Journalisme citoyen

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Le journalisme citoyen est un aspect particulier du média citoyen qui est l'utilisation des outils de communication, notamment ceux apportés par Internet (site web, blog, forum, wiki...), par des millions de particuliers dans le monde comme moyens de création, d'expression, de documentation et d'information. Il y a un certain renversement dans ce domaine, le citoyen passant du rôle de simple récepteur à celui d'émetteur, devenant lui-même un média.

On appelle les acteurs du journalisme citoyen « Citoyen Reporter ». Il s’agit d’internautes qui souhaitent témoigner sur ce qu’ils voient, sur ce qu’ils entendent ou sur ce qu’ils constatent. Agoravox, Citizenside, iReport sont les principaux acteurs sur internet s'étant dotés d'une plateforme communautaire de Journalisme Citoyen.

Parmi les domaines cités ci-dessus, c'est dans celui de l'information que l'on peut parler de journalisme citoyen.

Abraham Zapruder, qui a filmé l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy avec sa caméra amateur, en 1963, a été présenté, dans un article de Libération paru en 2007, comme le premier (ou l'ancêtre) des «journalistes citoyens».

Le rôle d'information[modifier | modifier le code]

Le journalisme citoyen peut être défini comme l'action de citoyens « jouant un rôle actif dans les processus de récupération, reportage, analyse et dissémination de l'actualité et de l'information », selon le rapport We Media: How Audiences are Shaping the Future of News and Information de Shayne Bowman et Chris Willis. Ceux-ci ajoutent : « Le but de cette participation [des citoyens] est de fournir les informations indépendantes, fiables, précises, diverses et appropriées nécessaires à une démocratie »[1]. Le journalisme citoyen consiste généralement à fournir un moyen d'expression à des citoyens ordinaires, y compris des représentants des franges les plus marginales et sous-représentées de la société.

Face à la concentration des médias que certains considèrent comme une menace pour la liberté d'expression et la diversité des opinions[2], Ignacio Ramonet appelle à la constitution d'un Cinquième Pouvoir, portant les revendications de la société civile et utilisant les canaux de diffusion du journalisme citoyen[3].

Le développement[modifier | modifier le code]

Le développement du Web, et notamment de plates-formes de publication faciles d'usage, ont accéléré la tendance et permis l'apparition de nombreux sites Web donnant la parole à des citoyens ordinaires ou des militants profitant de ce nouveau média : « En offrant des plates-formes techniques accessibles à tous, les blogs et wikis autorisent ce que nous appelons le "journalisme citoyen", par ce biais nous pouvons tous passer du statut de lecteur à celui de rédacteur, de commentateur des événements. Position éminemment satisfaisante »[4].

Le journalisme citoyen est devenu un média prisé notamment pour l'information de proximité, se concentrant sur une ville, parfois même sur un quartier, pour donner un éclairage différent à la vie d'une communauté dont certains membres s'estiment ignorés par les médias existants ou délaissés par les institutions locales.

La plupart des courants de pensée ont également recours à ces possibilités, parfois de façon organisée sous forme de tribune plus que spontanément citoyenne. Certains sites se réclamant comme « citoyens » ont une coloration résolument engagée politiquement ou polémique. En France, L’Échangeur Basse-Normandie, Adverbe et la ville d’Alençon ont même créé un Prix du blog citoyen[5], dont la première édition s'est tenue en juin 2006. De même, on compte parmi les médias altermondialistes des sites se revendiquant du journalisme citoyen comme par exemple le collectif Indymedia. Une plateforme qui a dorénavant fait ses preuves, et qui permet à tous de prendre librement la parole, en publiant lorsqu'ils le souhaitent leurs articles, comme par exemple sur le site iSubway.

Débat sur la pertinence et l'influence[modifier | modifier le code]

Le fait que de nombreux journalistes citoyens sont souvent des militants pour une cause ou une idéologie particulière a soulevé des critiques.

De nombreux médias traditionnels accusent nombre de partisans du journalisme citoyen de manquer de l'objectivité nécessaire à la pratique du journalisme. Le journalisme citoyen a aussi été critiqué récemment dans le domaine universitaire, notamment par Vincent Maher, dirigeant du New Media Lab de l'Université Rhodes, qui a souligné plusieurs faiblesses parmi les revendications des journalistes citoyens, qu'il résume comme « the three deadly Es : ethics, economics and epistemology » (les trois E fatals : éthique, économie et épistémologie)[6]. Cet article a été largement critiqué par la presse et la blogosphère. Une étude informelle de Tom Grubisich en 2005 passa par ailleurs en revue de nombreux sites web citoyens et jugea sévèrement le contenu et la qualité de nombre d'entre eux sur[7].

Même les partisans les plus ardents du journalisme citoyen en reconnaissent les faiblesses et les limites : « L’avantage, c’est qu’un citoyen journaliste sera capable de publier quelque chose qu’un journal aura peur d’imprimer. L’inconvénient, c’est que la vérification des faits se fait après publication »[8], concède Craig Newmark, fondateur de Craigslist.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Shayne Bowman et Chris Willis, « We Media: How Audiences are Shaping the Future of News and Information », sur The Media Center at the American Press Institute
  2. « Diversity Versus Concentration in the Deregulated Mass Media Domain. », Journalism and Mass Communication Quarterly,‎ 1999
  3. IGNACIO RAMONET, « Le cinquième pouvoir », sur Le Monde Diplomatique
  4. (fr) Florence DEVOUARD - Wikimedia Foundation, « Les blogs et wikis autorisent ce que nous appelons le journalisme citoyen », sur Net Eco (consulté le 2 mai 2005)
  5. (fr) 1ères Rencontres nationales du blog citoyen
  6. (en) Maher, V., « Citizen Journalism is Dead » 2005, New Media Lab, School of Journalism & Media Studies, Rhodes University, Afrique du Sud.
  7. (en) Grubisich, Tom, « Grassroots journalism: Actual content vs. shining ideal », sur USC Annenberg, Online Journalism Review (consulté le 6 octobre 2005)
  8. (fr) Craig Newmark, « Questions/réponses avec Craig Newmark », sur Des Grenouilles dans la Vallée (consulté le 17 février 2006)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Alternative Media Global Project Site collaboratif qui recense les publications portant sur les médias alternatifs, et propose un panorama géographique et historique du phénomène à l'échelle mondiale
  • QNDM Site d'information participatif