Focke-Wulf Fw 58

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fw 58 Weihe
Image illustrative de l'article Focke-Wulf Fw 58

Constructeur Drapeau : Allemagne Focke-Wulf Flugzeubau GmbH
Rôle Avion d’entrainement avancé, Avion de transport léger, avion d’évacuation sanitaire, avion de reconnaissance côtière, chasseur de nuit.
Statut retiré du service
Premier vol .
Mise en service 1937
Date de retrait 1945
Nombre construits 1350
Équipage
4
Motorisation
Moteur As 10 (en)
Nombre 2
Type 8 cylindres en étoile refroidi par air
Puissance unitaire 240 ch (180 kW)
Dimensions
Envergure 21,10 m
Longueur 14,00 m
Hauteur 4,21 m
Surface alaire 47 m2
Masses
À vide 1 985 kg kg
Maximale 2 930 kg kg
Performances
Vitesse maximale 280 km/h à 3 000 m d’altitude km/h
Plafond 5 200 m m
Rayon d'action 676 km km
Armement
Interne 6 passagers ou 750 kg de fret
Externe
  • 2 mitrailleuses MG 15 de 7,92 mm pour la version A et B (facultatif), alimentées à 225 et 375 coups, respectivement pour la mitrailleuse de nez et la mitrailleuse dorsale.
  • Combinaison de bombes SC 50, SC 10 ou SD 2 pour les conversions de harcèlement nocturne.
  • 1 canon MG 151/20 de 20 mm en position dorsale Schräge Musik pour les Fw 58 C du I/NJG 100 convertis pour la chasse nocturne.

Le Focke-Wulf Fw 58 Weihe ("Busard") était un avion de transport et d’entraînement fabriqué en Allemagne par Focke-Wulf en réponse à une demande de la Luftwaffe pour un avion d’entraînement avancé pour les pilotes, mitrailleurs et opérateurs radio. Le Weihe est un des plus importants avions utilitaires de la Luftwaffe. Il est souvent considéré comme l’équivalent allemand des Avro Anson et Airspeed Oxford britanniques[1], mais bien moins célèbre que ses homologues de la Royal Air Force. Il vole d’abord en tant que transport civil de six places en 1935. De nombreuses versions militaires voient le jour ensuite, comportant parfois jusqu’à trois MG 15 ou d’autres mitrailleuses, avec un chargement de bombes aux attaches d’ailes ou de fuselage, et un train d'atterrissage conventionnel, à skis ou à flotteurs[1]. Le Weihe fut utilisé par de nombreuses unités pour des missions très diverses, parfois bien différentes de celles pour lesquelles il fut conçu. Il est un des rares avions de la Luftwaffe conçu avant-guerre à n’avoir quasiment pas évolué, malgré son utilisation durant tout le conflit.

Conception[modifier | modifier le code]

L’aviation militaire allemande avait été dissoute par le traité de Versailles signé en 1919. Après l'arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir en janvier 1933, la future Luftwaffe se reconstitua d’abord clandestinement, avant que son existence devienne officielle en 1935. En janvier 1935, le Ministère de l'Aviation du Reich (RLM) émit un cahier des charges pour un bimoteur d'écolage et de formation pour les équipages de multimoteurs. L'avion devait par ailleurs pouvoir servir d'avion de liaison et de transport léger. La firme Focke-Wulf Flugzeugbau GmbH répondit à cet appel d'offres en développant le Fw 58, et le baptise Weihe, « busard » en allemand[2].

C’est un bimoteur monoplan à ailes basses dotées de haubans. Il est construit sur une structure tubulaire en duralumin, recouverte d’un entoilage en toile de lin. L’empennage classique dispose lui aussi de haubans au niveau de son plan horizontal. L’appareil est propulsé par deux moteurs à pistons en V inversé montés dans des nacelles sur le bord d’attaque de l’aile. Le train d'atterrissage est de type classique. Le train principal est composé de deux roues de 690 x 200 mm actionnées hydrauliquement, rétractables dans les fuseaux moteurs. La roulette de queue de 260 x 85 mm est orientable et se rétracte aussi dans le fuselage. L'avion étant conçu pour l'écolage, il dispose d'un poste de pilotage biplace côte à côte entièrement fermé. Dès le départ, l’appareil est prévu pour emporter une mitrailleuse sur un poste de tir dorsal, situé derrière le poste de pilotage.

