Focke-Wulf Fw 62

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Focke-Wulf Fw 62
Focke Wulf Fw 62 v3  en configuration flotteur central avec stabilisateurs.
Focke Wulf Fw 62 v3 en configuration flotteur central avec stabilisateurs.

Constructeur Drapeau : Allemagne Focke-Wulf Flugzeugbau AG
Rôle Hydravion de reconnaissance
Statut Prototype
Premier vol
Nombre construits 4 exemplaires
Équipage
1 pilote & 1 observateur-mitrailleur
Motorisation
Moteur BMW 132K (en)
Nombre 1
Type Moteur en étoile à 9 cylindres refroidi par air
Puissance unitaire 945 ch (705 kW)
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 12,35 m
Longueur 11,15 m
Hauteur 4,30 m
Surface alaire 36,10 m2
Masses
À vide 2 158 kg
Maximale 2 875 kg
Performances
Vitesse de croisière 265 km/h
Vitesse maximale 280 km/h
Plafond 5 900 m
Vitesse ascensionnelle 379,8 m/min
Rayon d'action 450 km
Endurance 900 km
Armement
Interne 1 mitrailleuse MG 15 (en) de 7,92 mm orientable en défense.
Externe 4 bombes SC50 de 50 kg sous les ailes

Le Focke-Wulf Fw 62 était un prototype d'hydravion à flotteurs allemand de l'entre-deux-guerres. Conçu et produit par Focke-Wulf Flugzeugbau AG, il était destiné à servir au sein de la Kriegsmarine pour des missions de patrouille maritime. Seulement 4 exemplaires furent construits avant l'abandon du projet en faveur de l'Arado Ar 196.

Développement[modifier | modifier le code]

Le [1], le Reichsluftfahrtministerium (RLM), ministère allemand chargé de l'aviation, émit un appel d'offre pour un hydravion de reconnaissance afin de remplacer le Heinkel He 60, équipant depuis 1933 toutes les unités lourdes de la marine du Reich. L'appareil devait pouvoir être transportable sur la majeure partie des vaisseaux de surface de la Kriegsmarine[2], d'un poids maximum de 2,5 tonnes, utiliser le moteur BMW 132K de 945 ch et pouvoir être catapulté[3] . Chaque projet d'appareil devait être proposé en configuration mono et bi-flotteur. Ce programme devait à terme permettre d'équiper la force navale allemande de près de 800 appareils de ce type.

Dans un premier temps, le constructeur Heinkel Flugzeugwerke et son sesquiplan He 114 eurent la faveur du ministère, mais ce modèle fut rapidement écarté après des essais de catapultage décevants. Entre-temps, plusieurs autres firmes allemandes répondirent avec des projets assez similaires de biplans : Gothaer Waggonfabrik, Dornier Flugzeugwerke et Focke-Wulf Flugzeugbau AG. Seule Arado Flugzeugwerke proposa un monoplan à ailes basses.

Le , le Technische Amt (département technique) du RLM commanda pour évaluation 4 exemplaires de l'Arado Ar 196, ainsi que 4 exemplaires du Focke Wulf Fw 62 comme assurance en cas d'échec d'Arado. Le projet bimoteur P14-012 de Gotha fut éliminé, Dornier ne fut pas en mesure de terminer le développement de son projet à temps et Heinkel reçut une commande de quelques He 114 pour assurer l'intérim avant l'introduction du nouvel appareil[1].

Le premier Fw 62 de la série (Fw 62 V1 - no 2062), en configuration double flotteurs en tandem, vola pour la première fois au printemps 1937 sous l'immatriculation civile D-OFWF. Il fut rapidement suivi du Fw 62 V2 (n° série 2063), immatriculé D-OKDU, utilisant la même configuration, tandis que les Fw 62 V3 (n° série 2064, D-OHGF) et Fw 62 V4 (n° série 2065, D-OMCR) étaient construits avec un flotteur central sous le fuselage et des flotteurs stabilisateurs sous l'aile inférieure.

