L'Agefi (France)

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L'Agefi
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Quotidienne
Format Format digital
Genre Presse économique
Date de fondation 1911
Ville d’édition Paris

Propriétaire SIREN 334 768 652 sté AGEFI du groupe

Bey Medias Presse & Internet

ISSN 1777-165X
Site web http://www.agefi.fr/

L'Agence économique et financière (L'Agefi) est un groupe média spécialisé dans la finance[1]. Créée en 1911, elle publie un quotidien électronique et un hebdomadaire papier français, spécialisés dans la finance[2].

L'Agefi est depuis 2019 une filiale de l'Opinion, après avoir été celle d'Artémis, la holding de François Pinault[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1911, Yves Guyot crée « l'Agence Economique et Financière » qui est plus tard rebaptisée L'Agefi. Une édition quotidienne suisse, baptisée elle aussi L'Agefi est lancée en 1950.

Dans les années 1930, l'Agefi combat les réformes sociales du Front populaire et porte un regard plutôt complaisant sur la montée du fascisme en Europe. En février 1939, il soutient que « le chancelier Hitler avait déjà administré la preuve de ses talents de diplomate. Son discours au Reichstag (...) le révèle sous un jour nouveau : il témoigne de ses talents d’économiste. » Le journal continue de paraitre pendant l'occupation, faisant l'éloge de la collaboration franco-allemande. À la libération, tout comme d'autres journaux influents, il échappe à l'ordonnance du 17 février 1945 interdisant définitivement l'usage des titres parus sous l'occupation[3].

Bruno Bertez rachète à Michelin, Peugeot, et plusieurs groupes récemment nationalisés le quotidien L'Agefi en 1984. En 1987, c'est au tour du groupe L'Expansion (devenu groupe Express-Expansion depuis) de racheter le titre. Un mensuel économique baptisé Agefi Magazine et tiré à 10 000 exemplaires est lancé en Suisse romande. Il fusionnera deux ans plus tard avec le magazine Bilan.

L'Agefi entre alors en déclin à partir de la fin des années 1980. En 1992, Desfossés International (devenu DI Group en ), alors dirigé par Georges Ghosn[4], rachète L'Agefi. Les activités en Suisse (quotidien et mensuel) seront cédées l'année suivante. En 1997, ayant perdu près de la moitié de son chiffre d'affaires depuis la fin des années 1980, le titre est cédée à Finintel, la holding personnelle de Philippe Micouleau (directeur général du Groupe Desfossés et de La Tribune). Un vigoureux plan de restructuration est mis en œuvre, conduisant notamment à la dénonciation des accords régionaux avec le Syndicat du Livre. L'Agefi sera le deuxième quotidien parisien à pouvoir quitter une imprimerie du Livre (après Le Quotidien de Paris de Nicolas Miguet, en 1995)[5]. En 1999, l'Agefi amorce une diversification numérique et prépare le lancement de CompanyNews (service de diffusion numérique de communiqués d'entreprise créé avec l'AFP, qui sera revendu en 2007 à Euronext), Diva (service de veille et de revue de presse numérique diffusé sur les intranet de banques, revendu en 2006 au Canadien CDRom) et Agefinance (réseau social vertical destiné aux professionnels de la finance, qui sera arrêté en 2006). L'Agefi annonce un chiffre d'affaires de 54,3 millions de francs en 1999, en hausse de 18,5 % sur un an.

En 2000, l'Agefi, et la totalité des actifs du groupe Finintel, sont rachetés par Artémis, la holding du Groupe de François Pinault. Artémis possède d'abord 70 % des actions de Finintel en 2000, avant de monter à 100 % courant 2005[6]. Ce rachat est suivi la même année du lancement de l'hebdomadaire L'Agefi actifs, destiné aux professionnels du patrimoine[7]. De 2001 à 2004, fortement touchée par les conséquences du et par le contexte économique, l'Agefi cumule environ 25 millions d'euros de pertes et enchaîne les plans de restructuration. En 2005, Philippe Micouleau abandonne la direction de l'Agefi. François Pinault fait alors appel à trois anciens de La Tribune pour changer de modèle économique : Bernard Mazurier, le directeur général, François Robin, son adjoint, et Philippe Mudry, le patron des rédactions.

Le nouveau business plan est mis en œuvre en . La publication du quotidien papier est stoppée, pour se concentrer sur le site Internet et l'envoi d'une édition électronique quotidienne (fichier au format PDF) aux abonnés à 7 heures (offre enrichie en 2006-2007 par une édition Internet actualisée à 14 heures et des newsletters spécialisées accessibles depuis le site)[8]. Une édition papier hebdomadaire, L'Agefi hebdo[9], est également lancée. En 2007, avec 10,4 millions d'euros de chiffre d'affaires, le groupe équilibre ses comptes avec un an d'avance par rapport au business plan élaboré en 2005[10]. En 2008, le journal se dote, le , d'une nouvelle version de son site Internet avec pour objectif de multiplier par trois son audience (265 000 cadres de la finance en France) et réfléchit au lancement d'une version en anglais de son quotidien électronique[11].