L‘appareil effectua son premier vol le . Il se caractérisa dès ses premiers vols par sa forte stabilité, sa fiabilité et sa grande simplicité d'entretien. Il était agréable à piloter, notamment à basse altitude. Le RLM choisit donc rapidement cet appareil, dont la production en série débuta dans le courant de l'été 1935. La toute jeune Luftwaffe passe commande pour une centaine de Weihe pour des missions de transport léger, de transport d’état-major, et de liaison à moyenne distance sous la désignation de Fw 58 B1.

Alors que les livraisons ont commencé, l’avionneur se lance dans le développement du deuxième prototype, celui relatif à l’avion d’entraînement multimoteur. En lieu et place de l’unique poste de tir dorsal, Focke-Wulf en installe un second dans le nez, désormais vitré. Les avions de série issus de ce prototype portent la désignation de Fw 58 B2. La Luftwaffe commence à s’en doter également en 1937. Arrivés trop tardivement pour servir réellement pendant la Guerre d’Espagne, les Fw 58 deviennent prioritaires pour l’avionneur, d’autant plus que Arado annonce alors sa volonté de construire une machine similaire, le Arado Ar 77.

En 1938 apparaît une nouvelle version, mieux renforcée et plus polyvalente car capable de remplir des missions d’entrainement radio, d’évacuation sanitaire, de transport de hautes personnalités, ou encore de reconnaissance côtière. Cette version fut désignée Fw 58C[3].

Engagements[modifier | modifier le code]

Le Fw 58 fut largement utilisé pour l’entraînement du personnel navigant de la Luftwaffe. La plupart des Weihe sont des avions d’entraînement d’équipages, souvent avec un nez de bombardier vitré[1]. Il fut aussi utilisé pour le transport d’autorités, comme ambulance volante, pour la reconnaissance photographique, et comme avion de recherche météorologique. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Fw 58 ont sillonné tous les champs de bataille, les territoires occupés, et bien entendu l’Allemagne.

Avion école[modifier | modifier le code]

L'avion, outre ses emplois d'entraînement des personnels navigants (bombardiers, mitrailleurs), a beaucoup été employé au sein des Flugzeugführerschule Ausbildung der deutschen Luftwaffe (FFS AB), unités chargées de l'instruction des futurs staffelkapitan et autres commandants de formations aériennes allemandes.

Appareil de liaison dans les Jagd- et Kampf Geschwadern[modifier | modifier le code]

Les états-majors des escadres de chasse (JG) et de bombardement (KG) allemandes affectionnaient tout particulièrement le Fw 58 afin de satisfaire les nombreuses liaisons indispensables à ce type d'unité.

Appareil de transport et de liaison[modifier | modifier le code]

L'une des clauses du cahier des charges du RLM prévoyait que l'avion soit capable d'effectuer des missions de transport léger et de liaison. Le Fw 58 s'acquitta fort bien de cette tache au sein de la Luftwaffe. Même s'il n'a pas la robustesse d'un Junkers Ju 52, le petit bimoteur Focke-Wulf se distingue cependant par son aptitude à supporter des traitements brutaux, notamment lors des atterrissages sur des pistes sommaires.

Appareil de transport VIP[modifier | modifier le code]

Certaines personnalités nazies ou des sphères supérieures de l'armée allemande choisiront le Fw 58 comme avion de transport personnel, à l'instar du général Friedrich Christiansen, gouverneur militaire des Pays-Bas sous occupation allemande.

