Junkers Ju 52

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Junkers Ju 52/3m g7e
Vue de l'avion.
Un Junkers Ju 52 au sol

Constructeur Drapeau : Allemagne Junkers
Rôle Avion de transport
Premier vol
Mise en service
Date de retrait
Nombre construits 4 845
Équipage
2 pilotes et 1 opérateur radio
Motorisation
Moteur BMW 132T
Nombre 3
Type 9 cylindres en étoile refroidis par air
Puissance unitaire 715 ch (526 kW)
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 29,25 m
Longueur 18,90 m
Hauteur 4,50 m
Surface alaire 110,50 m2
Masses
À vide 6 510 kg
Avec armement 9 200 kg
Maximale 10 990 kg
Performances
Vitesse maximale 266 km/h
Plafond 5 490 m
Rayon d'action 870 km
Armement
Interne 18 fantassins ou parachutistes, ou 12 blessés sur civières
Externe 1 mitrailleuse MG 131 de 13 mm en position dorsale ou 2 Maschinengewehr 15 de 7,92 mm

Le Junkers Ju 52 (surnommé Tante Ju en allemand, Iron Annie par les Anglais) était un avion de transport en tôle ondulée fabriqué par la firme allemande Junkers à partir des années 1930. Construit à plus de 4 800 exemplaires, il a été utilisé par de nombreuses compagnies aériennes, mais aussi comme avion de transport militaire et bombardier pendant la Seconde Guerre mondiale.

Conception[modifier | modifier le code]

Le Ju 52 est conçu par l'ingénieur en chef de Junkers, Ernst Zindel, à l'origine comme avion de transport civil monomoteur. Il fait son vol inaugural en . Sa structure en tôle ondulée lui apporte alors une robustesse inédite pour l'époque, mais l'avion est clairement sous-motorisé. Aussi, dès , le septième exemplaire du Ju 52 reçoit deux moteurs supplémentaires sur les ailes, et dispose alors de 3 Pratt & Whitney Hornet de 550 chevaux. Capable de transporter 17 passagers, le Junkers Ju 52 entre en service en 1932 dans la Lufthansa et fait rapidement l'objet de commandes d'autres compagnies aériennes.

La Luftwaffe manifeste vite son intérêt pour le Junkers Ju 52, qu'elle destine à la fois au transport militaire (de matériel ou de parachutistes) et au bombardement. Une version spéciale est donc construite à partir de 1934, capable d'emporter 1 500 kg de bombes ainsi que des mitrailleuses pour assurer sa défense. Bien que l'avion ait été utilisé largement pendant la Seconde Guerre mondiale, sa faible vitesse et son armement très limité ne lui laissaient que peu de chance face aux avions ennemis, ce qui explique en partie le nombre élevé d'exemplaires perdus pendant le conflit. La capacité du Junkers Ju 52 à opérer à partir de pistes courtes et sommairement aménagées était fort appréciée.

De nombreuses versions du Junkers Ju 52 ont été construites pendant toute la Seconde Guerre mondiale, avec des moteurs de plus en plus puissants, de meilleurs équipements électroniques (radio, etc.) ou des équipements spéciaux comme des skis pour atterrir sur la neige. La fabrication était répartie entre plusieurs usines situées en Allemagne, en France et en Hongrie. Après la guerre, la France et l'Espagne ont construit leurs propres versions, désignées respectivement AAC.1 Toucan et CASA 352, et utilisées jusqu'au début des années 1960.

Engagements[modifier | modifier le code]

Les Junkers Ju 52 accomplissent leurs premières missions militaires pendant la guerre d'Espagne, au sein de la Légion Condor. Ils sont alors utilisés à la fois comme avions de transport et comme bombardiers. Ils jouent ensuite un rôle décisif lors des opérations aéroportées du début de la Seconde Guerre mondiale dans le Benelux en 1940 et contre la Crète en 1941, même si les pertes deviennent vite importantes.

Les Toucan français ont été utilisés comme avions de transport de troupe et pour le parachutage pendant la guerre d'Indochine. Moins rapide et moins confortable que le C-47 américain également employé par l'armée de l'air, il avait un décollage plus court et un train fixe plus solide que celui (escamotable) du Dakota.

Les Junkers Ju 52 furent utilisés durant la guerre d'Algérie de 1956 à 1960 dans les deux « Groupes sahariens de reconnaissance et d'appui » no 76 et 78. Ils permirent d'effectuer de très nombreuses missions de reconnaissance, de transport, de recherches SATER et d'évacuations sanitaires. Ils assurèrent des détachements à Gabès, Télergma, Biskra, Remada, Touggourt, El Goléa, Ft Flatters, Polignac, Edjeleh, Tindouf, Adrar. Des missions furent régulièrement réalisées à Tamanrasset, In Eker, In Salah, Bir Djedid etc. Ils furent ensuite cédés au Portugal.

