Comté de Vienne

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Comté de Vienne

8441450

Blason
Blason de la cité de Vienne depuis le Moyen-Âge jusqu'en 1887
Informations générales
Statut Comté
Capitale Vienne
Religion Christianisme
Histoire et événements
844 Girard de Vienne devient le premier comte de Vienne
Après 870 Boson reçoit l'ancien duché de Charles le chauve après le siège de Vienne.
879 Restauration de l'ancien royaume des Burgondes, Boson est élu roi.
10 janvier 887 Boson est inhumé dans la cathédrale Saint-Maurice de Vienne sous fils Louis lui succède.
v. 930 Crise successorale de Louis III l'Aveugle. Charles-Constantin est évincé mais reste comte de Vienne. Le viennois réintègre ne royaume de Bourgogne de Conrad le Pacifique.
Après 1032 A la mort de Rodolphe III le comté intègre le Saint-Empire.
1450 Traité de Moras : le comte-archevêque Jean Gérard de Poitiers accepte de reconnaître le dauphin pour suzerain de la ville.
Liste des comtes de Vienne
(1er) 844 - 869 Girard de Vienne
(3er) 870 - 887 Boson de Provence
(Der) 1448 - 1450 Jean Gérard de Poitiers

Entités précédentes :

  • Pagus Viennensis

Entités suivantes :

Berceau d'origine des Comtes d'Albon et des Comtes de Savoie

Le comté de Vienne (comitatus Viennensis en latin) était un fief du Royaume de Provence, puis du Royaume de Bourgogne et enfin du Saint-Empire romain germanique. Sa capitale était Vienne (l'ex-Vienna Allobrogum).

Le comté a désigné autrefois un pagus carolingien crée par Charles Martel lorsqu'il unifie les royaumes francs et qu'il divise l'ancien regnum Burgundiae (Royaume de Bourgogne) en quatre commandements, eux-mêmes divisés en pagi (ou comtés bourguignons).

Origine[modifier | modifier le code]

Les pagi carolingiens en « Bourgogne de Vienne » (VIIIe siècle et IXe siècle). En vert, autour de Vienne se trouve le pagus Viennensis, dit le Viennois.

Le comté de Vienne est issu du Pagus Viennensis (dit Viennois) qui était une subdivision territoriale carolingienne dirigé par un comte-gouverneur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un an après le traité de Verdun, en 844, Girard de Vienne est nommé comte, régent et tuteur de Charles de Provence. Il est promu au titre de marquis et exerça, sans en porter expressément le titre, les fonctions de duc sur l'éphémère duché de Lyon.

À partir de 870, à la suite à la défaite de Girard après le siège de Vienne[1], Boson reçut le comté du roi Charles II le Chauve[2]. Le comté de Vienne devient le centre du pouvoir du royaume de Bourgogne et de Provence des Bosonides.

Après la mort de Boson en 887, plusieurs mentions isolées du titre de comte à Vienne apparaissent à différentes reprises dans les sources (Guigues vers 913, Sigbod et Teutbert après 926) sans qu'il soit possible d'identifier précisément les modalités de transmission du titre.

Le marquis de Provence Hugues d'Arles, régent de Louis L'Aveugle, porta le titre de comte avant d'être élu roi d'Italie en 926, date à laquelle le roi de France Raoul de Bourgogne remit le comté au fils du souverain infirme et héritier évincé du trône de Bourgogne : Charles-Constantin. Dans le contexte troublé de la succession de son père, ce dernier rendit finalement hommage au nouveau souverain de Bourgogne Conrad le Pacifique.

A la mort de Charles-Constantin en 962, le titre de comte qui apparait brièvement attaché son fils[3], resta vacant jusqu'au tournant du XIe siècle, conséquence probable de l'affirmation du pouvoir royal et de celui de l'archevêque de Vienne qui érige alors la ville en principauté épiscopale[4].

L'effacement de l'autorité royale au sein d'un royaume de Bourgogne sous influence ottonienne[5], émergent autour de l'an mil, d'une part le comté d'Albon des Guigonides (qui apparurent bientôt sous le titre de Dauphin de Viennois), et d'autre part le comté de Maurienne (future Savoie) d'Humbert aux Blanches Mains, parent des Guigonides de Vienne[6].

De cette affirmation nouvelle du pouvoir comtal[7] découla un querelle entre les comtes d'Albon, l'archevêque de Vienne et les comtes de Mâcon sur la question des droits sur la ville de Vienne qui resta sous la suzeraineté de l'archevêque et des comtes de Mâcon.

