Correspondant local de presse

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Correspondance (homonymie) et CLP.
Correspondant de presse
Nicosia 3 April 2008 06.jpg
Code ROME (France)
E1106

Le correspondant local de presse, connu sous le sigle CLP dans le jargon journalistique, est chargé de rendre compte de l'actualité d'une zone géographique qu'il couvre pour un journal, une station de radio ou une chaîne de télévision.

Définition[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la presse régionale, le correspondant local couvre l'actualité d'une région différente de celle où est située la rédaction du journal. Il rédige ses propres articles qu'il peut illustrer de ses propres photos, et peut également proposer les sujets de son choix.

Organisation de la profession en France[modifier | modifier le code]

En France, « l’activité de correspondant local de presse est exercée à titre accessoire par rapport à une autre activité professionnelle », selon l'Urssaf[1]. Elle est régie par la loi n° 87-39 du 27 janvier 1987, complétée le 27 janvier 1993[2].

En pratique, le correspondant local de presse a le statut de travailleur indépendant. Son activité est classée dans les activités professionnelles dites libérales, non réglementées. Il n'appartient donc pas à la même catégorie que le notaire, l'avocat, le géomètre-expert ou le médecin, mais son statut est comparable à celui de l'archéologue, de la cartomancienne ou de l'œnologue.

Le correspondant de presse n'est pas un journaliste, ni un journaliste pigiste, les journalistes étant des salariés en vertu de l'article L. 7112-1 du code du travail. Il arrive pourtant, bien souvent, que le travail effectué soit globalement le même. La loi prévoit pourtant que les contributions d'un correspondant local de presse soient soumises avant publication à un journaliste professionnel. En tant que contractuel, il n'a pas de lien de subordination avec l'entreprise et n'est ni salarié, ni protégé socialement. Les tribunaux peuvent toutefois, exceptionnellement, requalifier en contrat de travail la relation contractuelle, lorsqu'il est avéré que le correspondant local de presse exerce, dans les faits, les fonctions d'un journaliste et qu'il retire de cette activité l'essentiel de ses revenus[3].

Alors qu'un travailleur indépendant propose ses propres tarifs à ses clients, le CLP, lui, touche des honoraires (émoluments versés « à la pige » : article, photo, dessin, etc.) et remboursements de frais (fonctionnement, trajets, abonnements téléphoniques, Internet, etc.) en fonction de barèmes fournis par la société de presse pour laquelle il travaille. Ces barèmes sont différents selon l'entreprise éditrice.

À partir d'un certain plafond d'honoraires (15 %, puis 25 % du plafond de la sécurité sociale), le CLP doit obligatoirement cotiser à l'Urssaf (à peu près 20 % des honoraires perçus), ainsi qu'à l'assurance maladie et la caisse de vieillesse qui lui sont afférentes (à peu près 20 % des honoraires), sans oublier la CSG. Afin d'éviter ces affiliations, le CLP doit faire en sorte de s'en tenir à une moyenne de 400 euros d'honoraires mensuels. C'est pourquoi la profession de correspondant local de presse ne peut -en l'état actuel des choses- absolument pas se concevoir comme un emploi à temps plein.

Lors du remplissage annuel de la déclaration de revenus, le CLP doit additionner ses frais et ses honoraires, et remplir -outre le formulaire usuel- les fiches 2042C et 2042PK, qui établissent que ses revenus sont des bénéfices non commerciaux. Lors du calcul des impôts, le fisc procède à un abattement de 37 % sur la somme globale (honoraires + frais) déclarée par le CLP, pourcentage qui correspond aux frais perçus par le CLP.

Association interdépartementale des CLP[modifier | modifier le code]

L'association interdépartementale des CLP visible sur le blog, corres72.hautetfort.com, créée par les correspondants locaux de presse de la Sarthe a vu le jour en 2008. De nombreux correspondants locaux de presse tentent de se fédérer afin de porter de manière audible leurs revendications dans le but de professionnaliser une pratique journalistique soumise à l'opacité et à la précarité qui consiste à dissimuler des journalistes professionnels sous le statut de CLP et qui est jusqu'à présent toujours ignorée par les gouvernements. La problématique a cependant pu être révélée au plus haut niveau de l’État lors des états généraux de la presse[4]) et concerne environ 30 000 CLP en France.

Une situation qui bénéficie exclusivement aux entreprises de presse, dont certaines notamment en PQR qui peuvent à travers ce non statut remplir la quasi-totalité de leurs pages pour des salaires en moyenne quatre fois moindres que ceux des journalistes salariés.

Sans compter la perte financière occasionnée pour la collectivité, puisque les titres ne paient pas de charges quand ils emploient des CLP poussés à se déclarer en travailleurs indépendants et à assumer eux-mêmes leurs charges sans pour autant pouvoir générer suffisamment de chiffre d'affaires pour s'en acquitter.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]