Appareil d'évacuation sanitaire[modifier | modifier le code]

Le Fw 58, notamment dans sa version C, était particulièrement destiné à servir « d'ambulance volante » afin d'évacuer du champ de bataille les blessés les plus graves vers des structures plus adaptées, davantage à l'arrière du front. Environ 2000 appareils seront employés comme Sanitätsflugzeug (ambulances). Ils étaient surnommés « bombardiers Leukoplast » (sparadrap)[1]. Ces Fw 58 étaient peints en des couleurs visibles de très loin (croix rouges sur fond blanc). L'idée était que les belligérants reconnaissent un appareil d'évacuation sanitaire et non un appareil à vocation plus « guerrière ». Si ce principe est louable, il va cependant s'avérer contre-productif. En effet, au cours de la bataille d'Angleterre, les Britanniques prétendront avoir capturé l'équipage d'un appareil allemand se faisant passer pour un avion ambulance, mais qui se servait en réalité de ces marquages pour pouvoir effectuer ses missions de reconnaissance en toute quiétude. La conséquence sera que dès lors, les pilotes britanniques ne feront que peu de pitié à ces appareils, visibles de très loin du fait de leurs marquages.

Hydravion[modifier | modifier le code]

En 1940, la Kriegsmarine fit savoir son intention d’acquérir des Weihe en version hydravion. Une vingtaine de Fw-58 C furent dotés de flotteurs à la place du train d’atterrissage. Malgré la rapidité d’exécution des usines Focke-Wulf, le contrat fut annulé et les appareils, désignés Fw-58 W (pour Wasser : eau), ont tous été reversés à une unité de transport et de sauvetage sur hydravion de la Luftwaffe. Trois d’entre eux au moins ont servi depuis l’étang de Biscarrosse en France pour les liaisons rapides et l’entraînement des pilotes d’hydravions.

Chasseur de nuit[modifier | modifier le code]

L’un des rôles les plus surprenants pour le petit bimoteur apparut début 1942, quand la Luftwaffe exigea la transformation d’une trentaine de Fw-58 C en chasseur nocturne pour servir sur le Front de l’Est[4]. En effet, ces Weihe, désignés Fw-58 N (pour Nacht : nuit), étaient chargés de poursuivre les avions de harcèlement nocturne utilisés intensivement par les Soviétiques, notamment les petits et lents biplans Polikarpov U-2. Les Weihe de chasse nocturne sont biplaces, le nez de l’avion renfermant un radar FuG-212C-1, et l’armement se composant de deux canons Mauser MG 151/20 de 20 mm tirant obliquement depuis l’extrados du fuselage, à la manière des Dornier Do 217 N. Cette installation était surnommée Schräge Musik, littéralement « musique oblique », mais au sens figuré « musique de jazz » ! Ils servirent sur le Front de l’Est au sein du I/NJG 100 jusqu'en et leur remplacement complet par les Heinkel He 219 "Uhu". Quelques Focke-Wulf Fw 189 de reconnaissance spécialement modifiés comme plate-forme radar de chasse nocturne avaient été essayés fin 1943 par les unités du Front de l’Est. Mais devant la fragilité du Fw-189, l’aviation allemande a préféré conserver ses Weihe jusqu'à l’arrivée des bimoteurs Heinkel.

Bombardier nocturne[modifier | modifier le code]

A la fin de l'été 1941, devant la suprématie aérienne allemande, les Soviétiques décidèrent d'employer leurs obsolètes Polikarpov U-2 pour des missions de harcèlement nocturne. Ces missions étaient souvent menées par les équipages féminins du 588e Régiment de bombardement. Bien au-delà de leurs faibles conséquences matérielles, elles eurent néanmoins un impact non négligeable sur le moral des troupes allemandes soumises à leur pression continuelle. Durant l'été 1943, la Luftwaffe décida d'employer la même méthode avec ses propres appareils de liaison ou d'entrainement convertis, au sein de nouvelles unités nommées Nachtschlachtengruppe (groupes de frappe de nuit). Les Fw 58 étant disponibles en grand nombre, ils furent naturellement choisis pour cette mission. La conversion était relativement simple, l'avion étant déjà équipé pour le vol tout temps. Elle consista notamment en l'installation de cache-flammes sur les échappements des moteurs. Ces cache-flammes émettaient un bruit caractéristique, connu des artilleurs de la Flak allemande afin que ceux-ci ne les confondent pas avec les appareils soviétiques. Durant l'hiver, ces avions étaient badigeonnés d'une peinture blanche s'en allant à l'eau.

