Graphopédagogie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

La graphopédagogie (γράφειν: « écrire », παιδαγωγία, « éducation des enfants ») relève de l’enseignement. Elle est pratiquée par des professionnels spécialisés dans la rééducation de l’écriture manuscrite selon une méthode qui prend en compte l'écriture dans son ensemble, sans jamais séparer la composante motrice (le geste) de la composante symbolique (le son) et de la composante sémantique (le sens).

Historique[modifier | modifier le code]

Au Canada : On trouve pour la première fois ce terme au Canada. C'est Graziella Pettinati[1] qui utilise la première le terme de graphopédagogie. Codirectrice de l’IGC (International Graphological Colloquium) et vice-présidente de l’AGQ (Association des graphologues du Québec), elle a étudié et analysé le geste graphique et s'est intéressée plus particulièrement à la rééducation de l’écriture. 

En France :

Dans les années 1960, les travaux de Julian De Ajuriaguerra[2] (neuropsychiatre spécialiste de la psychiatrie de l’enfant) ont permis d’établir une définition de la dysgraphie ainsi qu’une échelle permettant de diagnostiquer un enfant dysgraphique. Dans la même équipe, Marguerite Auzias[3] a également travaillé de manière approfondie sur l'écriture manuscrite et son apprentissage, et en particulier sur le rôle de la latéralisation. Elle a mis au point un test permettant de déterminer la latéralité d'un enfant.

Cette échelle est aujourd’hui tombée en désuétude et est généralement remplacée par le BHK ou Échelle d’évaluation rapide de l’écriture de l’enfant (2003) et de l’adolescent (2013), élaborée par Charles M, R.Soppelsa et J-M. Albaret [4].

Le terme de graphopédagogie est d'abord utilisé en France par l'Association 5E - Enseignement de l'Écriture pour Élèves, Étudiants et Enseignants. Cette association a élaboré une méthode de rééducation de l'écriture manuscrite en s’appuyant sur les travaux de Danièle Dumont[5] sur la modélisation de l'enseignement de l'écriture, de Jean-Pierre Bleton[6] (kinésithérapeute à l'hôpital Rotschild, Paris) sur les dystonies, sur les apports de chercheurs en neurosciences (Jean-Luc Velay[7], Marieke Longcamp[8], Denis Alamargot[9]) et sur les recherches concernant l'impact sur l'écriture des Réflexes archaïques.

La méthode s’adresse aux enfants, adolescents et adultes qui peuvent présenter un ou plusieurs des signes suivants : Illisibilité, lenteur et/ou douleur lors de l’écriture, doutes sur la latéralité, dystonie (crampe de l’écrivain), rééducation après un accident, etc.

En 2013, l'Association 5E a créé une formation spécifique de graphopédagogues. Le terme a été repris depuis par d'autres professionnels.

Formation[modifier | modifier le code]

La formation pour devenir graphopédagogue est organisée en France par l’Association 5E[10], elle est inscrite au Répertoire Spécifique de France Compétences et répond aux critères de qualité exigés par Qualiopi[11].

Chaque année une dizaine de nouveaux graphopédagogues sont certifiés par l'organisme de formation. On compte en 2022 une cinquantaine de graphopédagogues exerçant en profession libérale en France et à l’étranger au sein du réseau 5E[12].

La graphopédagogie n’étant pas une profession paramédicale, le graphopédagogue n’établit ni bilan, ni diagnostic.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « biographie Graziella Pettinati »
  2. Ajuriaguerra JD,Auzias M, Coumes I, Lavondes-Monod V, Perron R. & Stambak M., L’écriture de l’enfant : vol. 1. L’évolution de l’écriture et ses difficultés : vol. 2, Paris, Delachaux et Niestlé.,
  3. Marguerite Auzias, Enfants gauchers Enfants droitiers Une épreuve de latéralité usuelle, Delachaux et Niestlé,
  4. Charles M, Soppelsa R. & Albaret J-M. (2003) BHK – Échelle d’évaluation rapide de l’écriture chez l’enfant, BHK – Échelle d’évaluation rapide de l’écriture chez l’enfant, Paris, éditions et Applications Psychologiques.,
  5. DUMONT D., « Le système d’écriture des minuscules latines manuscrites en usage dans les écoles françaises : intérêt de la prise en compte de ce système pour l’enseignement de l’écriture manuscrite. »,
  6. BLETON J.P , La rééducation de la crampe de l'écrivain, Solal Editeurs,
  7. « Jean-Luc Velay - Apprendre à écrire demain », sur AMUpod (consulté le )
  8. Sarah Palmis, Elie Fabiani, Marieke Longcamp, « Bases cérébrales de l’écriture : orthographe et contrôle moteur de la production », Revue de neuropsychologie,‎ (Bases cérébrales de l’écriture : orthographe et contrôle moteur de la production Accès payant)
  9. Laurence Pierson, Bien écrire et aimer écrire, éd. MDI, , Préface de Denis Alamargot, p.10.
  10. « Association 5E »
  11. « Qualiopi, la certification pour les organismes de formation », sur qualiopi.certif-icpf.org (consulté le )
  12. « Cabinets des graphopédagogues réeducateurs de l'écriture. », sur Google My Maps (consulté le )