a bénéficié d'une sépulture ; on retrouve la période d’attente de 100 ans pour l’esprit d’un corps sans enterrement. Certaines âmes en attente le sont parce qu’elles sont encore trop liées à leur passé terrestre pour être jugées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne] (VI, 190-235)
  2. 190-235
  3. « Solemque suum, sua sidera norunt » (641)
  4. voir les Sept contre Thèbes
  5. 679