Variantes[modifier | modifier le code]

Prototypes[modifier | modifier le code]

  • Fw 58 V1 : Premier prototype, premier vol le .
  • Fw 58 V2 : Second prototype.
  • Fw 58 V3 : prototype de la version A militaire, codé D-ABUO (W.Nr 000802) et armé de deux MG 15.
  • Fw 58 V4 : prototype de la version B.
  • Fw 58 V9 : prototype de la version W (hydravion).
  • Fw 58 V14 : codé D-OPDR, il fut utilisé pour des tests de résistance aérodynamique de la voilure. Il était équipé de volets Fowler et d’un système d'aspiration de la couche limite pour le décollage court expérimenté à AVA Göttingen. Le système d'aspiration était actionné par un moteur d'avion Hirth (en) placé dans le fuselage, et l'air sortait par deux rangées parallèles de fentes circulaires percées dans la section arrière du fuselage.[5]
  • Fw 58 V18 : codé D-OXLR, prototype doté d'un train d'atterrissage tricycle, la roulette avant étant celle d'un Focke-Wulf Fw 190 A5.

Versions de production[modifier | modifier le code]

  • Fw 58 A-0 : avion de transport civil, 6 places pour les passagers.
  • Fw 58 A-1 : appareil d'écolage et de perfectionnement triplace (pilote, navigateur/observateur, mitrailleur), nez vitré.
  • Fw 58 B-0 : codé D-AHOT, il s'agit du modèle de présérie de la version B.
  • Fw 58 B-1 : appareil d'instruction ou de transport léger.
  • Fw 58 B-2 : cette version avait un nez vitré, et était armée d’une mitrailleuse MG 15 de 7,92 mm. Même appareil que précédemment, mais doté d'un armement de deux mitrailleuses MG 15 pour l'entrainement au tir en vol.
  • Fw 58 C : appareil de liaison et de transport sanitaire. Poste de mitrailleur supprimé, carénage aérodynamique ajouté, verrière du pilote simplifiée, antenne Morane supprimée, installations du mât radio et de l'antenne radio-gonio modifiée, porte du côté droit du fuselage.
  • Fw 58 D-1 : version civile de transport de passagers, pouvant aussi servir pour le transport VIP.
  • Fw 58 E-1 : appareil de liaison.
  • Fw 58 E-2 : version dotée d'un train d'atterrissage modulable, les roues pouvant être remplacées l'hiver par des skis.
  • Fw 58 E-3 : appareil à l'agencement interne modulable.
  • Fw 58 F : version transport de passagers.
  • Fw 58 G : avion ambulance.
  • Fw 58 H : prototype.
  • Fw 58 J : prototype.
  • Fw-58 N pour Nacht (nuit) : chasseur nocturne.
  • Fw 58 W pour Wasser (eau) : version hydravion à deux flotteurs.

La motorisation est très variable, différentes combinaisons ont existé :

  • 2 V8 de type Argus As.G de 179 cv
  • 2 V8 de type As 10 (en)C de 240 cv
  • 2 V8 de type Hirth HM 508 de 280 cv.

La production totale du Fw 58 s’élève à 4500 appareils[1] de 1937 à 1942 dont 1350 pour l'export.

Pays utilisateurs[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne nazie Allemagne nazie

8 appareils de la version A-0 furent utilisés pour le transport de passagers.

Entre 1937 et 1942, environ 4500 Fw 58 C seront fournis à la Luftwaffe.

