Électre

Dans la mythologie grecque, Électre (en grec ancien Ἠλέκτρα / Êléktra soit « ambrée »[1]) est membre de la famille des Atrides.
Les auteurs de l’Antiquité la connaissent également sous le nom de Laodicé (en grec ancien Λαοδίκη / Laodíkê « peuple juste »).
Mythe
[modifier | modifier le code]Électre est la fille d'Agamemnon, roi de Mycènes, et de son épouse Clytemnestre. Elle est la sœur d’Oreste, d’Iphigénie et de Chrysothémis.
Électre est absente de Mycènes lorsque son père revient de la guerre de Troie, en chef de guerre victorieux; elle n'assiste donc pas à l'assassinat d'Agamemnon par Égisthe, amant de Clytemnestre (ou dans certaines versions, par Clytemnestre elle-même).
Huit ans plus tard, Électre revient d’Athènes en même temps qu’Oreste (Odyssée, III, 306). D’après Pindare (Pythiques, XI, 25), Oreste a été sauvé par sa vieille nourrice, et amené à Phanote sur le mont Parnasse, où le roi Strophios a pris soin de lui.
À sa vingtième année, Oreste reçoit de l'oracle de Delphes l'ordre de retourner chez lui et de venger la mort de son père. D’après Eschyle, il rencontre Électre devant le tombeau d’Agamemnon ; ils se reconnaissent et décident ensemble de la manière dont Oreste va accomplir sa vengeance.
Oreste assassine sa mère Clytemnestre, et son amant Égisthe; dans certaines versions, il est aidé par Électre[2]. Rongé de remords, il est alors poursuivi par les Érinyes, déesses vouées à punir tout manquement à la piété filiale. Électre, quant à elle, n’est pas inquiétée par les déesses infernales.
Plus tard, Électre épousera son cousin Pylade, un proche ami d’Oreste et fils du roi Strophios. Ils ont deux fils : Strophios et Médon.
Postérité du personnage
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Adaptation théâtrale
[modifier | modifier le code]- Les Choéphores, tragédie grecque d'Eschyle
- Électre, tragédie grecque de Sophocle
- Électre, tragédie grecque d'Euripide
- Électre, tragédie française du baron Hilaire de Longepierre (1702)
- Électre, tragédie française de Prosper Jolyot de Crébillon (1709)
- Les Érinnyes, tragédie de style antique de Leconte de Lisle (1873)
- Elektra, tragédie de Hugo von Hofmannsthal, d'après Sophocle (1903)
- La Tragédie d'Elektre et Oreste d'André Suarès (1905)
- Électre, tragédie française de Jean Giraudoux (1937)
- Électre ou la Chute des masques, pièce de Marguerite Yourcenar (1943)
- Les Mouches, tragédie française de Jean-Paul Sartre (1947)
- Elektra, drame en vers de Gerhart Hauptmann (1947)
- Tu étais si gentil quand tu étais petit, une pièce de Jean Anouilh tirée de l’Électre de Sophocle et d'Euripide (1972)
- Electra Garrigó, pièce de Virgilio Piñera (2005)
- Électre, tragédie française de Jean-Pierre Siméon (2011). Variation à partir de Sophocle
- Électre des bas-fonds, tragédie de Simon Abkarian (2019)[3]
Adaptation musicale
[modifier | modifier le code]- Electra, mélodrame en un acte de Christian Cannabich, livret de Wolfgang Heribert von Dalberg, créé à Munich en 1781
- Électre, tragédie lyrique en 3 actes de Jean-Baptiste Moyne, livret de Nicolas-François Guillard, créé le 2 juillet 1782 à l’Académie Royale de Musique (Opéra de Paris)
- Elektra, opéra de Richard Strauss (1909)
- Elektra, opéra en deux actes de Mikis Theodorakis (1993)
Adaptation au cinéma
[modifier | modifier le code]- Le deuil sied à Électre (film, 1947), film américain de Dudley Nichols (1947), d'après la pièce d'Eugene O'Neill (1931)
- Électre, film grec de Michael Cacoyannis (1962), d'après l'Électre d'Euripide
- Pour Électre, film hongrois de Miklós Jancsó (1974)
- Le Voyage des comédiens, film grec de Theo Angelopoulos (1975)
- Secret défense, film français de Jacques Rivette (1998)
En sculpture
[modifier | modifier le code]Oreste et Électre ont été le sujet et le titre de plusieurs œuvres d'art, dont deux groupes sculpturaux différents dans les collections du musée archéologique national de Naples.
En psychanalyse
[modifier | modifier le code]L'équivalent du complexe d'Œdipe trouve son nom dans cette tragédie à travers le complexe d'Électre élaboré et baptisé par Carl Gustav Jung.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ électricité - Dictionnaire Larousse.
- ↑ Une autre version (Cf. Marie Nicolas Bouillet, Dictionnaire classique de l'antiquité sacrée et profane, vol. 1) présente Électre comme la sauveuse de son frère Oreste, l’ayant caché à la vue des assassins de son père afin de lui épargner le même destin. Captive d’Égisthe, qui veut lui faire avouer la cachette de son frère, elle parvient à s’enfuir et à rejoindre Oreste pour l’aider dans sa vengeance.
- ↑ « Électre des bas-fonds » Les spectacles » Notre Théâtre », Théâtre du Soleil (consulté le ).
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Pseudo-Apollodore, Épitome [détail des éditions] [lire en ligne] (II, 16 ; VI, 23–28).
- Eschyle, Orestie (passim).
- Euripide, Électre [détail des éditions] [lire en ligne], Oreste [détail des éditions] [lire en ligne] (passim).
- Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] (II, 16).
- Sophocle, Électre [détail des éditions] [lire en ligne] (passim).
À écouter
[modifier | modifier le code]Pierre Judet de la Combe, Électre, un passé qui ne passe pas. "Quand les Dieux rôdaient sur la Terre". France Inter, janvier 2023. 55 min.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Orestie
- Atrides
- (130) Électre (astéroïde)