Roger-Viollet

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Agence Roger-Viollet
logo de Roger-Viollet
Reflet de l'Institut de France dans la vitrine de l'agence, rue de Seine à Paris, en 2009.

Création 1938
Fondateurs Hélène Roger-Viollet
Forme juridique société d’économie mixte
Siège social Paris
Drapeau de France France
Direction Violaine Sand
Actionnaires Mairie de Paris
Activité Fonds photographiques
Société mère Parisienne de Photographie
Site web https://www.roger-viollet.fr/

Roger-Viollet est une agence de photographies fondée en 1938, située rue de Seine à Paris. Ses archives et fonds sont actuellement gérés par la mairie de Paris avec une concession de service public à la société NDLR pour à la diffusion.

Origines[modifier | modifier le code]

L'agence de photographies anciennes Roger-Viollet est fondée par Hélène Roger-Viollet née le 10 juillet 1901 et morte le 27 janvier 1985, sur la base initiale du fonds photographique constitué par son père Henri Roger-Viollet qui est par ailleurs celui qui initie Hélène Roger-Viollet à la photographie.

Henri Roger-Viollet[modifier | modifier le code]

Amateur en chimie, petit-fils de Jean-Baptiste Roustain, avocat au Barreau de Paris, Henri Roger (1869-1946), se lance dans la photographie en 1886 à l’âge de 17 ans, aidé par son frère aîné Ernest Roger, lequel devient co-inventeur de la télégraphie sans fil (TSF) française. En mai 1900, il se marie avec Jeanne Viollet, la fille de l’historien Paul Viollet, catholique dreyfusard cofondateur de la Ligue des droits de l’homme, et prend le nom de « Roger-Viollet » pour se distinguer des autres membres de la famille. Les frères Roger, par leurs inventions, peuvent être comparés à des couples d’inventeurs contemporains, plus célèbres, comme les frères Lumière.

Au début du XXe siècle, Henri Roger-Viollet reprend une manufacture de bronzes d’éclairage au 168 de la rue Saint-Maur à Paris, alliant ses talents d’ingénieur et de chimiste. Il y fait les transmutations pétrole-gaz et gaz-électricité. Il installe entre autres les « colonnes montantes », étudie ou exécute des appareils spéciaux pour l’incandescence, et produit de la cuivrerie ou de la robinetterie. Après quelques revers financiers, Henri vend sa Manufacture de bronzes d’éclairage à Charlopeau et Compagnie. Mais il s’illustre en fait particulièrement dans deux domaines : l’astronomie (apparenté à l’astronome Émile Fron, il posséde près d'une dizaine de lunettes et fut l’un des premiers découvreurs de la nova du 18 juin 1918), et surtout la photographie.

Dès les années 1890, Henri Roger se lance dans la photographie stéréoscopique ou les clichés en bilocation, voire en trilocation. Ses clichés les plus célèbres le représentent en train de jouer aux échecs contre lui-même tout en s'arbitrant, ou encore tenant sa tête coupée dans un plat (années 1890-1900) ; il profite aussi de la trichromie pour prendre, au début du XXe siècle, des clichés en couleurs de grande qualité. Tout au long de sa vie, c'est la modernité de ses clichés qui font de lui un photographe original, illustrant la vie parisienne ou française de 1880 à 1945, maniant un humour que sa fille Hélène conserve volontiers par la suite.

Hélène Roger-Viollet[modifier | modifier le code]

La journaliste Hélène Roger-Viollet s’est rendue célèbre pour avoir milité dans les années 1930 avec Louise Weiss pour le droit de vote des femmes ; elle s’illustre particulièrement en étant la première journaliste, avec son compagnon Jean Fischer, à couvrir la guerre d’Espagne. Elle fonde en 1938 l’Agence Roger-Viollet, rue de Seine, et augmente considérablement le fonds photographique par divers rachats. Le plus grand de ses reportages est un tour du monde épique avec Jean Fischer qu’elle vient d’épouser, empruntant le célèbre paquebot France en 1972. En janvier 1985, elle est égorgée par son mari qui se suicide plus tard en prison[1]. Ainsi prit fin l’épopée de la famille Roger-Viollet.

Diffusion du fonds[modifier | modifier le code]

L’agence est officiellement reprise par la ville de Paris le 19 janvier 1994 et rassemble aujourd’hui près de huit millions de clichés.

La diffusion auprès des médias est assurée par l’Agence de presse Parisienne de Photographie, une société publique locale détenue par la Ville et le Département jusqu'au . En effet, face aux pertes financières rencontrées, le Conseil de Paris[2] dissous l'agence et signe un contrat de concession de service public portant sur la diffusion et l’exploitation commerciale des reproductions numériques des fonds photographiques Roger-Viollet et France Soir avec la société NDLR (groupe Photononstop) et écarte La Réunion des musées nationaux - Grand Palais (Rmn-GP) moins bien disante[3].

Fonds repris[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Quarante ans de vie au balcon », in Match du 20 octobre 1938, p. 36-39.
  • H. Roger-Viollet et J. Fischer, Ah ! Qu'il est beau ce tour du monde ou les joies du tourisme, préface de Jacques Renoult, Clamecy, Laballery et Cie / L'art et le monde en photo, 1973.
  • « Roger-Viollet », in: Prestige de la Photographie no 8, éditions E.P.A., 1980.
  • Lydie Remy-Roger, Les Petites Pétillantes, éditions A. Val Arno, 1983.
  • (en) Delphine Desveaux (direction), Roger-Viollet: Photographic Agency Archive Catalogue, 2000.
  • Fabienne Kriegel (direction), « Collection Roger-Viollet », titres thématiques diffusés par Hachette collections, 2006.
  • Paris & Roger-Viollet, La Vie du Rail, 2019 (ISBN 9782370620736).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les aventures de l'agence photo Roger-Viollet », par Michel Puech, Médiapart, 11 février 2019.
  2. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. http://a06.apps.paris.fr/a06/jsp/site/Portal.jsp?page=odjcpcm, sur a06.apps.paris.fr (consulté le 16 novembre 2019)
  3. « L'agence de presse Roger-Viollet va-t-elle disparaître ? », par Michel Puech, Médiapart, 21 janvier 2019.