Autres pays[modifier | modifier le code]

Bien que cela ne soit pas très connu, le Fw 58 est, derrière le Bücker Bü 131 Jungmann et le Messerschmitt Bf 109, l'appareil allemand qui connut le plus grand succès à l'exportation, avec 1350 appareils exportés ou produits sous licence à l'étranger. Il fut fabriqué sous licence en Bulgarie, en Hongrie et au Brésil. Plus de 200 Weihe ont été vendus à des clients étrangers entre 1938 et 1942. En effet, l’Argentine, mais aussi la Chine, les Pays-Bas ou la Suède achètent des Fw 58 pour des missions aussi diverses que le transport léger, l’entrainement au tir ou encore l’évacuation sanitaire. Le Troisième Reich a livré également des Fw 58 à ses principaux alliés ou « états satellites » comme l’Autriche, la Roumanie, la Croatie et la Turquie.

Drapeau de l'Autriche Autriche

6 Fw 58 KE 1 et KE 2 furent livrés à l'Autriche par l'Allemagne. Ils étaient codés de 301 à 306.

  • Les appareils portants les numéros 301 à 303 servaient au sein du Flugbereitschaft d.KomGen. D. LW, le centre de perfectionnement au pilotage de l'état-major autrichien. Ils servirent au perfectionnement des cadres supérieurs de l'armée de l'air autrichienne.
  • Les nos 304 et 305 servirent au sein de l'escadron II/158 basé à Wiener-Neustadt.
  • Le no 306 sera utilisé par le III/158 basé à Wels.

À l’époque, l’Autriche utilise notamment ses Weihe pour des missions de bombardement léger, mais jamais au combat. En 1939 au moment de l'Anschluss, les Weihe autrichiens sont intégrés dans la Luftwaffe allemande.

Drapeau de l'Argentine Argentine

L’Argentine reçut un certain nombre de Fw 58, appareils qui furent notamment employés pour le remorquage de cible et l'entrainement au tir.

Drapeau du Brésil Brésil

Début 1939, le Brésil obtient une licence de fabrication pour 25 avions Fw 58 B2 construits par la Fábrica do Galeão[6] sous la dénomination de AT-Fw 1530. L’ironie de l’Histoire a voulu que les pilotes brésiliens de multimoteurs ont appris à voler dans leur pays sur Fw 58, mais combattirent les Allemands sur North American B-25 Mitchell américain en Europe. En effet, en 1941 le Brésil a rejoint les Alliés. Ces 25 appareils restèrent en service encore au cours des années 1950. L’un d’entre eux est le dernier Fw 58 survivant encore présenté au public. Il a été impeccablement restauré et il est de nouveau en état de vol.

Drapeau de la Bulgarie Bulgarie

La Bulgarie produisit sous licence 8 Fw 58 B-1 et E-1, avec 2 engins produits et livrés en 1937, et les 6 autres en 1939. Ils furent employés à l'école de l'air de Kazanluk pour la formation des personnels navigants à la reconnaissance aérienne et au bombardement. Certains de ces appareils étaient peints en vert foncé. D’autres n'avaient pas été camouflés et gardaient la livrée de gris (RLM 02) que l'appareil avait reçu à sa sortie d'usine. Ils portaient la croix de saint André qui était la marque de nationalité de la Bulgarie alors qu'elle combattait du côté de l'Axe jusqu'à la mi-1944. Après-guerre, le , deux de ces appareils furent transférés à la direction du transport aérien. Ces appareils ont eu une longévité assez remarquable puisqu'ils étaient encore tous en état de vol en 1949.

Flag of the Republic of China.svg République de Chine

La Chine nationaliste du général Tchang Kaï-chek commanda un important lot d'appareils à l’Allemagne afin de résister à l'invasion japonaise. Parmi les Heinkel He 111 B et les Heinkel He 70, quelques Fw 58 furent livrés, sans qu’on dispose de davantage d'informations sur leur sort.