Durant l'été 1937, les Fw 62 furent fournis au Technische Amt pour essai en soufflerie au Aerodynamische Versuchsanstalt (Institut de recherche en aérodynamique) de Göttingen et en vol à la base d'hydravions de Travemünde[1]. Bien que les caractéristiques et performances du Fw 62 soient conformes au cahier des charges, la modernité (monoplan à ailes basses entièrement métallique) de l'Ar 196 eut raison du projet de Focker-Wulf[4]

Néanmoins les Fw 62 présentaient des améliorations techniques, comme le système d'amortissement au niveau des flotteurs réduisant les contraintes structurelles, qui firent que les tests durèrent même après l'abandon du programme [1],[2]

Conception[modifier | modifier le code]

Le bureau technique de Focke-Wulf sous la direction de Kurt Tank, proposait un appareil relativement conventionnel. Le Fw 62 était un biplan à cockpit ouvert en tandem en structure mixte. Le fuselage, de section ovale, était constitué de tubes d'acier soudés recouvert de plaques de tôle pour la partie moteur et de toile pour la partie arrière. L'empannage était cruciforme et caractérisé par de larges plans horizontaux.

Les ailes supérieure et inférieure, de taille identiques, étaient entièrement métalliques, seules les surfaces de contrôle (volets et ailerons) étaient entoilées. Les ailes pouvaient être repliées pour faciliter le transport sur un bateau. Le plan supérieur était caractérisé par un évidemment central pour faciliter l'accès au poste de pilotage et le plan inférieur était légèrement décalé vers la queue. Les deux plans étaient reliés par un ensemble de haubans et de montants en forme de "N" en acier. L'aile supérieure était aussi reliée au fuselage tandis que l'inférieure était reliée aux flotteurs.

La propulsion était assurée par un moteur en étoile BMW 132K de 9 cylindres à refroidissement par air, capable de délivrer près de 945 ch au décollage. Le moteur était placé sous un capot caréné et entraînait une hélice bipale à pas réglable.

Côté équipement, tout était réduit au minimum afin d'assurer la légèreté de l'ensemble. L'armement était constitué d'une mitrailleuse MG15 (en) servie par l'observateur en place arrière, et de la possibilité d'emport de 4 bombes de 50 kg type SC50 sous le plan inférieur.

Que ce soit la version deux flotteurs principaux parallèles ou la version un flotteur et stabilisateur sous les ailes, un système d'amortisseurs oléopneumatiques, fixés sur les jambes, permettait de limiter les contraintes sur les flotteurs au moment des atterrissages et des décollages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Peter Dancey : Lufthansa to Luftwaffe - Hitlers Secret Air Force, 2010
  2. a et b Tony Wood et Bill Gunston, Histoire de la Luftwaffe, paris, Bordas, , 248 p. (ISBN 2-04-012844-1), p. 160.
  3. Becker, Hans-Jurgen: Wasserflugzeuge - Flugboote, Amphibien, Schwimmerflugzeuge. Bernard & Graefe Verlag, 1994.
  4. Wadman, David; Bradley, John; and Ketley, Barry: Aufklärer - Luftwaffe Reconnaissance Aircraft & Units 1935-1945, Hikoki Publications, 1997.

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Peter Dancey, Lufthansa to Luftwaffe - Hitlers Secret Air Force, , 175 p. (ISBN 1-446-15239-1 et 978-1-446-15239-3)
  • (en) Tony Wood et Bill Gunston, Hitler's Luftwaffe : a pictorial history and technical encyclopedia of Hitler's air power in World War II, New York, Crescent Books, coll. « A Salamander book », , 247 p. (ISBN 978-0-861-01005-9 et 978-0-517-22477-9, OCLC 375876908610100)
  • (en) William Green (ill. Dennis Punnett), The warplanes of the Third Reich, London, Macdonald & Co and Jane's Publishers Ltd., , 672 p. (ISBN 978-0-356-02382-3, OCLC 127356)
  • (en) Antony Kay et J.R. Smith (ill. E.J. Creek), German aircraft of the Second World War : including helicopters and missiles, Annapolis, Md, Naval Institute Press, , 400 p. (ISBN 978-1-557-50010-6, OCLC 51026171)


Liens externes[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Aéronefs comparables

Arado Ar 196