Variantes[modifier | modifier le code]

Un CASA 352, version espagnole du Ju 52
Un Ju 52 exposé au Musée royal de l'armée (Bruxelles).
  • Ju 52/1m de : première version monomoteur (6 exemplaires)
  • Ju-52/3m ce : première version trimoteur pour l'Allemagne, la Finlande et la Suède
  • Ju-52/3m ce : version trimoteur pour la Bolivie
  • Ju 52/3m ge : première version construite largement avec 3 moteurs BMW 132A-1 de 660 chevaux
  • Ju 52/3m g3e : 3 moteurs BMW 132A-3 de 725 chevaux et autres améliorations
  • Ju 52/3m g4e : roulette arrière et autres améliorations
  • Ju-52/3m g5e : 3 moteurs BMW 132T-2 de 830 chevaux et autres améliorations
  • Ju 52/3m g6e : quasi identique au g5e
  • Ju 52/3m g7e : ajout d'un pilote automatique et autres améliorations
  • Ju 52/3m g8e : 3 moteurs BMW 132Z et autres améliorations
  • Ju 52/3m g9e : train d'atterrissage renforcé
  • Ju 52/3m g10e : idem que le g9e mais en version flotteur ou ski
  • Ju 52/3m g12e : 3 moteurs BMW 132L de 800 chevaux
  • Ju 52/3m g14e : ajout d'un blindage pour protéger les pilotes, armement défensif renforcé
  • Ju-52/3m MS « Mausi » : avion démineur (grâce à un grand cercle en aluminium installé sous l'avion et dans lequel circulait du courant électrique, il faisait exploser les mines magnétiques)
  • Ju 52/3 mW W pour Wasser (eau): c'est un hydravion
  • AAC.1 Toucan : version construite en France après la guerre (~400 exemplaires)
  • CASA 352 : version construite en Espagne après la guerre (170 exemplaires)

Sur les 4 850 exemplaires produits, environ les deux tiers étaient destinés à la Luftwaffe.

Opérateurs[modifier | modifier le code]

Un Ju 52 restauré aux couleurs de la Lufthansa.

Civils[modifier | modifier le code]

  • Bulgarie
    • Direction des Communications aériennes
  • Grèce
    • Elliniki Eteria Enaerion Sinkinonion

Militaires[modifier | modifier le code]

Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud

Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand

Drapeau de l'Argentine Argentine

Drapeau de l'Autriche Autriche

Drapeau de la Belgique Belgique

Drapeau du Congo belge Congo belge

Drapeau de la Bolivie Bolivie

Drapeau de la Bulgarie

Drapeau de la Colombie Colombie

Drapeau de l'État indépendant de Croatie État indépendant de Croatie

  • Force aérienne

Drapeau de l'Équateur Équateur

Drapeau de l'Espagne Espagne

Drapeau des États-Unis États-Unis

Drapeau de la France France

Drapeau de la Grèce Grèce

Drapeau du Royaume de Hongrie Royaume de Hongrie

Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie

Drapeau de la Norvège Norvège

Drapeau du Pérou Pérou

Drapeau du Portugal Portugal

Drapeau de la Roumanie Roumanie

Drapeau de la Slovaquie

Drapeau de l'URSS Union soviétique

Drapeau de la Suède Suède

Drapeau de la Suisse Suisse

Drapeau de la Syrie Syrie

Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie

  • Force aérienne tchécoslovaque (après-guerre)

Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie

  • Force aérienne yougoslave
    • 1st Transport Aviation Regiment (1944-1948)
    • 119th Transport Aviation Regiment (1948-1966)
    • 81st Support Aviation Regiment (1961-1964)

Appareils encore existants[modifier | modifier le code]

En état de vol[modifier | modifier le code]

En 2018, sept Ju 52 sont en état de vol (en) : deux en Suisse (Ju-Air (de)), deux en Allemagne (Lufthansa et Ju-Air), et un, en Afrique du Sud (South African Airways Museum Society (en)), aux États-Unis (Military Aviation Museum (en)) et en France (Amicale J.B. Salis).

Exposés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Dan Hagedorn, « The Trek of the Aconcagua », American Aviation Historical Society, Huntington Beach, CA, vol. 37, no 3,‎ fall 1992, p. 227 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, Les avions, t. 3 : La Seconde Guerre mondiale - France, Allemagne, Angleterre, etc..., Elsevier Sequoia, coll. « Multiguide aviation », (ISBN 2-8003-0387-5), p. 100-102.