Drapeau de la Croatie Croatie
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau de la Finlande Finlande
Drapeau de la Hongrie Hongrie

71 appareils furent livrés à la Hongrie, probablement en 1938. Ils furent codés de 1501 à 1572. Ces appareils étaient parfois non camouflés et laissés dans leur livrée « sortie d'usine », à savoir gris clair RLM 02. Mais à la différence des autres appareils allemands engagés par les Hongrois, ils ont tous été intégralement dotés des marques de nationalité hongroises très voyantes.

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas

36 exemplaires furent commandés par la Hollande en 1939, mais seulement 5 Fw 58 B-2 furent livrés. Ces appareils seront codés de 195 à 199. Le Fw 58 n°198 s'écrasa accidentellement le . Le n°199 fut endommagé en avril 1940 lors d'un atterrissage d'urgence, et sera bombardé par les Allemands lors de l'attaque de l'aérodrome de Schipol au début du mois de mai 1940. Les n° 196 et 197 furent attribués à l'école de pilotage militaire hollandaise de Vlijt. Ils seront également détruits par les Allemands au début du mois de mai.

Drapeau de la Norvège Norvège
Drapeau de la Pologne Pologne

Les Allemands utilisèrent intensivement les terrains polonais durant le deuxième conflit mondial. A la fin de celui-ci, de très nombreuses épaves d'avions allemands, en plus ou moins bon état, parsemaient les terrains polonais... Parmi ces appareils, le Fw 58C W.Nr 2222 fut jugé en suffisamment bon état pour faire l'objet d'une réutilisation par l'armée de l'air polonaise. Reconditionné par PZL Mielec, il fut affecté au 9 escadron indépendant de liaison. En 1946, il fut revêtu d'un camouflage de type soviétique : les parties supérieures et l’extrados des ailes en vert intermédiaire, le dessous dans un bleu clair proche du RLM 65 allemand.

Drapeau de la Roumanie Roumanie

32 Fw 58 B et C furent livrés par l'Allemagne à la Roumanie, vendus pour la plupart dès 1937, ou bien échangés contre des produits pétroliers. Parmi ces appareils, deux furent ensuite utilisés par la compagnie Trans-Dnestra, les autres par diverses unités de liaisons au sein de l'armée royale de l'air roumaine, engagée jusqu'à 1944 du côté de l'Axe. A la suite du changement de camp de la Roumanie en 1944, 3 appareils allemands alors posés sur des terrains roumains furent capturés et intégrés par la suite dans les effectifs roumains. Les appareils furent dotés d’une nouvelle cocarde, rouge jaune et bleue, à connotation bien plus “alliée”.

Drapeau de la Slovaquie Slovaquie

La Slovaquie reçut quelques exemplaires de l'avion de la part de l'allié allemand. Ces appareils seront attribués à une unité de transport, la FFS (C) 12, et une unité d'écolage, la FFS (A) 32. Ils conservaient le camouflage et une grande partie des marques de nationalité allemandes.

Drapeau de la Suède Suède

6 appareils (Fw 58C) furent livrés à la Suède. Les quatre premiers en 2 groupes de 2, respectivement en 1939 et 1940. Ces quatre appareils sont tous dotés de caméras Zeiss Rb 20/30, utilisables au choix pour la reconnaissance aérienne ou pour la cartographie. Deux appareils servirent dans le civil pour l'office de cartographie nationale sous les immatriculations SE-KAA et SE-KAB. Les deux appareils militaires servirent pour la reconnaissance aérienne et furent désignés P6 dans la nomenclature suédoise. Ils ne recevront pas de codes individuels et resteront sous un camouflage gris uni RLM 02. Durant l'été 1943, le SE-KAA sera détruit par accident (équipage indemne), ce qui amènera l'Etat suédois à commander ses deux derniers Fw 58 aux Allemands. Ils lui seront livrés en mars 1944 et voleront sous les immatriculations de SE-KAC et de SE-KAD. Ils reçurent la livrée classique « vert intermédiaire » des appareils suédois. Tous les Fw 58 civils et militaires seront ultérieurement remplacés par des Siebel 204 produits par la France de l'après-guerre sous la dénomination de Nord NC 701 « Martinet »

Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie

La Tchécoslovaquie reconditionna et réutilisa un certain nombre d'appareils après guerre, sous la dénomination de D-58. L'un de ces appareils volera jusqu'en 1959 pour diverses services de sécurité intérieure tchèques.