En 2011, l'Agefi fête son centenaire et confie à Publicis la réalisation d'une campagne de publicité décalée. En septembre, une version iPad est mise à disposition des utilisateurs. Le , Nicolas Beytout, fondateur de l'Opinion entre en négociations exclusives avec Artémis dans le but de racheter l'Agefi[12]. La transaction est annoncée le [13].

Contenu éditorial[modifier | modifier le code]

L'Agefi traite de l'économie et de la finance, nationale et internationale, et aborde majoritairement les secteurs de la banque, de l'assurance, des marchés de capitaux, et services associés.

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'Agefi Quotidien : quotidien électronique, diffusé à 7 heures.
  • L'Agefi Hebdo : hebdomadaire traitant de l’ensemble des métiers de la finance.
  • L'Agefi Actifs : quinzomadaire destiné aux professionnels du patrimoine.
  • Newsmanagers, Instit Invest : lettres électroniques destinées aux professionnels de la gestion d'actifs et aux investisseurs institutionnels.
  • Agence Agefi Dow Jones : agence de presse.
  • L'annuaire de la finance : guide annuel des acteurs de la finance en France.
  • Le guide des états-majors : guide annuel rassemblant les organigrammes, dirigeants et conseils d'administration des 500 premières entreprises françaises.

Direction[modifier | modifier le code]

  • PDG, directeur de publication : Nicolas Beytout.
  • Directeur général délégué : François Robin.
  • Directeur de la rédaction : Alexandre Garabedian

Diffusion[modifier | modifier le code]

L'Agefi compte 35 000 abonnés (quotidien électronique et hebdomadaire papier).

  • lectorat majoritairement composé d'analystes, traders ou membres d'états-majors d'institutions financières,
  • modèle de diffusion s'inspirant de l'exemple américain de la presse B to B, reposant presque exclusivement sur la diffusion qualifiée (raisonnement non pas en termes d'abonnés payants, mais en termes d'audience globale).

Le site Agefi.fr a une audience de 220 000 visiteurs uniques par mois (), soit une progression de 300 % en un an[14].

Informations financières[modifier | modifier le code]

En 2017 Agefi a réalisé un chiffre d'affaires de 11 816 500 € et dégagé un résultat de 48 800 € avec 92 collaborateurs[15].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le groupe L'AGEFI », sur agefi.fr (consulté le )
  2. a et b « L'Opinion rachète l'Agefi et change d'envergure », sur L'Obs (consulté le )
  3. Olivier Cyran, Mehdi Ba, Almanach critique des médias, Édition des Arènes, , p. 269
  4. Article Georges Ghosn, journal d'un flambeur (Le Nouvel Observateur, 23/11/2000).
  5. Articles Desfossés-International cède L’Agefi (Le Monde, 11/01/1997) et Information: La presse en France: Principaux titres: Quotidiens (Quid, 2008).
  6. Article François Pinault prend 70 % de L'Agefi pour 42 MF (Newsletter Stratégies, 21/06/2000) : "François Pinault a confirmé hier l'entrée de sa holding personnelle Artemis à hauteur de 70 % dans le capital de Finintel, holding de L'Agefi. L'opération porte sur 42 millions de francs. L'actuel Pdg de L'Agefi, Philippe Micouleau, conserve les 30 % du capital restants. Les fonds recueillis financeront les activités de presse et liées aux nouvelles technologies de la société à travers ses entités Companynews, Diva et Agefinance. .
  7. Article Le groupe Agefi lance L'Agefi actifs (Newsletter Stratégies, 19/02/2001) : "(...)Il s'adresse aux indépendants (notaires, avocats, conseillers en patrimoine…) et aux professionnels concernés des secteurs de la banque et de l'assurance. Le titre dispose d'une rédaction propre de 12 journalistes placée sous la responsabilité de Benoît Baron. L'Agefi actifs est commercialisé exclusivement par abonnements".
  8. Article L'Agefi sauvée par le bimédia (Stratégies n°1492, Muriel Signouret, 13/03/2008) : "À la place, ils proposent un quotidien électronique disponible sur les messageries Internet et sur les mobiles dès 7 heures du matin(...)".
  9. Articles Le quotidien Agefi se recentre sur l'internet (ZDNet.fr, 11/03/2005) et L'Agefi fait place Net (Stratégies n°1361, Marc Baudriller, 17/03/2005).
  10. Article L'Agefi sauvée par le bimédia (Stratégies n°1492, Muriel Signouret, 13/03/2008).
  11. Article L'Agefi lance un nouveau site le 3 mars (Newsletter Stratégies, 27/02/2008).
  12. « Le quotidien "L'Opinion" est en passe de racheter le groupe L'Agefi, poids lourd de l'information financière en France, à François Pinault », sur www.jeanmarcmorandini.com (consulté le )
  13. « Médias: L'Opinion de Nicolas Beytout rachète l'Agefi - Infos Reuters », L'Usine Nouvelle,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. Article L'Agefi sauvée par le bimédia (Stratégies n°1492, Muriel Signouret, 13/03/2008) et service de mesure d'audience pour sites web XiTi septembre 2008 (pourcentage d'évolution par rapport aux chiffres XiTi de septembre 2007).
  15. « AGEFI Chiffre d'affaires », sur www.societe.com (consulté le )