En 1263, Jean de Bernin rachète la moitié des droits du comté. Ainsi, les archevêques de Vienne seront jusqu'à la destruction du comté, en 1450, lors du Traité de Moras où le comte-archevêque Jean Gérard de Poitiers accepte de reconnaître le dauphin pour suzerain de la ville, seuls suzerains de Vienne[réf. souhaitée].

Humbert II Dauphin de Viennois abdiqua le 16 juillet 1349 en faveur du roi de France Philippe VI pour 400 000 écus et une pension annuelle. Philippe investi du titre de "Dauphin" son fils, le futur Charles V. En 1368, Charles VI honora du même titre le futur Charles VII peu après sa naissance initiant ainsi la tradition qui désigna dès lors sous le titre de Dauphin de France l'héritier de la couronne de France.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Fort de l'appui des archevêques Rémi de Lyon et Adon de Vienne, Charles est venu assiéger Vienne, défendue par Berthe, l'époude de Girard. Dès la prise de la cité, il laisse le comte et sa femme se retirer à Avignon qui appartenait à Louis II, où il mourront peu après". P. RICHE, Les Carolingiens, L'Histoire, n°71, oct. 1984, p. 79-80.
  2. "C'est une récompense politiquen un "bienfait" pour Boson, ancien fidèle de Lothaire II qui s'est soumis parmi les premiers à Charles, suivi à Gondreville par tous les grands de Bourgogne-Provence. Et le "bienfait" est aussi affaire de famille, Charles épousant sur le tard la soeur de Boson, Richilde". C. LAURANSON-ROSAZ. Francia Occidentalis et Francia Media au deuxième âge carolingien. Lire en ligne
  3. "(...) aucun aristocrate n'avait porté le titre de comes depuis la disparition, vers 980, d'un autre comte Humbert, sans doute le fils du comte Charles-Constantin, lui-même fils de l'empereur Louis l'Aveugle" L. RIPART, « Du royaume aux principautés : Savoie-Dauphiné, Xe-XIe siècles », dans Christian Guilleré, Jean-Marie Poisson, Laurent Ripart, Cyrille Ducourthial (dir.), Le royaume de Bourgogne autour de l’an mil, Chambéry, 2008, p. 247-276. Lire en ligne
  4. "Après avoir supprimé toutes charges comtales, les Rodolphiens avaient en effet confié les pouvoirs publics aux seuls évêques et aux abbés : privé d'honneurs laïques, l'aristocratie n'avait pas eu les moyens de développer un pouvoir autonome, ce qui explique qu'il soit impossible de suivre la moindre famille aristocratique sur plus de deux générations". L. RIPART, op. cit. p.4. Lire en ligne
  5. "Pour la société rhône-alpine, qui s’était jusque là organisée autour des institutions monarchiques, cette déliquescence par le haut de la royauté rodolphienne fut lourde de conséquences. Si le roi Rodolphe III parvint à garder jusqu’à la fin de sa vie quelque autorité en Transjurane, il n’en alla en effet pas de même dans le domaine viennois de l’ancien royaume bosonide, où le pouvoir royal s’effondra en l’espace d’une seule génération.(...)au terme des années 1010, la monarchie semble bien n’avoir plus rien conservé des domaines qu’elle possédait dans l’ancien royaume bosonide, où l’intervention royale semble s’être limitée à la concession de rares diplômes de confirmation, le plus souvent rédigés par l’impétrant, que la chancellerie royale expédiait depuis la Bourgogne transjurane". L. RIPART, op. cit, p. 7.
  6. "La place croissante des parentés épiscopales dans la documentation, qui constitue l’un des signes les plus caractéristiques de la période, nous permet de savoir qu’Humbert était issu d’une parentèle aristocratique locale, pour l’essentiel possessionnée dans le sud du diocèse de Vienne : désigné par les historiens sous le nom de « Guigonides », ce groupe de parenté allait bientôt donner naissance au futur lignage princier des Dauphins". L. RIPART, op. cit., p. 10.
  7. Chez les Guigonides, le processus fut similaire mais plus tardif, puisque la parentèle ne semble avoir pris ou reçu le titre de comes qu’en 1034-1035. L’utilisation de ces nouvelles titulatures comtales constitue une césure d’autant plus importante qu’à l’intérieur de l’ancien domaine du royaume bosonide aucun aristocrate n’avait porté le titre de comes depuis la disparition, vers 980, d’un autre comte Humbert, sans doute fils du comte Charles-Constantin, lui-même fils de l’empereur Louis l’Aveugle. L. RIPART, op. cit., p. 14.