Drapeau de la Turquie Turquie

Les Turcs ont commandé 7 Fw 58 K dont 6 seront livrés le . Le septième et dernier, codé D-OARU, suivit le . Ils servirent d'avion d'entraînement pour les navigateurs et les bombardiers à la Hava Okulu (école de l'air turque). Ils furent transférés en 1943 à la 2e brigade aérienne et servirent comme avion de liaison au sein des 3e et 5e régiments aériens. Ils furent finalement tous ferraillés en 1945. Les marques de nationalité turques de l'époque étaient constituées d'un carré rouge à liseré blanc sur les ailes et le fuselage. La gouverne était peinte en rouge avec le croissant de lune et l'étoile. Ces marques de nationalités bien voyantes se retrouvaient cependant également sur les appareils de chasse, à l'instar des Focke-Wulf Fw 190 A3 dont disposait également ce pays.

Drapeau de l'URSS Union Soviétique

L'URSS acheta trois Fw 58 B-2 et C à l’Allemagne en 1940, dans le cadre des transferts de technologies ayant cours à cette époque où les deux puissances étaient liées par le "pacte d'acier". Les avions portaient l'étoile rouge mais conservaient sur le fuselage le code d'un avion allemand. Le poste de mitrailleur fut supprimé et l'ouverture remplacée par un carénage aérodynamique, donnant à l’appareil des lignes plus épurées. Lors de l'exposition à Moscou du , commémorant les deux ans de la guerre contre l'ennemi fasciste, les Soviétiques exposeront un Fw 58 censé avoir été capturé aux Allemands. Peut-être s'agissait-il de l'un de ces trois appareils dont l'histoire aurait été « arrangée ». Un autre Fw 58 vint grossir les rangs des VVS (forces aériennes soviétiques) lorsque la Slovaquie changea de camp, laissant du même coup une bonne partie de son parc aérien aux Soviétiques.

Avions survivants[modifier | modifier le code]

De nos jours, le Deutsches Technikmuseum Berlin allemand dispose toujours d’un Weihe, tandis qu’un avion similaire est exposé au National Air and Space Museum américain dans une superbe livrée grise. Le seul Fw 58 en état de vol se trouve au Museu Aeroespacial (en) de Rio de Janeiro, Brésil. Le Brésil utilisa cet appareil principalement pour des missions de patrouille maritime. L’exemplaire exposé est l’un des 25 Fw 58 B-2 qui ont été construits sous licence au Brésil par la Fábrica de Galeão vers 1941.

Un Fw 58 C-2 est actuellement en cours de restauration au Norsk Luftfartsmuseum (musée national norvégien de l'aviation) à Bodø, Norvège[7].

Le Fw 58 du lac du Bourget[modifier | modifier le code]

Un Fw 58 C s’est écrasé le dans le Lac du Bourget[8], en France, après un passage à basse altitude qui s’est mal terminé.

L’appareil provenait de l’aérodrome de Lyon-Bron, passé sous contrôle allemand dans la nuit du 26 au lors de l’invasion de la Zone libre. La base accueille alors l’école de radionavigation numéro 4 de la 3° Flotte Aérienne. Le but de cette école est de former, sur des Focke-Wulf 58 C, les opérateurs radios des escadres de bombardement de la Luftwaffe.

Les Archives militaires allemandes de Fribourg en Brisgau mentionnent la perte d’un Focke-Wulf 58 le dans les "environs d’Annecy". A 13 h 15, le Fw 58 immatriculé TD + QE (numéro de série 3652) décolle de Bron avec quatre hommes à bord. Il se dirige vers les Alpes et après 40 minutes de vol, il survole la commune de Chindrieux-et-Châtillon avant de survoler le lac dans un axe nord-sud. Lors du dernier jour d’enseignement d’un élève, la coutume était de faire un « rase mottes » au-dessus du lac afin de s’offrir un moment de détente. Bien que cette manœuvre soit interdite, le pilote instructeur, l’adjudant Ernst Chronz, lança son avion. Pour une raison indéterminée, l’avion touche l’eau du bout de l’aile gauche et percute le lac.

Deux des quatre membres de l’équipage seront tués dans l’accident : le pilote (adjudant Ernst Chronz) et un élève (caporal Kurt Becker). Le deuxième élève (Rudolph Schiere) et le radio (le caporal Otto Steinbach) seront sauvés par des pêcheurs locaux. En cette période de l’année, l’eau du lac est à 3° C. Un colonel allemand, prévenu par des militaires italiens, viendra visiter les rescapés. Leur état (choc et hypothermie) ne permettant pas leur transport immédiat, ils resteront quelques jours hébergés par une famille de Conjux avant de retrouver leur base. Pour l’anecdote, le commandant allemand de la base de Bron interviendra auprès des autorités compétentes pour faire libérer 4 prisonniers de guerre originaires de Conjux en remerciement des soins apportés à ses hommes par la population du village[9].

Le , l’épave a été retrouvée par 112 mètres de fond par une équipe de trois passionnés de plongée qui la recherchaient depuis 1987 : Alain Huck, journaliste, Jean-Paul Mestres, ex-plongeur professionnel et Roger Pilloud, contremaître à la régie électrique de Tignes. Tous les trois forment l'association "Fahrenheit 32", dont la mission est de mener une campagne de recherche et de localisation de l'épave. Les trois plongeurs s’attendaient à ce que l'épave soit en relativement bon état grâce aux eaux douces et froides du lac qui favorisent la conservation des structures métalliques[10]. L'avion n'est plus qu'un ensemble de tubulures, la toile ayant totalement disparu. Le nez de l'appareil est enterré dans la vase jusqu'au cockpit. Un des moteurs de l'épave a été arraché lors du choc et gît sur le fond un peu plus loin. Aujourd'hui même si le froid, le manque de lumière et d'oxygène préservent l'épave, celle-ci souffre : la toile part en lambeaux, et l'ossature commence à s'effriter. Des projets de renflouage ont été formulés, mais les plongeurs amateurs locaux y sont fermement opposés, à cause de son statut de sépulture militaire, ainsi que le risque qu’elle se disloque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Tony Wood et Bill Gunston, Hitler's Luftwaffe : a pictorial history and technical encyclopedia of Hitler's air power in World War II, Londres, Salamander Books Ltd., , 247 p. (ISBN 978-0-861-01005-9 et 978-0-517-22477-9)
  2. panzerblitz, « Focke-Wulf Fw 58 "Weihe" », .
  3. « Focke-Wulf Fw 58 Weihe », .
  4. Gebhard Aders et Mister Kit, 1940-1945 Chasseurs de nuit de la Luftwaffe, vol. M 6108-9, éditions Atlas spécial Mach 1, , 48 p., pages 18-19.
  5. Luftfahrt international 18 (1976), pp. 2829
  6. (pt) « Fábrica do Galeão »
  7. Norsk Luftfartsmuseum
  8. Murielle BERNARD, « Le Focke Wulfe 58 du lac du Bourget »,
  9. J.L., « L'un des plus célèbres mystères du lac : celui de l'épave de l'avion nazi », .
  10. « Un avion sorti des ténèbres ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Tony Wood et Bill Gunston, Hitler's Luftwaffe : a pictorial history and technical encyclopedia of Hitler's air power in World War II, Londres, Salamander Books Ltd., , 247 p. (ISBN 978-0-861-01005-9 et 978-0-517-22477-9)
  • Revue Luftfahrt international de mars-avril 1974.
  • Le Fana de l’aviation, mars 1995

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes

Liens externes[modifier | modifier le code]